Cette nuit est l'intérieur d'une bogue : Précédé de Entrée en écriture ; Pouhon bleu la veillée ; Premiers émois ; Les camps retranchés ; Enceinte des eaux de Jean-Pierre Otte

Cette nuit est l'intérieur d'une bogue : Précédé de Entrée en écriture ; Pouhon bleu la veillée ; Premiers émois ; Les camps retranchés ; Enceinte des eaux de Jean-Pierre Otte

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Elisa92, le 17 avril 2021 (Inscrite le 17 avril 2021, 62 ans)
La note : 9 étoiles
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Les débuts fertiles d'un grand écrivain

Les débuts fertiles d'un grand écrivain

J'ai lu presque tous les livres de Jean-Pierre Otte et je découvre aujourd'hui « Cette nuit est l’intérieur d’une bogue », édité par Le Temps qu'il fait, et qui rassemble les poésies et proses que l’écrivain en herbe écrivit entre sa dix-neuvième et sa vingt-troisième année. C'est émouvant et déconcertant de voir qu'il y a dans les textes de ses commencements déjà tous les thèmes de l’œuvre à venir.
La nouvelle intitulée Enceinte des eaux deviendra plus tard le roman de Julienne et la rivière.
Des fragments du poème dramatique qui donne son titre à tout le recueil préfigure La déchirure et l'éternelle loi de réflexion qu'on peut lire dans Celui qui oublie où conduit le chemin.
Enfin, l'Entrée en écriture contient en germe son autobiographie de Strogoff, qu'il écrira quarante ans plus tard.
«Au départ, les mots m'ont possédé plus que je ne les ai possédés», avoue Jean-Pierre Otte dans une interview accordée aux Nouvelles Littéraires, montrant par là l'état de porosité, le rapport indéfini et intime qu'il manifeste vis-à-vis de l'écriture. La géographie littéraire passe par la carte des sentiments qui l'unissent à d'autres écritures, à d'autres territoires de l'être et de l'imaginaire. L'écrivain se nourrit tout autant de lui-même que du monde et des autres. Dans ses écrits du commencement et dans tous ses livres à venir, la nature est toujours féminine, la femme est toujours «naturelle» en réciprocité, en communion spontanée et intime avec la nature qu'elle sert à définir. Jean-Pierre Otte parle de la femme- rivière, de ces femmes qui naissent des femmes, de chacune femme qui est sa propre grossesse.
Enfin, pour vous donner envie de lire ce recueil merveilleux, plein de sensibilité et de correspondances intimes dans l'accord à soi-même et au monde, je ne trouve rien de mieux que de vous donner à lire les premières lignes de l'Entrée en matière :

"J'avais vingt ans et, du fond du lit, je voyais des anges, des oiseleurs, des lucioles, des horloges pleines d'oiseaux, le saut d'une carpe à la surface des eaux, un funambule évoluant sur son fil sans autre balancier que celui de ses bras écartés. Je pouvais aussi bien, en vertu d'une sorte de dédoublement, me considérer de l'extérieur. Suspendu au plafond, avec un sourire dont on ne peut dire au juste s'il exprimait amusement, félicité ou ironie."

Élisa L.

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Les éditions

  • Cette nuit est l'interieur d'une bogue : Précédé de Entrée en écriture ; Pouhon bleu la veillée ; Premiers émois ; Les camps retranchés ; Enceinte des eaux
    de Otte, Jean-Pierre
    le Temps qu'il fait
    ISBN : 9782868536556 ; 9,07 € ; 31/01/2019 ; 120 p. ; Broché
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