Septularisen

avatar 23/04/2017 @ 09:17:13
Personnellement je ne comparerais pas la littérature japonaise avec la littérature coréenne. Haruki Murakami écrit à mon avis de facon assez poétique même s'il est vrai assez détaché. De plus, IHiromi Kawakami et Haruki Murakami, ces deux auteurs japonais que je lis toujours avec plaisir, sont très subtils dans leurs écritures. Ce que je n'ai pas du tout ressenti dans le style de Han Kang qui ppur moi évoquait plutôt une certaine pesanteur.


Bien, je dois avouer que je n'ai ressenti aucune lourdeur à la lecture du style d'écriture de Han KANG, mais peut-être est-ce l'atmosphère "pesante" de l'histoire du roman qui donne cette impression.

Après il est vrai que plus que de Haruki MURAKAMI, c'est de Yasunari KAWABATA que j'aurais du parler, et auxquels l'écriture de la coréenne se rapproche sans doute plus.

Myrco

avatar 23/04/2017 @ 10:09:21
Je connais un petit peu mieux les littératures chinoise et vietnamienne que la littérature japonaise. Néanmoins, puisque Méditerrannée nous parle de Kawakami, j'avais lu d'elle "Le temps qui va, le temps qui vient". Si en cherchant bien on peut retrouver quelques points thématiques communs, en particulier l'extrême solitude des individus notamment dans le couple, on n'y trouve effectivement aucune parenté dans la tonalité ( ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas avec d'autres écrivains japonais). J'avais d'ailleurs parlé à ce propos (pardon de me citer): d' " style dont la platitude de façade masque parfois la subtilité des non-dits ". Effectivement, moins de subtilité ici, mais beaucoup plus de force et de puissance.

Myrco

avatar 23/04/2017 @ 10:26:32
Par contre, j'ai lu un peu de littérature coréenne, et bien que le thème soit (apparemment ) différent j'ai trouvé une proximité certaine avec une autre auteure Ch'oe Yun (" Là-bas, sans bruit, tombe un pétale ")à la fois par ce climat de violence plus ou moins larvée qui baigne le récit mais aussi dans la manière indirecte de traiter de la violence sociétale. D'ailleurs, à travers son roman plus récent "Human acts" HAN Kang traite du même thème à savoir la terrible répression de Gwangju en 80 (sa ville natale).

Myrco

avatar 23/04/2017 @ 10:37:11
Par ailleurs, Saule et Méditerrannée ont relevé que le roman s'apparentait à des nouvelles. Je n'ai pas trouvé d'éléments très précis sur la genèse de ce roman. Il est de fait souvent présenté comme un triptyque et donne l'impression que les parties peuvent d'abord avoir été écrites de manière indépendante. J'avais été frappée du fait que dans le début de la seconde partie, l'auteure rappelle la fameuse scène du repas et de ses conséquences comme si le lecteur n'était pas au courant.
J'ai lu qu'en Corée, les écrivains commencent en écrivant des histoires courtes. Dans un second temps, elles peuvent éventuellement être reliées. C'est ce qu'ils appellent le "roman lié" qui constitue là-bas une forme littéraire à part entière. Mais est-ce spécifique à la Corée ? Je me demande justement si le fameux roman de Kawakami évoqué précédemment ne pourrait pas appartenir à ce genre ?

Saint Jean-Baptiste 23/04/2017 @ 10:51:08
j
J'espère pouvoir revenir dans quelques jours, même si pour cette lecture-ci, ce sera trop tard !

Mais non, Marvic, ce ne sera pas trop tard. On attend ton avis. Mais seulement ne lis pas nos commentaires parce que il y a plein de spoliers.

Saint Jean-Baptiste 23/04/2017 @ 11:12:20
Je suis content de voir que certains apprécient ce livre, ça me met plus à l’aise pour dire que je ne l’ai pas aimé du tout.

