Un singe en hiver de Antoine Blondin

Un singe en hiver de Antoine Blondin

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Spirit, le 19 avril 2011 (Ploudaniel/BRETAGNE, Inscrit le 1 février 2005, 61 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 948ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 3 399 

Nostalgie dans un verre...

Un singe en hiver d’Antoine Blondin nous entraine dans le sillage alcoolisé de personnages qui ont l’habitude de partager leur vie avec l’ivresse, non pas pour simplement se noyer dans l’alcool mais pour donner à la vie une grandeur et une magnificence qu’elle n’a pas sans cette enfilade de verres.

Avec une plume alerte et de magnifiques phrases il nous dresse le portrait de ces hommes pleins de justesse et d’humanité. Itinéraire d’hommes perdus sur le long et tortueux chemin de la vie.

Un livre plein de grandeur et de pudeur où l’alcool parvient seul à faire resurgir les aspérités de l’âme humaine autrement engoncée dans l’uniforme trop serré de la morale.

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

»Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Les livres liés

Pas de série ou de livres liés.   Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

Le singe de Tigreville

10 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 38 ans) - 4 juillet 2021

Comme j'imagine pas mal de monde, j'ai vu le film (remarquable film, qui, au final, adapte très bien le roman) avant de lire le livre.
Antoine Blondin, romancier et journaliste (il faut lire ses chroniques du Tour de France, dont il était un spécialiste réputé, c'est vraiment de la grande littérature dans son genre), avait un petit problème de singe sur ses épaules avec l'alcool. Le titre du livre ne vient pas, en premier lieu, de cette métaphore (le singe sur l'épaule, parasitaire, ne voulant pas descendre) sur l'addiction, car c'est en fait une allusion aux singes qui, en Asie, se retrouvent parfois en ville, loin de leur jungle naturelle, et qui, en hiver, prennent froid et qu'il faut "rapatrier" chez eux à grands coups de trains chauffés.
Ici, le singe, c'est Gabriel Fouquet (Bébel dans le film), un jeune homme à la vie personnelle brisée (divorce compliqué, une fille pré-ado qui vit dans un pensionnat loin de Paris, où Gabriel vit, fille que Gabriel n'a pour ainsi dire jamais vu) qui débarque à Tigreville, Calvados (inspiré par Villerville) afin de récupérer sa fille qui se trouve dans la pension Dillon, en ville. Ayant un gros souci d'alcoolisme, Gabriel a trouvé refuge à l'hôtel Stella, tenu par un couple, les Quentin. Il en est le seul client, et ils en viennent rapidement, ces deux personnes d'âge mûr, à le considérer, secrètement, comme le fils qu'ils n'ont pas eu. Lui, Albert Quentin (Gabin ine zeu mouvi), est un ancien alcoolo qui, depuis plus de 10 ans, a tout stoppé. Il a fait l'Indochine pour son service militaire. Quelquefois, sa femme pense qu'il n'en est jamais revenu. C'est un plus vieux singe qui va rapidement prendre l'autre sous son aile, malgré la tentation de la tise qui revient, parfois forte...

Un grand roman, rien d'autre à dire.

Une oeuvre éternelle magnifiée par Henri Verneuil

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 55 ans) - 26 septembre 2019

Antoine Blondin (1922-1991) est un romancier et journaliste français.
Nul ne sait mieux provoquer l'amitié que ce danseur de corde, toujours en équilibre instable entre le malheur d'exister et le bonheur d'écrire (Préface du roman)
"Un singe en hiver", paraît en 1959 et reçoit le prix Interallié.

Le Quartier-maître Quentin Albert du corps expéditionnaire d'Extrême-Orient est aujourd'hui un tranquille hôtelier à Tigreville, petite station balnéaire normande. Ivrogne notoire, il a fait le serment de ne plus toucher une goutte d'alcool à la Libération (1945). Ligoté par son serment et surveillé par sa femme Suzanne, il ressemble à un vieil âne attaché à la noria.
Ce n'est pas le vin qui lui manque mais l'ivresse....
Gabriel Fouquet -35 ans- est seul, divorcé de Gisèle et récemment séparée de son amie Claire.Il est venu se réfugier à Tigreville, dans l'hôtel des Quentin, pour espérer entrevoir sa fille de 13 ans , pensionnaire chez les soeurs Dillon.
Il soigne sa détresse dans l'alcool et la solitude. Les arènes d'Espagne, les passes des matadors et la silhouette de sa fille entrevue sur la plage sont ses seuls carburants.
La rencontre entre ces 2 hommes brisés sera grandiose. L'archange de l'alcoolisme qui débarque chez un Quentin repenti, forcément ça fait des vagues !
Petit à petit, Fouquet entre dans la famille et comble le vide d'un enfant (un grand enfant) que le couple n'a pas pu avoir.
Il a rouvert des portes que les Quentin croyaient fermées.

Que dire de ce roman ? Qu'il est magnifiquement et simplement écrit ? Que les 2 personnages principaux sont hauts et couleur et attachants ? Que le message principal (croquer dans la vie tant que c'est possible) est omniprésent ?
Je vous invite à (re)voir le film d'Henri Verneuil (avec Gabin et Belmondo), très fidèle au roman.
Antoine Blondin sait mieux que quiconque conter l'Amitié avec une pudeur déchirante.
Un très grand moment de lecture !

Forums: Un singe en hiver

  Sujets Messages Utilisateur Dernier message
  Lisez Antoine BLONDIN ! 8 Frunny 10 août 2021 @ 04:11

Autres discussion autour de Un singe en hiver »