Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea

Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Francophone

Critiqué par Bluewitch, le 16 dĂ©cembre 2023 (Charleroi, Inscrite le 20 fĂ©vrier 2001, 47 ans)
Critiqué par Bluewitch, le 16 dĂ©cembre 2023 (Charleroi, Inscrite le 20 fĂ©vrier 2001, 47 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 Ă©toiles (basée sur 14 avis)
Cote pondérée : 8 Ă©toiles (269ème position).
Visites : 5 861 

Tramontane, Sirocco, Libeccio, Ponant et Mistral

Comme le dit son auteur, dont le bagage littéraire est rempli des épices scénaristiques du cinéma : un roman, c'est avant tout une histoire. Une histoire qui souffle comme un vent voyageant par monts et par vaux, campagnes et villes, s'agrémentant au passage d'effluves vivantes, contrastées, subtiles ou chargées. Un vent qui aurait son propre nom.

Avant tout une histoire, donc. Mais si Jean-Baptiste Andrea s'en contentait, l'aventure de Mimo et Viola ne déposerait pas son parfum de façon durable sur mon chemin de lectrice...

Dans un monastÚre isolé, en 1986, un homme s'éteint. Sa mémoire se retourne sur le chemin parcouru. Il n'est pas moine, mais il vit là, "veillant sur elle", depuis plus de 40 ans.

1916. Michelangelo Vitaliani, alias Mimo, orphelin de pĂšre Ă  douze ans, souffrant d'achondroplasie, a des rĂȘves Ă©videmment bien plus grands que lui pour compenser sa petite taille. Sa mĂšre, qui l'appelle toujours "mon grand", dĂ©sargentĂ©e, l'envoie chez un "oncle" Ă  Pietra d'Alba en Italie pour lui permettre de retrouver ses racines et un travail d'apprenti sculpteur. L'accueil y est brusque et violent. Commence alors un parcours chaotique, oĂč son talent extraordinaire cherchera Ă  tout prix les moyens de s'exprimer. Et puis il y a la rencontre avec Viola, sa jumelle cosmique, enfant d'une intelligence exceptionnelle, fille de la riche famille Orsini, indomptable et flamboyante. Se tisse entre eux une amitiĂ© improbable et secrĂšte, nourrie de leurs singularitĂ©s et de leur incessant combat pour exister au-delĂ  des limites que la sociĂ©tĂ© leur impose.

Traversant les époques, les bouleversements connus par l'Italie durant deux guerres, chacun fera de son mieux pour déployer ses ailes, connaissant de fulgurantes ascensions et de terribles chutes. Mais toujours, leur amour comme un aimant aux polarités variables, sera la structure de ce récit poétique, passionnant, riche, aux mille nuances d'ombres et de lumiÚres.

J'ai aimĂ© l'Ă©closion de cette histoire qui s'est ensuite dĂ©veloppĂ©e comme un vĂ©gĂ©tal luxuriant et impossible Ă  contrĂŽler mais dont toutes les tiges et branches trouvent leur parfaite place. Les personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires, ont peut-ĂȘtre tout ce qu'il y a potentiellement de convenu sur le plan romanesque (l'oncle malveillant et violent, l'ami fidĂšle et son frĂšre simplet, les alliĂ©s de passage parfois roublards, parfois influents et manipulateurs, etc.) mais se rencontrent parfaitement pour faire vivre ce roman d'une belle ampleur. Un roman ouvrant la voie aux questionnements philosophiques, politiques, Ă©motionnels d'une façon qui n'est jamais tranchĂ©e ou manichĂ©enne, mais bien l'Ă©cho de nos petites et grandes contradictions. La relation de Mimo et Viola offre une incarnation Ă  ces liens presque mythiques, romantiquement bancals, impossibles, terriblement touchants. Il est inĂ©vitable de s'attacher Ă  leur intensitĂ©, leur obstination, leurs orgueils, leurs fragilitĂ©s.

