Un corps tropical de Philippe Marczewski
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
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Livreur recherche désespérément tropicalité ( Prix Rossel en 2021 )
Le personnage principal de ce roman, qui est un antihéros, mène une vie morne avec une épouse, "la femme chez qui je vis" et son fils, "l'enfant". Autant dire qu'il ne semble pas avoir tissé des liens sentimentaux très forts avec ces êtres qui devraient compter à ses yeux. Il est chargé de temps à autre de remettre du courrier en main propre à une femme plutôt glaçante, Mme Rovelli. Profitant de cette escapade et séduit par une piscine tropicale sous un dôme, espèce de centre aquatique pour se divertir ou se reposer, il s'y baigne, connaît les joies du jacuzzi. Il se plaît dans cette atmosphère tropicale factice, avec ces chants d'oiseaux enregistrés, avec ces corps qui pourraient avoir une allure tropicale ... Il en vient à fantasmer sur les tropiques et recherche en de nombreux éléments ce caractère exotique. Le hasard faisant bien ou mal les choses, il va se retrouver embarqué dans toutes sortes de mésaventures qui semblent répondre à cette envie de dépaysement et de corps tropicaux ...
Ce personnage principal aurait pu être joué par Pierre Richard dans la plupart de ces ses films, ou bien ressemblerait aussi au Candide de Voltaire. Il semble plus porté par ses sens que par sa raison. Là, où il fait des maladresses, le lecteur aura vite rectifié l'appréhension du réel, voire même anticipera sur les embûches que le personnage va rencontrer. Le roman repose essentiellement sur la vision que porte ce personnage sur le monde, sur ses ressentis. Il y a évidemment des péripéties et le roman emprunte au genre du roman d'aventures, tout en ayant parfois un caractère parodique. Le personnage semble ne pas avoir d'emprise sur son destin et paraît subir des décisions qui ne proviennent pas de lui-même. C'est en cela que par la suite, le lecteur pensera parfois à l'atmosphère du théâtre de l'absurde, voire de certains romans de Camus.
Le roman se divise en quatre parties : la peau, la gorge, l'os et l'estomac. Il est intéressant de voir comment le corps devient le prisme par lequel la narration s'effectuera. Les sensations du narrateur occupent une place importante dans ce roman. L'écriture de Philippe Marczewski m'a beaucoup plu. Le récit n'avance pas forcément vite, mais le ton de l'auteur et la façon de raisonner du personnage principal ont réussi à attirer mon attention au point de lire les 200 dernières pages en deux jours. Le roman peut faire sourire parfois, et angoisser à d'autres moments. Le comique peut être rapidement remplacé par le tragique dans un monde où tout semble possible. La réflexion sur l'exotisme est intéressante car elle interroge sur notre rapport avec certains pays, sur notre façon de fantasmer certains lieux qui voudront ressembler à nos fantasmes pour attirer le touriste. Le film "Fitzcarraldo" est souvent évoqué dans une partie du roman d'une façon intelligente.
J'ai beaucoup aimé ce roman qui a reçu le prix Rossel en 2021. Il m'a été conseillé par un des libraires de la librairie Wallonie-Bruxelles de Paris qui a vraiment bon goût. Ce personnage incarne vraiment l'homme moderne, cet homme que nous pourrions être malgré la naïveté excessive dont il fait preuve ici. Un écrivain à suivre !
Les éditions
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Un corps tropical
de Marczewski, Philippe
Éditions Inculte / Dernière Marge
ISBN : 9782360841226 ; 19,90 € ; 25/08/2021 ; 400 p. Broché
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Quand c'est trop, c'est tropicaux
Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 61 ans) - 27 février 2026
En lisant préalablement les commentaires, et en commençant de manière prometteuse ce roman récompensé par le prix Rossel, j’avais l’impression qu’on était dans le même schéma, mais au fil du récit, j’ai eu l’impression que l’histoire s’étiole, s'égarre, voire s’enlise dans une impasse de plus en plus sombre.
Le personnage principal est d’une naïveté affligeante, plane complètement, ce qui permet à l’auteur de le l’envoyer de gauche à droite sans qu’il se pose de question, ou qui se les pose lorsqu’il est trop tard.
Je vais aussi me dispenser de relater les aventures d’un anti-héros dont on ne connaît que le nom figurant sur son faux passeport puisque la critique principale les résume à sa manière.
Quant à l’humour, c’est à un tel point désolant, à supposer qu'il s'agisse tout au début de la situation elle-même qui fait légèrement sourire, on a plus envie de pleurer que de s’esclaffer. Un néant émotionnel noyé dans des considérations qui se trainent en longueur, voilà comment on pourrait résumer l'ambiance du bouquin. Les plus courtes sont les meilleures, et ici présentement, on aurait pu avoir roman convenable en en diminuant au moins de moitié son volume.
Un abyssal ennui, une platitude complète, du remplissage, des répétitions, des phrases trop longues, en deux mots, à éviter, même si j’ai été jusqu’au bout, par curiosité, mais pour moi pas une bonne pioche pour le prix Rossel 2021 qui récompense les auteurs belges.
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