Rire pour ne pas mourir de Jean-Marie Bigard, Lionel Duroy

Rire pour ne pas mourir de Jean-Marie Bigard, Lionel Duroy

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Killeur.extreme, le 4 octobre 2008 (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 42 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (24 310ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
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Pour découvrir l'homme derrière le comique

Jean-Marie Bigard est considéré aujourd'hui comme étant un des comiques préférés des français, actuellement il joue au théâtre "Clérambard" de Marcel Aymé après avoir joué en 2006 "le Bourgeois Gentilhomme" de Molière (pour les rares personnes qui ne le savent pas) dans une mise en scène contemporaine, mais avec un respect total au texte, cette prestation a enthousiasmé même les détracteurs de l'humoriste soi disant vulgaire et, comme on l'apprend en lisant le livre, l'a réconcilié avec son frère aîné qui a enfin compris et respecté le talent de son cadet.

Bigard a autant écrit ce livre pour faire le point sur sa vie et affronter les fantômes de son passé que pour se présenter à ses spectateurs (ou à ses détracteurs dont le nombre diminuera peut-être après qu'il aient lu ce livre). Le moins que l'on puisse dire c'est que la vie de Jean-Marie Bigard ressemble plus à du Zola bien noir qu'à la fête au village des Musclés (qu'il critiquera avec assez de justesse dans un de ses sketch), sa mère meurt alors qu'il n'a que 20 ans et son père est assassiné l'année suivante, lui et ses frères et sœurs se perdent de vue chacun ayant peur de parler en face des autres de la mort de leur parents, mais il faudra la mort d'un de ses potes d'enfance et l'incendie de son appartement (qu'il a provoqué en laissant une cigarette allumée par négligence) pour qu'il se décide à quitter Troyes, voyant dans ces catastrophes un signe du destin qui le destine à une autre vie, d'abord Paris et le petit-théâtre de Bouvard.... .

Quand on termine ce livre, on ne peut que rester admiratif devant un homme qui est resté le même malgré son succès et qui est très humain, on découvre vraiment une autre facette de ce comique, qui est à peine esquissée dans les sketchs, d'ailleurs les seuls bides (son film l'"âme soeur" étant le plus récent) sont dus au fait que le public apprécie celui qui le fait rire avec ses "conneries", mais pas forcément son côté plus humain, on en apprend également plus sur certains de ses sketchs, par exemple "le lâcher de salopes" qui n'est pas comme beaucoup l'on cru un sketch sexiste, mais une dénonciation des pratiques de certaines boîtes de nuit qui pour attirer des clients n'hésitent pas à engager des filles ou à faciliter leur entrée pour les aguicher, "les salopes d'élevage" décrites dans le sketch. Le livre se lit facilement, Bigard trouve les mots justes pour se raconter tout en invitant le lecteur à partager ses confidences, alternant les passages drôles et émouvants. Ce livre montre que derrière l'homme qui a rempli le stade de France, il y a un homme qui a souffert, qui a passé les échelons, commençant au "Point virgule" (petite salle) au Stade de France, en passant par des Zéniths et Bercy un homme qui doute, mais qui trouve assez de force en lui-même et dans son entourage pour rebondir. A lire absolument vous ne le regretterez pas.

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Témoignage touchant

8 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 66 ans) - 25 décembre 2022

Né à Troyes le 17 mai 1954, Jean-Marie Bigard est le benjamin d’une fratrie de quatre enfants. Issu d’un milieu modeste (père charcutier itinérant, mère et sœurs ouvrières), il est assez malheureux à l’école, mais finit par être révélé par un jeune prof qui encourage son jeune talent d’écriture. Mais il rechute assez vite pour se retrouver à 16 ans en lycée technique dont il ressort avec un BEP de mécanique générale. Refusant d’entrer à l’usine, il se lance dans le rafistolage de vieilles Tractions avant avec quatre copains. Il pratique le handball à un très bon niveau en National 2. Il n’a que 20 ans quand sa mère meurt suite à un cancer du pancréas. Il est alors barman à Troyes. Puis son père est assassiné chez lui, d’abord poignardé puis achevé à coup de carabine par un amant jaloux. Jean-Marie passe par le CREPS et devient prof de sport pendant trois ans dans un lycée de filles. Lassé de l’enseignement, il reprend un job de barman de night-club. Parallèlement, il commence à jouer à l’Atelier T, petit théâtre de centre-ville où il fait connaissance d’un premier humoriste, Tex. Son appartement ayant brûlé avec tous ses biens, le voilà filant vers Paris dans l’espoir de se faire engager dans la troupe du « Petit théâtre de Bouvard », qu’il ne pourra pas intégrer. Il devra se contenter de végéter dans la petite salle du « point Virgule » avant d’être accepté dans l’émission de Fabrice « La classe », ce qui enfin le fera connaître du grand public. On connait la suite. Le Splendid, puis l’Olympia, Bercy et l’apothéose au Stade de France…
« Rire pour ne pas mourir » est une autobiographie partielle et à quatre mains d’un humoriste qui fut particulièrement aimé du public. Dommage qu’elle s’arrête en 2007, c’est-à-dire au sommet de sa gloire avec son spectacle joué devant 52 000 spectateurs au Stade de France, prouesse qui lui coûta un million d’euros et que seule la vente de millions de DVD lui permettra de compenser. Le lecteur découvrira dans ce livre bien écrit et très agréable à lire que la vie du comique fut loin d’être un long fleuve tranquille, que les épreuves ne lui furent pas épargnées et même qu’il en accumula un nombre largement supérieur à la moyenne. La mort de ses parents, de ses amis, l’incendie de son appartement, les souffrances de son épouse, la dèche, les difficultés à percer l’ont marqué profondément. Comme tous les clowns, il est triste et a l’élégance de toujours vouloir faire rire ses semblables pour ne pas avoir à pleurer sur son sort ou sur le nôtre. Cette confession honnête, pleine de sensibilité, d’amour et de foi (Bigard n’a de cesse de proclamer sa confiance en Dieu malgré ou à cause de tout ce qu’il a dû subir), permet au lecteur de découvrir un homme bon, honnête, touchant, très loin du personnage un peu vulgaire voire graveleux que certains de ses sketchs pourraient laisser imaginer.

on aime ou pas...

6 étoiles

Critique de Maryette (Cassis, Inscrite le 17 octobre 2008, 78 ans) - 21 octobre 2008

Il est vrai que l'humoriste Jean-Marie Bigard ne me fait pas forcément rire dans ses sketches à l'humour souvent grivois, au langage souvent grossier, le tout fréquemment flanqué de gestes déplacés. C'est peut-être un genre qu'il se donne pour le côté spectacle, mais ne pas faire "comme les autres"; je ne sais pas, mais je n'adhère absolument pas à son style d'homme de scène.
Par contre, sans doute est-ce un personnage à double facette, d'un côté un homme un tantinet vulgaire et de l'autre côté un homme sensible, attentif, proches des siens, avec les malheurs comme chacun a pu connaitre à un moment donné dans sa famille...
Ce livre lui a permis probablement de se dévoiler pour mieux se faire connaitre. C'était sûrement très nécessaire...

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  J.M. Bigard ! 55 Aria 8 octobre 2008 @ 10:32

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