Le style de Jean-Baptiste Andrea porte ce rĂ©cit comme une mise en lumiĂšre, comme un faisceau nocturne rĂ©vĂ©lant l'intensitĂ© et les contrastes. Un style prĂ©cis comme un couteau et en mĂȘme temps gĂ©nĂ©reux. Avec humour, sagacitĂ©, richesse de rĂ©fĂ©rences artistiques et socio-politiques, et puis, implacablement, tendresse et poĂ©sie, il nous emporte comme un vent (mais quel vent?) chaud et sec avant de nous dĂ©poser dans le lit moelleux d'une douce mĂ©lancolie.

L'art littéraire, comme l'art de la sculpture, c'est voir à travers les mots, comme on voit à travers la pierre le visage d'une Pietà, l'histoire de vivants qui n'existent pas mais qui portent en eux l'éclat de notre propre reflet.

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Les éditions

Veiller sur elle [Texte imprimé] Jean-Baptiste Andrea
de Andrea, Jean-Baptiste
l'Iconoclaste
ISBN : 9782378803759 ; 22,50 € ; 17/08/2023 ; 580 p. BrochĂ©
Veiller sur elle
de Andrea, Jean-Baptiste
Collection Proche
ISBN : 9782493909930 ; 9,70 € ; 07/05/2025 ; 542 p. BrochĂ©
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Enchantement

10 étoiles

Critique de Bafie (, Inscrite le 19 juillet 2004, 64 ans) - 20 mars 2026

J’étais restĂ©e sous le charme de Ma reine.

Et au vu, des nombreuses recensions positives, je décidai de renouer avec cet auteur et de découvrir Veiller sur elle.

Cette fois encore, magie, rĂȘves et poĂ©sie sont au rendez-vous.

Les filles sont fantasques dans l’univers de monsieur Andrea, elles mĂšnent les garçons Ă  la baguette et nourrissent les plus tendres de leurs rĂȘves, je les soupçonne mĂȘme de constituer un moteur dans leurs vies.

Merci monsieur Andrea, vous semblez Ă©prouver admiration et gratitude envers les femmes et chacun de vos personnages fĂ©minins, mĂšre ou putain, reflĂšte ce regard positif portĂ© sur la moitiĂ© de l’humanitĂ©.

Le charme des yeux, du regard vous fascine Ă©galement et, ces mirettes, qu’elles appartiennent Ă  un homme ou Ă  une femme, vous en faites le miroir des Ăąmes, des armes de sĂ©duction, de persuasion, de communication. Bel hommage rendu Ă  tous ces yeux.

Votre Ă©criture est poĂ©tique, raffinĂ©e et vos propos emmĂšnent le lecteur, l’émerveille, le font rĂȘver. En ce qui me concerne, j’ose mĂȘme affirmer que vos romans semblent s’adresser Ă  l’enfant que j’ai Ă©tĂ©, qu’ils rĂ©veillent son innocence, ses rĂȘves, son regard sur le monde.

Mon imaginaire a reconstituĂ© Pietra d’Alba comme copie du Montechiarro de Vincent Engel, le village, la vie des habitants, l’époque du roman n’étant pas sans rappeler cet autre Ă©crit.

Ces auteurs qui s’inspirent de ces contrĂ©es nous transmettent leur amour de ce pays. Montechiarro m’avait inspirĂ© un voyage en Toscane
et de nouveau, cette envie me dĂ©mange.

Et quand un roman suscite l’envie de mettre mes pas sur les chemins oĂč ont Ă©voluĂ© ses personnages, c’est un grand plaisir.

L’univers de la sculpture, de la peinture est un fil conducteur et ce thĂšme invite Ă©galement le lecteur Ă  (re)dĂ©couvrir les Ɠuvres dont il est fait mention. Que de beautĂ© parsĂšme les pages de cet Ă©crit et hante l’esprit de ses protagonistes.

C’est une ode Ă  l’art, un hommage aux artistes, Ă  leur quĂȘte incessante de l’idĂ©al.

Rome, Florence, le Vatican, la montĂ©e du fascisme constituent la trame locale et historique de l’histoire.

On sourit aussi aux nombreuses fredaines du personnage principal qui traĂźne son malaise, sa difficultĂ© Ă  s’accomplir et ses remords, sa culpabilitĂ© vis-Ă -vis de Viola, fantasque muse de sa jeunesse.

Les univers varient, sont foisonnants tout en s’articulant naturellement l’un à l’autre. Et cette richesse le lecteur en fait son petit lait. L’auteur est un formidable conteur.

