La femme qui tuait les hommes de Ève de Castro

La femme qui tuait les hommes de Ève de Castro

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Rerexxx, le 10 février 2018 (Inscrit le 10 février 2018, 40 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 970ème position).
Visites : 645 

Formidable !

Un livre d’une très grande puissance et d’une immense qualité littéraire !
Une histoire étonnante dans la Russie de la révolution bolchevique, une histoire de femme, qui résonne comme un écho étonnant aux affaires qui défraient la chronique judiciaire actuelle.
Quel talent !

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10 étoiles

Critique de Dixie39 (, Inscrite le 12 mars 2017, 47 ans) - 11 février 2018

Eve de Castro dans La femme qui tuait les hommes nous offre deux portraits de femmes saisissants. La première vit en Russie au tout début du XXe siècle. Elle se fait appeler Léna et est une sorte de justicière se portant au secours des femmes russes, battues et asservies par des maris violents dont elle se presse de les débarrasser… ce que d'aucuns appellent une tueuse d'hommes !

"la tête haute, les épaules ouvertes, le torse bombé. Je voulais ressembler à une guerrière, à la figure de proue d'un navire."

Rude femme du peuple, elle n'a d'yeux que pour le jeune Vladimir Illich.

"Je voulais que tu sois là comme on veut que Dieu existe et que la mort soit un début".

La seconde, Jeanne vit à Paris à notre époque. Elle est une vieille femme qui a traversé la vie comme une feuille emportée par le vent : sans liberté ni rébellion. Seulement une sorte de fatalisme et de passivité. Retraitée, elle organise sa vie à la minute près pour ne pas sombrer.

"On finit par s'habituer, oui. On trouve des fils auxquels s'arrimer, on les tisse, on s'en enveloppe, on se calfeutre."

Jusqu'au jour où elle croise le chemin de Lucie… et celui de Paul Brideau, écrivain qui collectionne les conquêtes comme d'autres les trophées de chasse.

Eve de Castro nous plonge dans une Russie en plein bouleversement, où la famine sévit et les consciences s'éveillent. Il y a des pages sublimes dans ce livre sur la Grande Famine ; en très peu de mots, l'autrice pose tout de suite le décor et on se retrouve littéralement plongé dans cet enfer.

La vie de Jeanne n'est guère plus clémente, bien que celle-ci semble souvent être plus spectatrice qu'actrice des événements qui la composent. Un peu comme si elle vivait par procuration :

"Tu me rapporteras des souvenirs ?"

On suit en parallèle ces deux histoires sur deux époques différentes, en se demandant quel sera le lien qui finira par les unir. Puis, Paul Brideau, cet écrivain qui "pose des rails pour que d'autres voyagent" entre dans la danse. Et là, tout prend sens… jusqu'au rebondissement final.

"Toi qui me lis et pour qui j'ai vécu, me vois-tu enfin ?"

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