Vince92

avatar 02/07/2018 @ 10:26:41
Ah oui, pardon...

Shelton
avatar 03/07/2018 @ 05:31:11
Mardi 3 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et quand nous étions enfants ce n’est certainement pas pendant les vacances que nous aurions lu une biographie consacrée à cet empereur fou qui avait inventé l’école… Les vacances c’est le temps idéal pour oublier l’école… Non ?

Alors, il faut bien dire que l’école s’est éloignée dans nos mémoires et que, surtout, la légende de Charlemagne a été construite bien après sa vie… Car la vie de Charlemagne n’est pas celle chantée par France Gall, les historiens savent maintenant nous parler de cet homme qui ne fut pas qu’un exemple mais dont l’héritage demeure encore dans notre vieille Europe…

Les plus courageux, ce n’est pas un reproche, pourront se lancer dans l’une des deux biographies référentes, je parle de l’ouvrage de Jean Favier et de celui de Georges Minois. Je ne parle pas des autres car je ne les ai pas toutes lues, mais ces deux biographies sont passionnantes. Celle de Jean Favier est certainement la plus complète, la plus savante et, du coup, celle qui fera reculer les lecteurs peu habitués aux ouvrages historiques. Celle de Georges Minois, probablement un peu plus accessible, reste très sérieuse et solide. Alors, ce peut être un ouvrage pour cet été, un livre que l’on garderait en fil conducteur pendant son mois de vacances…

Mais, pour ceux qui voudraient juste découvrir Charlemagne en restant dans une lecture estivale, sans que ce soit d’ailleurs péjoratif pour l’ouvrage et son auteur, je vous conseillerais plus cette confession romancée mais profondément historique, Moi, Charlemagne, empereur chrétien, de Max Gallo.

Max Gallo nous a quittés il y a un an – juillet 2017 – et cet ouvrage qui a été publié en 2016 est un de ses derniers livres. J’ai bien dit qu’il s’agissait d’une confession romancée et donc il faut que j’explique pourquoi. Max Gallo écrit cet ouvrage à la première personne, Charlemagne lui-même, qui à la fin de sa vie se confierait à un moine, Eginhard, pour se préparer au dernier voyage et au jugement dernier. Il se raconte, parfois en ne respectant pas strictement la chronologie, parfois avec des apartés qui ne sont pas historiques mais psychologiques, enfin, en insistant beaucoup sur l’aspect religieux, parti pris de Max Gallo qui s’est lui-même converti au catholicisme au début des années 2000…

Une fois ces éléments posés, reconnaissons que l’ouvrage se lit facilement, avec un certain bonheur même. Charlemagne est un homme de son temps qui navigue entre superstition et religiosité, un grand amateur de combats et de femmes, un homme traversé par des sentiments qu’aujourd’hui nous appellerions humanistes et parfois ravagé par des pulsions plus bestiales…

Alors certes, certains historiens ont bien relevé, ici ou là, quelques approximations mais l’ouvrage reste néanmoins sérieux et même si c’est romancé c’est une bonne façon d’aborder cet empereur dont on ne connait, finalement, pas grand-chose. Son grand-père était Charles Martel, celui qui a été vainqueur à Poitiers, son père était Pépin III le Bref, son frère Carloman… Sa mère ? Mais c’était la fameuse Berthe-aux-grands-pieds… Oui, tous ces noms vous disent quelque chose mais vous ne seriez pas dire avec précision quoi…

Donc, si vous voulez découvrir Charlemagne, au-delà de son couronnement à Rome par le pape dans la nuit de Noël 800 et de façon plus précise que l’évocation de La chanson de Roland, vous allez pourvoir entrer en contact avec lui par l’intermédiaire de Max Gallo. C’est un ouvrage bien écrit, agréable à lire qui fait réfléchir sur la vie, la violence, le pouvoir, l’Europe… et comme l’été c’est fait pour lire, c’est le moment de lire Moi, Charlemagne, empereur chrétien !

Bonne lecture et à demain !

Shelton
avatar 04/07/2018 @ 20:58:39
Mercredi 4 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et il ne faut jamais oublier les enfants, les jeunes lecteurs car l’été, eux-aussi, ils ont le droit de découvrir de magnifiques albums, des bandes dessinées remarquables et des romans passionnants ! C’est bien pour cela que chaque semaine je tente de proposer au moins un titre pouvant satisfaire quelques jeunes lecteurs… à commencer par ceux qui sont proches de moi… Je ne vise personne, bien entendu !

Souvent, les albums ont une durée de vie trop courte et je vous trouve des titres qui ne sont plus en librairie et je suis bien obligé d’assumer cette situation en vous recommandant, dans ce cas, de vous retourner vers le marché d’occasion… Je sais bien que cela n’aide pas les auteurs à vivre mais je suis révolté à l’idée que certains albums sortent du circuit de la lecture uniquement pour des raisons commerciales… Non mais…

Les éditions Autrement ont donc cessé les collections jeunesse il y a quelques années, il n’en demeure pas moins que certains titres sont encore disponibles assez facilement comme ce remarquable Histoire de la Petite Dame qui aimait le bruit de Val Teal et Robert Lawson… et c’est de cette histoire illustrée que je voulais vous parler aujourd’hui…

Tout d’abord parce que cette collection « Vintage » est très touchante avec des dessins qui vont rappeler certains livres d’antan… Mais pour autant, ces illustrations restent très pertinentes dans un style narratif proche de celui de la bédé et vous vous comprendrez pourquoi j’ai été touché par l’art de Robert Lawson, dessinateur américain décédé en 1957… Plus d’une centaine d’ouvrages pour enfants à son actif, ce n’est pas rien !

Voici donc une petite dame qui habite la ville et qui reçoit en héritage, pour faire simple, une ferme à la campagne. Toute heureuse, elle part pour la campagne en espérant que sa vie n’en sera que meilleure… Son seul problème, c’est que cette habitante de la ville aimait le bruit de la ville, des machines, des entreprises, des gens, des véhicules… Et, à la campagne, c’est le silence qui vient la paralyser, lui faire peur… Que va-t-elle devenir ? Devra-t-elle revenir à la ville ? Tombera-t-elle malade, dépressive ?

Non, rien de tout cela ne va lui arriver, elle va seulement retrouver des bruits, des bruits autres mais bien réels… Progressivement, elle peuplera sa ferme de vache, chien, poule, coq, cochon, canard… et même d’une voiture pour ses déplacements ! Oui, à cette époque, on n’était pas encore dans le développement durable ou l’écologie… Il faut dire que cet album date de 1943 !

Non seulement cet album est bien écrit et bien dessiné mais il est aussi très sympathique à lire à un jeune enfant car ces bruits seront à faire vivre par le lecteur. On aura tout d’abord les bruits de la ville, machine, voiture, marteau, scie… puis les bruits de la ferme, essentiellement celui des animaux et c’est bien là le plus drôle à restituer ! Entrainez-vous bien avant de lire et jouer avec les jeunes car si le canard est à la portée de tous, pour la poule et le cochon, c’est un peu plus complexe… Mais pas impossible !

