Itinéraire d'un salaud ordinaire de Didier Daeninckx

Itinéraire d'un salaud ordinaire de Didier Daeninckx

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Laurent63, le 20 janvier 2007 (AMBERT, Inscrit le 15 avril 2005, 49 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 5 étoiles (basée sur 11 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (49 952ème position).
Visites : 7 888  (depuis Novembre 2007)

Un livre extraordinaire

Quatrième de couverture :

Clément Duprest, brillant étudiant en droit, intègre la police nationale en 1942. Contrairement à certains de ses collègues, Duprest ne "fait pas de politique" : il va se contenter de mettre au service de ses patrons son intelligence et son sens de l'observation. Au sein de la "brigade des propos alarmistes", il est chargé de repérer et de neutraliser les individus hostiles à Vichy... Ainsi commence la longue carrière d'un fonctionnaire que certains diraient irréprochable. Duprest sera mêlé, au cours de sa vie, à nombre d'événements qui ont marqué la chronique.

Ce livre est magnifique à lire, il retrace avec beaucoup de détails historiques réels, l'histoire d'un policier au sein des RG. Le lecteur découvrira la face cachée du monde du renseignement, et sera ébloui par les talents de l'auteur pour nous plonger dans les événements qui ont marqués notre histoire.
Basé en deux parties, la période de l'occupation, puis les républiques, ce roman est facile à lire, les sentiments humains sont très présents, car plus qu'une carrière, on suit aussi la vie d'un homme. Ne manquant pas d'humour, l'auteur fait passer les moments trop difficiles.
Bref ce livre est un chef-d'oeuvre de la littérature, il faut le découvrir absolument... J'ai longuement hésité pour le classer entre le roman historique et le roman policier, puis finalement je l'ai rangé dans la rubrique littérature, car à mes yeux ce roman en a toutes les lettres de noblesse.

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Les éditions

  • Itinéraire d'un salaud ordinaire [Texte imprimé], roman Didier Daeninckx
    de Daeninckx, Didier
    Gallimard / Blanche
    ISBN : 9782070779888 ; 17,75 € ; 11/05/2006 ; 320 p. ; Broché
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Un caméléon venimeux

6 étoiles

Critique de Radetsky (, Inscrit le 13 août 2009, 81 ans) - 25 septembre 2011

Je suis comme Débézed, à une différence près : je ne suis pas allé jusqu'au bout, tant je savais ce que cette ordure allait commettre à la page suivante. On peut invoquer Bousquet, les multiples crapules qui ont servi successivement deux, trois ou quatre régimes (le cas Talleyrand peut se discuter...), l'analyse désabusée d'Hannah Arendt sur la "banalité du mal", etc. etc. Nous sommes quelques uns à n'être pas tombés de la dernière pluie, à avoir peut-être éprouvé les effets des certains salauds un peu partout, à avoir beaucoup lu, beaucoup cherché ; mais c'est sans doute le privilège de l'âge. Aussi ne serai-je pas aussi sévère dans mon appréciation : mettons-nous à la place de celui qui aborde plus facilement un roman traité sur le mode "polar", plutôt qu'une thèse de 700 pages rédigée par un historien ou un sociologue sur le même sujet, ou de celui qui n'a pas de culture historique ou politique encore assez étoffée (ce sera souvent le même). Si l'éveil d'une conscience, d'une curiosité est à ce prix...pourquoi pas ? C'est le propre des ouvrages à cheval entre la littérature et un courant historique donné, qui vont de l'excellent à l'exécrable. Daeninckx est à l'équilibre, à peu près.

Dichotomique.

