La Terre chinoise de Pearl Buck

La Terre chinoise de Pearl Buck
(The Good Earth)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Nickie, le 23 septembre 2008 (Inscrite le 14 mars 2004, 59 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 654ème position).
Visites : 3 065 

Quand la terre bouleverse une vie..

Pearl Buck nous amène en Chine on ne sait pas en quelle année mais certainement au début du XXe siècle, Wang lung est un pauvre et jeune agriculteur qui doit se marier, et à partir de là Pearl Buck nous entraine dans la vie aux multiples rebondissements de ce paysan , rien ne lui (ne nous..) sera épargné : la famine, la bêtise, l'avidité, et j'en passe afin que ce livre puisse vous réserver comme à moi de nombreuses surprises;
Pearl Buck est un véritable écrivain, elle écrit très bien, on ne parle pas assez d'elle je trouve, c'est le premier livre que je lis d'elle, il est certain que je vais acheter les autres; Et fi des écrivains à la mode, dont on nous rebat les oreilles mais qui ne lui arrivent même pas à l'ongle de son plus petit doigt de pied.. Les livres sont devenus des produits marketing, celui-ci n'en est pas un, il est vraiment le fruit d'un immense talent..

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Les éditions

  • La Terre chinoise de Pearl Sydenstricker Buck
    de Buck, Pearl
    le Livre de poche / LE LIVRE DE POCHE
    ISBN : 9782253005506 ; EUR 6,00 ; 01/08/1974 ; 381 p. ; Poche
  • La Terre chinoise - Les Fils de Wang Lung - La Famille dispersée - Vent d'est, vent d'ouest - La Mère
    de Buck, Pearl
    Presses de la Cité / Omnibus
    ISBN : 9782258045798 ; EUR 22,87 ; 29/05/1997 ; 1143 p. ; Broché
  • La terre chinoise [Texte imprimé] Pearl S. Buck préface de Peter Conn,... [traduit par Théo Varlet et S. Champaux]
    de Buck, Pearl Conn, Peter (Préfacier) Varlet, Théo (Traducteur)
    Omnibus / Collection Omnibus (Paris. 1988)
    ISBN : 9782258077485 ; EUR 27,00 ; 29/05/2008 ; 864 p. ; Broché
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Les livres liés

  La Trilogie de la Terre Chinoise

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Premier tome de la trilogie « La terre chinoise »

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 64 ans) - 24 février 2020

La trilogie La terre chinoise fut écrite par Pearl Buck entre 1931 et 1935. Elle est composée de :
- La terre chinoise (1931)
- Les fils de Wang Lung (1932)
- La famille dispersée (1935)

Seul Vent d’Est, vent d’Ouest l’a précédé (1930) dans la longue liste des romans qu’elle a consacré à la Chine. Toute son enfance, qu’elle a passée en Chine puis onze ans de sa vie de jeune femme mariée, toujours en Chine, en ont fait un témoin privilégié de ce monstre de pays avant qu’il fasse sa mue puis au début de sa mue …
Les évènements racontés dans cette trilogie ne sont pas formellement datés mais, écrits au début des années 30, on peut considérer sans risque que la situation décrite est celle du tout début du XXème siècle, 1900 – 1920 disons … Une époque où la Chine vit largement encore de manière féodale, une époque qu’a connu Pearl Buck puisqu’elle été élevée en Chine à cette époque.
D’une certaine manière, chacun des trois tomes aborde un aspect particulier de cette société chinoise du début du XXème siècle :
La terre chinoise est centrée sur la vie des paysans, quasi esclaves, dans cette Chine féodale,
Les fils de Wang Lung sur le phénomène des « Seigneurs de guerre »,
et La famille dispersée sur les grands centres urbains du sud, où cohabitent également des Occidentaux, et la révolution qui monte.

