Alors, la question est: faut-il s'en réjouir?
L'exemple de nos sociétés en perte de foi n'est pas toujours rassurant.
Assister Ă une messe en plein coeur de l'Afrique subsaharienne, oĂč le dĂ©nuement est la norme, oĂč la mort est une compagne quotidienne avec laquelle les humains sont familiers, amĂšne Ă se poser rĂ©ellement la question en tant qu'athĂ©e quand on voit ce qu'apporte Ă la solidaritĂ© , Ă l'organisation sociale, le prĂȘche enthousiaste du prĂȘtre. Les valeurs de partage, de respect, de soi et des autres, d'entraide et de solidaritĂ© pour lutter contre l'isolement, synonyme de mort dans ces sociĂ©tĂ©s gangrĂ©nĂ©es par la pauvretĂ©, sont transmises par la religion, je l'ai constatĂ© en personne et Ă de nombreuses reprises.
Tu te contredis encore.
Ignorance, pauvretĂ©, conditions d'hygiene et de santĂ© dĂ©plorables sont justement les principales caractĂ©ristiques de ces pays africains. Ce sont aussi ce genre de sociĂ©tĂ©s oĂș les religions sont le plus importante... Pour quelqu'un qui croit si fermement en l'Ă©ducation ton propos est surprenant ! SolidaritĂ© ? Pardon mais les religions sont plus qu'une affaire de solidaritĂ© : elles sont une facon de penser (la foi au surnaturel), et leur produits -Christianisme, Islam, juju, sorcellerie...- sont justement parmi les flĂ©aux qui asservissent l'Afrique. Je l'ai aussi "constatĂ© en personne et a de nombreuses reprises" ;-)
Comme un cheveu sur la soupe,
...
Il suffit comme câest mon cas de cĂŽtoyer au quotidien lâhumanitĂ© en devenir, c'est-Ă -dire les enfants de primaire.
...
la transmission Ă©ducative comme unique planche de salut pour lâhumanitĂ©.
...
Un peu de magie par lĂ -dessus, et la religion sâinstalle
Des cheveux comme toi, référence parler, Papyrus, on en veut plein sur notre soupe⊠;-))
Ton tĂ©moignage est dâautant plus intĂ©ressant quâil Ă©mane de ton expