Tangente vers l'est de Maylis de Kerangal

Tangente vers l'est de Maylis de Kerangal

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Tanneguy, le 1 mars 2012 (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 80 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (36 063ème position).
Visites : 1 976 

Un court récit original (?)

Un jeune conscrit russe s'échappe du transsibérien pour éviter le service militaire. Une Française jeune l'aidera dans sa démarche et ce sera pour nous l'occasion de faire connaissance avec ce train mythique.

L'auteur nous prévient : il s'agit de la reprise d'une nouvelle radiophonique diffusée par France-Culture en 2010, notre enthousiasme est refroidi même si le récit est bien mené. Par ailleurs le style particulier de l'auteur, déjà présent dans la "Naissance d'un pont", peut décourager certains lecteurs (de l'originalité gratuite à bon marché...).

Ceci explique ma note assez moyenne

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Les éditions

  • Tangente vers l'est [Texte imprimé], roman Maylis de Kerangal
    de Kerangal, Maylis de
    Verticales / Minimales (Paris)
    ISBN : 9782070136742 ; EUR 11,50 ; 12/01/2012 ; 134 p. ; Broché
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Lignes de fuites

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans) - 31 juillet 2016

Une petite bouffée d’air vif sibérien, à travers un parcours hors du monde dans cet univers particulier qu’est le Transsibérien lancé sur des rails parallèles depuis Moscou vers Vladivostok sur le Pacifique. Un univers particulier dans un environnement qui nous est, à nous lecteurs occidentaux, complètement incompréhensible, comme barbare et terriblement vivant, cruel et sans pitié, je veux parler de l’environnement russe dans sa globalité …
Maylis de Kerangal a, en réalité, repris une fiction radiophonique intitulée « Lignes de fuite », écrite pour France Culture et réalisée à l’issue d’un voyage transsibérien effectué dans le cadre de l’Année France – Russie, en juin 2010, pour mettre en lignes, des lignes écrites cette fois, ce « Tangente vers l’est ».
Aliocha est un jeune homme russe qui vient, à son grand désespoir, d’être appelé au service militaire comme des milliers de ses congénères et il est embarqué comme du bétail en 3ème classe du transsibérien pour servir aux confins de la Sibérie, près de la frontière chinoise. Brimades, humiliations au programme. Rien d’enthousiasmant pour Aliocha qui parait bien désemparé.
Dans le même train, mais pas dans la même classe, Hélène, une jeune femme française en rupture de ban de son amant russe, Anton (Tchekov !), qu’elle a suivi depuis Paris jusqu’à son affectation de responsable d’un barrage en Sibérie. Elle vient de fuir avant même de la commencer une vie qu’elle pressent trop différente, a sauté dans le transsibérien à Krasnoïarsk ; direction Vladivostok.
La rencontre improbable entre ces deux êtres a lieu. Difficile de communiquer mais difficile de ne pas comprendre le danger qu’Aliocha est prêt à affronter en tentant la désertion … Contre toute attente, Hélène va jouer son jeu. Au fil de l’interminable voyage vers le Pacifique, nous allons vibrer avec ces deux-là et tenter d’échapper au sergent Letchov qui traque Aliocha.
Atmosphère russe, et même sibérienne, parfaitement rendue dans ce court ouvrage très plaisant, très prenant.

Deux fugitifs dans le Transsibérien

6 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 61 ans) - 29 juin 2012

Dans le Transsibérien, Aliocha, 20 ans et puceau, est en route avec d'autres appelés du contingent pour faire son service militaire quelque part au fin fond de la Sibérie. Il a tout tenté pour ne pas être incorporé et a tout raté. Engrosser une fille. Se faire la belle lors d'un arrêt dans une gare, etc... Il finit par se cacher dans le compartiment d'Hélène, une jeune française qui vient de quitter Pavel, son compagnon russe responsable d'un barrage hydroélectrique. Un déserteur et une fugitive qui vont s'épauler mutuellement alors que leur rencontre n'est que le fruit du hasard et ne mènera sans doute à rien quand ils atteindront Vladivostock, le bout de la ligne.
« Tangente vers l'est » peut être considéré comme un récit de voyage tant sont nombreuses les observations et les anecdotes croquées sur le vif, mais également comme un roman sentimental et psychologique tant sont importants les sentiments, les ressentis et autres états d'âme des deux personnages principaux si proches et si lointains l'un de l'autre. L'écriture de Maylis de Kérangal est tout à fait particulière et originale. Très agglomérant et cumulatif, son style n'est pas des plus fluides et des plus rythmés. Il semble plutôt propice à la rêverie et à la perte de la notion du temps, tellement les phrases sont longues voire alambiquées (beaucoup font plus d'une page...) Le parti pris de vouloir s'affranchir du point, que l'auteur juge certainement de la dernière élégance, peut à la longue devenir aussi lassant qu'agaçant. Mais heureusement, l'oeuvre est très courte (128 pages) et le lecteur quitte ce train mythique pas trop éreinté et avec l'impression d'avoir un moment fréquenté un autre monde...

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