La malédiction d'Edgar de Marc Dugain

La malédiction d'Edgar de Marc Dugain

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Romans historiques

Critiqué par Bachy, le 7 septembre 2005 (Inscrit le 10 avril 2004, 62 ans)
Critiqué par Bachy, le 7 septembre 2005 (Inscrit le 10 avril 2004, 62 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 Ă©toiles (basée sur 17 avis)
Cote pondérée : 7 Ă©toiles (699ème position).
Visites : 14 228  (depuis Novembre 2007)

absolutisme US

Ce roman nous plonge dans les arcanes du pouvoir aux USA. Dugain a voulu explorer une pĂ©riode de l’histoire oĂč se cĂŽtoyaient la paranoĂŻa, la schizophrĂ©nie, la misogynie, le racisme et l’antisĂ©mitisme Ă  l’ombre de la pudibonderie. C’était le temps, comme l’écrivait William Styron, de la passerelle chancelante entre le puritanisme des ancĂȘtres et l’avĂšnement de la pornographie de masse. La face cachĂ©e de ce pays est ici dĂ©voilĂ©e dans les mĂ©moires de Clyde Tolson, l’adjoint de l’homme qui fut le plus puissant outre-Atlantique, John Edgar Hoover, patron du FBI qui, de 1924 Ă  1972, sut tenir sous sa coupe les hommes politiques et le destin de tout un pays. Il ne voulut jamais devenir prĂ©sident. L'intĂ©rĂȘt du livre rĂ©side dans l'habilitĂ© qu'a l’auteur Ă  fabriquer un roman captivant Ă  partir d’élĂ©ments historiques. Et plus on avance dans le roman, plus on se demande de quelle malĂ©diction est frappĂ© Hoover qui peut s'enorgueillir d'avoir rĂ©sistĂ© aussi longtemps aux alĂ©as de la vie, de cet homme qui, dans une fonction essentielle et sensible, a servi sous huit PrĂ©sidents des Etats-Unis et dix-huit ministres de la Justice ? La rĂ©ponse est apportĂ©e Ă  plusieurs endroits du livre et concerne le mĂȘme problĂšme : son homosexualitĂ©. Sa relation avec Clyde Tolson. Amours secrĂštes et peu avouables dans une AmĂ©rique au paroxysme de son puritanisme. Avec de tels livres, oĂč les Ă©pisodes de la grande Histoire comportent les anecdotes de la petite, l'Histoire politique romancĂ©e a de belles perspectives devant elle ! Des pans entiers de l’histoire des Etats-Unis dĂ©filent sous nos yeux. Belle leçon de critique historique !

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Les éditions

La malédiction d'Edgar [Texte imprimé], roman Marc Dugain
de Dugain, Marc
Gallimard
ISBN : 9782070773794 ; 20,20 € ; 03/03/2005 ; 331 p. BrochĂ©
Amazon FR
Amazon BE
BNF
La malédiction d'Edgar [Texte imprimé] Marc Dugain
de Dugain, Marc
Folio / Collection Folio
ISBN : 9782070339679 ; 9,70 € ; 31/08/2006 ; 499 p. BrochĂ©
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Un symbole du temps long

8 étoiles

Critique de Vinmont (, Inscrit le 12 août 2014, 51 ans) - 29 juillet 2019

J'ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir. marc DUGAIN a trĂšs bien su faire de faits historiques (au sens large du terme) un roman intĂ©ressant qu'on a parfois mĂȘme l'impression qu'il est quasi Ă©pistolaire.
On y apprend plein de choses et on découvre un homme qui se forge une vraie carapace et entretient un puissant et long pouvoir pour mieux se protéger mais aussi parce qu'il est persuadé de détenir le vrai et le bien.
Ce dernier point nous le rend mĂȘme parfois antipathique tout autant que ces "puissants" qui dĂ©rivent allĂšgrement dans son univers.
Il en reste un bon moment de lecture instructif et original.

