Les 120 journées de Sodome de Donatien Alphonse François de Sade

Les 120 journées de Sodome de Donatien Alphonse François de Sade

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Elric, le 1 juin 2001 (Boussu, Inscrit le 15 mai 2001, 44 ans)
La note : 5 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 12 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (22 536ème position).
Visites : 4 835  (depuis Novembre 2007)

Au delà de l'immonde...

"Les 120 journées de Sodome" ce n'est pas vraiment un livre. C'est plutôt une expérience littéraire totale.
Ayant lu énormément de romans d'horreur dans ma jeunesse ( y compris ceux de la collection "Gore" tel que "Blood Sex" ou "L’écho des suppliciés") je me croyais naïvement prêt à tout accepter, à tout supporter. Erreur! Sade fait pire, ou mieux, c'est selon, que l'intégrale des tâcherons du Fleuve Noir en détaillant 600 ( ! ) perversions sexuelles classées en une répugnante gradation. Est-ce un roman pornographique? Oui, cent fois, oui ! Est-ce un roman érotique? Absolument pas ! La seule émotion procurée est un dégoût total devant cet étalage de pratiques dégueulasses. Et je pèse mes mots. Comprenez moi bien, le sado-masochisme peut-être terriblement érotique sous la plume de Reague ("Histoire d'O") ou Jean De Berg ("l'image", un des romans coquins les plus frais et sensuel que je connaisse) mais sous celle de Sade il ne procure qu'ennui. L'accumulation de détails coprophages et scatologiques achèvera les plus endurcis. Quand au style, je me permet de dire que j'y vois peu de différence avec n'importe quel plumitif de magazine pour hommes, les pages multipliant les descriptions où abondent des tournures aussi recherchées que (attention, ça va être vulgaire!) :"l’évêque encula le jeune homme avec son énorme vit pendant que Sophie lui chiait dans la bouche en se branlant le clito". Tout ça est vite insupportablement pénible, et finalement bien moins intéressant que "la Philosophie dans le Boudoir" où l'on trouvait une réflexion libertine intéressante. A lire, peut-être, mais par curiosité. (Le film de Pasolini qui est tiré du roman est plus soft mais malgré tout largement choquant!).

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Du grand n'importe quoi

8 étoiles

Critique de Marlène (Tours, Inscrite le 15 mars 2011, 40 ans) - 17 décembre 2011

Ce livre part dans tous les sens à mon goût , surtout à la fin . Il y a des trucs difficile à oublier , en lisant ce livre on se dit que finalement nous (enfin la plupart des gens) sommes bien simples dans nos plaisirs ! Tout y passe et les personnages meurent à la fin de façon bien compliquée ou irréaliste mais ça m'a fait sourire . En prison il fallait bien que le Marquis s'amuse comme il pouvait !

Le fascisme avant la lettre

2 étoiles

Critique de Radetsky (Massieu, Inscrit le 13 août 2009, 75 ans) - 27 septembre 2011

Comme on ne peut pas rédiger autant de critiques qu'il y a d'ouvrages cités du "divin marquis", je choisis donc cet écrit qui a été porté au cinéma par Pier Paolo Pasolini, sans fard ni complaisance pourrait-on dire. Nul besoin d'en faire des tonnes : la description détaillée et complaisante de la violence, qu'elle ait pour prétexte le sexe ou tout autre pulsion ou instinct, ne traduit que l'apologie indiscutée de la domination . Domination d'un sexe sur un autre, d'une classe sur les autres, d'une culture, d'une fortune, etc. etc. Tout être humain "disponible" doit être soumis à la volonté, aux fantasmes, aux délires de puissance d'une catégorie d'individus (en l'occurence la noblesse, M. le Marquis en faisant partie), ne laissant au "reste" qu'une issue, qu'un destin : la souffrance et la mort. Ce schéma de fonctionnement est le squelette, la trame unique sur laquelle tout le reste se bâtit. Et il n'est pas inutile de constater que les laudateurs de Sade se sont recrutés de tout temps parmi la bourgeoisie - dont une grande partie de grands écrivains français, tout occupés d'esthétisme comme de coutume - qui trouva chez lui sans doute un prétexte supplémentaire pour s'identifier à la noblesse, ancienne classe dominante. C'est la brutalité absolue de l'Übermensch sur l'Untermensch , promu tel arbitrairement par ceux que ça arrange selon les conditions historiques et sociales du moment. Cette brutalité se retrouve, déclinée sous des aspects variés, en économie, en politique, dans la famille. Encore une fois, ceux qui se sentent émoustillés ou curieux de pareils débordements psychopathiques sont à côté de la plaque : on n'est pas seulement face à d'aimables passe-temps graveleux pour oisifs fortunés qui s'ennuient, mais à un véritable système destiné à soumettre et détruire les autres. Il y a donc une dimension pédagogique indéniable, au sens et à la portée politiques (qui n'avait nullement échappé à M. le Marquis, d'ailleurs), utile à qui veut pénétrer les rouages et les racines perverses du pouvoir, de tout pouvoir. Sade constitue un cas d'étude clinique, médical ou politique, rien d'autre. La littérature doit ici capituler, n'en déplaise aux Gide, Leiris, Sollers et consorts, bavant d'admiration du haut de leurs glandes endocrines et aveugles quant au reste. Il est curieux que ce type n'ait pas "perdu la tête" entre 1792 et 1794... alors que les Condorcet, Malesherbes et d'autres y laissaient la leur !

