La traversée de Philippe Labro

La traversée de Philippe Labro

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Leura, le 7 mai 2003 (--, Inscrit le 29 janvier 2001, 70 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 406ème position).
Visites : 8 505  (depuis Novembre 2007)

Expérience de mort rapprochée

Il y a quelques années, Philippe Labro a fait, sans quitter son lit de réanimation, le plus grand et le plus beau des voyages. Tout a commencé par une visite de parents et d'amis décédés, qui venaient le chercher, pour se poursuivre dans "une mer de sapins", la visite d'un tunnel, la rencontre d'êtres de lumière et de monstres, de l'amour et de la peur. Une rencontre particulièrement étrange est celle de la belle Karen, l'inquiétante infirmière coréenne qui l'a soigné à l'hôpital, qui lui a fait si peur, et... qui n'a jamais travaillé dans cet hôpital.
Ensuite... une nouvelle naissance. Après cette épreuve initiatique, la découverte de l'amour qui sauve, celle aussi de l'importance du don, de la peur de partir avec les regrets de ne pas avoir donné l'essentiel, les paroles d'amour gardées par devers soi par pudeur, de n'avoir laissé derrière soi que de l'inachevé, de l'approximatif.
Ce livre n'est pas seulement une pièce de plus à verser au dossier des expériences au frontière de la mort, il est aussi et surtout un témoignage sur les choses qui comptent vraiment dans la vie.

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Emouvant

8 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 63 ans) - 14 juillet 2021

Souffrant d’un grave œdème du larynx, Philippe Labro se retrouve intubé dans le service de réanimation de l’hôpital Cochin à Paris. Il reste plusieurs jours dans un état semi-comateux, perfusé, relié à des machines à oxygène et ligoté sur son lit. Il a l’impression que tout un aréopage de connaissances déjà mortes se tiennent alignées le long d’un des murs de sa chambre. Elles l’incitent à venir les rejoindre dans l’au-delà. Labro se retrouve à entendre non pas une voix intérieure, mais deux. L’une lui conseille de se laisser aller et d’accepter de mourir alors que l’autre le pousse à se battre et à lutter de toutes ses forces pour revenir vers la vie. Un jour, il fait l’expérience d’une NDE (Near Death Experience) ou d’une EMI en français (Expérience de Mort Imminente). Il a l’impression d’être extrait de son corps physique et d’être entraîné à toute allure dans un couloir très sombre. Une sorte de trou noir. Il en vivra ensuite une seconde, mais cette fois beaucoup plus lumineuse, plus apaisante, plus rassurante…
« La traversée » est le témoignage touchant et émouvant d’un écrivain parvenu aux portes de la mort et même un peu au-delà. Aucun mysticisme dans ce récit (ni ange, ni présence divine). Et pourtant Labro, certainement athée ou fort peu croyant, refuse absolument de s’en tenir aux explications rationalistes habituelles que l’on sert en pareilles circonstances. Ces visions seraient dues à des hallucinations causées par la prise de médicaments ou par une réaction du cerveau à certaines douleurs extrêmes. En ces moments dramatiques, on dit que le mourant revoit défiler tout le film de sa vie. Ce fut le cas pour l’auteur, mais par flashs et éclairs confus, sans logique ni chronologie. Le récit est construit un peu sur le même schéma. Le style est assez agréable à lire en dépit d’un bizarre besoin de l’auteur de passer d’un pronom personnel à un autre au fil des chapitres ou paragraphes. Il parle de lui à la première personne du singulier puis à la troisième avec quelques détours à la deuxième du pluriel quand il veut s’adresser au lecteur. Ouvrage intéressant pour tous ceux qui s’intéressent à la vie après la vie, mais également aux conditions de travail des soignants en service de réanimation. Un Labro qui mérite le détour.

sa traversée

6 étoiles

Critique de Gardigor (callian, Inscrit le 27 avril 2011, 44 ans) - 7 janvier 2013

Cette expérience est unique et je pense très personnelle.
J'ai aimé sa façon de nous l'exposer, ses ressentis, son futur réel.
Par contre j'ai trouvé que certains passages étaient inutiles et sans intérêt particulier avec le fil conducteur.
Ce fut un témoignage intéressant et surtout c'est important de voir comment la vie d'après sera si différente et surtout attachée à des valeurs humaines plus importantes.