J’ai refermĂ© le livre en regrettant qu’il soit une fiction
il y a des histoires auxquelles on a l’envie de croire parce qu’elles rĂ©-enchantent notre monde.

Mais quelles étaient les intentions de l'auteur ?

2 étoiles

Critique de Mimi62 (Plaisance-du-Touch (31), Inscrit le 20 décembre 2013, 73 ans) - 22 février 2026

Une fois de plus, j'ai eu le sentiment d'un livre désordonné.
Il faut lire quelques chapitres pour comprendre que l'on change d'époques.
L'histoire de l'apprentissage de la sculpture pouvait constituer une trame intéressante mais celle-ci est reléguée au second plan par la description d'un amour (s'agit-il d'amour ?) probablement impossible mais surtout marqué par un personnage qui ne sait pas ce qu'il veut.
La situation des diffĂ©rentes couches sociales aurait pu, elle aussi, constituer un sujet intĂ©ressant mais lĂ  aussi, tout est emmĂȘlĂ© dans cette histoire sentimentale qui n'en finit pas.
A cette histoire sentimentale, déjà suffisamment complexe de par la position sociale des protagonistes, s'ajoute une sombre histoire de statue qui bouleverse tous ceux qui l'ont vue. Le problÚme c'est que cette statue n'est évoquée que durant la fin de vie du sculpteur alors qu'il réside dans un monastÚre.

Comme dit en dĂ©but, le lecteur doit se dĂ©brouiller dans un mĂ©lange, d'Ă©poques, de sentiments flous et de milieux sociaux thĂ©oriquement bien sĂ©parĂ©s mais oĂč l'on trouve des interfĂ©rences pas toujours bien claires.

Le style ? Ah.... pourquoi il y en a un ? Je ne suis pas un adepte des styles recherchés dont le but est de faire le style pour le style en oubliant le rÎle premier de l'écriture, à savoir communiquer une intention, une émotion, un récit.
J'ai eu lĂ  aussi un sentiment confus. Des passages qui se font oublier et qui donc, pour moi, sont efficaces et des moments oĂč l'on se demande oĂč l'auteur veut en venir.

Un type de littérature qui n'est absolument pas le mien et source de déception car toute la partie artistique et historique est noyée dans des considérations romanesques peu compréhensibles.
Je n'ai pas pu le terminer, il ne m'apportait rien. Je pourrais avoir un regret en ce qui concerne la fin faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la montĂ©e du fascisme mais ceux qui ont aimĂ© Ă©voquent Ă  peine cette partie du livre et ceux qui n'ont pas aimĂ© se sont heurtĂ© au mĂȘme rejet que dĂšs le dĂ©but.... donc, au final pas de regret.

Un grand cru ce Goncourt 2023!

9 étoiles

Critique de Sundernono (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 42 ans) - 24 décembre 2025

C'est un grand cru que nous offre J-B Andrea pour ce Goncourt 2023.
Je me joins au cortÚge d'éloges que suscite ce grand roman.
Pour tout dire cela faisait un moment que je ne m'étais pas autant régalé avec l'un des lauréats du célÚbre prix littéraire.
Je crois que la derniÚre fois que cela m'était arrivé remonte à la lecture de l'excellent Les égarés de F. Tristan.
Il faut dire que tous les ingrédients d'un roman d'exception sont là: une histoire prenante et bien menée, des personnages attachants, charismatiques, crédibles et approfondis, un style qui fait mouche, un contexte géographique/politique marquant, un rythme plaisant...
Bref on ne s'ennuie pas et on se laisse bercer par cette histoire hors du commun, c'est le moins que l'ln puisse dire.
Un grand cru.

La vie tumultueuse de Mimo

10 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 67 ans) - 26 novembre 2025

Michelangelo Vitaliani dit Mimo est en train de mourir dans l’abbaye oĂč il vit depuis 40 ans sans pourtant n’avoir jamais prononcĂ© ses vƓux. On est en 1986, il a 82 ans et s’éteint avec ses secrets, aux cĂŽtĂ©s du pĂšre supĂ©rieur Vincenzo qui veille sur lui et sur "Elle".