Une ombre lumineuse

9 étoiles

Critique de Hamilcar (PARIS, Inscrit le 1 septembre 2010, 70 ans) - 6 août 2015

Clyde Tolson fut l’adjoint de J. Edgar Hoover pendant prĂšs d’un demi siĂšcle. Adjoint et trĂšs proche, voire amant, il incarnait pour beaucoup cette malĂ©diction que le directeur du F.B.I. ne dĂ©sirait pas voir Ă©talĂ©e. Nous sommes aux Etats-Unis Ă  une Ă©poque charniĂšre oĂč puritanisme et militantisme libertaire se croisaient, oĂč l’avenir mĂȘme du pays s’opposait au passĂ© rigoriste. Un pays en pleine mĂ©tamorphose et menacĂ© de toutes parts selon les conclusions mĂȘme du F.B.I.
Le mal absolu Ă©tait le communisme. Hoover et Tolson en ont fait leur croisade. Ils s’en sont servis aussi pour pĂ©renniser leurs postes Ă  la tĂȘte du bureau fĂ©dĂ©ral, nĂ©gligeant la mafia et le crime organisĂ© trop imbriquĂ©s dans le systĂšme politique. De Roosevelt, Truman, J.F.K, Johnson Ă  Nixon, ils ont rĂ©ussi Ă  se maintenir par cet argument que la lutte ne pouvait ĂȘtre qu’anticommuniste. De lĂ , des purges, des chasses aux sorciĂšres, des Ă©liminations.
Hoover, jusqu’à sa mort, Ă©tait devenu l’homme le plus important d’AmĂ©rique. RĂ©publicains et dĂ©mocrates s’en mĂ©fiaient et par obligation certes, respectaient.
Le roman, car c’en est un, est un petit bijou qui nous dĂ©roule cette AmĂ©rique lĂ  sans complaisance. Au travers des propos rapportĂ©s par Tolson, vĂ©rifiĂ©s ou supposĂ©s, nous dĂ©couvrons ce qui reste tabou, l’implication des politiques avec la mafia, les jeux troubles de la C.I.A., la perversitĂ© d’un systĂšme qui n’hĂ©site pas Ă  utiliser le meurtre pour que tout paraisse suffisamment lisse. Le livre dĂ©mythifie Kennedy et son frĂšre Bob ; Nixon est fourbe, Johnson est prĂ©sentĂ© comme le hĂąbleur vulgaire qu’il a sans doute Ă©tĂ© et tous, sans aucune exception, manipulĂ©s par l’intelligence d’Hoover.
Le drame de cet homme, c’est qu’il se savait supĂ©rieur et dĂ©viant Ă  la fois. Lui qui s’imposait comme garant des valeurs morales amĂ©ricaines avait cette partie d’ombre qu’il n’assumait qu’à peine.
L’habiletĂ© et l’intelligence qu’il a utilisĂ©e pour la dĂ©fense de son pays s’effacent peu Ă  peu au profit de l’image d’un homme cynique Ă  la stratĂ©gie subtile. Manifestement, J. Edgar Hoover est un bon personnage de roman, servi par un Marc Dugain en pleine forme. Quant au narrateur de l’histoire, Clyde Tolson, il se rĂ©vĂšle Ă  nous comme Ă©tant celui sans qui Hoover n’aurait pas Ă©tĂ© Hoover.
Deux passages du livre m’ont particuliĂšrement intĂ©ressĂ© mĂȘme s’ils sortent du champs principal : la rencontre d’Hoover avec son psychanalyste lui rĂ©vĂ©lant son homosexualitĂ©, et celle de Tolson avec un professeur d’universitĂ© lui expliquant la pensĂ©e d’Albert Camus. Les Ă©vidences pour ces deux lĂ  devaient ĂȘtre travesties : psychanalyste et Camus n’étaient rien d’autre que communistes. Ce genre d’utopie devenait alors une rĂ©alitĂ© qu’Hoover et Tolson infusaient aux gouvernants. Une sorte d’autoprotection gĂ©niale qui leur a permis d’ĂȘtre aux affaires 48 ans et ce, contre vents et marĂ©es.

Un pan d'histoire romancé

9 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 14 août 2014

Hoover, patron indéboulonnable de la CIA, a brillé, non seulement par sa pérennité, mais aussi par l'influence et sa capacité de nuisance potentielle sur les huit présidents de la République qu'il a pu connaßtre. Ses relations difficiles avec la famille occupent cependant le coeur de cette version romancée de l'histoire, vu par le prisme du numéro deux et amant de ce personnage central et singulier de la vie publique américaine.

Certes, la rĂ©alitĂ© dĂ©crite est dure, par le maccarthysme, les relations de l'Etat avec la mafia, avec Cuba, l'enquĂȘte de l'assassinat de Kennedy, la mort de Marilyn Monroe. Mais elle est reconstituĂ©e avec rĂ©alisme, dans un but didactique, me semble-t-il, via un style s'apparentant presque Ă  un roman policier, avec meurtres en amis Ă  volontĂ©. Evidemment, le fait que ces Ă©vĂ©nements se soient rĂ©ellement passĂ©s peut donner, par moments, quelques frissons ou sueurs froides.

J'ai trouvĂ© cette croisĂ©e des chemins intĂ©ressante, cette reconstitution bien faite et honnĂȘte. Il est vite lu, bien qu'il soit Ă©pais, ce qui est un signe de qualitĂ© du procĂ©dĂ© narratif, qui tient bien en haleine. Il est donc Ă  conseiller, particuliĂšrement pour les amateurs d'histoire et ceux qui aimeraient dĂ©couvrir des pans de la vie politique amĂ©ricaine.

