Les invisibles de Roy Jacobsen

Les invisibles de Roy Jacobsen
(De usynlige)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Clacla44, le 15 juin 2019 (Inscrite le 4 mars 2011, 37 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (3 016ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 5 444 

Un univers sauvage

Voici un roman qui m'a emmenée sur une île de la Norvège. Le récit n'est pas clairement daté, on peut penser qu'il se déroule au début du 20ème siècle. Les personnages y sont isolés. Les conditions de vie sont à la fois simples et sommaires. Le temps s'égraine doucement et sûrement. Les générations passent. Le rapport à la nature y est incontournable. Nous découvrons comment les habitants arrivent à vivre avec cette nature, à la fois nourricière et meurtrière. C'est un univers très prenant. Je me suis sentie transportée là bas, le dépaysement était total. Je me suis identifiée à chaque personnage. Très beau roman.

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Survivre dans l’adversité

9 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 56 ans) - 4 février 2026

L’île de Barrøy, minuscule confetti au large de la Norvège, devient un véritable personnage, à la fois refuge et prison, matrice et frontière. Jacobsen excelle à faire sentir la rudesse du quotidien insulaire sans jamais céder au pittoresque.
Ce qui frappe, c’est la capacité de l’auteur à évoquer des émotions pourtant contenues, les liens tacites, les silences, les micro‑événements qui, ailleurs, passeraient inaperçus. L’économie de moyens devient une force poétique. Le récit, sans éclats spectaculaires, avance comme une marée lente, irrésistible, laissant derrière lui une impression durable.
Un roman humble et humain d’une sobriété lumineuse.

La vie très rude au nord de la Norvège

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 60 ans) - 25 janvier 2026

Le livre se déroule essentiellement sur une petite île au nord de la Norvège, qui fait partie d'un archipel. On est au début du vingtième siècle. Cette île est une des plus petites de l'archipel, elle est habitée par une seule famille et quelques animaux. Il y a trois générations qui vivent ensemble, dans des conditions très rudes, entièrement dépendante des saisons et du climat. La pêche est omniprésente, mais il y a aussi des animaux de ferme et du travail de ferme. Le père travaille plusieurs mois sur mer, pour pêcher et rapporter un peu d'argent. Les enfants vont à l'école (en bateau) quelques semaines, pour apprendre à nager entre autres. Le récit est rythmé par les saisons.

Le personnage principal semble être Ingrid, la petite fille qui a trois ans au début du livre. Mais les personnages secondaires, principalement les autres enfants sur l'île, sont très attachants. Le livre est le premier d'une série, ce qui explique qu'il se termine de manière un peu abrupte, alors que l'histoire devenait plus prenante.

J'ai trouvé le texte parfois un peu difficile à suivre, le vocabulaire est parfois spécifique à la faune et la flore, mais ce ne gêne pas (il faut un dictionnaire) mais indépendamment du vocabulaire je me suis parfois surpris à relire car je n'avais pas compris le sens . Je sais que dans le texte original, les dialogues sont en dialecte mais le traducteur français a choisi de ne pas rendre ce dialecte (je pense qu'il a bien fait).

Très beau roman norvégien

9 étoiles

Critique de Cédelor (Paris, Inscrit le 5 février 2010, 54 ans) - 6 janvier 2021

Je plussoie Clacla44, la critiqueuse principale du livre, c’est un très beau roman. J’ai adoré. Un roman tout en lenteur mais qui ne traîne pas, qui sait faire succinct sans perdre l’essentiel, qui est court (299 pages), mais sait raconter une histoire familiale sur 2 générations. Une écriture intimiste, concise, qui conte beaucoup en peu de mots, sans presque de dialogues. Des chapitres le plus souvent courts, qui retracent des tranches de vie dans l’ordre chronologique d’une famille de pêcheurs, seuls habitants d’une petite île dans le nord de la Norvège il y a une centaine d’année (aucune date n’est donnée).

Car l’auteur est norvégien et écrit sur son pays. J’ai acheté ce livre car il me semblait une invitation à quelque chose de nouveau, à découvrir un ailleurs, et cela a été effectivement le cas. Je ne regrette pas du tout mon achat. C’est un livre très humain, qui reconstitue la dure vie de travail incessant d’une famille de pêcheurs pour lutter constamment contre les éléments, la mer, les tempêtes, le terrible froid de l’hiver, les coups du sort, et les tensions familiales. Une lutte pour la vie et la survie, sauver les récoltes, trouver de l’eau, s’occuper des animaux, pêcher le poisson… Des enfants (Ingrid, Lars, Félix, Suzanne) grandissent dans ces conditions et les adultes (Martin, Hans, Maria, Barbro) essaient de les améliorer , ces conditions. Malgré tout, ce qui ressort principalement de cette histoire, c’est que la solidarité familiale reste toujours la plus forte, malgré les défaillances humaines, les accidents, les coups du sort, les morts. Le courage et la résilience ne sont pas des vains mots, ici. Ni l’entraide et le soutien sans faille, même envers des enfants qui ne sont les siens mais qu’on adopte quand même et qu’on élève comme les siens.

On apprend des choses, la pêche dans les Lofoten (j’ai été chercher où ça se trouvait !), le fait que les familles se déplaçaient naturellement en bateau d’un point à l’autre comme nous à pied ou en voiture, certains traits culturels sexistes, et les pratiques des asiles psychiatriques d’alors. Et bien d’autres choses, tout ce qui a trait à l’école, aux bateaux, aux relations, à l’église, au commerce,… Toute une époque et un lieu que l’auteur nous fait revivre à travers la vie d’une famille qu’on s’attache à suivre avec plaisir. Une réussite.

J’aurai donné 5 étoiles à ce livre sans hésiter, si je n’avais trouvé que l’auteur avait donné un coup de pouce artificiel sur certains éléments de son histoire. Cela m’a paru manquer de crédibilité, même si j’ai toujours autant savouré ce qu’il en racontait. C’est un peu dommage, mais ce n’est que mon avis.

Il semblerait que ce livre soit le premier d’une trilogie et que « Mer blanche » est le second tome, traduit en français. Je le note, pour le lire plus tard.

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STICKY  Club de Lecture des Grands Disparus (2025 #6) 88 Aaro-Benjamin G. 14 février 2026 @ 23:04

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