La Merveilleuse Visite de H. G. Wells

La Merveilleuse Visite de H. G. Wells
(The Wonderful Visit)

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Anglophone , LittĂ©rature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Poet75, le 7 aoĂ»t 2020 (Paris, Inscrit le 13 janvier 2006, 69 ans)
Critiqué par Poet75, le 7 aoĂ»t 2020 (Paris, Inscrit le 13 janvier 2006, 69 ans)
La note : 8 étoiles
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Un Ange passe

Une nuit, le village anglais de Siddermorton est traversĂ© d’un Ă©clair lumineux, observĂ© par quelques tĂ©moins. Le lendemain, le Pasteur de cette paisible bourgade, homme passionnĂ© d’ornithologie (il faut bien s’occuper, n’est-ce pas
), remarque un Ă©trange oiseau dans le ciel et n’hĂ©site pas Ă  lui tirer dessus, dans le but de l’ajouter Ă  sa collection. Or, quand le Pasteur Hilyer s’approche de l’animal, en fait d’oiseau, il se trouve nez Ă  nez avec
 un Ange !
Tel est le point de dĂ©part du deuxiĂšme roman qu’écrivit H. G. Wells, en 1895, tout de suite aprĂšs La Machine Ă  explorer le temps, beaucoup plus connu bien Ă©videmment. En effet, si Wells est restĂ© cĂ©lĂšbre pour ses romans de science-fiction (L’üle du Docteur Moreau en 1896, L’Homme invisible en 1897 et, bien sĂ»r, La Guerre des Mondes en 1898), il fut aussi l’auteur d’un grand nombre d’autres ouvrages, moins rĂ©putĂ©s mais pas forcĂ©ment moins intĂ©ressants, Ă  l’exemple de cette Merveilleuse Visite, que viennent de rééditer les Ă©ditions Terre de Brume.
Dans ce roman, bien qu’il soit question d’un Ange devant demeurer, malgrĂ© lui, chez les hommes, ce n’est pas tant l’aspect fantastique qui prĂ©domine que celui de la satire, mĂątinĂ©e d’un humour typiquement anglais. On pourrait dire qu’il s’agit d’une sorte de rĂ©cit voltairien, mais agrĂ©mentĂ© façon britannique. Disons qu’au moyen d’une histoire qui peut paraĂźtre farfelue, Wells se dĂ©lecte Ă  Ă©reinter la bonne sociĂ©tĂ© autant qu’à dire ses quatre vĂ©ritĂ©s Ă  l’Eglise d’Angleterre.
La prĂ©sence d’un Ange chez le Pasteur provoque, en effet, de multiples rĂ©actions, Ă  commencer par celles du vicaire Mendham, de sa femme et de ses enfants, choquĂ©s par la tenue vestimentaire, trop lĂ©gĂšre Ă  leurs yeux, de cet hĂŽte encombrant. Pour le vicaire, d’ailleurs, « les Anges n’existent pas » et il ne peut ĂȘtre question d’accepter les explications du Pasteur.
Comme on peut l’imaginer, c’est tout le village qui se trouve bientĂŽt en effervescence. Les enfants eux-mĂȘmes conspuent l’hĂŽte cĂ©leste en lui chantant « Va t’ faire couper les ch’veux ! ». Le mĂ©decin du bourg, le docteur Crump, ne se tarde pas Ă  se convaincre que l’Ange est un individu atteint de maladie mentale. InvitĂ© Ă  exercer ses talents de violoniste pour la bonne sociĂ©tĂ©, l’ĂȘtre cĂ©leste a beau le faire divinement, il se discrĂ©dite lorsqu’on s’aperçoit qu’il ne sait pas jouer autrement qu’à l’oreille, sans partition. Mais, pire que tout, scandale des scandales, l’Ange met en colĂšre un gros propriĂ©taire en profĂ©rant devant lui des idĂ©es jugĂ©es « socialistes » : « Tous les hommes devraient avoir droit Ă  une mĂȘme Ă©ducation », ose-t-il estimer.
Dans le mĂȘme temps, de son cĂŽtĂ©, l’Ange apprend, jusque dans sa chair, puisqu’il a Ă©tĂ© blessĂ©, Ă  se comporter en humain et Ă  Ă©prouver ce qu’éprouvent les hommes. Cela se concrĂ©tise, tout particuliĂšrement, par deux expĂ©riences antinomiques. L’une, comme je viens de l’indiquer, c’est de ressentir la douleur. L’autre, c’est de se mettre Ă  aimer Ă  la maniĂšre des hommes, ce qui provoque, d’ailleurs, un scandale supplĂ©mentaire, l’Ange s’étant Ă©pris de Delia, la servante du Pasteur, la seule Ă  apprĂ©cier vraiment sa musique. Et, bien sĂ»r, il est incapable de comprendre les barriĂšres sociales qu’érigent les humains. Tomber amoureux d’une domestique, pour lui, ce n’est pas un problĂšme. Mais, mĂȘme amoureux, un Ange peut-il trouver sa place dans le monde des humains et peut-il le faire sans dĂ©choir. Le jour oĂč il apprend la colĂšre, il est bien obligĂ© de le constater amĂšrement : « Venir dans ce monde, c’est chuter. »

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Les éditions

La Merveilleuse Visite
de Wells, H. G. Barron, Louis (Traducteur)
Terre de brume
ISBN : 9782843626692 ; 18,50 € ; 15/05/2020 ; 184 p. BrochĂ©
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