5 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 68 ans) - 2 octobre 2009

Trop dichotomique à mon goût, cet itinéraire. Ordinaire, l’est-il ce salaud ? Je ne sais même pas ? Mais ça fait trop démonstration à mon goût, trop « bouffeur » de flic, et de flic salaud, cqfd.
Un manque de subtilité certain, mais … peut-il y avoir de la subtilité chez un salaud ? Grave question. Et j’ai l’impression que Didier Daeninckx étendrait volontiers la question à « peut-il y avoir de la subtilité chez un flic ? » Et qu’il répondrait non. Et que je ne le suivrais pas sur ce terrain. Au conditionnel tout ceci, évidemment.
Didier Daeninckx, lui, n’est pas forcément adepte du conditionnel, ou du fictionnel, puisqu’il fait directement intervenir des « vrais gens de la vraie vie », et pas que des petites gens :

« Il longea les murs de l’ambassade américaine en se demandant encore s’il faisait bien de répondre à l’invitation pour la garden-party du nouveau Président. Il ne savait pas si son travail, dans l’ombre, avait fait battre Giscard d’Estaing ou élire François Mitterrand. La foule se pressait devant les grilles. Il identifia Gaston Defferre flanqué de Pierre Bérégovoy, et plus loin François de Grossouvre en discussion avec un homme de forte stature coiffé d’un indémodable chapeau noir. Le visage ne lui était pas inconnu, mais c’est au prix d’un intense effort qu’il parvint à faire remonter en lui les images de ce mois de juillet 1942. Il revit, comme s’il s’était agi de la veille, le secrétaire général de la préfecture de police donner ses ordres, avant la grande rafle. René Bousquet sentit qu’on l’observait. »

Du beau monde donc que Didier Daeninckx fait défiler dans ce roman qui s’étale de 1942 à 1981. De la collaboration d’un policier aux diverses compromissions durant guerres d’Indochine, Algérie, évènements de 1968, … Et donc notre Clément Duprest qui a le chic pour se mettre du « bon » côté. Du côté du manche, du côté du pouvoir, et d’accomplir les basses besognes sans états d’âme excessifs. Un beau salaud quoi. A l’itinéraire ordinaire. Selon Didier Daeninckx.

Rien de neuf !

4 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 77 ans) - 9 juillet 2009

« Oui, je suis tombé en plein dans le panneau alors qu’on ne peut pas dire que je sois né de la dernière pluie. » Didier, tu me le retires de la bouche, c’est exactement ce que je pensais en refermant ce livre, des livres sur la police française, j’en ai lus, des livres sur la résistance, j’en ai lus, des livres sur les affaires des deux dernières républiques, j’en ai lus aussi. Et pourtant, j’ai encore lu ce livre qui n’apporte cependant rien, mais alors rien, de plus à tout ce que l’on sait déjà sur l’histoire de France et de sa police au cours de la seconde moitié du siècle dernier.

Un brave inspecteur de police convaincu, appliqué et pas bête du tout intègre, en 1942, un service de la police qui traque les défaitistes et ses bonnes performances lui valent rapidement une nouvelle affectation dans un service chargé de démasquer les juifs, les communistes et les résistants. Il effectue toutes ces missions sans états d’âme particuliers, avec zèle et efficacité. La vigilance de sa belle famille lui permet de passer, à la fin des hostilités, à travers les mailles de l’épuration et de réintégrer la police où son expérience et ses compétences sont précieuses pour intervenir dans la plupart des affaires qui affectent les deux dernières républiques.

Le devoir de mémoire auquel participe ce livre est certes louable mais cinquante ans après les premiers faits rapportés, il aurait été intéressant que l’auteur nous livre quelques impressions, réflexions, explications pour que les jeunes, notamment, puissent mieux comprendre notre histoire récente. Mais, hélas, le propos reste narratif est on comprend mal le pourquoi de ce livre qui n’apporte rien de nouveau sur les faits, n’explique rien, mais stigmatise certaines personnes pour leurs errements qui sont désormais connus de tous depuis longtemps.

C’est simplement l’histoire d’un policier banal, sans sentiment, sans émotion, sans états d’âme qui pourrait incarner la police française à lui seul, et qui nous fait visiter les allées et les bas-fonds de la France de Pétain avant de soulever les jupes de la république pour en faire sortir les remugles les plus repoussants. Il y a longtemps que la presse a déjà raconté tout ça et ce policier fictif parait bien falot et bien convenu pour susciter une quelconque réaction même s’il a le bon goût de manger de la saucisse de Morteau qui, à mon avis, ne devait pas être commercialisée à Paris à l’époque des faits.

Pas d'accroche

2 étoiles

Critique de Marion1209 (Mandelieu, Inscrite le 6 mai 2005, 38 ans) - 11 juin 2009

J'ai ce livre à la maison depuis plusieurs jours.
Je le prends, je le laisse, je le reprends....

