Si Montluçon nous était conté: En "mollussonnais" dans le texte de Jean-Claude Fournier (II)

Si Montluçon nous était conté: En "mollussonnais" dans le texte de Jean-Claude Fournier (II)

Catégorie(s) : Littérature => Nouvelles

Critiqué par Jcfvc, le 29 mai 2018 (Inscrit le 29 mai 2018, 76 ans)
La note : 10 étoiles
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Une petite ville industrielle dans les 30 glorieuses

Avec ce recueil de récits, chroniques et contes de la vie de province, Jean-claude Fournier persiste et signe dans sa « Recherche du temps perdu » à lui, à l’époque des trente glorieuses, dans sa ville natale , là où il est né et où il a grandi avant de parcourir le vaste monde, croyant y trouver « la toison » comme il est dit dans le poème. Mais, sans regretter d’avoir respiré « l’air marin » du grand large, l’appel du « charnier natal » se fera plus pressant au fur et à mesure que les années s’écoulent.
C’est dans l’écriture d’anecdotes plus ou moins vécues et/ou inventées, transformées pour certaines en contes burlesques et nostalgiques, en s’inspirant de la vie des petites gens du quartier où il a passé sa jeunesse, et surtout en utilisant pour ce faire la langue parlée par le « petit » Peuple qu’il puise la gouaille lui permettant de donner une couleur locale si pittoresque à ces « scènes de la vie de province » dans les années cinquante et soixante. Des histoires assez semblables pourraient sans doute avoir été vécues et colportées dans d’autres régions. Mais pour les relater telles qu’elles nous sont livrées, il fallait la saveur de ce verbe particulier, de ce parler local si savoureux pour qui le parle et le maîtrise, parfois aussi bien et même mieux encore que les purs autochtones. D’ailleurs, pourquoi cette langue (qui n’est autre que du français parlé dans un registre populaire de notre langue nationale, saupoudrée de quelques termes locaux la plupart du temps compréhensibles dans le contexte et traduits dans des notes de bas de page lorsque cela s’avère nécessaire), ne pourrait-il pas intéresser des « estrangers » curieux de manières différentes de dire le monde que la leur.
Dans les deux premiers tomes de sa trilogie, déjà, Jean-Claude Fournier faisait parler ses personnages comme on parle dans ce terroir particulier, en mettant des « y » partout, en « gouillant » lorsque qu'on tombe dans l’eau avec les chaussures au pied, en se prenant une « beugne » (au lieu d’une beigne), en « f’zant d’l’abonde » quand quand on est insupportable, etc...
Mais, dans ce quatrième ouvrage, il va encore plus loin dans cette recherche d’authenticité langagière :
- en faisant parler son narrateur systématiquement en « mollussonnais » dans le texte, comme l’indique le sous-titre de l’ouvrage, mais avec des notes de bas de page pour expliquer un terme ou une formulation qui resterait obscure ;
- en modifiant parfois la syntaxe et l’orthographe pour rendre le discours audible mentalement au lecteur, tel qu’il serait prononcé par un locuteur local : « y z’auraient dû m’y dire », par exemple…

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