Adolphe de Benjamin Constant

Adolphe de Benjamin Constant

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Nothingman, le 1 novembre 2002 (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 41 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 434ème position).
Visites : 5 909  (depuis Novembre 2007)

Les souffrances de l'amour

Georges Brassens chantait "Il n'y a pas d'amour heureux". Ce roman magnifique et cruel à la fois pourrait en être l'exemple.
En effet, le héros, Adolphe, jeune étudiant parcourant l'Europe, se traîne d'ennui dans une vie monotone qu'il passe au milieu de gens et de fêtes pour lesquels il n'a aucune sympathie. Adolphe est un désenchanté, une personne taciturne et hautaine. Jusqu'au jour où il va rencontrer Ellénore, épouse d'un baron, de dix ans son aînée et qui elle aussi passe ses jours dans la monotonie d'une relation de principe plus qu'elle n'est passionnée . Adolphe va séduire cette femme, va vaincre ses réticences de principe et vivre un amour fou , intense mais qui n'aura qu'un temps. Ellenore va tout quitter pour ce jeune homme et lui en retour ne l'aime plus comme au premier jour. Mais sa faiblesse va faire qu'il va rester avec Ellénore, il ne saura jamais lui dire qu'il veut s'en aller, quitter cette relation qui l'étouffe intérieurement. Il va donc tenter de donner le change à cette femme, possessive parfois, qui, elle, ne vit que par l'être aimé.
Dans ce roman d'une intense beauté et d'un romantisme endiablé, l'on voit que les choses de l'amour ne sont point choses aisées. Univers de joie, de bonheur partagé, mais parfois aussi d'indicibles malentendus, l'amour un jour peut s'en aller, laissant deux personnes qu'au début tout réunissait, dans une profonde et amère impasse. L' un aimant l'autre d'une passion sans bornes, l'autre fuyant une relation devenue trop exclusive et étouffante. Et au final, la souffrance tant pour l'un qui n'a pas la force de partir, tant pour l'autre qui donne mais ne reçoit rien en retour.
Il est dur de se dire qu'un homme qui a écrit de très techniques recueils de politique ait pu écrire un livre si beau, où des sentiments tels que tristesse, bonheur, dégoût,... fusionnent à n'en plus finir.
Ce roman, a priori difficilement transposable au cinéma, est porté à l'écran avec entre autres la sublime Isabelle Adjani.

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Parlez-moi d’amour !

10 étoiles

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 85 ans) - 22 juillet 2021

L’Amour, ah ! l’Amour ! Pauvre, pauvre Adolphe, dans quel pétrin t’es-tu fourré ! Tu aurais dû écouter ton père quand il te disait : sois prudent, Adolphe, l’amour n’est pas un jeu ! Tu aurais dû te souvenir de la chanson que la Carmen, qui s’y connaissait, chantait si bien : « Si tu ne m’aimes pas je t’aime et si tu m’aimes prends garde à toi... ! »  (air connu).

Le jeune Adolphe a voulu conquérir le cœur de la plus belle des femmes, un peu comme on se lance un défi. Elle fut conquise et c’est seulement alors que le beau jeune homme s’est rendu compte qu’il s’était mis la corde au cou. La suite de ce grand amour est trop triste pour être racontée ici. D’ailleurs, l’intérêt du livre n’est pas là.

Tout l’intérêt de ce récit est dans l’analyse des sentiments et des situations. A sa sortie, au début du XIXème siècle, ce livre a connu un succès immédiat. C’était une nouvelle manière de traiter le sujet. On connaissait les livres du siècle précédent, qui parlaient d’amour, avec un réalisme poussé parfois jusqu’à l’indécence, mais jamais encore on n’avait parlé avec une telle finesse des sentiments engendrés par les amours impossibles et les situations désespérées.

Ce livre est assez court mais dense et devrait séduire tous les amateurs de lectures classiques, même ceux que les grandes histoires d’amours « qui devaient durer toujours », n’intéressent que de loin. Dans le merveilleux langage du XIXème siècle, ce livre est un modèle du genre.


Classique et romantisme

7 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 56 ans) - 2 décembre 2015

Adolphe est un jeune homme, promis à un bel avenir. Pourtant il s’ennuie, las d’une existence insipide, jusqu’au jour où, un peu pour faire comme tout le monde,’il tente de séduire Éléonore, une femme d’origine polonaise, 10 ans plus âgée que lui et maîtresse d’un vieux noble.
Il tombe éperdument amoureux d’elle et décide de la conquérir coûte que coûte.

Mais alors qu’Eléonore lui cède enfin, quittant son amant et protecteur pour devenir sa compagne, Adolphe comprend qu’il ne l’aime pas vraiment et que son désir n’a été attisé que par son volonté de conquête.
Incapable de quitter Eléonore, mais tout aussi incapable de continuer à vivre avec elle, Adolphe se trouve alors confronté à une situation inextricable, ne sachant plus quel conseil suivre.

Cet ouvrage écrit au début du 19ème siècle s’inscrit dans les grands classiques du romantisme, comme "Le Rouge et le Noir" ou pour ceux qui n’ont pas de références, on peut rapprocher ce roman de celui de Pierre Choderlos de Laclos et « Les liaisons dangereuses », surtout connu pour sa dernière version cinématographique.

La psychologie des personnages, l’approche des relations amoureuses pas forcément éloignées de celles que certains de nos contemporains ont encore, et le style, très travaillé mais aussi accessible, sont les atouts essentiels de ce grand classique.

Une pierre d'angle de notre culture littéraire.