Alors, bien sûr, je comprends bien les réticences des lecteurs adultes : offrir un livre à un jeune lecteur c’est être obligé de devenir lecteur à voix haute… Certes, cela prend du temps, mais il parait que c’est une source de satisfaction incroyable… du moins c’est ce qu’un grand-père me glisse régulièrement à l’oreille… Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, bonne séance de lecture !

Shelton
avatar 06/07/2018 @ 08:39:10
Vendredi 6 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire, certes, et, parfois, pour rire ! Rire est indispensable à la santé, tout le monde le dit, mais ce que l’on ne vous dit pas c’est que rire est aussi le début de la réflexion et que l’on peut, tout à la fois, lire, rire et réfléchir ! C’est ce que je vous propose aujourd’hui et même plus si affinité comme on dit souvent…

Souvent, en arpentant les vide-greniers, marché d’antiquaires et bouquinistes, marché du livre à Cuisery et autres lieux de la « chinerie livresque » - oui, cela me fait du bien d’inventer des expressions – il m’arrive de tomber sur quelques perles, quelques pièces rares et je ne parle pas ici de livres à revendre… Cette semaine, j’ai donc trouvé un manuel « d’enseignement des travaux du ménage à l’usage des jeunes filles » tandis que mon épouse, de son côté, trouvait, à la gare de Chalon-sur-Saône, un Guide du pique-nique… Deux petites merveilles !

Le premier, sorte de livre scolaire, proposait aux jeunes filles – en 1889 – une synthèse de ce qu’elles devaient savoir faire avant de se marier… Alors, bien sûr, on va commencer par en rire devant quelques règles d’hygiène qui nous surprennent, les conseils pour laver le linge quand il n’y avait pas de machine, ou encore ces vieux adages ruraux… « L’ordre économise le temps, c’est la sécurité du riche et la richesse du pauvre ! »

Si l’entretien méticuleux de la lampe à huile n’a qu’une valeur anecdotique puisque l’objet est quasiment sorti de nos maisons, certains autres conseils ne sont pas tous à jeter puisque nous devons encore laver nos carreaux, prendre soin de notre vaisselle et j’en passe et des meilleures… Enlever les « pâtés d’encre sur une lettre » n’a plus grand intérêt car rares sont ceux qui écrivent encore à la plume, mais savoir enlever les tâches de graisse sur les feuilles d’un livre reste d’actualité chez ceux qui, comme moi, lisent encore de vrais livres en papier avec, malheureusement, exceptionnellement, des mains parfois sales… Là, vous me direz que ce n’est quand même pas gagné car il faut avoir sous la main de la magnésie calcinée et de la benzine pure… Oui, il vaut mieux se laver les mains…

Ce qui est drôle dans cet ouvrage ne l’est pas tant que cela car finalement ce manuel est le reflet d’une époque où la jeune fille était cantonné dans les tâches ménagères, ne sortait presque pas de chez elle une fois mariée et on la prenait trop souvent pour une bécasse… Que les bécasses du ciel ne m’en veuillent pas trop, ce n’est qu’une expression qui ne doit pas stigmatiser ces pauvres oiseaux touchés par de graves maladies en raison de la pollution des sols… Par contre, cet ouvrage peut aider les familles – je n’ai pas dit les femmes – à retrouver quelques savoir-faire qui ne sont pas inutiles dans la vie quotidienne…

Quant à notre guide du pique-nique, plus récent car il a été publié en 1977, il est l’anti malbouffe ou nourriture rapide de notre temps. En effet, qui dit pique-nique pense immédiatement à sandwiches avec pain de mie sans goût ou chips si salées que l’on ne sent que le sel, alors qu’ici, on parle asperges, concombre à la menthe, salade de truffes blanches, pamplemousse farcis au crabe, chaud-froid de sole ou écrevisses à la nage… Oui, pique-nique se conjugue ici avec gastronomique et, pourquoi pas ?

J’avoue avoir, dans des années très proche de la parution de cet ouvrage, participé à un pique-nique avec des amis qui avaient pour manger au grand air, une table, une nappe blanche, du Saint-Emilion, du saumon en gelée, de la mousse au chocolat que l’on dégustait avec des cuillères en argent et un bon café servi dans des tasses de porcelaine de Limoges… Et je me souviens encore de ce pique-nique hors-normes !

Oui, peut-être qu’avec notre alimentation sous plastique nous avons perdu un certain art de vivre… En tous cas, puisque l’été c’est fait pour lire, il faut peut-être retrouver dans le passé ce qui peut être bon et comprendre pourquoi revenir dans le passé n’est pas toujours non plus acceptable… Oui, on peut rire avec « Enseignement des travaux du ménage à l’usage des jeunes filles » ou « Guide du pique-nique » mais cela nous ne dispense pas de réfléchir à notre société et son avenir… Au fait, un petit pique-nique au lac de Laives, cela ne vous dit pas…

Bonne lecture et à demain !

Shelton
avatar 07/07/2018 @ 09:11:50
Samedi 7 juillet

L’été c’est fait pour lire et la bande dessinée fait bien partie des lectures possibles dès cet été… En effet, la bédé n’est pas ni une sous littérature ni une occupation pour enfant, c’est, tout simplement, un récit avec du texte et de l’image mêlés et cette narration hybride – c’en est bien une – peut aborder toute sorte de thèmes, de genres, de forme pour toucher parfois des publics spécifiques, dans d’autres cas le grand public, mot difficile à définir d’ailleurs, donc disons un plus large public… Cette fois-ci, Davy Mourier, nous propose un ouvrage accessible à tous ou presque avec comme thème principal, le voyage à Cuba pour les vacances… Même si votre attention sera bien retenue par ce titre « Davy Mourier VS Cuba »… VS ? Contre ? Contre Cuba ? Mystère et boule de gomme, hâtons-nous d’ouvrir cet ouvrage qui est tout, sauf un guide touristique !

J’aime beaucoup Davy Mourier, il ne s’agit pas d’une déclaration d’amour, plutôt d’un constat, un drôle de constat car rien au départ ne me poussait vers lui… Je ne suis pas geek, je ne l’ai pas suivi dans ses premières aventures de vidéaste – n’oublions pas qu’il fait bien partie des précurseurs des youtubeurs – et c’est par hasard que je suis tombé sur son travail en bande dessinée – la série La Petite Mort pour être précis – et que je l’ai rencontré pour la radio. Là, allez savoir ce qui peut bien se passer lors d’une rencontre, j’ai été séduit par la personne et je continue à le fréquenter régulièrement… Comme avec un ami j’ai l’impression de prolonger la première conversation comme si le temps n’existait plus… Oui, j’aime beaucoup cet auteur, ce touche à tout, ce créatif surprenant, cette personnalité touchante, cet homme attentif aux autres et ce bédéiste qui respecte toujours celui qu’il a en face de lui, même le plus obscur de ses lecteurs…

Là, dans un petit ouvrage très accessible, il se propose de vous raconter un voyage à Cuba. Sa mère qui n’a pas trop bougé durant sa vie – et il explique pourquoi dès le départ – veut aller visiter Cuba. Lui n’y tient pas du tout car ce fan des nouvelles technologies est finalement assez casanier… Mais peut-on refuser quelque chose à sa gentille maman ? Non, c’est donc décidé, il faut aller à Cuba…

Je vous passe tous les détails organisationnels, mais sachez que parfois la chance fait défaut aux voyageurs qui doivent subir sur place les affres de la météo et les difficultés du retour… Et je ne vous parle même pas de la pénurie de pâtes et de l’abondance de mayonnaise !