Je n'arrive pas à rentrer dans l'histoire de ce livre. Le thème a été traité plus d'une fois. Tout comme certains commentaires avant, je dirais qu'il manque quelque chose à l'histoire.

....j'ai laissé tomber et suis passée à un autre livre.


Désolée.... je m'attendais à voir un vrai salaud !!

Entre deux chaises...

7 étoiles

Critique de Mallollo (, Inscrite le 16 janvier 2006, 42 ans) - 29 mai 2009

Pendant toute la lecture de ce livre, j'étais sur le fil. J'ai trouvé ça intéressant, bien traité, pas franchement ennuyeux, mais il y manquait quelque chose...

Peut-être un fond culturel: n'étant pas française, toute la trame historique était fort nouvelle pour moi. Ça soulève l'intérêt documentaire, mais ça n'invite pas à l'"intimité" avec l'auteur ou le narrateur.

Parce que justement, comme le font remarquer beaucoup d'autres, le gros point faible de ce roman, c'est la perspective narrative. Un narrateur à la 3e personne, extérieur et lointain, osons le dire: historique. On n'est jamais invité à passer le pas de la porte de ses pensées (même en mettant des patins!), alors que c'est probablement cet aspect-là qui aurait été intéressant à lire, en plus du fond documentaire et historique. Qui aurait donné toute son épaisseur à la notion de "salaud ordinaire".

Bref, un "dommage" de frustration, parce qu'on est pas loin d'un très bon bouquin, mais l'erreur tactique de Daeninckx saute aux yeux. Et par contre, une demi-étoile supplémentaire pour le côté "people" avec les notes et anecdotes (vraies? inventées?) sur des personnages cultes (ouf, je n'ai pas eu besoin de ma dose de "Voici", ce mois-là... )

Intérêt documentaire

4 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 55 ans) - 30 mars 2009

Avec un titre comme celui-là, on s’attend à quelque chose de gluant ou du moins une succession de révélations inattendues. Ce n’est pas le cas. Le sujet de l’occupation a été exploré à maintes reprises et l’on n’apprend rien de nouveau. De même, le personnage de ce policier/fonctionnaire n’a rien de particulièrement captivant outre de se retrouver malencontreusement en fonction à un mauvais moment de l’Histoire de la France, ce qui le transforme en salaud malgré lui.

Daeninckx fait une reconstitution plate, sans attiser les émotions. Il débite froidement les événements avec un trop grand souci pour l’authenticité. L’utilisation de la première personne m’apparaît plus appropriée pour ce type d’histoire. Sous la forme d’une confession, cela aurait été moins didactique.

Banalement dangereux

5 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 50 ans) - 27 mars 2009

Ce roman porte parfaitement son titre; c'est vraiment le parcours d'un type salaud et ordinaire qui est évoqué au fil des pages, d'un homme comme il y en a des centaines. Anodin et pourtant dangereux. Autour de cet homme, il y a tout le reste, un contexte, une histoire, l'Histoire, pas forcément la plus reluisante.
Quand on pense que si de telles organisations d'interrogatoires, d'arrestations, de rouages bureaucratiques et politiques, ont pu se mettre en place grâce et surtout à ces fonctionnements humains, c'est tout de même effrayant, d'autant plus que ça se reproduit ailleurs, sous d'autres régimes.
Daeninckx semble bien connaître le sujet, il nous narre ces années par le menu et c'est certainement cela qui permet au lecteur de suivre pas à pas cet itinéraire ordinaire. Avec toutefois de ci de là des impressions de longueurs et une narration historique qui prend le dessus sur les mécanismes psychologiques et humains. C'est un peu dommage, le roman se veut documentaire mais ne parvient cependant pas à concurrencer un essai sur le sujet.

Moyen…

5 étoiles

Critique de Ludmilla (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 68 ans) - 13 février 2009

Ce n’est pas un policier, mais plutôt un roman historique(?). La seconde partie, après la Libération, m'a semblé plus intéressante que la première, mais sans plus. Je ne suis jamais vraiment « rentrée » dans ce livre…
Les romans historiques (au sens où le plus important n'est pas vraiment le roman en lui-même, mais l'Histoire) ne sont pas dans mes livres préférés, d'où probablement mon opinion très « moyenne".