Questions?

5 étoiles

Critique de Falgo (Lentilly, Inscrit le 30 mai 2008, 86 ans) - 29 avril 2013

J'Ă©prouve toujours du mal Ă  lire des textes qui mĂȘlent histoire et fiction, ne sachant jamais ce qui relĂšve de l'une ou de l'autre. C'est exactement ce que je ressens avec ce livre de Dugain, dont j'avais beaucoup aimĂ© 'Une exĂ©cution ordinaire'. Il est vrai que l'on "apprend" beaucoup de dĂ©tails plus ou moins croustillants sur la vie politique amĂ©ricaine pendant la prĂ©sence au FBI de John Edgar Hoover. Mais quelles sont les consĂ©quences de ces "dĂ©tails " sur la conception et la conduite d'une politique? L'auteur ne nous en dit pas grand'chose. Du coup, le lecteur se retrouve plutĂŽt renifleur d'alcĂŽve et retire peu de cet exercice si bien pratiquĂ© dans de nombreux autres livres et publications de deuxiĂšme zone. Une grande dĂ©ception, donc.

Moi et l'Autre

8 étoiles

Critique de DomPerro (, Inscrit le 4 juillet 2006, - ans) - 14 février 2012

Dans l’ensemble, j’ai bien apprĂ©ciĂ© cette Ɠuvre de fiction, qui est inspirĂ©e de faits rĂ©els, car elle nous dĂ©voile l’envers du dĂ©cor politique amĂ©ricain des annĂ©es 1920 Ă  1970.

Ceci dit, l’écriture, le ton, des dialogues, notamment entre les deux personnages principaux, John Edgar Hoover, le premier directeur du FBI, et Clyde Tolson, le numĂ©ro deux, pouvaient des fois me sembler artificiels, voire un peu vieux jeu.

Par exemple, au début du 20e chapitre, par exemple, cet entretien entre Hoover et Tolson :

''- Ce type est dangereux, Edgar.
- Est-ce lĂ  ton opinion, Clyde?
- C’est l’opinion de quelqu’un qui suit son dossier depuis plusieurs annĂ©es. (
) C’est tout ce qui fait le sel de notre mĂ©tier.
- Et tu n’es pas sĂ©duit par ce quadragĂ©naire au charisme d’acteur?''

En revanche, j’adore cette description savoureuse de Clyde Tolson sur Bob Kennedy :

''Bob Kennedy, en quittant le bureau d’Edgar me croisa et me salua du bout des lĂšvres. Il avait cette dĂ©marche un peu Ă©triquĂ©e de ces jeunes diplĂŽmĂ©s qui se demandent s’ils mĂ©ritent vraiment la reconnaissance que leur universitĂ© leur a exprimĂ©e. Une chevelure embrouillĂ©e autant par le vent que par la main qui a tentĂ© maladroitement d’y mettre de l’ordre. Un costume qui donnait le sentiment qu’il ne l’avait pas quittĂ© pour dormir et une cravate dĂ©pressive asphyxiĂ©e par un nƓud trop Ă©troit. Son expression Ă©tait celle d’un homme qui se sert d’une apparente force pour Ă©touffer son incontestable vulnĂ©rabilitĂ©. Des maniĂšres d’adolescent brimĂ© qui cherche sa voie.''

Fait amusant, mais un peu troublant, c’est le besoin de comprĂ©hension de Clyde Tolson sur Albert Camus et son influence possible sur Bob Kennedy, qui est vraiment dĂ©testĂ© par le duo Hoover/Tolson. Au chapitre 34, il y a de nombreuses pages consacrĂ©es Ă  l’Ɠuvre de Camus et les notions d’existentialisme, d'humanisme social, de rĂ©volte et d’absurditĂ©. On y cite d’ailleurs Camus : ''L’homme est la seule crĂ©ature qui refuse d’ĂȘtre ce qu’elle est. La question est de savoir si ce refus ne peut l’amener qu’à la destruction des autres et de lui-mĂȘme, si toute rĂ©volte doit s’achever en justification du meurtre universel
''

Mise dans le contexte politique des Roosevelt, Truman, Eisenhower ou Kennedy, cette citation rĂ©vĂšle comment les dangers de la ''menace de l’extĂ©rieur'' (Cuba, URSS, communisme, etc...), qui est si souvent Ă©voquĂ©e par le FBI, sont peut-ĂȘtre moins dangereux que nous-mĂȘmes, et que plutĂŽt Ă  chercher Ă  soumettre l’autre, il serait souhaitable de proposer de partager nos convictions.