Oui, vous l’avez bien compris, ici, ce n’est pas un complément du guide du routard en encore moins le Guide bleu de Cuba. Davy Mourier prend du recul sur ce qui ne fut pas son séjour idéal dans un pays où il ne voulait pas aller de toute façon, et, au fur et à mesure des dessins, cases, des situations et des péripéties, on découvre encore plus la profondeur de cet homme, sa conception de la vie, la réalité de ses valeurs… Bref, Cuba fut une grande aventure !

Pour le lecteur, c’est aussi un éclat de rire, une parenthèse qui fait oublier tous les problèmes de la vie quotidienne car finalement, on a échappé à une vie à Cuba, une file d’attente devant une station d’essence, une langouste avariée, une chambre sans ventilation ni climatisation et, surtout, une coupure intempestive de la Wifi !

Bien sûr, l’ouvrage de Davy Mourier ne prétend pas donner la vérité sur Cuba et son organisation politique, non, il s’agit juste d’un regard décalé sur un voyage bien réel dont Davy Mourier – et c’est bien là l’information essentielle – est revenu indemne ! Et dire que l’on aurait pu le perdre… enfin, l’oublier à l’aéroport ! Alors, amis qui allez voyager, qui allez prendre l’avion, qui allez subir des météos peu clémentes et qui vous apprêtez à découvrir des pays lointains, n’hésitez pas à glisser dans vos bagages ce magnifique petit opus, Davy Mourier VS Cuba… Et, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et bon voyage !

Shelton
avatar 08/07/2018 @ 04:47:37
Dimanche 8 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire mais aussi pour réfléchir… Et la question du jour est simple : pourquoi la gourmandise serait un défaut ? Je vous le demande bien… Et dire que certains ont même essayé de me convaincre que la gourmandise était un péché, que dis-je, un péché capital…

J’aurais plutôt tendance à penser qu’une personne, qu’un adulte, qui ne fait pas preuve de gourmandise a des vices cachés beaucoup plus graves, plus dangereux… Je sais que cette position n’est peut-être pas très orthodoxe mais je crois ne pas être le seul à penser ainsi et, du coup, j’ai voulu vous offrir un petit livre pour cultiver cette gourmandise et vous aider à préparer votre table pour me recevoir… Oui, car de mon côté, je suis bien obligé de reconnaitre, une certaine gourmandise et mon corps ne le cache pas ! J’assume…

« Desserts et gourmandises aux fruits » est un joli objet car, avant d’être un recueil de recettes, c’est une présentation en couleur, en dessins, en aquarelles, de tous ces desserts, de tous ces fruits que nous allons ensuite, bien évidemment, manger, car tout se finira bien dans notre assiette…

Mais c’est aussi un guide médical, puisqu’on n’arrête pas de nous dire qu’il faut manger beaucoup de fruits pour éviter les méchantes choses que sont les cancers et autres problèmes digestifs, circulatoires, esthétiques et respiratoires… Je ne suis pas médecin, heureusement pour vous, mais puisqu’il faut manger des fruits, obéissons à l’Académie et faisons-le avec goût…

Dans ce petit joyau de la littérature gastronomique nous allons trouver des recettes de salades de fruits, de sorbets, de confitures et de gâteaux… Souvent on partira des fruits de chez nous, parfois de fruits plus exotiques, mais dans tous les cas il faudra tenir compte des fruits de saison, car impossible ou presque de faire ces recettes avec autre chose que des fruits frais, mûris au soleil et prêts à être consommés avec amour…

Alors, bien sur, j’ai fait mon choix, celui que je tente de communiquer à mes filles cuisinière et pâtissière, celles qui aiment le plus faire la cuisine et qui entretiennent ma gourmandise au fil du temps… Omelette aux fruits, ne pas oublier de la faire flamber au rhum, tarte aux abricots et fleurs de lavande, biscuits coco-amandes, oreillettes aux zestes de citron et orange, yaourt-shake aux fruits rouges, mousse au citron, crème glacée aux cerises, sorbet à l’ananas, brochettes de fruits…

En fait, tout est bon, semble facile à réaliser et se fait à partir de produits naturels avec un minimum de sucre. Tout ce qu’il faut pour séduire nos médecins un peu trop regardants…

Ce livre comporte, en plus, de nombreux petits trucs pour réussir ses confitures, ses crêpes, ses fruits à l’eau de vie… C’est donc un cadeau idéal à offrir à ceux que vous aimez pour qu’ils vous aiment encore plus… certains enfants seront heureux des résultats car on y trouve la recette pour de bonnes sucettes, de bons œufs de Pâques et des petites folies au miel, amandes et ananas…

Donc allez-y, offrez-vous ce petit livre, travaillez bien et dès que vous êtes prêts, n’hésitez pas, invitez-moi, seul ou, encore mieux, avec toute l’équipe familiale… Pour les proportions, il faudra un peu les augmenter, mais vous verrez, une simple règle de trois et tout ira pour le mieux…
Alors, à table sans plus tarder… Mais attention, je n’aime ni les châtaignes ni les poires…

Donc puisque l’été c’est fait pour lire et cuisiner pour ses amis, je ne peux que vous souhaiter une bonne lecture et une bonne séance de travail en cuisine… Quant à la dégustation, pas de souci, je m’en charge bien volontiers !

Shelton
avatar 09/07/2018 @ 07:17:20
Lundi 9 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et je l’ai toujours dit c’est le temps idéal pour lire et relire ces livres qui nous ont façonnés et que l’on peut nommer comme des classiques même si l’histoire officielle de la littérature ne les identifie pas – encore – comme tels. Dans ces classiques, ces livres ou auteurs qui m’ont changé, je positionne Francesco Alberoni et sa trilogie magnifique, objet de ma chronique du jour…

Francesco Alberoni est un sociologue italien qui enseigne – enfin enseignait car il a 88 ans aujourd’hui – cherchait et écrivait à Milan. Fortement imprégné de la culture italienne et chrétienne, il propose à ses lecteurs une série d’ouvrages pour mieux comprendre les sentiments humains, à commencer par l’amour et l’amitié. Il est l’auteur de cette fameuse trilogie qui fait encore référence, « L’amitié », « Le choc amoureux » et « L’érotisme ». C’est surtout le second volet de cette œuvre majeure que je veux vous inviter à découvrir… ou, pour certains, redécouvrir !