Michelangelo dit Mimo , appelĂ© aussi Il francese, a quittĂ© la France oĂč sa mĂšre seule ne peut plus le garder aprĂšs la mort de son pĂšre tailleur de pierre. Il retourne en Italie vivre avec son "oncle" piĂštre tailleur de pierre alors qu’il a douze ans.
Il a toujours Ă©tĂ© appelĂ© Mimo. Souffrant d’achondroplasie, il est "un bel homme mais qui restera toute sa vie petit" et qui deviendra cĂ©lĂšbre dans toute l’Italie pour ses Ɠuvres splendides originales et puissantes, ses pieta.
Il suivra son oncle, sans avoir d’autres choix, que de subir ses coups, d’avoir faim, jusqu’au village de Pietra d’Alba oĂč celui-ci espĂšre trouver du travail auprĂšs de la famille Orsini. C’est lĂ  que Mimo rencontrera Viola, l’amie de sa vie, une jeune fille originale, mais surtout trĂšs cultivĂ©e, passionnĂ©e de littĂ©rature et qui a la facultĂ© de retenir tout ce qu’elle lit.
"La vraie vie était dans les livres."
C’est elle qui permettra Ă  Mimo de dĂ©couvrir d’autres cultures, d’approfondir es connaissances, de dĂ©couvrir les progrĂšs scientifiques. Toutes leurs vies, ils se rencontreront, se fĂącheront, se retrouveront, dans une Italie chaotique, sous le rĂšgne de Mussolini ;
Mimo aura une vie tourmentĂ©e, remplie de bonheurs et de malheurs, de richesse et de pauvretĂ©, d’amitiĂ©s solides et des trahisons, de serments et de reniements, de violence et de tendresse dans dans un contexte historique trĂšs troublĂ©.

Un incroyable et puissant roman, un personnage tendre et violent, une belle histoire d’amour et d’amitiĂ©, un rĂ©cit passionnant.

mérite le Goncourt ?

8 étoiles

Critique de Marineco (, Inscrite le 14 août 2025, 43 ans) - 14 août 2025

On est tout de suite portĂ© par la fĂ©erie de la plume de JB Andrea mais je suis restĂ©e un peu sur ma faim : peut ĂȘtre Ă  cause des passages qui frĂŽlent avec le fantastique que je n’ai pas apprĂ©ciĂ©s . NĂ©anmoins l’histoire est fabuleuse , Ă  lire !

Coup de coeur!

10 étoiles

Critique de Ludmilla (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 70 ans) - 2 juin 2025

Veiller sur elle Jean-Baptiste Andrea

Coup de cƓur !

1986, La Sacra, une abbaye loin de tout, en Italie.
Un homme de quatre-vingt-deux ans agonise aprÚs avoir vécu quarante ans dans cette abbaye.
Les moines (Ă  l’exception du pĂšre abbĂ©) ignorent qui il est.
« Il est là pour veiller sur elle. Elle qui attend, dans sa nuit de marbre, à quelques centaines de mÚtres de la petite cellule »
Cet homme, c’est Mimo, Michelangelo Vitaliani, Mimo qui va nous raconter sa vie.

Une histoire d’amitiĂ©/amour, une histoire de sculpture
Un excellent livre que j’ai Ă©coutĂ© dans une parfaite interprĂ©tation (LĂ©o Dussollier et Lila Tamazit)

Lisez-le – ou Ă©coutez-le !

Merci à Bluewitch dont la critique m’a convaincue de lire ce livre.

Iconoclaste et féministe

9 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 61 ans) - 18 octobre 2024

Une trĂšs trĂšs belle histoire que nous livre l’auteur du prix Goncourt 2023 avec la subtilitĂ© et l’art de d’offrir au lecteur un rĂ©cit romantique, prenant et truffĂ© de rebondissements avec un Ă©pilogue aussi rĂ©ussi que surprenant qu’inattendu au point que j’en ai presque eu les larmes aux yeux.

On peut certainement toujours trouver des points faibles Ă  ce roman qui surfe vaguement sur un fond historique sans rĂ©ellement se soucier de cette rĂ©alitĂ© en allant pĂȘcher de-ci-delĂ  des Ă©pisodes de la pĂ©riode noire de l’Italie fasciste, bizarrement sans rĂ©ellement accabler cette pĂ©riode qui, certes comparĂ©e au nazisme allemand fut sans doute moins fanatique et toujours accompagnĂ©e d’une opposition, certes timorĂ©e et hypocrite, mais bien rĂ©elle.

