Camarades de classe de Didier Daeninckx

Camarades de classe de Didier Daeninckx

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Alma, le 28 août 2008 (Inscrite le 22 novembre 2006, - ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 5 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (50 831ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 5 752 

Salut les copains!

Extrait de la 4e de couverture : « La narratrice, Dominique, travaille avec succès dans une agence de publicité. Son mari, François, approche comme elle de la soixantaine. Cadre dans un groupe pharmaceutique en cours de restructuration, il est miné par la perspective d'un possible licenciement à quelques années de la retraite. Un message arrive un jour sur la boîte électronique de François, provenant d'un ancien ami de lycée qui tente de renouer le contact grâce au site internet : camarades-de-classe.com . Dominique répond à l'insu de son mari et sollicite les confidences……Mais la photo de classe autour de laquelle s'organisent ces retrouvailles virtuelles recèle une énigme d'un autre ordre. »

Par des allées et venues entre le présent des deux époux et le passé évoqué par les mails envoyés par les anciens élèves de la classe de 3e du collège Gabriel Péri d’Aubervilliers, Daeninckx construit un roman qui oscille entre la chronique d’une génération originaire de la banlieue rouge marquée par la culture communiste et le roman à suspense . Qui se cache sous le pseudonyme de Armhur Tapin ? Pourquoi Dominique usurpe-t-elle l’identité de son mari pour intervenir dans ces échanges électroniques ? Daeninkx, en habitué du genre, ne donnera la clé des énigmes qu’en dernière page .

Par cet ouvrage, l’auteur se place dans la catégorie des auteurs ( comme Annie Ernaux ou Gérard de Cortanze) qui se plaisent à ressusciter l’atmosphère des 30 dernières décennies. Nombreuses sont ici les références à la musique des années 70. Grâce aux mails dans lesquels chacun des anciens élèves se raconte, on obtient toute une gamme de parcours professionnels, certains copains ont réussi, d’autres ont perdu pied, se sont établis à l’étranger, ou sont devenus artistes .

Un agréable roman, rédigé dans un style efficace, qui se lit d’une seule traite, mais face auquel j’ai deux petites réserves à formuler. Daeninckx a fait des deux protagonistes deux bobos un peu caricaturaux (il ne nous épargne aucun des plats de nouvelle cuisine qu’ils choisissent dans les restaurants, le bouquet étant le contenu des sandwiches préparés pour le pique-nique d’une séance de cinéma en plein air à La Villette …) Enfin, malgré l’apparente polyphonie venant de l’envoi de mails rédigés par plus d’une dizaine d’anciens copains, le lecteur est face à un même style d’écriture, toujours soigné, mais plus proche de celle du courrier postal que de celle du courrier électronique .

A recommander aux nostalgiques des seventies !

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Les niaiseries dangereuses

1 étoiles

Critique de Reginalda (lyon, Inscrite le 6 juin 2006, 57 ans) - 18 juillet 2014

Voilà le roman épistolaire des temps nouveaux, me suis-je dit, naïve comme toujours. D'anciens camarades de classe se retrouvent via un forum et évoquent les chemins qu'ont pris leurs vies. En fil conducteur : la narratrice qui fait participer à son insu son mari dépressif au forum.
Bien sûr, il va de soi que les lettres des romans épistolaires ont une large part d'artificiel, mais jamais les sommets d'ineptie conquis par ces "Camarades de classe" n'ont été ne seraient-ce qu'effleurés. L'invraisemblance de leur soi-disant correspondance – dont tous les intervenants s'expriment comme s'ils rédigeaient une biographie (quel intérêt de recourir à Internet??) – n'a d'égal que l'ennui et l'agacement provoqués par leurs pseudo souvenirs, mélange de niaiseries sociales et politiques et de délation mesquine. Quant aux fantoches censés animer la narration – la narratrice et son époux –, ils suscitent au mieux l'indifférence. Aussi, quand survient le coup de théâtre final dont le lecteur se fiche royalement (il n'avait d'ailleurs pas soupçonné qu'on lui en réservait un de derrière les fagots), on s'empresse de refermer le livre en regrettant qu'il n'ait pas été aussi virtuel que les échanges censés le constituer.

Une bonne surprise

6 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 52 ans) - 28 octobre 2009

Je partais un peu sceptique lorsque j'ai commencé ce livre, il est un peu compliqué pour quelqu'un qui n'a pas vécu les années 60-68. Il y a beaucoup de références politiques et sociales. Mais finalement, il m'a intéressée, l'histoire m'a vite captivée. J'ai aimé les différents regards portés sur différents événements. La fin est surprenante, je ne m'y attendais pas du tout!
A lire, par curiosité.

Surf dans l’air du temps

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 67 ans) - 22 septembre 2009

Didier Daeninckx a l’art de sentir, saisir les faits de société qui peuvent modifier profondément des comportements. Dans cette époque que nous vivons, il faut reconnaître qu’il est gâté … C’est internet qui lui fournit là matière, et plus spécifiquement le genre de sites qui se proposent de mettre en relation des membres d’une classe d’une école à une année donnée. Vous étiez en sixième en … au Collège Gabriel-Péri à Aubervilliers et … hop … Vous n’y étiez pas ? Vous, non, mais François Bourdet oui.
François Bourdet frise la soixantaine. Son emploi de cadre dans une société pharmaceutique, est remis en question de plans sociaux en restructurations (autre fait de société recyclable par Didier Daeninckx !) et il a du mal à vivre cette situation. Il vit avec Dominique, dont le domaine d’action est la publicité, et c’est celle-ci qui intercepte inopinément un mail destiné à François émanant d’un de ses ex-camarades de classe du collège qui a retrouvé sa trace via le site « camaradesdeclasse ».
Pour diverses raisons, plausibles, elle décide d’engager le dialogue sous le couvert de l’identité de François et à l’insu de celui-ci. Et à son corps défendant se retrouve à avoir de plus en plus d’échanges avec les anciens camarades de classe de François. On imagine facilement combien un auteur talentueux comme l’est Didier Daeninckx peut tirer parti d’un tel synopsis ! On n’est pas déçu, et dans un dénouement à double détente, il parvient à nous prendre à revers non pas sur la fin qu’on croit deviner – et qu’on devine en effet – mais sur une fin dans la fin qui là, nous prend complètement par surprise.
Ce qui est sans surprise c’est l’écriture, le style de Daeninckx ; propre, efficace et sans flamboyance. Ca risque de dater un peu d’ici 15 – 20 ans au rythme où « évolutionnent » les évolutions … mais dans l’immédiat, c’est très plaisant et c’est une prospective intéressante sur ce que certains « services » d’internet peuvent générer en retours … secondaires. Après tout, il faut bien vivre avec son temps !

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