Je m'ennuie et j'abandonne

1 étoiles

Critique de Gabri (, Inscrite le 28 juillet 2006, 38 ans) - 8 février 2009

Ça fait déjà plusieurs jours que j’essaie d’embarquer dans l’histoire, mais j’ai l’impression qu’il n’y a rien à faire, je n’y arrive pas du tout. Je m’ennuie, je n’ai pas envie de prendre le livre quand j’ai du temps, et je n’arrive pas même à me concentrer quand je m'y mets. Bref, je me suis arrêtée après quelque 70 pages. Peut-être ai-je simplement mal choisi le moment pour commencer cette lecture, ou alors que son statut légèrement «imposé» a joué un peu en sa défaveur. Mon avis donc est plus qu’incomplet, mais je me lance quand même…

D’abord, je ne vois pas du tout en quoi ce roman mérite d’être classé dans la catégorie des thrillers. Je ne me suis peut-être pas rendue assez loin pour bien en juger, mais je n’ai vu aucune amorce de suspense ou d’intrigue à démêler. Ce que j’ai lu résume bien le titre; on assiste à l’itinéraire d’un jeune avocat reconverti en policier de la brigade des propos alarmistes. Nous sommes dans l’action et dans les détails historiques et politiques... Ce n’est pas tellement mon genre, mais j’ignore si le récit poursuit dans la même voie ou s’il finit par laisser place à une réelle intrigue.

Finalement, je répète que je ne le terminerai pas et que mon avis ne concerne donc que les six premiers chapitres… À vous de vous créer votre propre idée!

Ordinaire, très ordinaire

6 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 66 ans) - 3 septembre 2007

En 1942, Clément Duprest, jeune diplômé en droit, est admis au sein de la Police Nationale. Il se retrouve affecté à la « Brigade des propos alarmistes » et chargé de repérer et de neutraliser les individus hostiles au régime. Il travaille avec sérieux et compétence, en parfait petit fonctionnaire. Peu avant la fin de la guerre, il donne des gages à la Résistance ce qui lui permettra de n’être que très légèrement inquiété pendant l’Epuration. Il poursuit ensuite sa carrière dans les Renseignements Généraux, participe à la lutte contre le FLN, à l’espionnage de groupuscules gauchistes en mai 68 et au démontage de la candidature Coluche en 81. Après 40 ans de bons et loyaux services, il part à la retraite avec les honneurs.
Basé sur des faits historiques incontestables, ce roman nous fait revisiter 40 ans d’Histoire de France en suivant ce parcours, somme toute banal, ordinaire, celui d’un fonctionnaire de police qui a servi honnêtement tous les régimes successifs sous lesquels il a pu se trouver… Alors pourquoi ce titre « Itinéraire d’un salaud ordinaire » ? Pourquoi ce jugement de valeur, cette insulte « salaud » ? Cet homme quelconque n’a pratiqué ni la torture ni la prévarication, ni le détournement de fonds et ne fut jamais personnellement responsable de la déportation des juifs… alors… Nous qui nous permettons de juger et de condamner, comment aurions-nous réagi si nous nous étions trouvé dans des circonstances identiques ? Il y eut à l’époque moins de 10% de vrais résistants (ceux de la première heure, pas ceux de la fin août 44…), y en aurait-il plus aujourd’hui ? Et que fallait-il faire à la Libération ? Fusiller les 90% de collabos… On se pose des questions sur les intentions de l’auteur..
Très bien documenté et souvent honnête dans la présentation (Daenninckx ne fait pas l’impasse sur le pacte germano-soviétique et ses conséquences contrairement à tant d’autres…) ce roman est intéressant, facile à lire, peut-être même utile à certains lecteurs peu versés sur la période, encore qu’il soit loin du niveau de « La vie des Français sous l’Occupation » du regretté Henri Amouroux). Petite critique : le « héros » est falot et peu attachant-ce qui est sans doute voulu- et l’histoire est on ne peut plus banale et convenue, ce qui est plus regrettable.

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