Autre dĂ©faut, mais cela reste personnel, j’aime les romans qui me parlent, et ce roman, hormis le message subliminal qui devient plus explicite Ă  la fin, m’a trĂšs peu interpellĂ© ; les personnages dont le caractĂšre est bien dĂ©crit sont finalement peu attachants.

On peut donc aussi admettre que l’acadĂ©mie Goncourt semble depuis l’illisible « Boussole » de Mathias Énard plĂ©bisciter des romans plus accessibles et mieux Ă©quilibrĂ©s.

Assurément une excellente session de lecture.

Une splendeur

10 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 43 ans) - 26 juillet 2024

Prix Goncourt le plus récent, ce roman assez épais (presque 600 pages en "grand format"), mais qui se lit malgré tout assez rapidement, est une pure merveille. Une histoire d'amitié/amour compliquée, fluctuante, entre une jeune femme issue de la bourgeoisie provinciale italienne (l'action se passe dans les années 20 à 80) et un jeune homme atteint de nanisme, issu de la classe ouvriÚre, apprenti sculpteur qui deviendra un grand (pas par la taille, évidemment, mais par le talent) sculpteur. Le narrateur de l'histoire.
Par certains aspects (dépiction de la vie en Italie profonde pendant une période troublée) j'ai pensé au roman "Le Jardin des Finzi-Contini" de Bassano et au film "1900" de Bertolucci. On connaßt pire comme références.

tout est dit

7 étoiles

Critique de Krapouto (Angouleme Charente, Inscrit le 4 mars 2008, 80 ans) - 17 avril 2024

tout est dit, les précédents commentaires résument assez bien ce roman pour que j'évite toute redondance. J'ajouterai pour ma part les flash-back énervants , l'incrédibilité de la statue planquée par le Vatican ,"elle" -qui est-elle ? - Idem pour la vue qu'il perd et qu'il retrouve quelques pages plus loin. Quant à " l'intelligence de Viola" (c'est comme les impÎts: trop d'intelligence tue l'intelligence) elle ravirait plus d'un misogyne qui n'en retiendrait que son excentricité. Une mention honorable à l'écriture simple et souple qui permet d'avaler les 600 pages sans dommage.

Un roman dense !

10 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 58 ans) - 14 avril 2024

Jeune adolescent nain, Michelangelo Vitaliani, dit Mimo, est envoyĂ© par sa mĂšre qui ne peut plus s’occuper de lui, chez un soi-disant oncle, sculpteur, comme apprenti. Le pĂšre de Mimo Ă©tait lui-mĂȘme sculpteur et avait transmis sa passion et son savoir Ă  son fils, mais il Ă©tait mort Ă  la premiĂšre guerre mondiale. Or cet oncle, piĂštre sculpteur alcoolique, l’utilise plutĂŽt comme larbin. Non loin de lĂ , habite l’illustre famille Orsini. Mimo fait la connaissance de leur fille Viola, un peu sauvage, un peu originale, qui aime se coucher sur les tombes du cimetiĂšre et est d’une extrĂȘme intelligence. Leur amitiĂ© fait tout le sel de sa vie et durera toute leur vie, mĂȘme si elle sera elle aussi originale et en pointillĂ©. Au dĂ©but, cette relation ne peut se vivre qu’en cachette car tout les oppose et les sĂ©pare. Mimo subit tant de brimades et de sĂ©vices qu’il va chercher Ă  prendre sa revanche. Il part tenter sa chance Ă  Florence...
Entre-temps, Viola a Ă©tĂ© fiancĂ©e Ă  un parti intĂ©ressant pour sa famille. Toute sa vie, elle est niĂ©e dans son identitĂ© personnelle. Seul Mimo la considĂšre, la comprend et la dĂ©fend. Cette amitiĂ©-amour si particuliĂšre en dent de scie fait tout l’intĂ©rĂȘt de ce roman. Sa densitĂ© et sa complexitĂ© sont trĂšs bien racontĂ©es par l’auteur, qui fait une description trĂšs pointue de ses personnages.
L’auteur replace son histoire dans la grande Histoire de l’Italie et ses personnages sont ballottĂ©s par elle malgrĂ© eux.