La vache !

8 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 35 ans) - 29 mars 2008

Je n'aurais jamais imaginé un livre aussi choquant pour son âge. Renversant, cru, porno...dégueulasse...mais aussi très fort.

les lois de la Nature

1 étoiles

Critique de B.Josef (, Inscrit le 17 juin 2004, 31 ans) - 22 septembre 2005

Le bossu qui nait bossu doit à la nature son handicap et ne pourrait s'en débarrasser. De même le pervers qui nait pervers doit à la nature une telle caractéristique et ne saurait s'en débarrasser. Mais surtout Sade est d'avis qu'il serait contraire à l'ordre naturel (injection d'une morale non-chrétienne, et non-humaniste, car ni théocentrée, ni humanocentrée - pardon pour le néologisme -, mais appel tout de même à une transcendance - où la Nature devient une divinité = un ordre) de se défaire d'une telle caractéristique. La question n'est pas de savoir comment on se débarrasse d'une éventuelle perversion, mais pourquoi.
On est donc loin du sens étymologique de "perversion" qui signifie "détourné de la règle", car pour le pervers, elle est la règle même.
La doctrine philosophique de Sade (au sens où il est étudié en philosophie) est donc : la perversion n'est pas un attribut différent d'une bosse (caractéristique physique), et doit être cultivée (on s'éloigne de la nature - ah, le défaut des langues ! -) sans honte, car la nature pourvoit les êtres de caractéristiques sans les pourvoir de perspectives de valeurs, car dans la Nature ("N"), il ne saurait y avoir de telles fantaisies dont se flatte l'esprit humain.

Par ailleurs, certains aphorismes tirés de l'oeuvre de Sade sont très intéressants.

Ce principe vaut pour toutes les oeuvres utiles autant qu'ignobles, inadmissibles, exaspérantes (car très mal écrites), du "divin marquis".

Ne nous fourvoyons donc pas sur les prétendues démonstrations de D.A.F. de sade... homme terrible qui passa quelquefois à l'acte (de façon plus mesurée que dans ses livres, en violant une bonne avec un crucifix par exemple - à moins que la légende ne l'emporte sur l'histoire)

PS : je ne note pas le livre car je ne sais pas sur quel point le noter :

littéraire : 0
philosophique : une doctrine même ignoble est toujours précieuse voire sans prix

Dictionnaire du vice et de la perversion

7 étoiles

Critique de FightingIntellectual (Montréal, Inscrit le 12 mars 2004, 35 ans) - 20 mai 2005

Je crois que je ne me suis jamais autant dépêché pour finir un livre. Sans outrepasser de détails, j'avais hâte de venir à bout de ce bal de la scatophilie.

Je n'ai rien contre Sade, ni contre le sexe, ni contre la violence et la torture (pourvu qu'elle soit confinée a un roman)... mais dans mon monde étroit, lorsque les mots "sexe" "bouche" et "merde" se retrouvent trop souvent dans la même phrase, je me mets à péter les plombs. Non mais combien de kilos de merde et de litres d’urine est-ce que Blangis, Curval, Durcet et compagnie ingurgitent pendant ces 450 pages? C'est astronomique!

Cependant là s'arrêtent mes griefs. Ce livre n'est pas sans intérêts et soulève selon moi des questions intéressantes. Sachant que Sade a écrit tout cela en seulement 37 jours, cela confirme quelque peu que l'écriture de ce livre fut fait sous le coup d'une grande colère. Un peu comme s'il voulait répliquer a la mise a l'index d'un de ses précédents récits. La narration y est féroce et la provocation y dépasse tout entendement.

La partie selon moi la plus intéressante se trouve dans les cent dernières pages où la Martaine et la Desgranges font des récits de tortures et de meurtres qui mettent BEAUCOUP de choses en perspective face aux oeuvres plus violentes de la littérature et du cinéma au XXe siècle. Comme l'indique mon titre, les vices y sont catalogués avec une rigueur à en faire pâlir un archiviste.