Qui n’est jamais tombé amoureux aura bien du mal à comprendre le cheminement de Francesco Alberoni, mais, par contre, sera beaucoup plus averti et donc protégé lorsque l’heure aura sonné… En effet, cet état transcendant et magique, douloureux et incompréhensible, est un passage obligé pour beaucoup et ce que l’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, hétéro ou homo sexuel… Car qu’est-ce que tomber amoureux ? C’est tout simplement entrer dans une phase de création, de mise en place, atteindre le mouvement naissant qui permettra à un mouvement collectif à deux d’exister. Ce n’est donc pas quelque chose de magique… « Tomber amoureux n’est ni un phénomène quotidien, ni une sublimation de la sexualité, ni un caprice de l’imagination ». Mais pour mieux comprendre cette situation et se l’expliquer, si c’est possible, alors il vous faudra lire ce petit essai que l’on peut prendre aussi pour un hymne à l’amour digne du Cantique des cantiques ou comme une enquête à la Hercule Poirot… Et, pour moi, cet ouvrage tient des deux…

Un hymne sacré, d’abord, car c’est une certitude, il y a bien un discours amoureux : « Dès qu’il tombe amoureux, l’être le plus simple et le plus démuni est obligé, pour s’exprimer, d’utiliser un langage poétique, sacré, mythique. On peut en rire, mais c’est ainsi. Car le sacré et le mythe naissent eux aussi de l’expérience extraordinaire commune aux différents mouvements, c’est-à-dire, l’état naissant. » Entre le discours amoureux et un psaume de David, entre la déclaration tendre et folle d’un jeune homme à sa dulcinée et la transfiguration mystique de la femme chez Dante… il n’y a que fort peu de différence, il y a plus qu’une simple similitude. Et c’est cela que démontre Alberoni dans une grande partie de son étude. Mais, pour cela, il chemine comme Poirot c’est à dire avec la certitude que la raison et la logique vont tout prouver y compris dans les sentiments humains…

Le vocabulaire de l’enquête est bien là tout au long du texte : abordons maintenant… examinons le cas contraire… y a-t-il un autre signe… c’est peut être selon ce scénario… mais ces phénomènes se vérifient… le fait que des personnes… Quand on parle de choc amoureux et de vocabulaire, comment ne pas évoquer un autre de mes livres cultes, une autre classique qui m’a changé, Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Voilà deux classiques finalement que l’on ignore durant nos études et qui pourraient en aider plus d’un de ces lycéens en quête d’absolu… Si quelqu’un à l’Education national me lit – on peut toujours espérer – voici une idée qu’il faudrait travailler car ces deux ouvrages, tout en parlant bien de la vie, le font avec style, classe et culture…

Ces livres peuvent-ils nous servir dans la vie, pas la vie des bouquins, mais la vraie, celle que nous vivons, celle qui, parfois, nous fait souffrir ? Oui ! Mille fois oui ! Car, Francesco Alberoni comme Roland Barthes nous expliquent pourquoi le choc amoureux est si fort, pourquoi cet amour naissant disparaît progressivement dans la banalité, dans la répétition… et comment l’amoureux doit se battre toute sa vie pour garder sa fraîcheur, sa force, sa vigueur à cet état des sentiments qui garantit une vie totalement heureuse avec la personne que l’on aime…

Oui, tout un programme mais on peut commencer par la lecture de ces deux ouvrages de qualité, des classiques pour moi, et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et, surtout, aimez bien !

Shelton
avatar 10/07/2018 @ 05:30:27
Mardi 10 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et c’est bien l’occasion de ressortir de nos bibliothèques un certain nombre d’ouvrages et de s’interroger : pourquoi on les a aimés, est-ce que l’on a envie de les relire, que nous ont-ils apporté… bref, c’est le temps des questions existentielles sur notre rapport fondamental avec les livres et les auteurs !

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de tous ces auteurs que l’on nous présente comme infréquentables à cause de leurs idées politiques, leur féminisme déclaré, leurs comportements sexuels, leurs habitudes alimentaires ou leur appartenance à une ethnie ou religion particulière… Hitler voulait brûler tous les auteurs juifs, détruire les peintres dégénérés, interdire de penser à tous ceux qui étaient différents de lui… Mais était-ce une exception dans l’histoire de l’humanité ?

Rien n’est certain car depuis que je suis tout petit, j’en ai entendu des choses sur les auteurs et leurs œuvres… Il ne fallait pas lire Gide l’homosexuel, Maurras l’antisémite, Kessel le juif, Aragon le communiste, Brasillach le collabo, Oscar Wilde l’homosexuel, Villon le bandit de grand chemin, Apollinaire l’alcoolique… et ma liste pourrait être sans fin avec Céline, Prévert, Matzneff…

Quand j’étais jeune en classe préparatoire Lettres, j’ai appris qu’il fallait lire les œuvres sans se poser trop de questions sur les auteurs. Le texte d’abord, le texte avant tout, voire le texte et seulement le texte pour certains enseignants… Je m’y suis fait, j’ai lu et je me suis fait plaisir, parfois j’ai été déstabilisé, horrifié, scandalisé, charmé, révolté… Je crois qu’il faut faire très attention de ne pas mélanger ce qui ne doit pas l’être… Un bon restaurateur n’est pas un homme qui mettrait en application les règles de morale – et il faudrait encore savoir de quelle morale on parle – et un bon chirurgien n’est pas celui qui est fidèle à sa femme et honnête avec les impôts… Pourquoi en serait-il autrement avec un romancier ?

Lire Aragon ne signifie pas devenir communiste ! Aimer le roman « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach n’implique absolument pas de partager ses idées politiques et on peut apprécier certains romans de Gabriel Matzneff sans avoir envie de faire la cour à des petits garçons… Tout cela me parait simple et n’implique pas non plus de réhabiliter certains écrivains sous prétexte que parmi leurs livres il y aurait de bons romans… Un bon roman ne signifie pas que les idées politiques soient bonnes !

Oui, il y a des œuvres littéraires que j’apprécie beaucoup et que je souhaite vous voir ouvrir, lire et, qui sait, apprécier. Pour autant, je laisse d’autres porter un jugement sur les auteurs en tant qu’hommes. Je cite donc dans ces œuvres à dépoussiérer et oser découvrir : « La ballade des pendus » de François Villon, « L’avenir de l’intelligence » de Charles Maurras, « La porte étroite » d’André Gide, « Voyage au bout de la nuit » de Céline, « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach, « L’homme à cheval » de Drieu La Rochelle, « Aurélien » de Louis Aragon, « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir… Et ma liste pourrait couvrir des pages et des pages, remplir des heures de radio… même si j’entends bien que l’on puisse avoir peur de ces auteurs !

Mais, puisque l’été c’est fait pour lire, promis, je reviendrai vous présenter quelques ouvrages de cette liste et probablement très vite en commençant par « Le marchand d’oiseaux » qui est, peut-être mon chouchou !

Alors, en attendant, très bonne lecture et à très vite !

Shelton
avatar 11/07/2018 @ 08:25:23
Mercredi 11 juillet 2018

Même si la lecture est bien ma passion première, je ne pouvais pas, aujourd’hui, faire autrement que glisser un ballon rond entre les pages de nos livres d’été… car l’été c’est fait pour lire !

Cette année c’est donc aussi l’occasion de s’intéresser au football, coupe du monde oblige. Heureusement, parfois, la littérature et le ballon rond passent une alliance fugitive et ainsi on voit apparaitre dans les étals des librairies de bons livres, de véritables pages de qualité qui traitent de ce sport populaire… En écoutant récemment Pierre-Louis Basse dans une des rares émissions télé en France où le foot est traité pour ce qu’il est, ni plus ni moins, je me suis dit qu’il était temps de parler d’un de ses livres qui m’ont surpris et plu avant de me donner envie de les partager avec vous. Le foot n’est qu’un sport – professionnel, il est vrai – et cela n’empêche pas d’en parler intelligemment et en écrivant bien, ce que Pierre-Louis Basse fait remarquablement bien !

