Un début dans la vie de Honoré de Balzac

Un début dans la vie de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Lucien, le 4 avril 2002 (Inscrit le 13 mars 2001, 70 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (43 210ème position).
Visites : 9 189  (depuis Novembre 2007)

Le danger des mystifications

Ce Balzac méconnu, publié en 1842, sera repris au catalogue de «La Comédie humaine» parmi les «Scènes de la Vie privée». Honoré dédie très justement ce roman à sa sœur Laure. En effet, l’intrigue est empruntée à un récit de Laure, intitulé «Le Voyage en Coucou» (le coucou est une voiture d’un type particulier, amplement décrite dans l’exposition de l’oeuvre). Balzac avait d'abord titré son texte : «Le Danger des mystifications». Et voilà donc trois titres pour la même œuvre, celui de Laure et les deux d'Honoré. Trois titres pour trois aspects de cet étrange roman.
«Le Voyage en Coucou» : on sait l’importance des moyens de transport en commun dans les romans du XIXème siècle. Que ce soit dans «Madame Bovary», dans «Boule-de-Suif», dans «La Bête à Maître Belhomme», par exemple, diligences, fiacres ou pataches sont des lieux de rencontre et de dialogue qui ont souvent séduit les auteurs réalistes. Balzac n’échappe pas à cette fascination : le coucou du père Pierrotin sert de cadre à toute la première partie de ce roman, ainsi qu'au dénouement. Nous avons donc affaire à un récit cyclique : plusieurs personnages qui s’étaient rencontrés occasionnellement au cours d’un voyage entre Paris et Beaumont-sur-Oise se retrouvent quatorze ans plus tard. Les mêmes, et pourtant autres : le temps, la vie sont passés par là. «Le Danger des Mystifications» : parmi les six passagers du coucou, quatre mentent. Chacun, pour diverses raisons (désir de voyager incognito, envie de briller, jalousie, plaisanterie…) cache sa véritable identité, s'invente des exploits, voire se livre au petit jeu de la calomnie, ce qui n’est pas sans dangers.
«Un Début dans la Vie» : ce début, c’est celui d’Oscar Husson, le personnage central, qui fait ici son unique apparition dans «La Comédie humaine». Un petit jeune homme timide et pauvre, fruit des amours passionnés de sa mère sous le Directoire. Pour faire son avantageux, il révèle à ses compagnons de voyage des secrets qu’il tient d'un ami de sa mère à propos du comte de Sérisy. Pas de chance, le comte est justement caché sous les traits de ce brave bourgeois que le conducteur du coucou a appelé «Monsieur Lecomte». Plusieurs existences vont être métamorphosées par cette indiscrétion, dont celle du malheureux Oscar, qui devra payer un lourd tribut à la vie avant de comprendre le bien-fondé de la devise que lui proposait son oncle : «Probité, travail, discrétion».
Ce roman, outre la peinture des voyages en coucou et l'intéressante psychologie du jeune homme pauvre vaut aussi par le tableau satirique, dans la deuxième partie, du petit monde des avoués parisiens, que Balzac connaissait comme sa poche. Une lecture très recommandable pour tous ceux qui veulent parfaire leur connaissance du père de «La Comédie humaine».

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Les terribles conséquences d'un mensonge

8 étoiles

Critique de Cédelor (Paris, Inscrit le 5 février 2010, 54 ans) - 16 avril 2026

Il y a bien des manières de débuter dans la vie pour un jeune homme, et certaines sont plus heureuses que d’autres. Mais celle que Balzac raconte dans cette histoire est carrément désastreuse. Qu’on en juge : durant un déplacement en coucou (sorte de transport à cheval pour plusieurs personnes du 19ème siècle) de Paris à l’Isle d’Adam, vers le nord de l’Ile-de-France, plusieurs voyageurs se retrouvent réunis. Et pour tuer le temps, ils conversent, s’échangent anecdotes et souvenirs… Problème : plusieurs d’entre eux, comptant sur l’anonymat total, mentent sur eux-mêmes et leur passé, les uns pour s’amuser et jouer à mystifier les autres, les autres pour se faire valoir. Mais mentir ainsi est toujours plus risqué qu’on ne peut le croire, et chacun d’eux en fera l’amère expérience, surtout le jeune homme du groupe qui en subira une cruelle conséquence qui influera sur toute sa vie à venir.

Un court roman, bien dans le style de Balzac, absolument passionnant dans sa première partie, où l’on voit le jeune homme en question, Oscar Husson, c’est son nom, connaître les affres de la douleur de la culpabilité suite aux conséquences qu’ont causé ses mensonges durant le voyage. La seconde partie, qui en raconte les suites jusqu’à son aboutissement est moins intéressante et plus fastidieuse à lire, quoique la fin, où l’on retrouve presque les mêmes personnages 15 ans plus tard lors d’un nouveau voyage en commun, permet d’observer l’évolution qu’a pris le cours de leurs destins à chacun.

Finalement un bon roman, qui n’est pas le meilleur de Balzac mais qui est quand même jouissif à lire dans sa première partie.

Plaisant mais anecdotique

6 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 14 avril 2020

Cette série d'excursions en coucou, puisqu'il est ici questions de sociétés de voitures de transports collectifs, offre l'occasion de décrire des scènes insolites et l'état d'esprit de la bourgeoisie des années 1820 et 1830, son arrivisme, son sens des affaires, ses affaires de famille, qu'il faut mener la tête haute et avec humour. Cela vaut une série de calembours qui émaillent le récit.
L'ensemble reste plaisant, mais consiste à évoquer un chapelet de tranches de vie relevant de l'anecdote. Ce Balzac en mode mineur se laisse lire, en risquant de ne laisser que peu de souvenirs précis.

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