Le roman du mariage de Jeffrey Eugenides

Le roman du mariage de Jeffrey Eugenides
(The marriage plot)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Sundernono, le 21 janvier 2013 (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 37 ans)
La note : 5 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (23 566ème position).
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Triangle amoureux

Après les excellents Virgin Suicides et Middlesex, voici donc le dernier roman de Jeffrey Eugenides : Le Roman du Mariage.
Il faut savoir que cet auteur que j’affectionne tout particulièrement est un romancier lent dans la maturation de ses œuvres, 10 ans d’attente entre chaque roman tout de même, mais lorsque l’on voit la qualité de ses productions, on ne peut que s’incliner et se plonger dans l’attente d’un nouveau livre que l’on savourera comme un grand cru.

Première impression une fois l’objet tant attendu en main : la couverture est vraiment moche, encore pire que l’édition américaine. Le titre ? Pas terrible non plus, mais ce ne sont que des éléments secondaires et après tout cela reste un Jeffrey Eugenides, un très bon moment de littérature en perspective.

Le roman se situe dans les années 80 avec pour thème l’entrée dans la vie adulte de trois jeunes étudiants de l’Université de Brown, la fin de l’adolescence, leurs études, leurs envies, leurs sentiments.
Le personnage central, Madeleine Hanna, jeune femme bien sous tous rapports, issue d’un milieu aisé, se retrouve être le centre d’un triangle amoureux. Mitchell, son ami, étudiant modèle en théologie, aime Madeleine, mais celle-ci n’a d’yeux que pour Léonard, personnage charismatique, séduisant mais maniaco-dépressif.
Jeffrey Eugenides développe ensuite l’évolution de ces relations, le couple Madeleine-Léonard dévoré par la maniaco-dépression, la fuite de Mitchell avec son meilleur ami Larry en Europe puis en Inde.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce roman est une énorme déception, à la mesure de l’attente suscitée. Je n’ai pas retrouvé l’ambiance si spéciale de Virgin Suicides, ni l’histoire si prenante de Middlesex, seules les 20 dernières pages, dans lesquelles j’ai retrouvé la sensation unique que me procure cet auteur, sont à la hauteur. Le livre se lit malgré tout facilement mais sans plus, sans grand plaisir. A cela vient s’ajouter le personnage central, Madeleine, qui je dois bien l’avouer ne m’a, mais alors vraiment pas, emballé. Mitchell est trop lisse, trop plat, à la limite Léonard est assez intéressant, notamment par l’analyse approfondie de sa maladie.
Les personnages sont trop prévisibles, la trame narrative également, les passages érudits sur la théologie, la sémiologie apportent un plus au roman mais auraient mérité un meilleur développement, le style est agréable mais il manque quelque chose de difficile à définir.
Je n'ai tout simplement pas été accroché par ce roman.
Dix années pour un roman si banal, quel dommage et quelle déception…

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Jane Austen chez les Américains

7 étoiles

Critique de Elko (Niort, Inscrit le 23 mars 2010, 43 ans) - 28 septembre 2014

Le roman du mariage (ou matrimonial) est décrit comme un genre littéraire du 19ème siècle dont l'intrigue met en scène un triangle amoureux issu de la haute société et dont le mariage est l'aboutissement. Ici le thème se modernise puisqu'il suit le cheminement de 3 étudiants américains dans les années 80.

Il est intéressant de constater que l'institution du mariage était encore il n'y a pas si longtemps une préoccupation primordiale de la jeunesse même si les motivations des 3 personnages sont différentes : amour, convention sociale, sécurité. Cette problématique s'ajoute aux tourments de la quête de soi, de ses aspirations, de son avenir. Et la littérature et la spiritualité n'offrent pas toujours les réponses pour affronter la réalité de la vie.

Le roman est intéressant avec sa narration trinaire à tiroir et les sujets adjacents abordés (la sémiotique, la maniaco-dépression, ...). J'ai passé un bon moment, mais rien de plus. Peut-être est-il trop clinique, peut-être manque-t-il de densité pour moi...

Deux gars et une fille

8 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 64 ans) - 28 juillet 2013

Contrairement à Sundernono, j'ai bien aimé ce roman mais comme c'est le premier livre de cet auteur que je lis, je n'ai pas de point de comparaison. Il s'agit de la vie de trois étudiants américains dans les années quatre-vingt mais comme le résumé a déjà été fait, je m'abstiendrai. J'ai eu un peu de mal au début car les expériences d'étudiants ne sont pas particulièrement ma tasse de thé car il faut passer à autre chose et cette période, bien que très importante dans la vie, doit à un moment donné être laissée en arrière pour de bon et ne pas continuellement être ressassée car il y a des gens qui n'en sortent jamais et n'accèdent jamais à la vie adulte mais ça c'est une autre histoire.

Bref, les tribulations des trois protagonistes que ce soit chez mère Teresa en Inde, à Paris, au casino de Monaco, sur la plage de Nice sont un vrai régal. Malgré la gravité de certaines situations, le côté burlesque et l'humour viennent alléger quelque peu des thèmes aussi lourds que la maladie mentale et la quête du sens de la vie. Pour la maniaco-dépression, l'auteur a manifestement une riche expérience du sujet ou bien il s'est documenté avec minutie car le comportement de Léonard est décrit avec beaucoup de détails et de justesse. Mitchell est également très attachant avec son périple initiatique indien.

Comme le souligne Saule, c'est un roman sur le passage difficile à l'âge adulte avec tous les déboires, les expériences bonnes et mauvaises, les errements et les doutes qui jalonnent cette route cahoteuse que constitue la vie humaine. J'ai particulièrement apprécié les nombreuses références littéraires. Bref, un bon roman.

Passage à l'âge adulte

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 54 ans) - 17 mars 2013

C'est un livre sur le passage à l'âge adulte, un récit qui mêle trois jeune adultes sur un campus américain. Madeleine est étudiante en littérature, elle aime Wharton, Austen, elle se spécialise dans l'époque victorienne. Elle est amoureuse d'un étudiant brillant et qui la comble sexuellement mais il est maniaco dépressif. Le troisième est théologien, en recherche d'expériences mystiques, amoureux de Madeleine. Un classique triangle amoureux, chez des jeunes adultes américains, dans un environnement hyper sexualisé.

J'ai bien aimé les références à la littérature (Roland Barthes, que je ne connais pas), j'ai bien aimé cette incursion dans le monde des étudiants américains, qui commencent leur vie adulte sur le campus, se préparent au mariage et à la vie professionnelle. Mais ce genre de roman fonctionne principalement par l'effet d'identification du lecteur au personnage, et là ça n'a pas vraiment marché : en fait aucun des trois ne m'a été vraiment sympathique ni suffisamment proche de mon vécu. Ca n'en reste pas moins une lecture très agréable mais tout comme Sundernono j'espérais plus de l'auteur de l'inoubliable Middlesex (je n'ai pas lu Virgin Suicide).

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