La malédiction d'Edgar de Marc Dugain
Catégorie(s) : LittĂ©rature => Romans historiques
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absolutisme US
Ce roman nous plonge dans les arcanes du pouvoir aux USA. Dugain a voulu explorer une pĂ©riode de lâhistoire oĂč se cĂŽtoyaient la paranoĂŻa, la schizophrĂ©nie, la misogynie, le racisme et lâantisĂ©mitisme Ă lâombre de la pudibonderie. CâĂ©tait le temps, comme lâĂ©crivait William Styron, de la passerelle chancelante entre le puritanisme des ancĂȘtres et lâavĂšnement de la pornographie de masse. La face cachĂ©e de ce pays est ici dĂ©voilĂ©e dans les mĂ©moires de Clyde Tolson, lâadjoint de lâhomme qui fut le plus puissant outre-Atlantique, John Edgar Hoover, patron du FBI qui, de 1924 Ă 1972, sut tenir sous sa coupe les hommes politiques et le destin de tout un pays. Il ne voulut jamais devenir prĂ©sident. L'intĂ©rĂȘt du livre rĂ©side dans l'habilitĂ© qu'a lâauteur Ă fabriquer un roman captivant Ă partir dâĂ©lĂ©ments historiques. Et plus on avance dans le roman, plus on se demande de quelle malĂ©diction est frappĂ© Hoover qui peut s'enorgueillir d'avoir rĂ©sistĂ© aussi longtemps aux alĂ©as de la vie, de cet homme qui, dans une fonction essentielle et sensible, a servi sous huit PrĂ©sidents des Etats-Unis et dix-huit ministres de la Justice ? La rĂ©ponse est apportĂ©e Ă plusieurs endroits du livre et concerne le mĂȘme problĂšme : son homosexualitĂ©. Sa relation avec Clyde Tolson. Amours secrĂštes et peu avouables dans une AmĂ©rique au paroxysme de son puritanisme. Avec de tels livres, oĂč les Ă©pisodes de la grande Histoire comportent les anecdotes de la petite, l'Histoire politique romancĂ©e a de belles perspectives devant elle ! Des pans entiers de lâhistoire des Etats-Unis dĂ©filent sous nos yeux. Belle leçon de critique historique !
Les éditions
La malédiction d'Edgar [Texte imprimé], roman Marc Dugain
de Dugain, MarcISBN : 9782070773794 ; 20,20 ⏠; 03/03/2005 ; 331 p. Broché
La malédiction d'Edgar [Texte imprimé] Marc Dugain
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Un symbole du temps long
Critique de Vinmont (, Inscrit le 12 août 2014, 51 ans) - 29 juillet 2019
On y apprend plein de choses et on découvre un homme qui se forge une vraie carapace et entretient un puissant et long pouvoir pour mieux se protéger mais aussi parce qu'il est persuadé de détenir le vrai et le bien.
Ce dernier point nous le rend mĂȘme parfois antipathique tout autant que ces "puissants" qui dĂ©rivent allĂšgrement dans son univers.
Il en reste un bon moment de lecture instructif et original.
Une ombre lumineuse
Critique de Hamilcar (PARIS, Inscrit le 1 septembre 2010, 70 ans) - 6 août 2015
Le mal absolu Ă©tait le communisme. Hoover et Tolson en ont fait leur croisade. Ils sâen sont servis aussi pour pĂ©renniser leurs postes Ă la tĂȘte du bureau fĂ©dĂ©ral, nĂ©gligeant la mafia et le crime organisĂ© trop imbriquĂ©s dans le systĂšme politique. De Roosevelt, Truman, J.F.K, Johnson Ă Nixon, ils ont rĂ©ussi Ă se maintenir par cet argument que la lutte ne pouvait ĂȘtre quâanticommuniste. De lĂ , des purges, des chasses aux sorciĂšres, des Ă©liminations.