L'amour, l'amour oui mais...

10 étoiles

Critique de Gwenael (antrain, Inscrite le 17 mars 2013, 31 ans) - 7 septembre 2013

Je suis étonnée de ne pas lire dans les critiques l'aspect saillant de l'ouvrage : la société.

L'amour, l'amour oui mais... Adolphe est destiné à une belle carrière, il est bien pourvu... etc. Sa monotonie, son indifférence quant à la société va faire de lui un être totalement dépourvu de sociabilité, presque un misanthrope. Le jour où il voit un de ses amis transporté de joie pour l'amour d'une jeune femme, il croit trouver la clef pour sortir de sa léthargie.

Elle est de dix ans son ainée, deux enfants et entretenue par un Comte. Elle est aussi ancrée dans la réalité perfide de celle d'Adolphe. Mais sa nature qui semble ne pas vouloir faire "pair" avec les gens de la haute société trouble Adolphe. Ils se retrouvent avec les mêmes faiblesses; la monotonie.

Seulement voilà, la belle Ellénore quitte tout pour ce bellâtre qui ne voyait là qu’une liaison éphémère. Là commencent les rouages d'une vie scabreuse broyée par les affres de l'apparence, des mœurs de la société.

Le coeur d'Adolphe est noble à n'en pas douter. Dépourvu de tout, Ellénore n'a plus un sous, n'a plus de crédibilité auprès des bourgeois... elle n'est plus rien. Seul compte l'amour qu'elle porte à son amant. Ce dernier tentera tout allant à l'encontre de son indépendance, de sa destinée... de sa carrière! Se rendant coupable d'avoir fait germer un amour illusoire à Ellénore. Plus on essayera de les séparer plus ils se rapprocheront tel est le paradoxe dans l'esprit de l'amant. Il veut se dédouaner envers la belle... Cela durera-t-il longtemps? Sans doute que si la société avait été plus indulgente avec eux, leur amour aurait été différent?

les mots de cet ouvrages : vanité, égo, société, illusion, ..

l'amoureux....sans amour !!

10 étoiles

Critique de Onlyone (, Inscrit le 25 novembre 2012, 30 ans) - 31 mars 2013

Adolphe ce roman de Benjamin Constant , un des plus grands classiques des aventures amoureuses , surtout si on tient de faire une comparaison de justesse entre la vie de Benjamin Constant qui balance entre taciturnité et euphorie surtout avec cette Madame de Stail ,et de l'autre côté ce Grand Adolphe avec une maitresse au nom d'Ellnore plus grande que lui de 10 ans , nonobstant la différence de l'âge l’ironie du sort a voulu qu'Ellnore sacrifie sa vie de nantis avec le Comte pour rejoindre Adolphe et partir loin , à la fin tirant à hue et à dia , Adolphe a voulu quitter Ellnore en oubliant toute son abnégation envers lui , ce qui causera sa mort à la fin. Une fin aussi morose qu'il inspire tout amoureux intello et qui devra le lire immédiatement .

Un grand roman psychologique

10 étoiles

Critique de Sissi (Besançon, Inscrite le 29 novembre 2010, 50 ans) - 15 février 2011

Adolphe est le plus grand baratineur, le plus odieux manipulateur et le plus beau lâche de la littérature, mais on peut lui accorder le mérite d’analyser la situation avec justesse.
Il a conscience de sa goujaterie, même s’il n’arrive pas à lutter contre.
Une fois séduite Ellénore, non pas par amour, mais pour tromper son ennui et flatter son ego, il n’aura de cesse de chercher à s’en débarrasser, mais sans jamais réussir à assumer ses responsabilités.
Dès le début, il sait pertinemment que cette relation est vouée à l’échec : « L’amour n’est qu’un point lumineux, et néanmoins il semble s’emparer du temps. Il y a peu de jours qu’il n’existait pas, bientôt il n’existera plus. »
Tout n’est que calcul ou amour propre, chez cet homme qui n’aime finalement que lui-même.

Ellénore ne s’en remettra pas, déjà fragilisée par une place peu flatteuse et délicate dans une société aux codes rigides, une société oisive où juger les autres est une occupation à plein temps.

Désuète la langue ?
Peut-être, mais en ce qui me concerne je la déplore plus que fortement, cette tombée en désuétude, c’est ce qui me pousse d’ailleurs à retourner la lire régulièrement.
Cette langue du XIXème siècle me touche plus que n'importe quelle autre.

Je remonte donc la note de ce malotru d’Adolphe, pour féliciter Benjamin Constant.

Pas d'accord...

8 étoiles

Critique de Nothingman (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 41 ans) - 26 mai 2003

Pas d'accord avec la critique précédente. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman et je crois ne pas être le seul dans ce cas. Donc stop aux généralisations hâtives et par trop simplistes. En effet, ce n'est pas parce que l'on a fini un livre ou pas que celui-ci est bon ou mauvais. Peut-être une personne ne l'aime-t-elle pas, cela ne veut pas dire automatiquement que ce livre est à jeter aux oubliettes. Je peux admettre que le style est quelquefois désuet mais je trouve personnellement que si le roman avait été écrit autrement, il n'aurait pas eu le même charme.

Pas un mauvais livre, mais pas indispensable

5 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 39 ans) - 26 mai 2003

Adolphe, j'ai été obligé de le lire à l'école, je l'ai lu en entier donc pas un mauvais livre, cependant l'histoire n'est pas très attirante, c'est bien écrit et bien construit, mais ce n'est pas avec un livre comme celui ci que les gens retrouveront le plaisir de lire.

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