Bangkok, Cité des Anges déchus de Franck Poupart

Bangkok, Cité des Anges déchus de Franck Poupart

Catégorie(s) : Littérature => Voyages et aventures

Critiqué par Zembla, le 19 janvier 2013 (Inscrit le 19 janvier 2013, 44 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 555ème position).
Visites : 4 625 

Bangkok, Cité des Anges déchus

lieu lointain mais sujet universel. comme disait Maupassant à propos des voyages, "on change d'endroit mais pas d'idées"
c'est le parcours d'une fille de la campagne thaïlandaise qui passe par l'usine, le trottoir.
j'ai bien aimé car c'est pour une fois le regard de la fille et pas du "farang". le style est pas mal, parfois rigolo.

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Emouvant et cruel

10 étoiles

Critique de Pierre Ier de Serbie (, Inscrit le 9 janvier 2014, 50 ans) - 9 janvier 2014

J’avais beaucoup aimé « Pattaya beach » du même auteur, un roman adapté par X. Durringer à l’écran avec "Lady bar". Ce roman est assez court je l’ai lu d'une traite en une journée.

Toy, la narratrice quitte à 17 ans son village pour travailler en usine à Bangkok. Elle va progressivement glisser vers la prostitution, guidée par une amie de son atelier nommée Sai. Malgré l'usine et la nuit, les deux filles restent des adolescentes remplies d’un appétit de vivre, de découvrir le monde.

J’ai trouvé la vie au village très attachante et le monde de la nuit envoûtant. C’est la partie usine qui est la moins marquante. Sur fond de coup d’état, Toy et Sai vont former un couple d’amantes plongeant vers une prostitution de plus en plus hard, un duo qui sera brisé par la disparition inexpliquée de Sai.

Par rapport au premier livre, le ton est plus poétique, les scènes de sexe moins crues (quoique). Mais la grande différence c'est que l’auteur donne le point de vue des filles de bar dans sa vision une tourisme sexuel. Pour moi, la véritable héroïne est Sai que je trouve plus cash, plus brutale dans son approche sauvage et sans concession de la prostitution. Sai va au bout de ses choix comme le montre le rebondissement final inattendu.

Le genre est indéfinissable. ni un roman porno, ni un roman social, ni un thriller mais un peu de chaque genre à la fois. C'est surtout un roman nocturne.

Mes regrets ? Le fait que l'on aimerait bien connaître la suite du destin de Toy et de Sai...

une écriture à la pointe des veines

10 étoiles

Critique de Mahaxai (Perpéte, Inscrit le 3 juillet 2004, 52 ans) - 24 janvier 2013

formidable écriture, magique... On plonge dans la vie, dans un monde où l'écriture joue son rôle. On voyage, on est témoin, complice, bouleversé... rien à dire d'autre qu'on aimerait avoir la version papier.
A lire...

Le tourisme sexuel vu par une fille de bar...

10 étoiles

Critique de Pierre Poupon (, Inscrit le 22 janvier 2013, 48 ans) - 22 janvier 2013

Il y a presque dix ans, « Pattaya beach » montrait le choc d'un Occidental découvrant le sexe en libre service en Thaïlande. J'avais adoré le style déjanté de ce roman. L'adaptation à l’écran dans le film "Lady bar" de Durringer m'avait moins plu, trop caricaturale pour moi. L'auteur revient avec ce nouveau roman au titre alambiqué (et un peu décourageant, je dois dire). Et pourtant, j'ai lu ce livre avec un rare bonheur.

L'auteur donne la parole à Toy, une adolescente thaïlandaise de dix-sept ans qui quitte la campagne pour travailler à Bangkok. Avec son amie Sai, elle va progressivement lâcher son job en usine pour une prostitution occasionnelle plus rentable. On assiste alors à un glissement progressif des deux filles vers la vie nocturne pleines d’un appétit de vie et avec leur beauté et leur jeunesse comme seuls atouts.

Nous suivons leurs métamorphoses depuis le village jusqu'au monde de la nuit envoûtant. C’est la partie usine qui est peut-être la moins réussie. Sur fond du coup d’état militaire, elles vont former un duo d’amantes infernales plongeant vers une prostitution de rue de plus en plus hard jusqu'à la disparition inattendue de Sai. Toy rejoint alors un bar de passes de Pattaya et se met à la recherche de son amante.

L’auteur donne la vision décapante des filles de bar dans une description du tourisme sexuel que je trouve moins complaisante, plus humaine que celle d'un Houellebecq. On comprend que, même en Thaïlande, la prostitution est rarement une vocation et que parfois derrière les sourires le dégoût n'est pas loin.

Clients comme bargirls semblent dépassés par une force qui dirige leurs destins. Toy et Sai croient être libres mais elles ne le sont pas plus que les clients qui font eux-aussi penser à des pantins soumis à leur testostérone. Ça n’empêche pas les deux héroïnes et leurs copines de rester des adolescentes avec leurs rêves, d'écouter les "Hong Kong stars" locales, de tomber parfois amoureuses des pires salauds, de se maquiller, de rire, de se défoncer en boîte, de coucher à plusieurs, hommes ou femmes, ou de se saouler à la tequila.

On s’attache à ces personnages, à leurs vies nocturnes, à leurs erreurs aussi. Pour moi, la véritable héroïne est plus Sai que Toy. Sai est plus franche, plus brutale dans son approche directe et sans concession de la prostitution. Même lorsqu'elle tombe amoureuse d'un trafiquant de drogue. elle va au bout de ses choix... Le rebondissement final est inattendu.

En résumé, ce roman est bien meilleur que mes récentes lectures. On navigue entre roman social, thriller, histoire d'amour et porno hard. C'est un roman plein de compassion pour les "filles de joie". je pense qu'il aurait plu à Brassens, Maupassant ou Ferré.

Seule critique, le choix de ne proposer qu'une version e-book. Je connais beaucoup d'amis qui n'ont ni Kindle, ni Kobo.

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