Hoover, jusquâĂ sa mort, Ă©tait devenu lâhomme le plus important dâAmĂ©rique. RĂ©publicains et dĂ©mocrates sâen mĂ©fiaient et par obligation certes, respectaient.
Le roman, car câen est un, est un petit bijou qui nous dĂ©roule cette AmĂ©rique lĂ sans complaisance. Au travers des propos rapportĂ©s par Tolson, vĂ©rifiĂ©s ou supposĂ©s, nous dĂ©couvrons ce qui reste tabou, lâimplication des politiques avec la mafia, les jeux troubles de la C.I.A., la perversitĂ© dâun systĂšme qui nâhĂ©site pas Ă utiliser le meurtre pour que tout paraisse suffisamment lisse. Le livre dĂ©mythifie Kennedy et son frĂšre Bob ; Nixon est fourbe, Johnson est prĂ©sentĂ© comme le hĂąbleur vulgaire quâil a sans doute Ă©tĂ© et tous, sans aucune exception, manipulĂ©s par lâintelligence dâHoover.
Le drame de cet homme, câest quâil se savait supĂ©rieur et dĂ©viant Ă la fois. Lui qui sâimposait comme garant des valeurs morales amĂ©ricaines avait cette partie dâombre quâil nâassumait quâĂ peine.
LâhabiletĂ© et lâintelligence quâil a utilisĂ©e pour la dĂ©fense de son pays sâeffacent peu Ă peu au profit de lâimage dâun homme cynique Ă la stratĂ©gie subtile. Manifestement, J. Edgar Hoover est un bon personnage de roman, servi par un Marc Dugain en pleine forme. Quant au narrateur de lâhistoire, Clyde Tolson, il se rĂ©vĂšle Ă nous comme Ă©tant celui sans qui Hoover nâaurait pas Ă©tĂ© Hoover.
Deux passages du livre mâont particuliĂšrement intĂ©ressĂ© mĂȘme sâils sortent du champs principal : la rencontre dâHoover avec son psychanalyste lui rĂ©vĂ©lant son homosexualitĂ©, et celle de Tolson avec un professeur dâuniversitĂ© lui expliquant la pensĂ©e dâAlbert Camus. Les Ă©vidences pour ces deux lĂ devaient ĂȘtre travesties : psychanalyste et Camus nâĂ©taient rien dâautre que communistes. Ce genre dâutopie devenait alors une rĂ©alitĂ© quâHoover et Tolson infusaient aux gouvernants. Une sorte dâautoprotection gĂ©niale qui leur a permis dâĂȘtre aux affaires 48 ans et ce, contre vents et marĂ©es.
Un pan d'histoire romancé
Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 14 août 2014
Certes, la rĂ©alitĂ© dĂ©crite est dure, par le maccarthysme, les relations de l'Etat avec la mafia, avec Cuba, l'enquĂȘte de l'assassinat de Kennedy, la mort de Marilyn Monroe. Mais elle est reconstituĂ©e avec rĂ©alisme, dans un but didactique, me semble-t-il, via un style s'apparentant presque Ă un roman policier, avec meurtres en amis Ă volontĂ©. Evidemment, le fait que ces Ă©vĂ©nements se soient rĂ©ellement passĂ©s peut donner, par moments, quelques frissons ou sueurs froides.
J'ai trouvĂ© cette croisĂ©e des chemins intĂ©ressante, cette reconstitution bien faite et honnĂȘte. Il est vite lu, bien qu'il soit Ă©pais, ce qui est un signe de qualitĂ© du procĂ©dĂ© narratif, qui tient bien en haleine. Il est donc Ă conseiller, particuliĂšrement pour les amateurs d'histoire et ceux qui aimeraient dĂ©couvrir des pans de la vie politique amĂ©ricaine.
Questions?
Critique de Falgo (Lentilly, Inscrit le 30 mai 2008, 86 ans) - 29 avril 2013
Moi et l'Autre
Critique de DomPerro (, Inscrit le 4 juillet 2006, - ans) - 14 février 2012
Ceci dit, lâĂ©criture, le ton, des dialogues, notamment entre les deux personnages principaux, John Edgar Hoover, le premier directeur du FBI, et Clyde Tolson, le numĂ©ro deux, pouvaient des fois me sembler artificiels, voire un peu vieux jeu.