Enfin, la description et l'analyse des morts de JFK et de Marylin Monroe sont fascinantes, car des éléments cachés nous sont dévoilés.

la malédiction des Kennedy

10 étoiles

Critique de Pat (PARIS, Inscrit le 21 mars 2010, 62 ans) - 21 mars 2010

livre Ă©crit a partir d'un texte supposĂ© ĂȘtre de Clyde Tolson, amant de John Edgard Hoover. Nous nous plongeons dans l'AmĂ©rique des annĂ©es soixante. Nous sommes Ă  la place de JEH, nous sommes JEH, nous pensons comme lui. Cinquante annĂ©es Ă  la tĂȘte du FBI, ce personnage incroyable qui a influencĂ© la politique amĂ©ricaine durant toutes ces annĂ©es se croyait investi d'une mission divine. Profitant des faiblesses des uns, des petits travers des autres, de la lĂąchetĂ© de tous, il a su s'imposer Ă  tous les prĂ©sidents qui ont croisĂ© son chemin... Par la menace du chantage. Il est fortement suspectĂ© d'avoir Ă©tĂ© au courant de l'assassinat de Kennedy avant que celui ci n'ait lieu. Puis d'avoir Ă©touffĂ© l'affaire en " chargeant " Oswald. Pour moi, c'est un excellent livre qui vous plonge dans l'intimitĂ© de cet homme, dans cette AmĂ©rique pleine d'espoir, naĂŻve parfois, bercĂ©e d'illusions et qui prĂ©fĂšre ne pas savoir. Ces annĂ©es ont Ă©tĂ© des annĂ©es oĂč l'on a laissĂ© des hommes tels que John Edgard Hoover violer la dĂ©mocratie et piĂ©tiner les libertĂ©s. MĂȘme si celui-ci pensait agir pour le bien du peuple amĂ©ricain, il est clair que la mĂ©thode employĂ©e est anti dĂ©mocratique. Un auteur amĂ©ricain l'a traitĂ© de plus grand salaud d'AmĂ©rique, rien que pour ça ce livre vaut la peine d'ĂȘtre lu!

L'hypocrisie à l'état pur

6 étoiles

Critique de Cyrus (Courbevoie, Inscrit le 3 novembre 2008, 49 ans) - 5 novembre 2008

A travers les yeux et les oreilles du plus proche collaborateur, et néanmoins amant, d'Edgar Hoover, patron du FBI, "La malédiction d'Edgar" est un tableau sans concessions de 50 ans de politique américaine.

L'Histoire (New Deal, deuxiĂšme Guerre Mondiale, Guerre froide...) et les petites histoires (infidĂ©litĂ©s, vies dissolues, petits arrangements et corruption) s'entremĂȘlent pour faire apparaĂźtre toute l'hypocrisie du milieu politique.

Du destin hors norme du clan Kennedy à l'hystérie anti-communiste qui a prévalu pendant des années aux Etats-Unis, en passant par les relations pour le moins compliquées entre la mafia et le milieu politique, ce "roman" nous laisse à voir comment se font et se défont les carriÚres.

J'ai trouvĂ© le style limpide, clinique, presque trop froid et j'ai Ă©tĂ© Ă  plusieurs reprises gĂȘnĂ© par une certaine confusion dans la prĂ©sentation de l'enchaĂźnement des Ă©vĂ©nements.

En résumé, j'ai beaucoup apprécié le fond, un peu moins la forme.

À boire, à boire pour maütre Edgar

7 étoiles

Critique de Grass (montréal, Inscrit le 29 août 2004, 48 ans) - 28 janvier 2008

La Malédiction d'Edgar est sans aucun doute un roman passionnant.
Un roman?
Peut-ĂȘtre bien, oui.
Mais un livre d'histoire?
Faudrait voir.
Une biographie?
Aussi.

C'est peut-ĂȘtre l'une des raisons pour lesquelles je suis un peu rĂ©ticent face aux romans historiques. Jusqu'oĂč peut-on faire la part entre le roman et l'Histoire?

Ce livre était ma tout premiÚre rencontre avec l'histoire des Kennedy, le FBI, la chasse aux communistes et tout ce qui a pu nourrir cette faste période. Certains y ont vu de la redondance, moi j'y ai appris beaucoup de choses.

Mais voilà, on s'attendrait à trouver une bibliographie plus étoffée en fin d'ouvrage. Juste pour mettre le lecteur en confiance.

LA FACE CACHÉE DE L'AMÉRIQUE...

7 étoiles

Critique de Septularisen (, Inscrit le 7 août 2004, - ans) - 25 novembre 2006

Marc DUGAIN nous raconte dans ce livre la biographie romancée de John Edgar HOOVER, inamovible directeur du FBI pendant presque 50 ans.