Pour moi, la première partie raconte la descente aux enfers de toute une famille parce que une des filles devient de plus en folle sans qu’on nous explique pourquoi. L’auteur(e) aurait tout aussi bien pu nous dire qu’elle était tombée sur la tête. Je trouve que ses rêves sanguinolents sont un peu du n’importe quoi.
On nous dit que son père était vaniteux et brutal et qu’il avait la boisson mauvaise. Mais si toutes les filles d’un père pareil devaient devenir folles, le monde en serait peuplé…

Les autres personnages de la famille sont vraiment trop palots. Ils manquent carrément de consistance : on voit bien ce qu’il font, sans bien savoir qui ils sont.
En particulier le comportement de « l’artiste » n’a pas beaucoup de logique. Il me paraît simplement là pour préparer les scènes porno.

Dans la seconde partie j’ai eu l’impression que l’auteur(e) parlait de ses propres phantasmes tant elle se complaît à raconter les accouplements. C’est d’autant plus flagrant qu’elle répète deux fois la même scène sans que ça n’amène rien de plus au récit.

J’ai repris la lecture moment où le mari veut se jeter du troisième étage pour voir s’il volerait comme les papillons de ses peintures. Décidément la folie règne dans la famille mais, encore une fois, pourquoi ? A quoi est-ce que ça rime ? Quelque chose a dû m’échapper… ?
Une seule personne semble avoir la tête sur les épaules : c’est la grande sœur.

Et ça se confirme dans la troisième partie. Maintenant c’est la grande sœur qui entre en scène et elle apparaît comme le beau personnage du livre. Enfin, un beau personnage !
Et son histoire est bien racontée : on la voit sur le trajet de l’hospice où est, ce qu’il faut bien appeler, la folle. On l’accompagne dans le bus puis on marche avec elle sur le long trajet sous la pluie.

Elle est bien décrite. C’est vraiment « la grande sœur » consciente de ses responsabilités dans cette triste famille. Elle se remémore les derniers événements. Elle se demande avec beaucoup de lucidité si elle aurait pu empêcher le cours des choses. Elle pense à son fils avec beaucoup de tendresse. Et elle fera tout pour sauver sa sœur, malgré qu’elle ne peut lui pardonner sa conduite avec son mari.
Mais après, de nouveau, que de longueurs inutiles, finalement, dans le traitement de la victime ! On dirait que l’auteur(e) a le goût de raconter des horreurs.

Du reste, selon moi, tout le livre est plein d’horreurs inutiles : la grande sœur qui saigne de l’œil quand elle se regarde dans le miroir, la folle qui se tient debout sur la tête pour que ses cheveux prennent racine, la famille qui force la végétalienne à manger de la viande ; à la fin de la seconde partie, la végétalienne qui tient un oiseau mort dans ses doigts… etc, etc.

L’auteur(e) a l’art de bien raconter les différentes scènes, malgré beaucoup trop de détails inutiles, et les dialogues sont bien construits. Le récit est aussi très bien mené. Le lecteur est tenu par la patte et veut savoir ce qui va se passer. D’un côté, ça sauve peut-être le livre... (?)



Mediterranee
avatar 23/04/2017 @ 11:15:54
Septularisen, je n'ai encore rien lu de Kawabata et vais le rajouter directement à ma liste. Merci :-)

Myrco, tu as raison, j'avais oublié ce point là: pourquoi reparler de la scène du repas dans seconde partie? Peut-être pour renforcer le tournant que cette scène a apporté dans cette histoire ? Son mari la quitte peu après, sa soeur commence à se rendre compte des problèmes de Yonghye et son beau-frère commence à la voir sous un jour nouveau.

Ce que je n'ai pas compris, c'est en quoi la tâche de Yonghye exercait une telle attirance sur son beau-frère alors que son propre fils avait la même?

C'est vraiment un roman parfait pour une discussion de lecture commune :-)

Septularisen

avatar 23/04/2017 @ 11:25:06
Septularisen, je n'ai encore rien lu de Kawabata et vais le rajouter directement à ma liste. Merci :-)


Avec plaisir...

