Le garçon qui voulait dormir de Aharon Appelfeld
(Ś ŚŚŚ© Ś©ŚŚ Ś€ŚĄŚ§ ŚŚŚ©ŚŚ)
Catégorie(s) : LittĂ©rature => Moyen Orient
Moyenne des notes :
(basée sur 4 avis)
Cote pondérée :
(43 129ème position).
Visites : 8 392
Une rééducation par la langue
Un jeune Juif d'Ukraine survit Ă la guerre, notamment en tenant Ă dormir le plus possible, pour mieux se rattacher aux souvenirs de ceux qu'il s'apprĂȘte Ă perdre. Il est essentiellement par des adultes pendant ces annĂ©es, pendant lesquelles il Ă©tait enfant.
Au lendemain de ce terrible conflit, il transite Ă Naples pour rejoindre l'Etat en construction d'IsraĂ«l. Il se met Ă l'hĂ©breu, s'Ă©duque, se muscle, se prĂ©pare au combat, ... jusqu'au jour oĂč il y est blessĂ©, au point d'y perdre l'usage de ses jambes. Une longue lutte commence, par la rééducation, ... et par l'apprentissage de l'hĂ©breu. C'est ce double objectif qui constitue sa renaissance, son "miracle", comme il le spĂ©cifie parfois. Ces deux piliers du retour Ă la vie, comme deux jambes, ne peuvent que donner Ă rĂ©flĂ©chir aux amateurs des mots que nous sommes, ainsi que des langues, je l'espĂšre.
Le contexte géopolitique est particulier, et permet de reconstruire une seconde vie, au sens historique, au sens linguistique, au sens physique aussi.
C'est évidemment un roman dur, trÚs sombre, fort ùpre, qui donne à réfléchir, fait prendre du recul sur les raisons de l'existence et de l'espérance.
Les éditions
Le garçon qui voulait dormir [Texte imprimé] Aharon Appelfeld traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
de Appelfeld, Aharon Zenatti, Valérie (Traducteur)Le garçon qui voulait dormir [Texte imprimé] Aharon Appelfeld traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
de Appelfeld, Aharon Zenatti, Valérie (Traducteur)ISBN : 9782879297552 ; 21,30 ⏠; 28/04/2011 ; 296 p. Broché
Les livres liés
Pas de série ou de livres liés. Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série
Les critiques suivantes (3) » Enregistrez-vous pour publier une critique !
Sommeil réparateur et résilience
Critique de Deashelle (Tervuren, Inscrite le 22 décembre 2009, 17 ans) - 9 mai 2014
Lâhistoire est autobiographique, dĂ©clare Aharon Appelfeld: " Comme lui, j'ai compris que je ne pourrais jamais plus communiquer avec mes ancĂȘtres dans ma langue maternelle devenue celle des assassins. C'est pourquoi je me suis lancĂ© dans l'hĂ©breu. Chaque jour, je recopiais un passage de la Bible. Ce fut non pas un apprentissage grammatical ou intellectuel, mais la lente construction d'un lien intime passant par la musique et la couleur des mots."
Dans le camp de rĂ©fugiĂ©s avant le grand dĂ©part pour IsraĂ«l, Erwin change de nom, de langue, et se mĂ©tamorphose physiquement sous la houlette dâun agent dâIsraĂ«l enthousiaste, EfraĂŻm qui a sĂ©lectionnĂ© les meilleurs espoirs du camp et leur impose une discipline rigoureuse. Les jeunes recrues sont peu Ă peu isolĂ©es de leurs anciens compagnons et de leur langue premiĂšre.