La terre chinoise
La terre chinoise est l’histoire d’un homme, d’un fermier, Wang Lung, depuis son mariage avec O-len, esclave achetée au gros propriétaire foncier de la région, la famille Hwang, jusqu’à sa mort. La condition de O-Len, esclave achetée, n’est certes pas enviable mais celle de Wang Lung, quasi esclave de sa terre pour ne rien gagner, ne l’est pas davantage. Pearl Buck, qui connaissait cette situation de la Chine rurale de l’époque (je ne suis pas sûr que ce soit beaucoup mieux maintenant !) fait prendre conscience au monde occidental de la réalité de la Chine féodale.
En travaillant comme une bête, avec O-len à ses côtés, Wang Lung va voir sa situation grandement s’améliorer, sa famille se construire avec trois fils (par qui la trilogie va se poursuivre avec Wang l’aîné, Wang le marchand et Wang le tigre). Wang Lung et O-len vont surmonter des coups du destin (une Chine féodale n’est certes pas un pays des plus faciles à vivre (et aujourd’hui encore … air connu !)) et profiter d’un coup de pouce du destin pour amorcer une vie meilleure, coup de pouce qu’ils auront la sagesse d’utiliser pour acquérir des terres et en fin de vie remplacer la famille Hwang comme gros propriétaire foncier de la région. Sagesse également de donner de l’éducation aux fils pour les tirer de la condition misérable du fermier chinois, quasi esclave.
C’est cette saga vertueuse que déroule Pearl Buck, agrémentée de nombreux épisodes sur les particularités de la Chine de cette époque, comme l’arrivée de Coucou et Lotus auprès de Wang Lung consécutivement à la fréquentation par celui-ci de la « maison de plaisir » et de Lotus en particulier. Autre épisode saisissant, celui de l’oncle « coucou » qui vient faire son nid chez Wang Lung quand celui-ci acquiert une certaine aisance et qu’il ne se résout pas à chasser parce qu’il constitue – en tant que membre d’une société de bandits (« les Barbes rouges ») – une certaine garantie de tranquillité (non il ne faisait pas bon vivre dans cette Chine-là). Et les aléas climatiques qui peuvent ruiner une vie de labeur en un seul évènement … Pearl Buck connait son sujet et fait une histoire passionnante.
La terre chinoise sitôt terminée, on n’a qu’une envie, c’est d’attaquer Les fils de Wang Lung !

Excellent

8 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 60 ans) - 1 janvier 2020

Pulitzer de la fiction en 1932, ce roman a contribué à l'attribution du Nobel de la littérature de 1938 à Pearl Sydenstricker (épouse Buck).
L'histoire relate en premier lieu le mariage de Wang Lung avec la jeune O-Len. Leur vie de misérables paysans dans la Chine d’avant la première guerre mondiale. La terrible famine qui obligea la famille à se déporter. Grâce à un heureux coup de sort et à une gestion rigoureuse ils parviendront à amasser une fortune considérable.

L'auteure, enfant d'un couple de missionnaires presbytériens, a passé toute son enfance en Chine. C'est sur ce sujet qu'elle bâtira son énorme succès. Une production littéraire époustouflante : 34 romans, 11 recueils de nouvelles, 16 biographies et œuvres diverses. Un succès retentissant aux États-Unis et en Europe.

Premier tome de la trilogie, ce roman mérite sa lecture.

"The Good Earth"

9 étoiles

Critique de Myrco (village de l'Orne, Inscrite le 11 juin 2011, 70 ans) - 26 mai 2019

Non sans une pointe d'appréhension, de crainte d'être déçue après plus d'un demi-siècle de désaffection, j'ai voulu retrouver celle qui a enchanté mon adolescence et à qui je dois une certaine fascination pour la culture chinoise. Et une fois de plus, la magie a opéré.
"La terre chinoise", paru en 1931 fut en son temps un immense best-seller qui valut à son auteure le prix Pulitzer (elle fut d'ailleurs la première femme à l'obtenir) et contribua largement à sa nobélisation quelques années plus tard. Suivront "Les fils de Wang Lung" puis "La famille dispersée" constituant ainsi la Trilogie de la Terre Chinoise.