Là est le plus gros attrait des 120 Journées de Sodome selon moi. Cette oeuvre est témoin de la violence bestiale et intemporelle de l'être humaine. Ce livre crache au visage des associations pudibondes qui dénoncent l'explosion de violence à la télé au cinéma et dans la littérature au XXe siècle. Explosion, quelle explosion? Le XXe siècle n'as donné à la race humaine que la conséquence envers ses plus bas instincts.

Non, les 120 Journées de Sodome n'est pas une lecture agréable, mais elle est nécessaire, elle expose 220 ans avant son temps le caractère bestial de ce qu'on appelle l'être humain.

Thérapie de choc

9 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 49 ans) - 30 novembre 2004

Les gens qui lisent Sade s’arrêtent souvent à l’aspect pornographique de ses écrits. Pourtant, le sujet central est le pouvoir et la morale. Dans ce titre en particulier, il dépasse toutes les bornes pour nous mettre en plein visage le côté noir de l’âme humaine. Qu’on le veuille ou non, nous sommes des animaux et Sade prend un malin plaisir à nous le rappeler, car il sait qu’en chacun de nous le sadisme existe sous une forme ou une autre.

Le moment le plus génial vient lorsqu’il énumère des listes de supplices infligés aux victimes. Le lecteur est alors complice de la pensée de Sade. Les personnages perdent leurs identités et deviennent des morceaux de viande. C’est sublime !

N’avez vous pas soudainement le désir de me faire mal après ce paragraphe ?

Un ouvrage très dur, très cru mais qui sera toujours d’actualité dans un monde qui s’accrochera à jamais à la noble illusion d’une planète parfaite. Pasolini s’est fait assassiner par les gens de bonne morale pour avoir tourné un film basé sur ce livre. Ce faisant, ses meurtriers n’ont fait qu’ajouter à la légende de Sade et appuyer son propos en démontrant que même ceux qui se croient les plus droits, sont capables du pire. Ironique…

Comme Pendragon

5 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans) - 15 juin 2001

je ne sais pas quel était le but exact de Sade, mais je suis bien d'accord quant à l'avis de Pendragon. Mieux vaut le sexe que la violence (pour autant que l'idée ne vienne pas d'associer les deux !). Peut-être est-ce l'église catholique qui, de sa lourde empreinte sur notre civilisation, a fait du sexe un sujet à bannir. Cela dit, l'hypocrisie des anglo-saxons, plutôt protestants, n'est pas mal non plus dans le genre ! Mais l'origine est la même...

Une réponse qui en vaut une autre...

5 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans) - 15 juin 2001

Ton seul but était de faire de la provocation mais, tant qu'à faire... sauve le monde et reste vierge ! Mais sans nous !...

qui se fourvoie ?

9 étoiles

Critique de Pendragon (Liernu, Inscrit le 26 janvier 2001, 47 ans) - 15 juin 2001

J'aimerais qu'un jour, un philosophe, un vrai, m'explique pourquoi diable le sexe est à ce point un sujet tabou... alors que la violence ne l'est pas !!! Tout le monde connait les Terminator, les Rambo et autres Robocop dès l'âge de 12 ans... mais le sexe, ah, le sexe... qu'est-ce qu'ils y connaissent !? Pour moi, c'est une erreur de la part de notre société de banaliser la violence et de proscrire le sexe... Peut-être était-ce cela que Sade voulait démontrer...

quelle honte

5 étoiles

Critique de Pétoman (Tournai, Inscrit le 12 mars 2001, 42 ans) - 14 juin 2001

Quelle honte de faire ainsi l'apologie du sexe. Seule la virginité sauvera le monde.

Changement de tactique

6 étoiles

Critique de Curiosa (Tilff, Inscrit le 25 mai 2001, 41 ans) - 6 juin 2001

Les 120 journées de Sodome, c'est à mon avis le livre par lequel Sade à décidé de vraiment choquer. Peut-être s'était-il rendu compte que pour changer les mentalités très faiblement, il fallait bousculer les gens de manière profonde.
C'est vrai, ce livre est insupportable. Et c'est là que réside la preuve que notre monde moderne à encore des efforts à accomplir pour atteindre une ouverture d'esprit totale.
J'ai également lu ce livre. J'ai rougi. J'ai été 100 fois tenté d'interrompre ma lecture. Finalement, attiré par le sordide peut-être, j'ai continué. Croyez-moi, à terme c'est une lecture libératrice. Elle vous permettra de ne plus être choqué par des livres mièvres qui cependant vous faisaient rougir autrefois. Et puis vous saurez au moins que cela existe. Peut-être même arriverez-vous à ne pas porter de jugement moral. Car c'était cela le but de Sade : arrêter d'emprisonner la nature humaine dans une prison morale.
Ce n'est certainement pas un ouvrage philosophique mais n'est-ce pas une arme pour la philosophie sadienne?

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