Un testament espagnol de Arthur Koestler

Un testament espagnol de Arthur Koestler
(Spanish testament)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Myrco, le 5 septembre 2011 (village de l'Orne, Inscrite le 11 juin 2011, 69 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 221ème position).
Visites : 1 821 

Dans la tête d'un condamné à mort...

En 1937, Arthur Koestler , alors correspondant de guerre en Espagne pour Le News Chronicle de Londres est arrêté et condamné à mort par les franquistes. Son incarcération durera plus de trois mois avec bientôt, chaque nuit, la peur d'être emmené devant le peloton d'exécution.

C'est le récit d'une authentique expérience vécue que l'auteur nous livre à travers ces pages (des notes prises au jour le jour), sans pathos aucun.

Mieux qu'une réflexion philosophique abstraite sur la mort ou plus précisément la peur de mourir, le témoignage vaut par la restitution concrète et sur le vif de ce qui peut se passer réellement dans la tête d'un homme confronté à une épreuve a priori aussi insoutenable: les mécanismes psychologiques de défense, les ressources que la nature humaine peut mettre en oeuvre dans un tel contexte.

Au delà de cette expérience personnelle extrême, Koestler porte un regard humaniste mais néanmoins terriblement lucide sur la nature humaine en général et en particulier sur le comportement de l'individu soumis à des pouvoirs, des évènements qui le dépassent (le brave type exécuteur des basses oeuvres).

Un texte célèbre à découvrir absolument par ceux qui ne l'ont pas encore lu et qui manquait au répertoire des titres de notre site.

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Passionnant

10 étoiles

Critique de Falgo (Lauris, Inscrit(e) le 30 mai 2008, 79 ans) - 16 mars 2019

1937: peu de temps journaliste au News Chronicle de Londres Arthur Koestler est envoyé par ce journal le 10 janvier couvrir la guerre civile espagnole. Il avait déjà été en Espagne, rendu compte de la guerre et écrit un livre hostile aux généraux rebelles à la République. Il arrive à Malaga, ville républicaine assiégée par les forces rebelles, qui tombe rapidement sous leur contrôle. Celui-ci comporte son arrestation le 9 février. Interné d'abord à la prison de Malaga, il est rapidement transféré à celle de Séville. Il va y passer 4 mois, de nombreuses interventions "diplomatiques" anglaises ayant permis ce transfert et sa libération. Pendant tout ce temps il est menacé de condamnation à mort et comprend que d'autres prisonniers sont régulièrement exécutés. Il s'agit donc pour un homme d'une période d'une originalité folle et d'extrême tension. Il en tire ce livre publié en Angleterre à l'automne 1937. Dans celui-ci le lecteur trouve une étonnante foison de réflexions:
- sur l'état de prisonnier, sa dépendance du système carcéral, ses relations avec les gardiens et les autres prisonniers,
- sur la présence de la mort qui rôde quotidiennement autour de lui et colore ses pensées et ses comportements
- sur l'Espagne et sa guerre civile, ses protagonistes, son déroulement qui lui paraît souvent aberrant, ex.: p. 110, il monte dans un camion déjà plein: "Les gendarmes avaient l'air de paysans ou d'ouvriers andalous; les prisonniers avaient l'air d'ouvriers ou de paysans andalous",les premiers conduisant les seconds vers une mort certaine, ce que tous savaient; Il rejoint par là le George Orwell d"Hommage à la Catalogne" et les réflexions sur les élites qui envoient sereinement leur peuple à la mort.
Toutes ces réflexions sont d'une grande valeur, d'une étonnante profondeur philosophique et d'une grande humanité, fondées sur une expérience sensible que peu d'hommes ont connue. De plus il me semble qu'elle a nourri des pages du "Zéro et l'infini", publié en 1941 et partiellement orienté les pensées du Roubachof en attente de son jugement et de son inévitable condamnation. Peu de pages pour un très grand livre.

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