L'originalitĂ© de ce livre rĂ©side sur le fait qu'il est censĂ© ĂȘtre racontĂ© par un certain Clyde TOLSON vice-directeur du FBI, adjoint mais surtout amant de HOOVER.

On nous raconte donc l'arrivĂ©e au pouvoir, mais surtout la façon de s'y maintenir pendant des longues dĂ©cennies avec des moyens plus que douteux (Ă  coup de chantages, meurtres, Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques, dossiers secrets et photographies compromettantes) de celui qui s'Ă©tait Ă©rigĂ© en vĂ©ritable moralisateur de la vie amĂ©ricaine, - alors que lui-mĂȘme avait des mƓurs douteuses,- n'hĂ©sitant pas p. ex. Ă  accepter des "cadeaux" du syndicat du crime.

Celui encore qui Ă©rigea la "chasse aux communistes" en vĂ©ritable dogme, mais qui refusa toujours d'ouvrir une enquĂȘte sur la mafia et de la combattre, tout simplement parce-que celle-ci disposait de photos compromettantes de lui en compagnie de son amant, photos qui si elles auraient Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es lui auraient sans doute coĂ»tĂ© son poste.

L'histoire récente du peuple américain et surtout de ses présidents y est passée au peigne fin, de ROOSVELT à NIXON.

Le livre pÚche toutefois surtout par le nombre excessif de pages consacrés à la famille KENNEDY, car non content de nous raconter en long et en large la saga des deux frÚres assassinés, dont pourtant les grandes lignes sont connues de tous, le lecteur est en plus "obligé" de subir l'histoire de leur pÚre


Et, il faut bien le dire sur ce chapitre là on ne découvre pas grand chose de nouveau, ici l'auteur défend la thÚse de l'assassinat du président par la CIA, non sans un coup de main du vice-président. Sinon le reste est déjà plutÎt du domaine connu, sa boulimie de femmes, sa vie dissolue, les élections truqués, son népotisme


Les anecdotes que l'on y dĂ©couvre sur la vie politique amĂ©ricaine sont toutefois toujours surprenantes, pour ne pas dire intĂ©ressantes, ainsi p. ex sur HOOVER lui-mĂȘme dont l'homosexualitĂ© Ă©tait un fait notoire et dĂ©jĂ  connu de son vivant, par contre on dĂ©couvre ici ses "petites manies" comme les paris, aidĂ©s par les tuyaux de la mafia, sur les courses de chevaux, sa passion pour les petits chiens, et les jeunes hommes


En définitive un bon livre pour qui s'intéresse de prÚs ou de loin à l'histoire récente des USA, et plus particuliÚrement à ses présidents et à sa politique


Répugnant

7 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 58 ans) - 8 octobre 2006

DĂ©jĂ , je me demande pourquoi ce titre ? Ce livre est tout simplement rĂ©pugnant ! J’ai hĂ©sitĂ© Ă  le terminer tant j’étais offusquĂ©e par certains Ă©pisodes, notamment la pĂ©riode de la chasse aux sorciĂšres.
La façon dont ce second et amant de Hoover a de relater non seulement sans regret mais en se glorifiant mĂȘme les horreurs que ces deux-lĂ  ont commises, est horrible. La destruction de vies au nom d’une lutte contre un mal qu’eux-mĂȘmes avouent dĂ©tournĂ©e ( : le communisme), les compromissions avec la mafia, les chantages rendus possibles grĂące aux Ă©coutes illĂ©gales de la vie privĂ©e des gens, la mise Ă  mort gratuite d’une femme dans l’espoir que son mari rĂ©vĂ©lera ce qu’il sait, les nombreuses implications dans des meurtres de personnes gĂȘnantes, le mĂ©pris de tous ces hauts personnages politiques les uns pour les autres, leurs incompĂ©tences et leurs dĂ©fauts cachĂ©s, le racisme et l’antisĂ©mitisme avouĂ©s d’Hoover, tout ce micmac pue Ă  plein nez.
OĂč reste l’intĂ©rĂȘt public dans toute cette boue ? Comment peut-on vivre une vie aussi diabolique et n’en montrer aucun remords, s’enorgueillir ?
Et si l’on sait que l’auteur Ă©tait son amant et son bras droit, on ne peut mĂȘme pas commencer Ă  imaginer ce qu’il n’a pas osĂ© Ă©crire. Je savais la politique peut reluisante, je suis encore plus dĂ©pitĂ©e aprĂšs la lecture de ce livre et complĂštement dĂ©sillusionnĂ©e. Ils sont tous Ă  mettre dans le mĂȘme panier.

Historique ?...

8 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 81 ans) - 30 septembre 2006

Comme l'on dit d'autres avant moi, ce livre me perturbe un peu, bien que j'ai eu beaucoup de plaisir Ă  le lire.

