Gobseck et autres récits de Honoré de Balzac

Gobseck et autres récits de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Nouvelles

Critiqué par Plume84, le 3 janvier 2013 (Faucompierre, Inscrite le 26 août 2011, 33 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 600ème position).
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C'est ce que j'aime chez Balzac ...

Une plume découverte bien tardivement, celle d'Honoré (de) Balzac. J'ai dû lire La Peau de Chagrin au collège ou au lycée mais je n'ai jamais pris la peine de faire connaissance avec l'auteur.

Le curé de village (http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/11179) fut mon premier coup de coeur, puis La Recherche de l'absolu (http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/31809) vint illuminer ma vie de lecteur. Il est et restera sans doute "mon préféré". La première nouvelle de ce grand écrivain qu'il m'a été donnée de lire fut "Le Colonel Chabert" (http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/5869). Il est bien sympathique ce soldat d'outre-tombe qui revient dans le monde des vivants pour réclamer son dû. On s'y attache un peu malgré nous.

Mais Gobseck est, parmi ceux que je connais, le personnage balzacien le plus fascinant. Il chérit l'or, l'argent pour ce qu'ils représentent, le pouvoir. On pourrait presque déceler dans cette nouvelle la description d'un personnage fantastique. L'écriture de Balzac n'y est sans doute pas étrangère.
Qui a l'or a le pouvoir.

Un portrait de Gobseck :
« Cet homme singulier n'avait jamais voulu voir une seule personne des quatre générations femelles où se trouvaient ses parents. Il abhorrait ses héritiers et ne concevait pas que sa fortune pût jamais être possédée par d'autres que lui, même après sa mort. Sa mère l'avait embarqué dès l'âge de dix ans en qualité de mousse pour les possessions hollandaises dans les grandes Indes, où il avait roulé pendant vingt années. Aussi les rides de son front jaunâtre gardaient-elles les secrets d'événements horribles, de terreurs soudaines, de hasards inespérés, de traverses romanesques, de joies infinies : la faim supportée, l'amour foulé aux pieds, la fortune compromise, perdue, retrouvée, la vie maintes fois en danger, et sauvée peut-être par ces déterminations dont la rapide urgence excuse la cruauté. Il avait connu M. de Lally, M. de Kergarouët, M. d'Estaing, le bailli de Suffren, M. de Portenduère, lord Cornwallis, lord Hastings, le père de Tippo-Saeb et Tippo-Saeb lui-même. Ce Savoyard, qui servit Madhadjy-Sindiah, le roi de Delhy, et contribua tant à fonder la puissance des Marhattes, avait fait des affaires avec lui. Il avait eu des relations avec Victor Hughes et plusieurs célèbres corsaires, car il avait longtemps séjourné à Saint-Thomas. Il avait si bien tout tenté pour faire fortune qu'il avait essayé de découvrir l'or de cette tribu de sauvages si célèbres aux environs de Buenos-Ayres. Enfin il n'était étranger à aucun des événements de la guerre de l'indépendance américaine. Mais quand il parlait des Indes ou de l'Amérique, ce qui ne lui arrivait avec personne, et fort rarement avec moi, il semblait que ce fût une indiscrétion, il paraissait s'en repentir. Si l'humanité, si la sociabilité sont une religion, il pouvait être considéré comme un athée. »

Les autres nouvelles sont également intéressantes et méritent que l'on s'y attarde :
Maître Cornélius et Facino Cane tournent aussi autour de la fascination pour l'argent.
Adieu est un récit bien plus singulier qui mêle à l'amour la folie la plus mystérieuse.

La lecture de ces quatre nouvelles fut pour moi un florilège de moments singuliers, précieux car parfois insaisissables et toujours envoûtants.

Je ne peux que vous inciter à prendre quelques heures pour vous plonger dans ces courts récits !

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Un sombre personnage

9 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 44 ans) - 10 décembre 2016

Où j’ai découvert que tous les épisodes de la Comédie humaine ne sont pas des romans fleuves…
Après avoir lu le Père Goriot et Splendeurs et misères des courtisanes, j’ai appris qu’un roman était consacré à ce personnage un peu maléfique qui règne dans l’ombre et j’ai acheté Gobseck.
Une centaine de pages pour dresser le portrait de cet aventurier juif devenu usurier animé par passion de l’or, guidé par une connaissance instinctive des passions et faiblesses humaines, attaché à respecter la règle et l’esthétique de son métier. Impitoyable et avare jusqu’au bout.
Un petit bijou avec des formules d’anthologie à lire absolument.

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