Par exemple, au début du 20e chapitre, par exemple, cet entretien entre Hoover et Tolson :
''- Ce type est dangereux, Edgar.
- Est-ce lĂ ton opinion, Clyde?
- Câest lâopinion de quelquâun qui suit son dossier depuis plusieurs annĂ©es. (âŠ) Câest tout ce qui fait le sel de notre mĂ©tier.
- Et tu nâes pas sĂ©duit par ce quadragĂ©naire au charisme dâacteur?''
En revanche, jâadore cette description savoureuse de Clyde Tolson sur Bob Kennedy :
''Bob Kennedy, en quittant le bureau dâEdgar me croisa et me salua du bout des lĂšvres. Il avait cette dĂ©marche un peu Ă©triquĂ©e de ces jeunes diplĂŽmĂ©s qui se demandent sâils mĂ©ritent vraiment la reconnaissance que leur universitĂ© leur a exprimĂ©e. Une chevelure embrouillĂ©e autant par le vent que par la main qui a tentĂ© maladroitement dây mettre de lâordre. Un costume qui donnait le sentiment quâil ne lâavait pas quittĂ© pour dormir et une cravate dĂ©pressive asphyxiĂ©e par un nĆud trop Ă©troit. Son expression Ă©tait celle dâun homme qui se sert dâune apparente force pour Ă©touffer son incontestable vulnĂ©rabilitĂ©. Des maniĂšres dâadolescent brimĂ© qui cherche sa voie.''
Fait amusant, mais un peu troublant, câest le besoin de comprĂ©hension de Clyde Tolson sur Albert Camus et son influence possible sur Bob Kennedy, qui est vraiment dĂ©testĂ© par le duo Hoover/Tolson. Au chapitre 34, il y a de nombreuses pages consacrĂ©es Ă lâĆuvre de Camus et les notions dâexistentialisme, d'humanisme social, de rĂ©volte et dâabsurditĂ©. On y cite dâailleurs Camus : ''Lâhomme est la seule crĂ©ature qui refuse dâĂȘtre ce quâelle est. La question est de savoir si ce refus ne peut lâamener quâĂ la destruction des autres et de lui-mĂȘme, si toute rĂ©volte doit sâachever en justification du meurtre universelâŠ''
Mise dans le contexte politique des Roosevelt, Truman, Eisenhower ou Kennedy, cette citation rĂ©vĂšle comment les dangers de la ''menace de lâextĂ©rieur'' (Cuba, URSS, communisme, etc...), qui est si souvent Ă©voquĂ©e par le FBI, sont peut-ĂȘtre moins dangereux que nous-mĂȘmes, et que plutĂŽt Ă chercher Ă soumettre lâautre, il serait souhaitable de proposer de partager nos convictions.
Enfin, la description et l'analyse des morts de JFK et de Marylin Monroe sont fascinantes, car des éléments cachés nous sont dévoilés.
la malédiction des Kennedy
Critique de Pat (PARIS, Inscrit le 21 mars 2010, 62 ans) - 21 mars 2010
L'hypocrisie à l'état pur
Critique de Cyrus (Courbevoie, Inscrit le 3 novembre 2008, 49 ans) - 5 novembre 2008
L'Histoire (New Deal, deuxiĂšme Guerre Mondiale, Guerre froide...) et les petites histoires (infidĂ©litĂ©s, vies dissolues, petits arrangements et corruption) s'entremĂȘlent pour faire apparaĂźtre toute l'hypocrisie du milieu politique.
Du destin hors norme du clan Kennedy à l'hystérie anti-communiste qui a prévalu pendant des années aux Etats-Unis, en passant par les relations pour le moins compliquées entre la mafia et le milieu politique, ce "roman" nous laisse à voir comment se font et se défont les carriÚres.