Il est prĂ©sentĂ© comme un roman et est vĂ©ritablement Ă©crit comme s'il Ă©tait un carnet. Comme la quatriĂšme de couverture nous dit qu'il s'agit des mĂ©moires du numĂ©ro deux du FBI comment prendre ce livre pour une oeuvre de fiction. Cette mĂȘme quatriĂšme de couverture nous dit qu'il est basĂ© sur des Ă©coutes et des fiches de renseignements qu'auraient consultĂ© l'auteur. VoilĂ  qui emmĂȘle Ă  nouveau les choses. Par contre, le nombre d'ouvrages consultĂ©s par Marc Dugain n'est pas trĂšs fournis.

J'ai donc eu un malaise tout au long de cette lecture à me demander si ce que je lisais était un vrai livre d'histoire ou un roman écrit comme des mémoires.

Vrai ou pas vrai ?... Il bouscule un peu des idĂ©es reçues et qui font presque partie de nous-mĂȘmes. John Kennedy n'aurait Ă©tĂ© qu'un simple mythe, un homme seulement capable de jouer de son physique et des mĂ©dias et non celui que notre gĂ©nĂ©ration a glorifiĂ© pour son discours devant le mur de Berlin ou ses visions d'un monde nouveau plus vasre et plus ouvert. Quant Ă  Bob, que l'on a souvent dĂ©crit comme encore supĂ©rieur Ă  son frĂšre, il n'aurait Ă©tĂ© qu'un petit roquet Ă  la voix de fausset que son frĂšre laissait jouer au ministre de la Justivce et ne voulait pas contrarier.

Bien sĂ»r nous savions que Joe Kennedy avait Ă©tĂ© farouchement pro-nazi et pro-Hitler. Nous savions aussi que l'origine de sa fortune Ă©tait ce qu'elle Ă©tait c'est Ă  dire pas trĂšs clean... Nous savions aussi que John Ă©tait un Ă©norme consommateur de femmes. Il ne s'en est jamais cachĂ© et Mac Millan (premier ministre d'Angleterre avec lequel il s'entendait trĂšs bien) ne s'est pas gĂȘnĂ© pour rapporter que John lui avait confiĂ© qu'il lui fallait quasiment une femme chaque matin pour se dĂ©tendre et avoir toute son Ă©nergie.

Mais dans ce livre il n'est rien de plus qu'un nuisible obsédé sexuel qu'il convenait de supprimer pour le bien de l'Amérique et du monde. Quant à Bob, il aurait volontairement cherché la mort en se portant candidat.

Or, Edgar Hoover, lui, est le prototype de l'homme du passé, du conservateur à tout crin qui veut garder une Amérique purement dominatrice, à la sexualité anesthésiée et limitée aux fonctions procréatrices, seulement entre les mains des Whasp bien pensants.

Lui aussi était une solide crapule et ne luttait que contre ce qui le dérangeait, or la mafia ne faisait pas partie de cette catégorie pour lui.

Il n'empĂȘche qu'il doit y avoir beaucoup de vrai dans ce que contient ce livre et les US donneurs de leçons au monde et aux autres dĂ©mocraties feraient bien de balayer d'abord dans leur cour.

Hoover nous dit qu'il y a eu de la tricherie quasiment dans chaque Ă©lection prĂ©sidentielle. Nous ne nous en doutions pas Ă  ce point mĂȘme si cela a Ă©tĂ© flagrant pour celui qui est aujourd'hui Ă  la Maison Blanche. Nous ne pensions pas que c'Ă©tait une habitude et que c'est l'inverse qui Ă©tonnerait...

Avec cette terrible présomption et la révélation du phénomÚne au monde dans le cas de Bush, il nous reste à penser que les US sont la premiÚre république bananiÚre de la planÚte. Cela m'étonne ?...

Pas tellement vu l'importance des enjeux et les parties en prĂ©sence: syndicats mafieux, la Mafia elle-mĂȘme, les intĂ©rĂȘts particuliers des corps constituĂ©s, des grosses industries, de l'argent en gĂ©nĂ©ral... Bref, tout un monde Ă  se partager la puissance et Ă  vouloir diriger les choses suivant ses intĂ©rĂȘts.

