Le massacre de Pangbourne / Sauvagerie de J. G. Ballard
(Running wild)
Catégorie(s) : LittĂ©rature => Anglophone
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Des enfants si sages
Livre court et formidable.
Il y a quelques temps, une émission de télévision a proposé semble-t-il comme solution au problÚme de la violence des jeunes de revenir cinquante ans en arriÚre, c'est de la télé-réalité teintée de fiction, d'autres proposent d'accentuer la répression, certains pays mettent les jeunes et les plus pauvres en prison pour résoudre la question.
Il semble que la société moderne ait peur de ses jeunes, s'inquiÚte de leurs aspirations et les cadre absolument par la publicité, l'éducation et l'économie.
Dans cette histoire, Ballard parle de jeunes trÚs sages, travailleurs, disciplinés, qui ne se plaignent jamais, obéissent aux normes des parents et acceptent de perdre toute intimité pour respecter les rÚgles imposées. Ils vivent dans un quartier protégé, une communauté fermée, verrouillée, une prison dorée et fliquée.
Un jour, un massacre horrible est commis, il semble bien que ce soit les enfants.
Personne ne semble comprendre leur geste...
Les éditions
Le massacre de Pangbourne [Texte imprimé] Ballard trad. de l'anglais par Dominique Sila-Khan
de Ballard, J. G. Khan, Dominique-Sila (Traducteur)ISBN : 9782842050030 ; 2,98 ⏠; 01/07/1997 ; 103 p. Poche
Sauvagerie [Texte imprimé] J. G. Ballard traduction de l'anglais par Robert Louit
de Ballard, J. G. Louit, Robert (Traducteur)Les livres liés
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Terrifiant!
Critique de Numanuma (Tours, Inscrit le 21 mars 2005, 53 ans) - 30 avril 2013
Pourtant, jâai Ă©tĂ© happĂ© par cette couverture si peu aguichante. J.G Ballard. Je dois lâavouer, je ne connais lâauteur que pour avoir croisĂ© son nom lors de lectures de divers magazines littĂ©raires. Le titre, Sauvagerie. LĂ , par contre, jâai senti quâil pouvait y avoir lĂ quelque-chose pour moi. Un meurtre massif non Ă©lucidĂ©, une rĂ©flexion sur la logique ultra-sĂ©curitaire qui imprĂšgne progressivement nos sociĂ©tĂ©s, dĂ©cidĂ©ment, pour 5,95âŹ, il nây avait pas Ă hĂ©siter.
Les éditions Tristam nous proposent une nouvelle traduction de ce court roman, plutÎt une nouvelle à mon avis, auparavant éditée en France sous le titre Le massacre de Pangbourne, titre sous lequel il est chroniqué sur le site.
Le livre Ă©tant plutĂŽt court et le style de lâauteur ultra-clinique, il est dĂ©licat dâaller plus loin dans la description de lâintrigue sans dĂ©voiler le nom du coupable mĂȘme si, Ă lâinverse dâun roman policier, le lecteur viendra trĂšs vite Ă la terrifiante conclusion : il sait qui est lâauteur des crimes mais se lâavouer est extrĂȘmement choquant.
Ceci dit, il est important de situer lâaction : Pangbourne, un enclos rĂ©sidentiel Ă lâouest de Londres pour gens friquĂ©s mais humanistes, pour la plupart parents, vivant en vase clos, ou presque, sous la sĂ©curitĂ© dâun circuit de vidĂ©osurveillance interne et de gardes. Tout un systĂšme sophistiquĂ© qui nâa rien empĂȘchĂ© finalement.
Jâai cru, tout dâabord, que le roman proposait une rĂ©flexion sur la culpabilitĂ© mais je pense maintenant quâil sâagit plutĂŽt dâune rĂ©flexion sur lâinnocence, les raisons des meurtres Ă©tant en totale opposition Ă la psychĂ© humaine.
En confiant lâenquĂȘte au psychologue Richard Greville, il semble que la figure du psy soit une constante dans lâĆuvre de Ballard, lâauteur peut lĂ©gitimement utiliser un ton dâune brutale neutralitĂ©. Le texte est dĂ©pourvu de passion, de chaleur. Tout est description, rĂ©flexion, les dialogues sont rares et pauvres, tout est vu par lâĆil dâune camĂ©ra au sens propre, Greville visionnant les images du massacre de Pangbourne, comme au figurĂ©, lâauteur se faisant ne faisant que dire ce qui se passe sans jamais intervenir, ce qui demande un savoir-faire assez incroyable et, vu le sujet traitĂ©, une paire de balloches de bĂ©ton armĂ© !
De plus, la vie des habitants de Pangbourne se dĂ©roule sous les yeux inquisiteurs mais discrets des camĂ©ras de surveillances de la zone mais, et câest plus insidieux, sous les yeux des parents qui peuvent Ă tout moment surveiller leur progĂ©niture grĂące Ă leurs propres camĂ©ras. Terrible mise en abĂźme qui ne peut que pousser le lecteur Ă se souvenir que le mieux est lâennemi du Bien et que lâEnfer est pavĂ© de bonnes intentions.
Dire que ces 85 pages sont dĂ©rangeantes, câest bien peu. Et pourtant, Ă lâheure des Ă©missions de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© qui font du spectateur le juge et le complice de concurrents dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©s, ou parfaitement calibrĂ©s pour la cĂ©lĂ©britĂ© jetable, ce qui revient au mĂȘme, illustration absurde du quart dâheure de gloire prophĂ©tisĂ© par Andy Warhol, le lecteur pourrait arriver Ă la conclusion terrible : quand ?
Quand la mort programmée, mise en scÚne, scénarisée, budgétisée et bien calée en prime time va-t-elle débouler sur nos écrans ?
Ce roman date de 1988 ; des villages, bien rĂ©els ceux-lĂ , existent dĂ©sormais aux Etats-Unis, Ă la diffĂ©rence quâils sont pour lâinstant des enclaves de retraitĂ©s riches tenant loin deux enfants et petits-enfants. Pour dĂ©crire son travail, Ballard parle de « prĂ©sent visionnaire » ; on ne saurait mieux dire.
Si mignons
Critique de Antihuman (Paris, Inscrit le 5 octobre 2011, 43 ans) - 20 novembre 2011
Encore une fiction culte et trÚs actuelle, car Ballard en fait - trÚs insidieusement, et trÚs finement - une sorte de docu-fiction clinique ou rÚgne essentiellement l'absence de passion ou, justement, d'idéologie. Ainsi, comme nous le savons tous, la nature a horreur du vide et à l'image des vaguelettes soudaines de cette piscine idéale du club de forme de leur résidence multiluxe, construite à l'intérieur de laquelle ils vivent, l'ambiance assourdissante de vraie incompréhension devient. Et les officiels délégués sur les lieux ne trouvent aucune explication, ni rien ni personne. Enfin Ballard, ce fabuleux auteur, n'explique rien, ne constate rien, il ne fait que décrire.
De plus cette tragédie rappellera certains drames récents !..
Ironique et dérangeant. Pour les psychologues de tout bord.
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