J'ai trouvĂ© le style limpide, clinique, presque trop froid et j'ai Ă©tĂ© Ă plusieurs reprises gĂȘnĂ© par une certaine confusion dans la prĂ©sentation de l'enchaĂźnement des Ă©vĂ©nements.
En résumé, j'ai beaucoup apprécié le fond, un peu moins la forme.
Ă boire, Ă boire pour maĂźtre Edgar
Critique de Grass (montréal, Inscrit le 29 août 2004, 48 ans) - 28 janvier 2008
Un roman?
Peut-ĂȘtre bien, oui.
Mais un livre d'histoire?
Faudrait voir.
Une biographie?
Aussi.
C'est peut-ĂȘtre l'une des raisons pour lesquelles je suis un peu rĂ©ticent face aux romans historiques. Jusqu'oĂč peut-on faire la part entre le roman et l'Histoire?
Ce livre était ma tout premiÚre rencontre avec l'histoire des Kennedy, le FBI, la chasse aux communistes et tout ce qui a pu nourrir cette faste période. Certains y ont vu de la redondance, moi j'y ai appris beaucoup de choses.
Mais voilà , on s'attendrait à trouver une bibliographie plus étoffée en fin d'ouvrage. Juste pour mettre le lecteur en confiance.
LA FACE CACHĂE DE L'AMĂRIQUE...
Critique de Septularisen (, Inscrit le 7 août 2004, - ans) - 25 novembre 2006
L'originalitĂ© de ce livre rĂ©side sur le fait qu'il est censĂ© ĂȘtre racontĂ© par un certain Clyde TOLSON vice-directeur du FBI, adjoint mais surtout amant de HOOVER.
On nous raconte donc l'arrivĂ©e au pouvoir, mais surtout la façon de s'y maintenir pendant des longues dĂ©cennies avec des moyens plus que douteux (Ă coup de chantages, meurtres, Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques, dossiers secrets et photographies compromettantes) de celui qui s'Ă©tait Ă©rigĂ© en vĂ©ritable moralisateur de la vie amĂ©ricaine, - alors que lui-mĂȘme avait des mĆurs douteuses,- n'hĂ©sitant pas p. ex. Ă accepter des "cadeaux" du syndicat du crime.
Celui encore qui Ă©rigea la "chasse aux communistes" en vĂ©ritable dogme, mais qui refusa toujours d'ouvrir une enquĂȘte sur la mafia et de la combattre, tout simplement parce-que celle-ci disposait de photos compromettantes de lui en compagnie de son amant, photos qui si elles auraient Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es lui auraient sans doute coĂ»tĂ© son poste.
L'histoire récente du peuple américain et surtout de ses présidents y est passée au peigne fin, de ROOSVELT à NIXON.