Voyage en eaux troubles

8 étoiles

Critique de Ena (Le Gosier, Inscrit le 25 octobre 2004, 64 ans) - 6 mars 2006

Qui n’a pas rĂȘvĂ© de partager les secrets des grands, des dĂ©cideurs de ce monde et d’avoir toute la lumiĂšre sur de grandes Ă©nigmes historiques. Marc Dugain nous propose ici les mĂ©moires imaginĂ©es de Clyde Tolson, numĂ©ro 2 du FBI sous l’ùre G. Edgar Hoover. Un demi siĂšcle d’intrigues, de Roosevelt Ă  Nixon, nous est rĂ©vĂ©lĂ© au grand jour avec en exergue l’avĂšnement de la famille Kennedy et toutes les turpitudes y Ă©tant associĂ©es (dĂ©cĂšs de Marylin Monroe, affaire des missiles de la baie des cochons Ă  Cuba, 
). Les rapports des diffĂ©rents corps de l’état que sont le FBI la CIA et le ministĂšre de la justice sont non moins ahurissant que la personnalitĂ© trouble de Hoover ainsi que ses relations avec son second. Cela tient en haleine comme un bon polar. Pour ceux qui veulent approfondir ou encore vĂ©rifier certaines allĂ©gations, l’auteur a joint une bibliographie Ă  la fin du texte.

Pour tous ceux qui préfÚre Michael Moore à Bush


9 étoiles

Critique de Pendragon (Liernu, Inscrit le 26 janvier 2001, 55 ans) - 20 février 2006

Ce livre, prĂ©sentĂ© comme un roman ET comme les mĂ©moires du numĂ©ro deux du FBI de 1924 Ă  1972 nous propose une vision de l’envers du dĂ©cor ! Ce que les gens du peuple ne savent pas, ne voient pas et n’osent mĂȘme pas imaginer ! Il reste bien entendu un flou sur la qualitĂ© rĂ©ellement historique de ces « mĂ©moires », mais, dĂ©jĂ  bien avant la lecture de ce livre, j’étais au courant des malversations de la famille Kennedy (et malversation est un bien piĂštre adjectif pour qualifier leurs actes), mais il appert qu’ils Ă©taient encore plus infĂąmes que je ne le croyais ! Et l’excuse de l’époque n’en est mĂȘme pas une, mĂȘme si je me dois d’admettre qu’ils Ă©taient tous plus truands les uns que les autres : les politiciens vĂ©reux, les pots-de-vin, la maffia, les syndicats, la CIA, le FBI, les communistes et les maccarthystes, etc
 tout ce beau monde trafique, arnaque, fait chanter et tue Ă  qui mieux mieux ! Diantre quelle Ă©poque !

Sac de nƓuds à la Maison Blanche

9 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 58 ans) - 2 janvier 2006

A la tĂȘte du FBI pendant prĂšs de cinquante ans, il n’est pas Ă©tonnant que John Edgar Hoover en ait vu de toutes les couleurs ! Tournant autour de la personnalitĂ© de Hoover, ce roman, censĂ© ĂȘtre la transcription des mĂ©moires de Clyde Tolson (numĂ©ro deux du FBI, et nĂ©anmoins amant de Hoover) dĂ©voile les petits secrets des uns et des autres, qu’ils soient d’alcĂŽve, politiques, mafieux, 
 Et tout le monde en prend pour son grade. Car Hoover place chaque Ă©lĂ©ment de pouvoir (en fonction ou potentiel) sur Ă©coute. Les prĂ©sidents se succĂšdent Ă  la tĂȘte des Etats-Unis, Hoover, lui, reste ! IndĂ©boulonnable ! Il n’y aura que la mort pour le relever de ses fonctions.

Hoover lui-mĂȘme apparaĂźt avec ses fragilitĂ©s, ses ambitions, son orgueil. Certains de ses aspects franchement abjects ne sont pas passĂ©s sous silence non plus. Ainsi, il dira : « Nous n’avons jamais eu de prĂ©sident catholique et je suis prĂȘt Ă  parier, si l’avenir veut bien me garder oĂč je suis, que nous n’en aurons jamais. C’est aussi exclu qu’une femme, un Juif, un Indien ou un nĂšgre. » Ou encore : « Si un crime demande de l’intelligence, vous pouvez d’emblĂ©e exclure qu’il s’agisse d’un nĂšgre. S’il demande de la perversitĂ©, du vice et une violence froide, alors vous saurez que le coupable ne peut pas ĂȘtre un homme. » Il a manifestement un problĂšme Ă  rĂ©gler avec les femmes !