Jumeaux cosmiques !

10 étoiles

Critique de Frunny (, Inscrit(e) le 28 décembre 2009, - ans) - 1 mars 2024

Jean-Baptiste Andrea (1971- ) est un écrivain, scénariste et réalisateur français. Il reçoit le prix Femina des lycéens et le prix du premier roman pour son premier livre, Ma reine, sorti en 2017, le Grand Prix RTL-Lire en 2021, ainsi que le prix Goncourt 2023 pour son quatriÚme roman, Veiller sur elle.

Michelangelo Vitaliani ( Mimo) a 13 ans quand sa mĂšre - trĂšs pauvre - le confie Ă  son oncle, sculpteur Ă  Pietra d'Alba.
Maltraité, cloisonné aux basses oeuvres, Mimo va rapidement éclabousser les apprentis de l'atelier par son immense talent, son génie.
Viola Orsini est la fille du "clan Orsini" , famille de la grande noblesse italienne. Sa destinĂ©e est toute tracĂ©e, elle fera un mariage heureux dans l'intĂ©rĂȘt de la famille .
Mais Viola est une rebelle, qui s'abreuve de littérature, de journaux, avide de connaitre la marche du Monde.

Ces deux-là n'étaient pas destinés à se rencontrer et pourtant....
Les circonstances vont les réunir et c'est une amitié pour la vie qui va sceller leurs destins. Des jumeaux cosmiques qui vont apprendre l'un de l'autre, se retrouver la nuit dans le cimetiÚre de Pietra d'Alba, se séparer, se retrouver.
Viola va façonner Mimo, lui donner envie d'apprendre.
Mimo va sculpter - comme Michel-Ange à son époque - son chef d'oeuvre, sa " Joconde" , une statue que le Vatican va cacher car controversée, unique, divine .

Un roman qui balaie la premiĂšre moitiĂ© du XX iĂšme siĂšcle en Italie. Les 2 guerres mondiales, la montĂ©e du fascisme. Les alliances malsaines entre l'Eglise et Mussolini. Mais aussi, Florence, GĂȘnes, Rome et... Pietra d'Alba.
Une oeuvre autour d'un amour impossible.
J'ai pris un trÚs grand plaisir à la lecture de ce roman qui réunit toutes les qualités d'une oeuvre majeure. Un style, une histoire incroyable , 2 personnages hors normes.
Un Goncourt mérité !

Un miroir moderne de l'illustre Michel-Ange

8 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 90 ans) - 4 février 2024

L’auteur a la bonne idĂ©e de faire sortir de l’ombre Michelangelo Vitaliani, dit Mimo, nĂ© en France au dĂ©but du 20Ăš S et qui, portĂ© par la magie de son prĂ©nom, jouira du mĂȘme destin de sculpteur gĂ©nial que le Michel-Ange Buonarroti du 15Ăš S. en sculptant notamment une Pieta.

MalgrĂ© un manque d’émotion, ce roman est bien Ă©crit, tout en souffrant de longueurs Ă©vitables. Il dĂ©marre autour de 1918, et nous fait vivre la mutation politique italienne avec notamment l’unification du pays, la montĂ©e de Mussolini, et la nomination de Mgr Roncalli au titre de pape Pie XII.

Un ouvrage laurĂ©at d’un Goncourt (celui-ci de 2023) et qui ne soit pas un navet, cela mĂ©rite d’ĂȘtre soulignĂ© !

Créer malgré le fascisme

9 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 14 janvier 2024

Le don de la sculpture permet au protagoniste, fort intuitivement dĂ©nommĂ© Michelangelo, de surmonter les difficultĂ©s amoureuses, familiales, physiques, de richesse, politiques et sociales, pour Ă©tablir des productions d'un intĂ©rĂȘt fort particulier. Tout semble s'acharner sur ce personnage principal, alors que le sort finit par le prĂ©server et le mettre en valeur.
Ce roman est beau, bien soutenu par une narration riche en rebondissement, un style simple mais assez beau. Il présente beaucoup d'attraits, à mes yeux. Il s'en émane une forme d'optimisme.

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