Puisque la France qui a encore franchi le cap des quarts de finale, comme en 1958, 1982, 1998, 2006 et 2014 (et si j’en oublie c’est juste que je ne suis pas assez ce sport), et accède une nouvelle fois en finale, ce sera le livre « Séville 82, le match du siècle » dont je vous parlerai aujourd’hui car cette année-là nous n’étions pas allés en finale...

Certes, je reste très prudent sur le sous-titre car pour déclarer un match « du siècle », il faudrait avoir des critères de comparaison ce qui n’est pas si simple que cela. Par contre, je peux entendre une grande partie des arguments de Pierre-Louis Basse. En effet, il y a d’abord le constat de l’intensité du match et du suspense indiscutable… En fonction de l’instant, le qualifié n’est pas le même, voir à partir de 3-1, le vainqueur a l’impression que le match est plié. C’est aussi le sentiment du public, y compris celui des spectateurs… Puis, on arrivera à l’égalité totale à la fin des prolongations et on entrera dans les tirs aux buts de quoi faire encore montrer stress et adrénaline… Oui, sous cet angle, Pierre-Louis Basse a raison de désigner ce match comme un temps exceptionnel du football !

Mais pour le rendre « match du siècle » il évoque d’autres éléments et je pense qu’il a raison : il y a la faute gravissime du gardien allemand sur un joueur français ; il y a le fait que cette rencontre met face à face deux pays qui se sont affrontés trois fois (je ne parle pas ici de match sur terrain vert) depuis un peu plus d’un siècle, la dernière guerre remontant à 37 ans – l’Allemand est encore malgré la construction européenne, un Boche, voire un « sale boche » – et ce type de rencontre est vécu avec des tensions nationales ; des écrivains en profitent pour écrire des textes sur cette rencontre transformant l’évènement sportif en drame antique… Oui, ce match de foot a été bien plus qu’un simple match de foot !

Plus fort, alors que la France perd la rencontre, on sent que le public n’est pas si affecté par le résultat : un peu comme si cette défaite permettait de penser que dorénavant tout serait possible, y compris la victoire sur les plus grandes équipes, comme si la défaite de 82 portait en ses entrailles les sources de la victoire de 98 ! Si jamais la France gagnait la finale 2018, il faudra aller chercher les raisons… qui sait, à Séville et même en Afrique du Sud ? Les défaites apportent beaucoup si on sait les comprendre, ce qu’a probablement très bien fait Deschamps…

Tout cela semble exagéré, grandiloquent, romantique, outrancier… et c’est justement pour cela que l’on aime Pierre-Louis Basse : il est un observateur passionné du football, il respire le foot, il se nourrit du foot, il est le foot ou du moins une de ses incarnations. Il écrit plutôt bien et ses phrases font revivre le sport, donnent du rythme aux actions comme aux pensées, donnent chair aux sportifs, transforment les footballeurs en combattants légendaires, en dieux ancestraux… Même si vous êtes nés après ce match, même si vous ne l’avez pas regardé en son temps et en direct, vous ne pourrez pas rester insensibles à la verve de Pierre-Louis Basse ! Et si vous avez suivi cet homme dans son épopée sur Europe 1, alors, à chaque page vous aurez le sentiment qu’il vous parle à l’oreille…

Alors, avant ou après le match, n’hésitez pas à lire cet ouvrage footballistique passionnant Séville 82, le match du siècle… Après tout, l’été c’est fait pour lire, pas seulement pour regarder des matches à la télé en buvant des bocks !

Shelton
avatar 12/07/2018 @ 06:42:52
Mercredi 12 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire, certes, et, parfois, il m’arrive de prendre des risques en vous proposant tel ou tel ouvrage. Par exemple, vouloir critiquer, chroniquer un roman de Robert Brasillach peut sembler à beaucoup d’entre vous un acte dangereux. Oui, Robert Brasillach a été condamné à mort puis exécuté le 6 février 1945 pour collaboration avec l’ennemi, pour crime contre la Nation… Malgré une pétition, signée par de nombreux écrivains comme Mauriac ou Claudel, Cocteau ou Camus, demandant la grâce de Brasillach au nouveau chef de l’Etat, le général de Gaulle, ce dernier restera ferme… Mais comme la condamnation ne concernait que le comportement du journaliste pendant l’occupation, comportement criminel contre des êtres humains, juifs en particulier, je pense qu’il est possible de parler du roman, « Le marchand d’oiseaux », ouvrage écrit en 1936.

L’auteur est alors âgé de 27 ans, il a fait l’Ecole Normale Supérieure, il se veut écrivain et son engagement n’est pas encore trop marqué. Certes il a tenté de se rapprocher de Charles Maurras, mais il est surtout fasciné par le fascisme italien… J’ai l’impression d’un grand gosse qui ne comprend rien à ce qui se passe en Europe… Et c’est très net dans ce roman qui est celui de l’insouciance, de l’inconscience, du moins pour Laurent, un étudiant, que dis-je, un personnage du roman, incarnant, certainement, l’auteur lui-même… C’est surtout un témoin, un jeune ne voulant prendre aucune responsabilité et qui, chaque fois qu’il doit dire «oui» ou «non», joue la réponse à «pile ou face»…

Mais revenons au roman lui-même. Nous sommes dans Paris, en compagnie d’un auteur qui adore cette ville et nous fait revivre le Quartier latin, le parc de Montsouris, la Cité universitaire… Les personnages sont très nombreux et pour chacun, Robert Brasillach nous donne des tranches de vie, des anecdotes pour situer chacun à sa place… Isabelle, l’étudiante intelligente et sensible, accompagnée de ses deux chevaliers servants, Daniel et Laurent. Tous les trois semblent se laisser bercer par la vie et on ne les voit pas trop travailler… et pourtant ils réussissent leurs études ! On a le père La Frite, le marchand d’oiseaux, le personnage le plus sympathique de ce roman et qui, pourtant, n’y joue qu’un rôle secondaire. J’adore cet homme qui promène ses oiseaux et ne cherche jamais à les vendre car il les aime trop… Il y a, toujours près de lui, le Kid, un jeune enfant espiègle, celui que j’aurais aimé être car toujours en liberté dans les parcs parisiens… et c’est dans l’un de ces parcs que j’ai appris à marcher… On a aussi la vieille épicière, Marie Lepeticorps. Elle est solitaire, grognonne, agressive envers les enfants, et tente d’oublier sa vie, une vie bien désagréable avec un mari qui l’a quittée depuis longtemps, heureusement d’une certaine façon… Enfin, il y a les dames de charité, des « chieuses de bas étages », et deux enfants, Serge et Michel… Ces deux là vont faire basculer le monde, perturber bien des vies tranquilles dont celle de madame Taillerand, qui avait, probablement, bien des aspects obscurs… Ah ! Je n’ai rien dit de madame Pusseigne… mais que pourrait-on en dire ? Non, je crois qu’il vaut mieux s’abstenir…