Le livre pĂšche toutefois surtout par le nombre excessif de pages consacrĂ©s Ă la famille KENNEDY, car non content de nous raconter en long et en large la saga des deux frĂšres assassinĂ©s, dont pourtant les grandes lignes sont connues de tous, le lecteur est en plus "obligĂ©" de subir l'histoire de leur pĂšreâŠ
Et, il faut bien le dire sur ce chapitre lĂ on ne dĂ©couvre pas grand chose de nouveau, ici l'auteur dĂ©fend la thĂšse de l'assassinat du prĂ©sident par la CIA, non sans un coup de main du vice-prĂ©sident. Sinon le reste est dĂ©jĂ plutĂŽt du domaine connu, sa boulimie de femmes, sa vie dissolue, les Ă©lections truquĂ©s, son nĂ©potismeâŠ
Les anecdotes que l'on y dĂ©couvre sur la vie politique amĂ©ricaine sont toutefois toujours surprenantes, pour ne pas dire intĂ©ressantes, ainsi p. ex sur HOOVER lui-mĂȘme dont l'homosexualitĂ© Ă©tait un fait notoire et dĂ©jĂ connu de son vivant, par contre on dĂ©couvre ici ses "petites manies" comme les paris, aidĂ©s par les tuyaux de la mafia, sur les courses de chevaux, sa passion pour les petits chiens, et les jeunes hommesâŠ
En définitive un bon livre pour qui s'intéresse de prÚs ou de loin à l'histoire récente des USA, et plus particuliÚrement à ses présidents et à sa politique
Répugnant
Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 58 ans) - 8 octobre 2006
La façon dont ce second et amant de Hoover a de relater non seulement sans regret mais en se glorifiant mĂȘme les horreurs que ces deux-lĂ ont commises, est horrible. La destruction de vies au nom dâune lutte contre un mal quâeux-mĂȘmes avouent dĂ©tournĂ©e ( : le communisme), les compromissions avec la mafia, les chantages rendus possibles grĂące aux Ă©coutes illĂ©gales de la vie privĂ©e des gens, la mise Ă mort gratuite dâune femme dans lâespoir que son mari rĂ©vĂ©lera ce quâil sait, les nombreuses implications dans des meurtres de personnes gĂȘnantes, le mĂ©pris de tous ces hauts personnages politiques les uns pour les autres, leurs incompĂ©tences et leurs dĂ©fauts cachĂ©s, le racisme et lâantisĂ©mitisme avouĂ©s dâHoover, tout ce micmac pue Ă plein nez.
OĂč reste lâintĂ©rĂȘt public dans toute cette boue ? Comment peut-on vivre une vie aussi diabolique et nâen montrer aucun remords, sâenorgueillir ?
Et si lâon sait que lâauteur Ă©tait son amant et son bras droit, on ne peut mĂȘme pas commencer Ă imaginer ce quâil nâa pas osĂ© Ă©crire. Je savais la politique peut reluisante, je suis encore plus dĂ©pitĂ©e aprĂšs la lecture de ce livre et complĂštement dĂ©sillusionnĂ©e. Ils sont tous Ă mettre dans le mĂȘme panier.
Historique ?...
Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 81 ans) - 30 septembre 2006
Il est prĂ©sentĂ© comme un roman et est vĂ©ritablement Ă©crit comme s'il Ă©tait un carnet. Comme la quatriĂšme de couverture nous dit qu'il s'agit des mĂ©moires du numĂ©ro deux du FBI comment prendre ce livre pour une oeuvre de fiction. Cette mĂȘme quatriĂšme de couverture nous dit qu'il est basĂ© sur des Ă©coutes et des fiches de renseignements qu'auraient consultĂ© l'auteur. VoilĂ qui emmĂȘle Ă nouveau les choses. Par contre, le nombre d'ouvrages consultĂ©s par Marc Dugain n'est pas trĂšs fournis.
J'ai donc eu un malaise tout au long de cette lecture à me demander si ce que je lisais était un vrai livre d'histoire ou un roman écrit comme des mémoires.
Vrai ou pas vrai ?... Il bouscule un peu des idĂ©es reçues et qui font presque partie de nous-mĂȘmes. John Kennedy n'aurait Ă©tĂ© qu'un simple mythe, un homme seulement capable de jouer de son physique et des mĂ©dias et non celui que notre gĂ©nĂ©ration a glorifiĂ© pour son discours devant le mur de Berlin ou ses visions d'un monde nouveau plus vasre et plus ouvert. Quant Ă Bob, que l'on a souvent dĂ©crit comme encore supĂ©rieur Ă son frĂšre, il n'aurait Ă©tĂ© qu'un petit roquet Ă la voix de fausset que son frĂšre laissait jouer au ministre de la Justivce et ne voulait pas contrarier.