AprĂšs une traversĂ©e en bateau trĂšs Ă©prouvante, les voilĂ installĂ©s en IsraĂ«l occupĂ©s Ă la construction de vergers en plein dĂ©sert, tout en subissant un entraĂźnement militaire intensif. Au cours de la guerre civile qui Ă©clate avant la crĂ©ation du nouvel Ă©tat, il perdra lâusage de ses jambes lors de la premiĂšre escarmouche. Le voilĂ infirme, une longue rééducation qui dure plusieurs sâimpose Ă nouveau pour relier ses jambes invalides Ă son corps. Ses compagnons lui rendent visite et racontent leur vie. Aharon renoue avec les vertus du sommeil et fait confiance Ă la vie que peut ressusciter lâhĂ©breu, langue de silences et de priĂšres.
A lâinstar de son pĂšre, dont lâespoir de devenir Ă©crivain avait Ă©tĂ© déçu, il veut devenir Ă©crivain. Il se reconstruit portĂ© cette fois par la vertu de la langue hĂ©braĂŻque quâil fait sienne en recopiant inlassablement la bible. La guĂ©rison physique ira de pair avec lâacquisition de ses nouvelles racines linguistiques et mythiques. La langue est source dâespoir, berceau dâhumanitĂ© et dâimaginaire. Lieu privilĂ©giĂ© de reconstruction quand le silence est devenu le seul moyen de dĂ©crire ce quâils ont tous nommĂ©, lui et les rescapĂ©s, La Catastrophe.
Dormir pour oublier ou pour renaĂźtre
Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 58 ans) - 4 mai 2014
Tout ça pour ça : Ă peine sortis dâune guerre, ils sont plongĂ©s dans une autre !!! Tous ces orphelins nâont pas le temps de panser leurs blessures morales quâils sont blessĂ©s dans leur chair sur les champs de batailles israĂ©liens.
Câest ainsi quâAharon perd lâusage de ses jambes, brisĂ©es. Il subit huit opĂ©rations et reste infime pendant 2 ans et demi.
Pendant ces annĂ©es contĂ©es ici, les rĂȘves dâAharon prennent une place prĂ©pondĂ©rante : il en relate le contenu et surtout les conversations quâil a pour la plupart avec ses parents. Ces rĂȘves sont les liens quâil entretient avec eux, qui lui permettent de tenir le coup. Il sây accroche, ainsi quâĂ son rĂȘve de devenir Ă©crivain, comme son pĂšre, malgrĂ© que ce dernier ait souffert de nâavoir jamais Ă©tĂ© reconnu comme tel. Cependant, il souffre de devoir se dĂ©tacher de sa langue maternelle, lâallemand, comme sâil dĂ©cevait par lĂ ses parents. Aharon a lâimpression que sa quĂȘte et son apprentissage sont liĂ©s Ă sa guĂ©rison, que tout cela va de pair et quâil rĂ©ussira Ă Ă©crire lorsquâil rĂ©ussira Ă marcher.
Ce livre nâa pas de fin. Et pourtant, aucune suite nâest annoncĂ©e. Câest incomprĂ©hensible et trĂšs dĂ©sagrĂ©able. Le texte est comme coupĂ© et ne laisse pas mĂȘme trois pointillĂ©s ni aucune suggestion ou allusion qui pourrait guider le lecteur Ă imaginer la suite. Je suppose donc qu'il l'a dĂ©jĂ racontĂ© dans d'autres livres...
Pour le reste, ce livre est passionnant, mais on voudrait connaĂźtre la suite.
Le garçon qui voulait dormir... mâa endormi
Critique de Monito (, Inscrit le 22 juin 2004, 54 ans) - 20 mars 2013
Mais je me suis ennuyĂ©. GuĂšre Ă©mu, je nâai accrochĂ© aux allers-retours passĂ©/prĂ©sent. La naissance conflictuelle du futur Etat dâIsraĂ«l, lâembrigadement et lâexpression armĂ©e du sionisme nâont pas non plus rĂ©ussi Ă me faire aller au-delĂ de la moitiĂ© de cette autobiographie. Un vrai regret quâil conviendra peut-ĂȘtre de surmonter par un autre ouvrage.
Forums: Le garçon qui voulait dormir
Il n'y a pas encore de discussion autour de "Le garçon qui voulait dormir".


haut de page