La cliente de Pierre Assouline
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
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L'histoire d'une colère imprévue
Une cinquantaine d’années après la guerre, un historien fait des recherches sur la vie d’un écrivain dans des archives de guerre, en principe inconsultables.
Il tombe par hasard sur une lettre de dénonciation qui va l'intriguer d'abord, puis l’obséder petit à petit jusqu’à friser la folie : il veut comprendre, pourquoi quelqu’un est amené à dénoncer, quelle haine le pousse ? quelle jalousie ? quelle vengeance ? y a-t-il une ou plusieurs explications ?
comment fait-on et qui est-on pour vivre avec ce souvenir dans le ventre ? Comment vivre encore, côtoyer et croiser le regard des survivants de la famille déportée ?
Il y a dans ce roman un crescendo de la colère et de l’indignation extraordinaire. Il ne faut pas s'arrêter au début du livre, qui est un peu lent à démarrer.
Assouline écrit excessivement bien, ce qui donne d’autant plus de plaisir à le lire.
Ce livre a obtenu le prix Wizo (1999), c'est bien la moindre des choses.
Les éditions
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La cliente [Texte imprimé] Pierre Assouline
de Assouline, Pierre
Folio / Collection Folio
ISBN : 9782070412747 ; 6,90 € ; 04/04/2000 ; 189 p. Poche
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Les critiques suivantes (3)
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les apparences peuvent être trompeuses
Critique de Clubber14 (, Inscrit le 1 janvier 2010, 34 ans) - 4 mai 2026
Tout d'abord la plume extraordinaire de l'auteur. Il fait virevolter les mots, utilise des citations à bon escient, joue avec les expressions. Une écriture tout simplement magnifique. Un texte d'environ 200 pages, ni trop long ni trop court, à peine plus d'une longue nouvelle et qui ne se perd pas en longueurs inutiles.
Ensuite pour le parallèle autobiographique fort qu'il représente : Assouline est biographe comme le personnage principal, sa famille (juive) a été dénoncée pendant la Guerre, comme dans son roman. Il s'agit donc en quelque sorte d'un roman autobiographique, pour moi les plus forts émotionnellement.
Poursuivons par le récit en lui-même, haletant avec des rebondissements, une enquête journalistique réalisée par le personnage principal qui nous prend aux tripes. Il ne s'agit pas d'un roman policier ni d'un page-turner à l'américaine mais pourtant on ne peut poser le roman avant de l'avoir achevé.
Enfin pour la morale de l'œuvre. Je ne souhaite pas spoiler donc je ne dirai rien à ce sujet mais la dualité de l'Homme le rend plus complexe qu'il n'y paraît.
Une lecture coup de cœur, un peu comme j'ai pu le connaître avec "Inconnu à cette adresse" de Kathrine Kressmann, en plus sur le même sujet de l'Occupation et de la délation. A mettre entre toutes les mains...
Absolument nécessaire !
Critique de Clarabel (, Inscrite le 25 février 2004, 50 ans) - 11 mai 2004
Aussitôt le narrateur décide de mener sa propre enquête, de retrouver l'auteur de la lettre anonyme, de connaître le destin de cette famille juive dénoncée (puis déportée), et de comprendre, de connaître les mobiles de cette société en déroute dans les années 40.
L'homme tombe dans une spirale infernale : de chercheur, il devient enquêteur, inquisiteur obsessionnel, vengeur masqué avant l'effet de boomerang. Cette histoire écrite par Pierre Assouline, lui-même biographe et romancier, est rondement menée. Plus qu'un roman, "La cliente" est une enquête presque policière, car l'enquêteur s'investit d'une mission d'investigation pernicieuse. Le crime dans ce livre est la délation, la dénonciation anonyme, phénomène hélas courant et abject au yeux du héros. Pour comprendre le fin mot de ce terrible dossier, il ira au-delà des limites de son travail et de toute moralité. Condamner avant de juger, sera-ce son crime à lui ?
"La cliente" de Pierre Assouline est à mettre entre toutes les mains. Ce livre met en lumière un pan honteux de l'Histoire: le comportement de la société pendant l'Occupation allemande, de l'administration aux gens ordinaires. "On peut tout dire, mais peut-on tout entendre? Méditation sur la banalité du mal, ce récit est celui d'un obsessionnel que la volonté de comprendre a failli faire basculer de l'autre côté du miroir." Un livre inscrit pour la Mémoire.
Un fléau !
Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 81 ans) - 19 juillet 2001
J'ai appris par la suite que la délation était un vrai problème pour certaines institutions, car elles en étaient inondées ! Certaines, ils ne les vérifiaient même pas et elles allaient directement à la poubelle. D'autres faisaient l'objet d'une vérification de "routine" et, le cas échéant étaient vite abandonnées. Par contre, certaines étaient vérifiées à fond et donnaient parfois "d'excellents résultats" !... Le phénomène est toujours le même: l'envie, la jalousie, l'aigreur, la rage que le voisin puisse avoir plus que vous ! C'est ce que l'on appelle "l'éternel humain". Si la peur devait s'y ajouter, alors les postes ne suffiraient sans doute plus !...
Au Diable les illusions !...
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