Et puis bien sĂ»r, une grande partie du roman parle des Kennedy, nous les rendant antipathiques, et je pĂšse mes mots. Ils pactisent avec un diable multiforme, qu’il s’agisse des nazis ( Joe Kennedy Jr : « Il serait plus raisonnable de faire du commerce avec les nazis que de faire s’acheminer vers l’Angleterre des avions pilotĂ©s par des aviateurs amĂ©ricains, ou de faire convoyer par la Marine amĂ©ricaine du matĂ©riel destinĂ© aux Anglais. »), ou de la mafia. Tout le monde sait que John Kennedy avait le feu aux fesses, mais sait-on que lorsque Jackie accouche d’une petite fille mort-nĂ©e, John, en train de batifoler sur un yacht le long de la CĂŽte d’Azur, ne reviendra Ă  son chevet, de trĂšs mauvaise humeur, que parce qu’on l’en a convaincu Ă  force d’arguments Ă©lectoraux (« John, tu ferais bien de ramener tes fesses jusqu’au lit de ta femme si tu ne veux pas que toutes les femmes d’AmĂ©rique votent contre toi en 60 »)? Clyde Tolson dira de la famille Kennedy : « Avec les Kennedy nous avons croisĂ© les pires malfaiteurs dĂ©guisĂ©s en gendres idĂ©aux. (
) Ces gens-lĂ  n’étaient pas conduits par un code. Ils Ă©taient opportunistes, francs-tireurs et sans maniĂšres. »

Roman trĂšs instructif sur le plan historique, donc. Mais il reste que ce livre est bien classĂ© dans la rubrique « roman ». Et l’auteur de prĂ©ciser Ă  la fin : « Cette fiction prend appui sur des Ă©vĂ©nements rĂ©els et met en scĂšne des personnalitĂ©s qui apparaissent sous leur vrai nom. Certains de leurs propos sont imaginaires, d’autres sont fidĂšles Ă  la maniĂšre dont ils ont pu ĂȘtre rapportĂ©s dans des livres ou des articles ». D’oĂč mon malaise : comment faire pour dĂ©mĂȘler l’avĂ©rĂ© de l’imaginaire ?

L'homme de l'ombre

9 étoiles

Critique de Nothingman (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 46 ans) - 5 novembre 2005

John Edgar Hoover fut le patron indéboulonnable du FBI durant 48 ans. Cet homme ténébreux et machiavélique aura vu défiler pas moins de huit présidents des Etats-Unis, et dix-huit ministres de la Justice. Hoover, c'était un peu l'homme de l'ombre, qui se plaisait à tirer les ficelles en coulisses. Il possédait des dossiers sur tous les hommes d'influence, qu'ils soient politiques ou culturels, alimentés par ses nombreuses mises sur écoutes. Hoover, l'homme aux mille secrets, était un peu le gardien du temple des valeurs des Etats-Unis d'Amérique, n'hésitant jamais à les bafouer pour faire régner l'ordre et faire tourner le pays.
L'originalitĂ© de ce roman est de raconter les principaux faits d'arme d'Hoover, au dĂ©part des MĂ©moires de Clyde Tolson, n°2 du FBI, et par ailleurs amant de Hoover. Truman Capote n'a d'ailleurs pas hĂ©sitĂ© Ă  qualifier les deux hommes de "Johnny and Clyde", tant ils Ă©taient insĂ©parables. A travers ses mĂ©moires dĂ©filent toute l'Histoire du siĂšcle dernier aux Etats-Unis : scandales sexuels et financiers, collusions, chantages, la "Chasse aux sorciĂšres", la Mafia, assassinat de John F. Kennedy, de Marylin Monroe, de Bob Kennedy, etc
.
Deux combats auront cependant plus particuliÚrement guidé cet homme d'état : son acharnement à traquer les communistes et sa haine viscérale pour le clan Kennedy, pas si blanc que ça malgré l'image lisse véhiculée dans la population. Il dira d'ailleurs : "Avec les Kennedy, nous avons croisé les pires malfaiteurs déguisés en gendres idéaux".
Se basant sur des faits et des personnages rĂ©els, ce roman n'en est pas moins troublant et passionnant tant la vĂ©ritĂ© semble proche, palpable. L'auteur utilise une prose efficace, quasi-clinique pour Ă©voquer ce personnage fascinant dont on peut dire qu'il a tenu, pour une bonne part, les rĂȘnes des Etats-Unis durant un demi-siĂšcle.

l'envers du décor...

9 étoiles

Critique de Amour-des-livres (, Inscrit le 16 septembre 2005, 41 ans) - 26 septembre 2005

un livre trĂšs intĂ©ressant qui retrace la vie du patron du FBI pendant plus de 30 ans EDGAR HOOVER. Cet homme a vu dĂ©filer les prĂ©sidents mais lui est restĂ© Ă  la tĂȘte de la sĂ©curitĂ© du pays malgrĂ© les changements politiques...
avec ce livre qui combine des faits historiques, Ă  des prĂ©cis biographiques et romancĂ©s on entre dans une dimension oĂč les rapports d'influence au sein des hautes sphĂšres du pouvoir aux Etats Unis...
Remarquable et abordable !
avec en guest... Ronald Reagan, John Kennedy, Bob Kenedy, Roosevelt, Eisenhower and more.

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