Ah ! Vous auriez voulu quelques mots de l’intrigue elle-même ? Je préfère ne rien vous en dire, elle est basée sur un suspense que je ne voudrais pas casser. Mais, soyons honnêtes, c’est surtout l’ambiance qui est de qualité, servie par une écriture que j’ai beaucoup aimée… Oui, indépendamment des idées politiques de l’auteur, je crois que l’on peut dire que c’est un bon roman.
La collection du Livre de poche, en 1974 (année de mon bac… nostalgie quand tu nous tiens !), écrivait pour le présenter : « Ce délicieux conte de fée moderne se déroule… » mais, pour moi, c’est plus un drame qu’un conte de fées…

La question qui reste en moi après cette relecture est double : parlerait-on encore de Robert Brasillach s’il n’avait pas été exécuté en 1945 et aurais-je aimé ce roman, aujourd’hui, si je ne l’avais pas découvert en pleine adolescence, il y a de nombreuses années ? Les deux questions resteront, encore pour le moment, sans réponse car il est bien difficile de trancher même si je vous ai bien dit que l’œuvre doit être lue en oubliant tant soit peu l’auteur lui-même…

Quant à l’auteur lui-même, je ne veux absolument pas le défendre pour tout ce qu’il a écrit durant la guerre dans la presse collaborationniste ! D’ailleurs, nous en reparlerons dès demain pour bien clarifier les choses !

Mais, puisque l’été c’est fait pour lire, vous pourriez tenter de répondre vous-même à ce questionnement autour du romancier en lisant « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach et ce sera alors, à vous de juger !

Bonne lecture et à très vite !

Saint Jean-Baptiste 12/07/2018 @ 11:52:08
C’est jeudi 12, Shelton, et pas mercredi.
(ceci pour te dire que je te lis attentivement tous les jours…);-))

Shelton
avatar 12/07/2018 @ 21:54:51
C'est pour s'approcher de la semaine des quatre mercredi !!!

Shelton
avatar 13/07/2018 @ 05:54:33
Mercredi avec un s d'ailleurs...

Shelton
avatar 13/07/2018 @ 06:03:13
Vendredi 13 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire mais je ne voulais pas, après la chronique d’hier, laisser croire que lire un romancier, quel qu’il soit, signifiait se désintéresser totalement de ce qu’il avait été. J’ai dit hier, mon attachement indiscutable au roman « Le marchand d’oiseaux » de Robert Brasillach mais il me faut maintenant, de façon aussi claire, dire que le journaliste-éditorialiste Robert Brasillach est un abject personnage qui a été condamné pour des incitations à la dénonciation et meurtre qui sont horribles…

Donc, si je prends le temps de parler de cette question de Brasillach c’est tout simplement parce que je me suis aperçu qu’autour de moi et parmi mes étudiants, cet homme est peu connu. Il me semble donc normal de donner quelques précisions. Je ne reviendrai pas sur l’homme de lettres dont les principaux romans ont été écrits avant la Seconde Guerre mondiale, donc quand l’auteur a moins de 30 ans, car la présentation du texte « Le marchand d’oiseaux » permet de se faire une idée. Mais Brasillach n’était pas qu’un romancier et écrivain. Il fut aussi journaliste…

Avant la déroute, l’exode et l’occupation, Brasillach tient une chronique assez littéraire dans l’Action Française, le quotidien de Charles Maurras. De cette époque, il n’y a rien à dire, il parle théâtre, écriture, poésie… Mais après avoir été prisonnier des Allemands, il rejoint le quotidien Je suis partout, un journal où il avait travaillé avant guerre et où il va se révéler un ardent défenseur de la collaboration et un antisémite convaincu et même odieux…

Pour comprendre ce qui va se passer et donc aussi suivre avec intelligence le procès rapide qui amènera à sa condamnation à mort et son exécution, le 6 février 1945, je vous conseille de lire l’ouvrage de Michel Laval, Brasillach ou la trahison du clerc, car c’est l’un des plus clairs sur la question.

Il y a tout d’abord, les faits. Les articles signés Robert Brasillach sont disponibles et on peut y lire des phrases sidérantes, effarantes, cruelles, criminelles quand on sait ce qui est effectivement arrivé aux milliers de Juifs de France. Certes, ce n’est pas lui qui tient les fusils, mais il a le stylo en main quand il écrit – et ce n’est qu’un exemple – ceci :

« Il faut frapper, qu’attend-on pour fusiller ? »

Ou :

« Nous avons déjà signalé le cas du lycée Lakanal où on ne punit pas les élèves qui déchirent le portrait du Maréchal »

Et je pourrais ainsi vous faire la lecture d’articles et de dossiers tous aussi plus abjects les uns que les autres… Oui, Robert Brasillach a écrit des textes horribles et c’est indiscutable ! A la libération, de façon attendue, il s’est donc retrouvé devant une cour d’exception pour être jugé pour intelligence avec l’ennemi. Arrive alors, la deuxième question concernant cet homme : méritait-il la mort ?

Si on se replace dans l’époque, indiscutablement, on ne pouvait que le condamner à mort. Il faut être réaliste. Mais, comme Albert Camus que l’on ne peut pas soupçonner d’être un tant soit peu fasciste, je suis contre la peine de mort et donc je pense que la République aurait pu gérer autrement cette crise terrible de la fin de guerre… Pour autant, il est insupportable de constater qu’aujourd’hui certains veuillent le réhabiliter en tant que journaliste… Comme je l’ai dit et comme je l’assume, on peut apprécier certains de ses textes sans pour autant approuver en quoi que ce soit son comportement de journaliste qui est une honte pour un métier, une corporation, la presse, la France…

Voilà, il est temps de refermer ce dossier et de passer à autre chose car comme l’été c’est fait pour lire, il reste de très bons livres à dévorer cet été !

Bonne lecture et à demain !

Shelton
avatar 14/07/2018 @ 06:02:06
Samedi 14 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et accumuler ainsi un savoir extraordinaire ! C’est bien pour cela que je suis encore abonné à la revue Science & vie Junior, alors que mon fils qui lisait cette publication n’est plus à la maison… Elle est très bien faite, bien écrite, fortement scientifique et documentée tout en restant adaptée au grand public… Mais je ne suis pas là pour vous conseiller cette revue mais vous parler d’un album qui vient de sortir, Zéropédia, tout sur tout (et réciproquement), de FabCaro et Julien/cdm. Vous allez me demandez où est le rapport mais j’y viens tout de suite !

C’est tout simplement que cet album est une sorte de compilation de la page que les auteurs fournissent chaque mois au magazine. Le scénario de cette page présentée sous forme de bande dessinée est simple. Un mot, un concept, une découverte… et FabCaro tente de vous expliquer avec ces mots de quoi on parle tandis que Julien/cdm met tout cela en images…

Comme FabCaro aime beaucoup jouer avec l’absurde, il ne s’en prive pas tout en donnant bien une piste sérieuse. Par exemple, ce mois-ci, il fallait expliquer Hyperloop… Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, disons que l’hyperloop est un moyen de transport du futur qui permettrait de faire Paris-Marseille en une quarantaine de minutes… Alors, comme le numéro du magazine sort pendant les grèves de la SNCF, l’auteur ne peut pas s’empêcher de parler du retard de l’hyperloop : « Votre hyperloop aura deux secondes et trois dixièmes de retard… » et un voyageur de s’exclamer : « On nous prend en hyperotages ! »… Du FabCaro pur jus !

