Kongjwi, l'autre cendrillon de Lim Yeong-Hee, Marie Caillou (Dessin)

Kongjwi, l'autre cendrillon de Lim Yeong-Hee, Marie Caillou (Dessin)

Catégorie(s) : Enfants => 4-6 ans , Enfants => 7-9 ans , Littérature => Asiatique

Critiqué par JulesRomans, le 14 octobre 2013 (Nantes, Inscrit le 29 juillet 2012, 66 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 195ème position).
Visites : 4 767 

Ne pas confondre "Elle appelle Kongjwi !" avec "Elle appelle : King go, owi !"

C'est une histoire coréenne et ce qui surprend au premier abord c'est l'importance de la surface qu'occupe l'illustration à savoir les deux-tiers du livre et sa qualité tant par les traits que la couleur avec parfois un clin d’œil au genre tout asiatique des papiers découpés.

Cendrillon souffre du fait de sa marâtre (dont le nom nous est volontairement cachée, tant prime la fonction symbolique pour elle) et de sa demi-soeur Patjwi. La première méchanceté concrètement exposée est de confier à Kongjwi un sarcloir tout en bois pour labourer un champ rempli de cailloux, comme l'avait prévu la marâtre l'outil se casse, heureusement du ciel descend du ciel et lui offre un sarcloir en acier et une corbeille de fruits.

Les premières coulées de fonte ont été réalisées par les Chinois dès le IVe siècle avant Jésus-Christ, aussi il ne faut voir là nul anachronisme dans ce conte qui semble se dérouler dans un temps imprécis mais lointain qui pourrait correspondre à celui où en Europe sévit le Moyen Âge. La bonne Kongjwi comptait partager les fruits avec sa famille, toutefois en l'accusant de les avoir dérobés dans un temple bouddhiste, la marâtre les lui confisque. On ne peut en conséquence pas dater le temps de l'action à la fin de l'Antiquité car le bouddhisme n'arrive en Corée que très progressivement à la fin du IVe siècle et ne s'impose que trois siècles après.

Heureusement le sarcloir se transforme en gâteau de riz parfumé au haricot rouge, sinon l'héroïne serait allée se coucher sans manger, comme une méchante fille. Plus tard Kongjwi est condamnée à un travail très astreignant avant d'être autorisée à se rendre à la fête d'un village voisin. Heureusement un gros crapaud et des oiseaux sont là pour la tirer d'affaire. Reste à se procurer des habits pour la fête et une fée apparaît à cet effet. Kongjwi rate la fête car elle perd son soulier, mais elle va y gagner l'amour. Les enfants adoreront être surpris par les points similaires et les motifs différents entre "Cendrillon" et "Kongjwi".

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Du grand art !!!

10 étoiles

Critique de Shelton (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 68 ans) - 27 octobre 2013

Nous savons tous depuis longtemps que les contes traditionnels ne sont pas des textes uniques mais que ce sont des thèmes et des histoires ressassés depuis la nuit des temps par des auteurs, des dessinateurs, des conteurs… Aussi, rien d’étonnant à retrouver un personnage comme Cendrillon chez nos frères humains coréens… Mais cela aurait pu être banal, même triste comme une mauvaise copie… or ce n’est pas du tout le cas !

Cette originalité vient tout d’abord du talent indiscutable de l’illustratrice, Marie Caillou. En effet, ses dessins sont à la fois délicats, fins, esthétiques, puissamment narratifs et on a donné à l’artiste une surface à la hauteur de son talent. En effet, jamais ou presque, le terme de livre illustré n’a été aussi bien attribué : peut-être que les illustrations recouvrent plus de 70% de la surface des pages et cela enchante le lecteur…

Pour ce qui est de l’histoire elle-même, Kongjwi est une jeune et belle fille qui a perdu sa mère trop tôt et dont le père s’est remarié avec une femme trop méchante qui avait une fille moins belle, moins raffinée, moins intelligente que le douce Kongjwi… Vous comprenez dès lors la ressemblance certaine avec la Cendrillon d’un certain Charles Perrault. N’oublions pas que l’auteur français ne fut lui-même qu’un repreneur d’une histoire qui se transmettait de façon orale…

Cette version du conte met en avant les travaux de la terre et on sent une version issue du monde rural ce qui est plutôt très agréable avec la participation d’une vache, d’oiseaux avant qu’une fée participe elle-même à la fête… Par contre, les amateurs de courses en potiron ou citrouille seront déçus car il n’en est pas question dans cette version, même si la charmante Kongjwi perd elle aussi, une magnifique chaussure dont on ne précise pas la matière…

Mais c’est vraiment la beauté de cet ouvrage qui restera son point fort et qui devrait vous pousser dans un premier temps à l’ouvrir puis à trouver dans vos proches celui ou celle qui le mériterait en cadeau à Noël, ce qui vous permettra d’en profiter dans un premier temps… Alors, bonne lecture !

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