Avec en arrière-plan discret une Chine livrée aux seigneurs de guerre, aux bandes de brigands et aux convulsions annonciatrices d'une révolution, se déroulant à la fin du XIXème, le roman nous raconte l'ascension de Wang Lung, pauvre paysan chinois qui, par son courage et son caractère avisé mais aussi grâce à l'abnégation sans faille de son épouse O-Len, ancienne esclave d'une grande maison, et à un heureux coup de pouce du destin lié à des circonstances dramatiques, parviendra au statut de grand et riche propriétaire foncier, à la tête d'une nombreuse descendance, lui, l'unique rescapé d'une vingtaine d'enfants nés de ses parents.
Le récit d'un tel parcours riche en évènements permettait à Pearl Buck de nous peindre aussi bien la condition de ces paysans misérables soumis aux famines à répétition que celle des riches familles de notables, oisives, vivant du rapport de leurs terres. L'auteure nous livrait alors un remarquable témoignage sur les mœurs chinoises de l'époque dont sa vie et son immersion dans la culture de ce pays ( elle y vécut plus de trente ans et parla le mandarin avant l'américain) garantissaient l'authenticité. A noter que ce sont ses années passées dans la province de l'Anhui, dans le nord-est de la Chine, où elle situe cette histoire, qui ont nourri son inspiration dans la restitution de la vie paysanne.
Le respect des convenances, les règles imposées par la piété filiale, les mariages arrangés, les conflits familiaux entre les différentes branches vivant sous le même toit sont autant d'aspects qui alimentent amplement le récit. Mais plus encore, c'est la condition infériorisée de la femme qui est ici particulièrement mise en lumière; réduite à son rôle de génitrice, traitée comme un meuble ou une marchandise, une servante corvéable à merci ou un objet sexuel - en fonction de son physique- si elle n'a pas eu la chance d'appartenir à la classe favorisée, petite fille vendue lorsque les parents sont trop pauvres. Pearl Buck nous en compose une magnifique incarnation à travers le personnage d'O-len, figure forte admirable de volonté et de courage dans la soumission au rôle assigné et l'intériorisation de sa souffrance. Pour autant, on appréciera que la sensibilité féministe de l'auteure ait su éviter tout manichéisme en faisant du personnage central de Wang Lung quelqu'un qui, tout en intégrant de manière naturelle la mentalité du lieu et de l'époque montre souvent une sensibilité et une bienveillance qui nous le rendent attachant de bout en bout.

Malgré sa réussite matérielle qui l'en éloignera à une période de sa vie, Wang Lung restera à jamais un homme de la terre, uni par un attachement viscéral, presque charnel, à cette terre qui l'a nourri, sécurisé, lui aura permis de s'élever au-dessus de sa condition et dont la pensée l'aura toujours réconforté dans les moments les plus difficiles, cette "bonne terre" du titre original dont la traduction française a trahi quelque peu l'essence. Il est en cela la représentation d'un monde de valeurs anciennes dont on sent qu'il s'apprête à vivre une mutation. La fin plutôt triste laisse présager une trahison par les fils de ce sur quoi le père avait fondé sa vie. A suivre.

L'écriture de l'auteure, sans fioritures, simple mais précise et efficace dans l'analyse des sentiments et des motivations qui accompagnent en particulier le cheminement de Wang Lung se distingue par une façon de raconter empreinte de l'influence manifeste des romanciers chinois. D'ailleurs Pearl Buck n'est-elle pas considérée par les chinois comme un écrivain appartenant à leur culture ?

superbe

10 étoiles

Critique de Calire (, Inscrite le 16 mars 2006, 28 ans) - 21 février 2009

On y voit la condition des femmes en Chine à cette époque, tout comme la vie du peuple. Romancé mais pas trop, ce livre avant tout historique peu se montrer assez lourd par moment, car il y a beaucoup plus de descriptions que de dialogues. Mais il reste tout simplement passionnant.


J'ai en effet beaucoup aimé ce livre, il m'a prouvé (ainsi que sa suite qui est tout simplement géniale) qu'il n'y avait pas que le fantastique d'agréable dans la littérature mais que des livres 'historiques' peuvent être tout aussi bien...

vivement conseillé ^^

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