A Leura

8 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 77 ans) - 8 mai 2003

D'abord, c'est gai de croiser le fer. Nous serions tous du même avis, quelle monotonie !... Mais je n'ai jamais contesté le moindre droit à Philippe Labro, que j'aime assez par ailleurs. Bien sûr qu'il avait le droit d'écrire ce livre, bien sûr que ce livre est intéressant et encore bien sûr que je l'ai lu avec un certain intérêt à l'époque. Je me posais simplement quelques questions quant à l'expérience elle-même, j'essaye tout simplement de me l'expliquer. Et mon pauvre esprit humain "accablé d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères" comme le disait si bien Rimbaud, ne me permet que très mal de concevoir la beauté de la mort. Pour moi, à cet instant, elle n'est qu'une très pénible obligation de quitter ce merveilleux monde plein de beauté qu'est la vie sur terre, et il n'y en a pas d'autre.
Comment pourrais-je trouver de la beauté là-dedans, hormis le courage que certains peuvent montrer dans la façon de quitter cette terre. Je ne conteste en rien ce qu'il écrit, ni sa bonne foi mais, comme le disait Jacquard dans son livre "Dieu ?" il y a plusieurs façons d'interpréter les mots "Je te crois"... Cela peut vouloir dire "Je te crois sincère, je crois en ta bonne foi, mais je pourrais ne pas croire en ce que tu me dis..."

Qu'en retenir ? Rien...

8 étoiles

Critique de Leura (--, Inscrit le 29 janvier 2001, 70 ans) - 7 mai 2003

Décidément, mon cher Jules, il est écrit que je croiserai régulièrement le fer avec toi sur critiques libres, mais crois-le, c'est en toute amitié. Tes réflexions sont intéressantes; tu demandes qu'en retenir, ma réponse sera claire, c'est rien. Une expérience transcendentale n'a d'intérêt réel que pour celui qui l'a vécue. Labro est un homme intelligent, qui ne joue pas au gourou, il se contente de témoigner de son vécu, il ne s'est pas retiré dans un monastère tibétain pour chanter "Hare Krishna". Bien sûr les beaux esprits ne manqueront pas de dire qu'il n'est pas réellement mort, puisqu'il est revenu et c'est l'évidence même, mais son témoignage a une grande valeur parce qu'il s'en est approché beaucoup plus que toi ou moi. Sa seule certitude, c'est que "la mort n'est pas une ennemie" et ce qu'il exprime au niveau de ses regrets ne diminue en rien cette certitude acquise, mais est plutôt l'expression d'une prise de conscience profonde de la valeur intrinsèque profonde de chaque minute de vie. Que l'on explique son expérience à grand renfort de théories scientifiques sur les endorphines ne change rien à cette conclusion, il a le droit de témoigner que la mort est une belle expérience, tout en ayant l'honnêteté intellectuelle de ne pas prétendre avoir rencontré Dieu ou être allé au paradis.

Quel voyage !...

8 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 77 ans) - 7 mai 2003

le problème avec ce genre d'histoire est de savoir ce qu'il faut vraiment en retenir au niveau de la véracité. Celui qui l'a fait ne peut que raconter ce qu'il croit avoir vécu or, il est évident, que notre cerveau est encombré d'images qui sont entrées en nous plus ou moins fort et depuis plus ou moins longtemps. Il est normal que, comme dans un simple rêve, elle ressortent de temps à autres. "Le plus grand et le plus beau des voyages" ?... Le plus grand, je ne sais pas, mais le plus beau je n'en suis pas certain. En effet, il semble être plein de regrets, de remords, de sentiments d'inachevé. Est-ce toujours beau d'être confronté à nos errances de vivants à la poursuite du temps qui passe, toujours débordé par lui, débordé par la vie qui nous emporte et nous fait souvent oublier l'essentiel ? Pour celui qui revient du "voyage" et qui a l'occasion de tirer les leçons de l'aventure et de réparer certaines carences il aura eu son utilité. Pour les autres, il reste définitivement trop tard... Un de mes beaux-pères a vécu ce genre de chose. Il en est revenu plus atterré, effrayé, que positivement tourné vers d'autres objectifs, une autre vie. Enfin, refuser de se laisser emporter par le courant de la vie pour ne se consacrer qu'à l'essentiel est un choix personnel qui suppose aussi beaucoup de conséquences pour ses proches... Sont-ils toujours prêts à en accepter les conséquences ? J'ai deux amis qui ont fait ce genre de choix. Cela a supposé une vie différente pour leurs proches, femmes et enfants, et cela a été apprécié très différemment !... Certains enfants ont refusé les difficultés financières qui en ont découlé et ont taxé ce comportement d'égoïsme...

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