Bien sĂ»r nous savions que Joe Kennedy avait Ă©tĂ© farouchement pro-nazi et pro-Hitler. Nous savions aussi que l'origine de sa fortune Ă©tait ce qu'elle Ă©tait c'est Ă dire pas trĂšs clean... Nous savions aussi que John Ă©tait un Ă©norme consommateur de femmes. Il ne s'en est jamais cachĂ© et Mac Millan (premier ministre d'Angleterre avec lequel il s'entendait trĂšs bien) ne s'est pas gĂȘnĂ© pour rapporter que John lui avait confiĂ© qu'il lui fallait quasiment une femme chaque matin pour se dĂ©tendre et avoir toute son Ă©nergie.
Mais dans ce livre il n'est rien de plus qu'un nuisible obsédé sexuel qu'il convenait de supprimer pour le bien de l'Amérique et du monde. Quant à Bob, il aurait volontairement cherché la mort en se portant candidat.
Or, Edgar Hoover, lui, est le prototype de l'homme du passé, du conservateur à tout crin qui veut garder une Amérique purement dominatrice, à la sexualité anesthésiée et limitée aux fonctions procréatrices, seulement entre les mains des Whasp bien pensants.
Lui aussi était une solide crapule et ne luttait que contre ce qui le dérangeait, or la mafia ne faisait pas partie de cette catégorie pour lui.
Il n'empĂȘche qu'il doit y avoir beaucoup de vrai dans ce que contient ce livre et les US donneurs de leçons au monde et aux autres dĂ©mocraties feraient bien de balayer d'abord dans leur cour.
Hoover nous dit qu'il y a eu de la tricherie quasiment dans chaque Ă©lection prĂ©sidentielle. Nous ne nous en doutions pas Ă ce point mĂȘme si cela a Ă©tĂ© flagrant pour celui qui est aujourd'hui Ă la Maison Blanche. Nous ne pensions pas que c'Ă©tait une habitude et que c'est l'inverse qui Ă©tonnerait...
Avec cette terrible présomption et la révélation du phénomÚne au monde dans le cas de Bush, il nous reste à penser que les US sont la premiÚre république bananiÚre de la planÚte. Cela m'étonne ?...
Pas tellement vu l'importance des enjeux et les parties en prĂ©sence: syndicats mafieux, la Mafia elle-mĂȘme, les intĂ©rĂȘts particuliers des corps constituĂ©s, des grosses industries, de l'argent en gĂ©nĂ©ral... Bref, tout un monde Ă se partager la puissance et Ă vouloir diriger les choses suivant ses intĂ©rĂȘts.
Voyage en eaux troubles
Critique de Ena (Le Gosier, Inscrit le 25 octobre 2004, 64 ans) - 6 mars 2006
Pour tous ceux qui prĂ©fĂšre Michael Moore Ă BushâŠ
Critique de Pendragon (Liernu, Inscrit le 26 janvier 2001, 55 ans) - 20 février 2006
Sac de nĆuds Ă la Maison Blanche
Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 58 ans) - 2 janvier 2006
Hoover lui-mĂȘme apparaĂźt avec ses fragilitĂ©s, ses ambitions, son orgueil. Certains de ses aspects franchement abjects ne sont pas passĂ©s sous silence non plus. Ainsi, il dira : « Nous nâavons jamais eu de prĂ©sident catholique et je suis prĂȘt Ă parier, si lâavenir veut bien me garder oĂč je suis, que nous nâen aurons jamais. Câest aussi exclu quâune femme, un Juif, un Indien ou un nĂšgre. » Ou encore : « Si un crime demande de lâintelligence, vous pouvez dâemblĂ©e exclure quâil sâagisse dâun nĂšgre. Sâil demande de la perversitĂ©, du vice et une violence froide, alors vous saurez que le coupable ne peut pas ĂȘtre un homme. » Il a manifestement un problĂšme Ă rĂ©gler avec les femmes !