Donc, avec cette compilation, vous allez enfin tout savoir sur la gravitation universelle, la terraformation, le syndrome de Stendhal, l’affaire Roswell, la symbiose chez les animaux… A chaque fois, on rit, on rit beaucoup… surtout si on aime l’humour absurde car disons-le clairement, si on est trop rationnel on va finir par croire que Zéropédia est du temps de perdu puisque à chaque fois on va aller chercher dans d’autres ouvrages pour aller plus loin dans la définition, les exemples… Sauf que, sans cette page de Zéropédia, on n’irait jamais chercher ce qu’est un lithophone !

Parlons aussi du dessin de Julien/cdm, de son véritable nom Julien Solé, fils de Jean Solé lui-même dessinateur de bandes dessinées… C’est à la fois un dessin plein d’humour mais explicite qui permet à chaque lecteur de rire et comprendre, ce que je trouve très bien, que dis-je, excellent !

Cet album qui navigue entre documentaire, livre jeunesse et bande dessinée, est destiné à un très large public, peut être picoré thème par thème sans nécessité de lire tout d’un coup ce qui pourrait être indigeste et contre productif, enfin peut servir à ouvrir des discussions en famille car finalement, bien souvent, les parents n’en savent pas beaucoup plus que les enfants… D’ailleurs, sauriez-vous expliquer ce qu’est la sérendipité ou l’origine des pluies d’animaux ? Non, donc, vous n’avez qu’à lire Zéropédia et tout rentrera dans l’ordre… Non mais…

Pour les amateurs de l’ami FabCaro, cela vous confortera qu’il s’agit bien d’un auteur hors-normes de la bande dessinée contemporaine, mais je vous l’avais déjà dit et je vous le répèterai très bientôt !

Alors, puisque l’été c’est pour lire et apprendre… il ne vous reste plus qu’à lire Zéropédia, tout sur tout (et réciproquement) de FabCaro et Julien/cdm aux éditions Dargaud !

Bonne lecture et à demain !

Shelton
avatar 15/07/2018 @ 05:30:53
Dimanche 15 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et comment ne pas relire un album scénarisé par Frank Giroud au lendemain de l’annonce de son décès ? Alors, c’est vrai que ce géant de la bédé me laisse finalement un grand choix… Décalogue ? Quintett ? Louis la Guigne ? Azrayen ? Secrets ? Le vétéran ? Oui, presque toutes ses productions sont très bonnes et le choix était difficile… Alors, je me suis porté résolument sur cette série magnifique, « Quintett » !

Frank Giroud était l’un des scénaristes les plus prolixes de la bande dessinée moderne. Pensez donc, il fut le maître d’œuvre de tellement de chefs d’œuvre ! Il n’était donc pas étonnant de le voir arriver avec Quintett (non, ce n’est une faute d’orthographe, c’est un choix délibéré de l’auteur et il s’en expliquera lors de la série…) accompagné de cinq dessinateurs différents, un par album, pour nous vendre un scénario improbable ayant pour cadre la Guerre de 14-18 dans les Balkans... Devenu expert de ce concept – une histoire, plusieurs tomes, plusieurs dessinateurs – il montrait ainsi que le scénario est essentiel dans une bande dessinée et il répondait aux lecteurs qui ne voulaient plus attendre si longtemps entre chaque parution…

Le premier dessinateur est Cyril Bonin, l’artiste très original de la série Fog, sur un scénario de Seiter, une très belle série qui se déroule dans le Londres brumeux du début de vingtième siècle. Nous retrouverons ensuite Paul Gillon, Steve Cuzor, Jean-Charles Kraehn et Alessandrini… Ce n’est pas rien quand même !

La série Quintett est un récit basé sur un concept particulier assez original puisque peu de récits en bédé sont construits sur ce modèle. Les quatre premiers albums vont raconter une séquence de vie qui se déroule durant la Première Guerre mondiale. Chaque album donne le point de vue d’un personnage. Le premier donne celui de Dora Mars… Le dernier, le cinquième, éclairera l’ensemble du récit et lui donnera son sens… Mais, en attendant, je ne vous dirai que le strict minimum, ce qui devrait vous donner envie de plonger et consommer, sans modération, Quintett, la bédé qui rend dépendant…

Il faut dire, que chaque album exige une relecture du précédent et quand vous arrivez au dernier, il faut relire les quatre premiers. Dès le cinquième terminé, vous aurez envie, que dis-je, vous serez pris d’une irrésistible envie de relire l’ensemble de la série pour vérifier que le scénariste ne s’est pas pris, à un moment, les pieds dans le tapis. De ce côté-là, pas de risque, le scénario de Quintett est un des plus rigoureux que je connaisse. Il faut dire que prenant la même histoire, d’abord racontée à travers quatre personnages différents, mais aussi mis en images par quatre illustrateurs, eux aussi, différents, il fallait que le scénario de Frank Giroud soit des plus précis, des plus rigoureux, des plus méticuleux… Mission remplie, la série est presque parfaite ! Ah, on va encore me demander pourquoi « presque »… Alors, disons-le, je suis d’accord et j’assume, « parfait » !

L’histoire se déroule en 1916, dans le village de Pavlos, situé en Macédoine. Nous sommes en zone neutre. Là, un petit détachement français doit empêcher le combat prévisible entre les Grecs et les amis des Allemands, les Bulgares au premier chef.

Dora Mars, chanteuse de revue tombe amoureuse d’un pilote français en permission à Paris. Elle fait tout pour le revoir… Il est affecté à Pavlov, alors quand elle reçoit son mandat pour aller chanter devant les soldats français à Pavlov… elle croit s’embarquer pour le paradis ! Que trouvera-t-elle sur cette terre austère ? Armel son héros sera-t-il heureux de la retrouver ? Comment se comporteront les autres militaires devant cette chanteuse populaire ?

Très belle histoire qui pourrait se lire comme un tome unique tant le talent de Frank Giroud est de nous faire croire que tout a été dit, que tout est terminé et que le destin de Dora, Armel et les autres est définitivement scellé…

Le dessin de Cyril Bonin est très proche de celui développé dans la série Fog, pourtant, on sent son envie de se positionner dans une autre narration graphique. C’est d’autant plus estimable que les personnages sont appelés à revenir dans la suite des albums mais apprivoisés par les autres dessinateurs…

Un très bel album, une extraordinaire aventure, une lecture positive indiscutable, du très beau et bon travail… Bref, à lire sans aucune hésitation et vous mesurerez alors, pour ceux qui ne connaissez pas encore Frank Giroud, que nous venons de perdre un immense scénariste… et je n’ose même pas envisager le chagrin de sa compagne et de sa fille ! Ah, si nos pensées pouvaient vous soulager…

En attendant, puisque l’été c’est fait pour lire, lisons et continuons de faire vivre Frank Giroud dans nos cœurs…

Shelton
avatar 16/07/2018 @ 09:50:53
Lundi 16 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et quoi de plus naturel que de lire durant ses vacances un bon roman policier… Enfin, si on aime ce genre littéraire car, après tout, aucune obligation et tous les goûts sont dans la nature ! Moi, je le concède, j’aime le roman policier et régulièrement j’explore ce domaine sans me soucier trop des dates, des auteurs, des nationalités, des langues… Je n’irais pas jusqu’à dire que « tout est bon dans le polar », loin de là, mais je veux bien tout essayer !

