Sept mers et treize rivières de Monica Ali

Sept mers et treize rivières de Monica Ali
( Brick lane)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Ulrich, le 30 octobre 2004 (avignon, Inscrit le 29 septembre 2004, 49 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (27 020ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 4 993  (depuis Novembre 2007)

Une vie déracinée !

L’histoire de Nazneen est celle d’une vie déracinée. Originaire du Bangladesh, elle vit désormais à Londres avec son mari à qui elle a été vendue. Sa vie va se dérouler sous ses yeux, sous nos yeux. Alors qu’elle continue de se dérouler au fil de sa quotidienneté, elle la prend en main. D’abord le furtif sentiment de pouvoir choisir, « d’être » avant de la vivre. Nous, lecteur, on la suit prendre conscience de son existence. On la regarde vivre. Magnifique ! L’affrontement , l’enrichissement de deux cultures sont magistralement racontées. La sérénité de Nazneen est époustouflante. Sa vie est unique, comme toutes les vies. Mais ce livre est aussi une fabuleuse dédicace à toutes les femmes, à toutes ces mères, solides comme des rocs qui dispersent autour d’elles des instants de paix et de raison dans un monde qui en manque trop souvent. La force de l’auteur, Monica Ali, est de ne pas avoir résumé ce livre à une révolte, une émancipation. La vie de l’héroïne en est une aussi mais pas seulement. Nazneen doute, souffre mais sa volonté est si forte et si belle. L’écriture est douce, tendre et généreuse. Et puis il y a cette ville de Londres qui nous est racontée au fil des pages. Un Londres qui se ghettoïse, triste réalité d’un phénomène commencé il y a plus de 20 ans et qui ne cesse de s’aggraver. Il y a un peu de « Sammy et Rosy s’envoient en l’air » de Stephan Frears dans ce livre : Quand elle raconte Londres mais aussi quand les cultures se croisent. Ce livre, malgré sa dureté, est peut-être une promesse d’un monde plus serein. Nazneen pourrait être une icône !

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Les éditions

  • Sept mers et treize rivières [Texte imprimé] Monica Ali trad. de l'anglais par Isabelle Maillet
    de Ali, Monica Maillet, Isabelle (Traducteur)
    Belfond / Littératures étrangères (Paris)
    ISBN : 9782714439536 ; 4,61 € ; 19/08/2004 ; 604 p. ; Broché
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Pas captivée

5 étoiles

Critique de Gilou (Belgique, Inscrite le 1 juillet 2001, 76 ans) - 31 octobre 2005

Ce récit a le mérite d’entrebâiller la fenêtre sur un monde presque inconnu de nous. Je veux dire par là la réalité quotidienne des déracinés. Une Bangladaise émigrée à Londres, mariée à un compatriote et maman de deux filles. Il y a là matière à méditer.

L’héroïne, Nazneen, tiraillée entre deux mondes, me paraît bien naïve au début, mais se laisse quand même attirer dans le piège de l’adultère malgré ses convictions. Elle succombe au charme du beau Karim. Elle vit comme « au pays » au cœur d’une cité de Londres qui est, somme toute, la reproduction de leur milieu, une sorte de ghetto pour rester entre eux. Une manière de se protéger des dangers de tous genres. Ne pas dépasser les limites de leur univers.

Je suis parvenue à m’accrocher et à lire jusqu’au bout, mais déçue par la fin qui n’en est pas une. C’est mon sentiment en refermant ce bouquin.

Les étoiles sont pour l’histoire, mais l’écriture est vraiment spéciale. Saccadée et pleines d’images qui m’a un peu embrouillée en cours de lecture.

Une icône qui pleure

8 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 80 ans) - 14 juillet 2005

Après les attentats de Londres et au moment où Scotland Yard investigue la piste de Britanniques d'origine orientale, il faut lire ou relire le livre de Monica Ali. Outre un magnifique portrait de femme, c'est la chronique de la vie à Londres d'une communauté venue du Bangladesh et l'évocation du croisement, parfois chaotique de cultures si diverses. Ulrich, dans sa critique, parle de l'espoir d'un monde plus serein et voit en Nazneen une icône. Aujourd'hui, après ce qui s'est passé la semaine dernière et relisant la sourate "Le Bienveillant" évoquée dans ce fabuleux roman (page 379), l'icône pleure... et nous avec elle.