Si je peux t'en conseiller un seul, commence par ceci:

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/1002

par le Prix Nobel de Littérature 1968... ;-DD))))))

Mediterranee
avatar 23/04/2017 @ 14:07:58
Septularisen, je n'ai encore rien lu de Kawabata et vais le rajouter directement à ma liste. Merci :-)


Avec plaisir...

Si je peux t'en conseiller un seul, commence par ceci:

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/1002

par le Prix Nobel de Littérature 1968... ;-DD))))))


Merci :-)

Marvic

avatar 23/04/2017 @ 18:55:12

J'espère pouvoir revenir dans quelques jours, même si pour cette lecture-ci, ce sera trop tard !

Mais non, Marvic, ce ne sera pas trop tard. On attend ton avis. Mais seulement ne lis pas nos commentaires parce que il y a plein de spoliers.

Tu as raison SJB ! Je viens de terminer le livre, et parcouru vos avis et ressentis.
Je te rejoins sur la plupart de tes commentaires.
Je n'ai pas aimé les deux premières parties mais ai été touchée par la troisième. Encore une question d'empathie sûrement :-) avec la soeur aînée, sa souffrance de voir Yonghye réclamer le droit de mourir. Sa propre douleur de femme trahie, qui doit faire face complètement seule.
Je m'attendais à une explication dans l'enfance violente qu'elles ont vécue.
Ou je n'ai pas compris, ou je cherche une explication rationnelle à un comportement qui ne l'est pas.

Marvic

avatar 23/04/2017 @ 19:08:15

Quand aux rêves il faut savoir que dans la culture Asiatique, on leur accorde une signification et une importance bien plus grande, quant à leur signification et leur interprétation, que dans notre culture Occidentale.
Ceci explique peut-être le pourquoi de l’attitude de l'héroïne.


Je suis incapable de faire la différence entre un auteur chinois, japonais ou coréen.
Je m'aperçois de la justesse de tes propos en retrouvant certains titres d'auteurs asiatiques.
J'ai toujours cette impression de rester "à la lisière" du livre.

Koudoux

avatar 23/04/2017 @ 20:11:09
J'aimerai lire d'autres livres sud-coréens.
Avez-vous des noms à me conseiller?

Septularisen

avatar 23/04/2017 @ 22:40:33
Je suis content de voir que certains apprécient ce livre, ça me met plus à l’aise pour dire que je ne l’ai pas aimé du tout.


;-D)))
Oui cela s'appelle une démocratie, chacun a le droit (et heureusement d'ailleurs...), d'avoir l'opinion qu'il veut!

Septularisen

avatar 23/04/2017 @ 23:14:44
J'aimerai lire d'autres livres sud-coréens.
Avez-vous des noms à me conseiller?


Oulà, ça c'est une question pour SpaceCadet et DBZ...

Peut-être Hwang SOK-YONG?

Ici : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vauteur/34724

SpaceCadet

avatar 24/04/2017 @ 02:33:26
Bonjour.
Après avoir effectué quelques recherches j'ai compilé quelques informations au sujet du roman et vous les propose sur un autre forum attaché à la fiche du livre. Par ailleurs, j'ai visionné le film (adapté du livre) qui, à l'exception du jeu de perspective résultant de la forme narrative adoptée dans le roman, m'a semblé rendre justice au récit.

Je reviens ici pour ajouter une nouvelle piste de réflexion qui me semble aider à la compréhension ou à l'interprétation du roman. Concernant la tache mongolique qui, je crois, est assez clairement évoquée dans le roman.

Dans la mythologie coréenne la tache mongolique est interprétée comme étant une marque laissée par une tape donnée par Samshin almi (déesse de la naissance que l'on invoque/prie au moment de la naissance d'un enfant), afin d'inciter le bébé à sortir du ventre de sa mère.

Considérant que dans les faits cette marque (un phénomène assez courant) disparaît habituellement au cours des premières années de la vie (ce qui est le cas du petit garçon dans le roman) et au plus tard à la puberté, le fait que cette marque soit toujours présente sur le corps de l'héroïne alors que celle-ci est une adulte, a probablement valeur symbolique dans le roman. Soulignons également que la forme de la marque (pétale) peut également constituer un symbole en soi.

