Au temps du corona de Jean-Claude Martin

Au temps du corona de Jean-Claude Martin

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 31 mars 2021 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 74 ans)
La note : 7 étoiles
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Poésie antivirale

Comme tous les Français, et d’autres citoyens de divers pays, Jean-Claude Martin a été confiné chez lui du 23 mars au 7 mai 2020 pour participer à la lutte contre l’invasion du Coronavirus, il en a tiré ce petit recueil de textes courts ou plus exactement de poésie en prose. Il explique lui-même sa démarche littéraire dans un texte écrit pour une autre circonstance : « … J’essaye de faire tenir en quelques lignes des rencontres, des moments, des éclats, des éclatements, des éclairs, des éclaircies… » et ainsi de suite, pour évoquer tout ce qui peut interpeler un poète réduit à l’inaction physique dans un espace clos. Ces textes sont accompagnés de sept jolis dessins de Pierre Rosin.

Dans ces poèmes en prose, il évoque le lieu où il est confiné, le cerisier, la nature environnante, l’air pur de sa campagne mais pas seulement, il raconte aussi la nouvelle situation impliquée par la présence du satané virus. C’était au temps du premier confinement et nous étions alors très sensibilisés à la nécessité de limiter les contacts avec les personnes et des objets pouvant colporter l’ennemi redouté. « Etrange temps où l’on ne doit toucher ni gens ni choses », dit le poète en ajoutant plus loin « Pourvu que cela ne nous apprenne pas encore à rejeter… ».

« Même le plus misanthropes des misanthropes s’en lasserait ». « Tout le monde rêve d’après ». comme tous ses concitoyens le poète se lasse et le confie à sa page. Il a soudain conscience d’être la victime de l’être plus insignifiant de la vie… Et le temps s’écoule lentement, lentement, sans que l’horizon s’éclaircisse, l’importun est toujours là à l’affut de poumons à dévorer. L’humilité gagne, le poète se satisferait bien d’un peu d’espoir, d’un rai de lumière, …, « Pour la suite on verra » et j’ajouterais volontiers un an après, on la voit bien…

Comme beaucoup, le poète a accusé le coup, fléchi, incliné la tête mais il a bientôt compris que la pire dse solutions serait de baisser la garde, de laisser le champ libre à l’ennemi en perdant la foi en la vie « … Respirer, seulement respirer. Remettre en marche les poumons. Sans s’inquiéter du mécanisme. Comme un mot vient parès un autre dans une phrase. Marcher un peu. Lever la tête et voir le ciel. Apprendre à ne plus renoncer ». « … Revenir … Renaître … Recommencer… ».

En quelques pages, de quelques liges, de quelques mots, Jean-Claude Martin a planté le décor, il dit ce qui est arrivé, ce à quoi nous étions confrontés, ce à quoi nous étions condamnés, ce qui nous accablait mais aussi ce à quoi nous ne devions pas céder, comment nous devions nous comporter, réagir, pour déjà voir l’après. Tout en nous rappelant qu’« On a besoin des autres pour être seuls ».

Le père Hugo l’a bien dit « Seul le, poète a le front éclairé ! ».


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