Enthousiaste

9 étoiles

Critique de Agathe (, Inscrite le 20 avril 2004, 62 ans) - 29 avril 2005

Je m'étonne de ces critiques : c'est que ce livre m'a réellement enthousiasmée! Je pense qu'il doit être difficile de faire tomber tant de si hautes barrières : culturelles, historiques, familiales pour une femme émigrée qui ne sait même pas parler la langue du pays d’accueil. Or Nazneen met plusieurs années avant de prendre en main son destin et Monica Ali respecte bien ce rythme dans ce roman !
Franchement, j'ai adoré ce bouquin: j'ai aimé les personnages ; appris sur la population émigrée Londonienne ; et puis j'ai colèré à la lecture des lettres d'Hasina, sœur de Nazneen restée au Bangladesh avec son innocence ; j'ai donné des coups de pieds aux fesses de Chanu le mari adorable mais si faible ; j'ai compati avec Razia et sa détresse devant l'addiction de son fils ; j’ai craché devant l’usurière (si-si) et j’ai tendu l’oreille aux craintes de la fille aînée ; j’ai.... mais bon. On a compris. J'arrête là ;=)

Sur ma faim...

5 étoiles

Critique de Poulain (St Ismier, Inscrite le 18 novembre 2004, 56 ans) - 17 mars 2005

Moi aussi, je suis restée sur ma faim avec ce livre plébiscité par les revues littéraires et écrit par un des vingt meilleurs romanciers britanniques de la décennie (cf 4ème de couverture).
L'histoire se met très vite en place - Nazneen se retrouve mariée avec un homme choisi par sa famille, plus âgé qu'elle - mais piétine aussitôt. On suit la vie de cette petite famille aux parents déracinés, on trouve Nazneen courageuse même si la vie n'a pas l'air trop dure pour elle, on trouve finalement des bons côtés à Chanu son mari... et les filles sont des enfants comme les autres.
Seule la liaison extra-conjugale nous laisse à un moment entrevoir un changement de rythme dans ce livre qui traîne en longueur... mais non, rien ne bouge, même pas après le refus de Nazreen de retourner au pays avec Chanu.
Petit bémol : j'ai bien apprécié les lettres d'Hasina (soeur de Nazneen), en toile de fond, qui laissent mieux percevoir les difficultés que rencontre une femme seule au Bangladesh.

Moi aussi

5 étoiles

Critique de Maya (Eghezée, Inscrite le 18 octobre 2001, 49 ans) - 16 février 2005

Je dois dire que, tout comme Thysbe, j'ai été un peu déçue par ce livre. Je m'attendais à un foisonnement de personnages, de couleurs, de vie. Mais en fin de compte, la vie de Nazneen est une vie de recluse. L'entraide, la débrouillardise, la bonne humeur annoncée n'étaient pas vraiment au rendez-vous. J'aurais bien aimé que la liberté qu'elle s'octroie tout à la fin du livre, elle la prenne un peu plus tôt. J'ai un peu l'impression que le roman s'arrête au moment où tout va vraiment commencer.

Cela dit, c'est un beau portrait de femme. Il y a quelques personnages attachants. Je pense que ma déception vient du fait que je m'attendais à quelques chose de différent. Je croyais lire une comédie alors qu'en fait c'est plutôt une histoire grave et triste. Si je l'avais su, je l'aurais abordée différemment et mon jugement aurait sans doute été autre.

Déçue !

5 étoiles

Critique de THYSBE (, Inscrite le 10 avril 2004, 67 ans) - 6 novembre 2004

Je m’attendais à mieux. Le thème développé m’inspirait et les critiques de ce livre s’annonçaient bonnes. Mais le style m’a enlevé tout plaisir à cette lecture. Je l’ai trouvé tout simplement mal écrit. Dommage, il y avait un bon sujet et les personnages étaient intéressants, ainsi que le contexte.

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  Recherche pour ce livre 2 Gilou 31 octobre 2005 @ 17:57

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