Et puis bien sĂ»r, une grande partie du roman parle des Kennedy, nous les rendant antipathiques, et je pĂšse mes mots. Ils pactisent avec un diable multiforme, quâil sâagisse des nazis ( Joe Kennedy Jr : « Il serait plus raisonnable de faire du commerce avec les nazis que de faire sâacheminer vers lâAngleterre des avions pilotĂ©s par des aviateurs amĂ©ricains, ou de faire convoyer par la Marine amĂ©ricaine du matĂ©riel destinĂ© aux Anglais. »), ou de la mafia. Tout le monde sait que John Kennedy avait le feu aux fesses, mais sait-on que lorsque Jackie accouche dâune petite fille mort-nĂ©e, John, en train de batifoler sur un yacht le long de la CĂŽte dâAzur, ne reviendra Ă son chevet, de trĂšs mauvaise humeur, que parce quâon lâen a convaincu Ă force dâarguments Ă©lectoraux (« John, tu ferais bien de ramener tes fesses jusquâau lit de ta femme si tu ne veux pas que toutes les femmes dâAmĂ©rique votent contre toi en 60 »)? Clyde Tolson dira de la famille Kennedy : « Avec les Kennedy nous avons croisĂ© les pires malfaiteurs dĂ©guisĂ©s en gendres idĂ©aux. (âŠ) Ces gens-lĂ nâĂ©taient pas conduits par un code. Ils Ă©taient opportunistes, francs-tireurs et sans maniĂšres. »
Roman trĂšs instructif sur le plan historique, donc. Mais il reste que ce livre est bien classĂ© dans la rubrique « roman ». Et lâauteur de prĂ©ciser Ă la fin : « Cette fiction prend appui sur des Ă©vĂ©nements rĂ©els et met en scĂšne des personnalitĂ©s qui apparaissent sous leur vrai nom. Certains de leurs propos sont imaginaires, dâautres sont fidĂšles Ă la maniĂšre dont ils ont pu ĂȘtre rapportĂ©s dans des livres ou des articles ». DâoĂč mon malaise : comment faire pour dĂ©mĂȘler lâavĂ©rĂ© de lâimaginaire ?
L'homme de l'ombre
Critique de Nothingman (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 46 ans) - 5 novembre 2005
L'originalitĂ© de ce roman est de raconter les principaux faits d'arme d'Hoover, au dĂ©part des MĂ©moires de Clyde Tolson, n°2 du FBI, et par ailleurs amant de Hoover. Truman Capote n'a d'ailleurs pas hĂ©sitĂ© Ă qualifier les deux hommes de "Johnny and Clyde", tant ils Ă©taient insĂ©parables. A travers ses mĂ©moires dĂ©filent toute l'Histoire du siĂšcle dernier aux Etats-Unis : scandales sexuels et financiers, collusions, chantages, la "Chasse aux sorciĂšres", la Mafia, assassinat de John F. Kennedy, de Marylin Monroe, de Bob Kennedy, etcâŠ.
Deux combats auront cependant plus particuliÚrement guidé cet homme d'état : son acharnement à traquer les communistes et sa haine viscérale pour le clan Kennedy, pas si blanc que ça malgré l'image lisse véhiculée dans la population. Il dira d'ailleurs : "Avec les Kennedy, nous avons croisé les pires malfaiteurs déguisés en gendres idéaux".
Se basant sur des faits et des personnages rĂ©els, ce roman n'en est pas moins troublant et passionnant tant la vĂ©ritĂ© semble proche, palpable. L'auteur utilise une prose efficace, quasi-clinique pour Ă©voquer ce personnage fascinant dont on peut dire qu'il a tenu, pour une bonne part, les rĂȘnes des Etats-Unis durant un demi-siĂšcle.
l'envers du décor...
Critique de Amour-des-livres (, Inscrit le 16 septembre 2005, 41 ans) - 26 septembre 2005
avec ce livre qui combine des faits historiques, Ă des prĂ©cis biographiques et romancĂ©s on entre dans une dimension oĂč les rapports d'influence au sein des hautes sphĂšres du pouvoir aux Etats Unis...
Remarquable et abordable !
avec en guest... Ronald Reagan, John Kennedy, Bob Kenedy, Roosevelt, Eisenhower and more.
Forums: La malédiction d'Edgar
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