Par expérience, on finit par connaitre des labels, des collections, des éditeurs, des écoles, des auteurs que l’on aime ou pas et cela aide dans les choix, cela évite surtout quelques grosses déceptions. C’est ainsi qu’il y a fort longtemps, j’ai lu mon premier roman lauréat du Prix du quai des orfèvres... C’est si lointain que je n’arrive même pas à me souvenir de quel roman il s’agissait, peut-être « Ne tirez pas sur l’inspecteur » ou « Vertige en eau profonde »… Qu’importe. Depuis, j’en ai lu beaucoup – le premier prix a été décerné en 1946 – et ce fut assez inégal pour être honnête. C’est un peu par hasard que je suis tombé sur « Périls en la demeure » cet hiver et j’ai plutôt apprécié, d’abord parce qu’il se passait dans le sud de la France, en été, et que je le lisais en pleine séquence de froid… Ok, c’est un peu exagéré mais pas tant que cela !

Ce roman de Maurice Périsset est d’abord bien construit et dans ce genre, c’est essentiel ! Si on comprend trop vite les tenants et aboutissements, c’est mort ! Enfin, dans un polar, il faut bien au moins un mort, et là, très vite, nous en avons deux ! Un chef de chantier et un auxiliaire de forain… A priori, aucun rapport entre les deux… et c’est bien ce qui compliquera considérablement la tâche du commissaire Jardet…

On va suivre, dès le début du roman, un personnage, Bertrand, au moment où il s’apprête à sortir en ville après une belle journée de travail… Il va certainement aller du côté de la Crau, il reviendra peut-être avec une fille, une histoire pour un soir, comme il en a l’habitude… C’est du moins ce que pense son ami Vincent…

Après, je mesure bien que je ne peux pas vous en dire beaucoup plus car très rapidement chaque élément de l’histoire est capital pour la compréhension générale de l’énigme et je ne souhaite pas vous briser en mille morceaux le suspense très bien maitrisé de Maurice Périsset. Ce dernier, décédé à Hyères dans le Var en 1999 à 79 ans, fut en son temps un homme de lettres touche à tout : poète, romancier, biographe, éditeur… Tout y est passé y compris la création d’une maison d’éditions, PAC éditions.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, c’est l’humanisme des personnages, à commencer par celui de ce commissaire père de famille. Il est crédible, ce n’est pas le super-héros qui sait tout et réussit tout du premier coup… et cela change de certains romans excessifs !

J’ai aussi beaucoup apprécié, probablement pour des raisons familiales, le lien avec l’Algérie, les habitants de cette terre si proche et si lointaine, et la solitude du personnage clef de ce roman, mais, là, je ne peux pas vous en dire plus…

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, n’hésitez pas à lire des romans policiers, des Prix du quai des orfèvres et même « Périls en la demeure » si vous le trouvez… D’ailleurs, mon exemplaire va bien tôt se retrouver dans une boite à livres de Chalon-sur-Saône, donc bonne lecture et à demain !


Shelton
avatar 17/07/2018 @ 05:33:21
Mardi 17 juillet 2018

L’été c’est fait pour lire et ce n’est pas non plus interdit de lire pour réfléchir, réfléchir en lisant et lire pour discuter intelligemment avec les autres… Oui, je sais, tout un programme, mais pourquoi pas et en partant d’un ouvrage dit grand public, accessible à tous et sur une question qui nous concerne tous ! Emile Temime est un historien français, spécialiste de l’histoire espagnole contemporaine puis de l’immigration vers la France… Il faut dire que cet homme, décédé en 2008, était bien représentatif de cette « France, terre d’immigration », titre de son ouvrage…

Il est né en 1926, à Bayonne dans le Pays Basque, d’un père juif kabyle et d’une mère basque elle-même issue d’une famille juive basque… Il va enseigner à Aix-en-Provence, vivra à Marseille, deviendra spécialiste des migrations à Marseille et défendra l’idée que la France est bien une terre d’immigration depuis longtemps…

Alors, je sais bien que ce sujet commence à en fatiguer plus d’un, que certains ont peur de perdre leur identité, que d’autres préfèrent chanter les louanges de la France éternelle et pure qui n’a jamais existé, voir chanter la Marseillaise un soir de match de football devant une équipe de football qui est bien le fruit de cette immigration…

J’entends bien ces voix qui chantent que c’est à cause des religions, qu’il ne faut avoir peur que de l’Islam… Mais tous ces Français qui ont peur devraient relire notre histoire et ce petit livre d’Emile Temime pour comprendre que les Celtes ont eu peur des Gaulois qui eux-mêmes ont craint les Romains qui tremblèrent devant les Goths, Wisigoths, Vandales, Burgondes, Francs et autres Huns tandis que les Francs furent pétrifiés devant les Normands… Puis, Louis XIV mit en place une France centralisatrice, fédérée autour de Versailles et on oublia quelques années les origines des uns et des autres… La Révolution française donna à ce pays une image de tolérance ce qui permit à des Savoyards, des Belges et beaucoup d’autres de trouver refuge sur cet hexagone…

Puis il y eut le XIX° siècle avec son besoin d’ouvriers de toute nature et on vit des arrivées d’Italiens, de Belges, de travailleurs de tout l’Empire colonial, de Polonais, de Portugais, d’Espagnols… Génération après génération, avec plus ou moins de difficultés, la France digère ces vagues d’immigration… Après la décolonisation, on a vu encore arriver les anciens colons, plus exactement ceux qui avaient succédé aux colons et ceux qui sur place avec pactisé avec eux…

Enfin, dans les années soixante-dix, nouvelle vague d’immigration, d’abord provenant d’Afrique du Nord, immigration désirée par les entreprises françaises, ne l’oublions pas ! Ces différentes vagues, pour des raisons diverses commencent à peser sur la population, surtout parce que le vecteur essentiel de l’intégration, le travail, vient à manquer. Or, sans travail, difficile d’accueillir et d’intégrer…

Mais si on parle beaucoup de ce sujet maintenant, c’est aussi à cause des réfugiés économiques, climatiques et victimes de guerre… et, là, on mesure un effet de saturation, essentiellement psychologique, avec en plus une ghettoïsation de ces populations d’émigrés sur notre territoire… Il faudra apprendre à partager, rester humain, reconstruire un nouveau modèle… mais si nos ancêtres ont survécu aux grandes invasions à la fin de l’Antiquité, nous devrions bien être capables de récidiver et pas seulement le temps d’une coupe du monde de football !

Alors, gardons précieusement ce type d’ouvrage, « France, terre d’immigration », pour ne pas sombrer dans le désespoir et l’égoïsme et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et à demain !

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