Plusieurs interprétation sont possibles au sujet de cette tache.

La première qui me vient à l'esprit consiste y voir une manière de renforcer l'idée/le statut d'infantilisation dont fait l'objet le personnage, ce qui d'ailleurs est confirmé par façon dont elle est traitée par les membres de sa famille. A cet effet, il semble clair que Yeong-hye est un être qui n'a pas 'grandi' et qu'assujettie à sa famille, elle est passée directement sous la tutelle de son mari.

C'est une femme qui ne s'est pas épanouie et qui, entre sa famille et son couple, n'a pas d'existence en propre.

Pour aller plus loin, on peut hypothétiquement voir un symbole dans le fait que lorsque la tache en forme de pétale sur son corps prend sa place parmi les fleurs que peint l'artiste, la jeune femme semble se sentir mieux car elle affirme ne plus faire de rêves...

Au sujet des rêves, de l'importance des rêves dans la culture asiatique, je n'en sais pas grand chose si ce n'est que dans certains cas (selon le type de rêve) ils peuvent être conçus comme étant un médium par biais duquel les morts ou les esprits communiquent avec les vivants, tandis que dans d'autres cas ils sont perçus comme ayant un sens prémonitoire. Mais l'interprétation des divers éléments d'un rêve varie d'une culture à l'autre.

SpaceCadet

avatar 24/04/2017 @ 02:37:44
Et veuillez excuser les fautes.

Koudoux

avatar 24/04/2017 @ 07:05:46
J'aimerai lire d'autres livres sud-coréens.
Avez-vous des noms à me conseiller?



Oulà, ça c'est une question pour SpaceCadet et DBZ...

Peut-être Hwang SOK-YONG?

Ici : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vauteur/34724

Merci pour le conseil, je vais voir à la bibli.

Mediterranee
avatar 24/04/2017 @ 12:17:23
Merci SpaceCadet, c'est très intéressant car cette tâche et sa signification m'intriguaient.
d'après toi pourquoi son beau-frère était-il attiré si fortement par sa tâche? Merci

Septularisen

avatar 24/04/2017 @ 22:34:48
Fini !

Comme souvent dans les romans asiatiques, il n’y a pas vraiment de fin, ou plutôt disons que l’on se doute de la fin, mais que l’auteur ne nous la raconte pas. Sans doute pour ne pas tomber dans le vaudeville qu’aurait été la description de l’agonie de Yeong-hye.

Contrairement à d’autres avis, j’ai trouvé la 3e partie inférieure au reste du livre. Il y a pourtant un grand effet dramatique, et l’écriture est toujours aussi belle. Mais, peut-être que le fait que le récit deviens ici plus traditionnel, plus classique, qu’il suit une voie déjà vue et mainte fois exploitée, m’a moins parlé que les deux premières parties du livre. J’ai également trouvé que la fin du roman était un peu trop bâclée.
En quelques lignes,- trop précipitées -, on met un terme aux récits commencés dans les deux premières parties (le mari de l’héroïne, le mari de la sœur, le fils de celle-ci…), et a l’histoire elle-même.
Sans doute le roman méritait-il mieux !
Je termine le livre sur une impression mitigée. L’écriture est vraiment très belle, rien à en redire, le sujet est original et l’histoire traitée de très belle façon, par contre la fin trop brusque m’a un peu gâché la très bonne impression laissée par le reste du livre...

SpaceCadet

avatar 25/04/2017 @ 03:33:25
Merci SpaceCadet, c'est très intéressant car cette tâche et sa signification m'intriguaient.
d'après toi pourquoi son beau-frère était-il attiré si fortement par sa tâche? Merci


Franchement je n'en ai pas la moindre idée. Idem pour les autres questions que tu posais à la page 3 de ce forum au sujet de ce qui aurait déclenché les rêves chez l'héroïne ou encore pourquoi elle va jusqu'à éliminer les œufs de son régime.


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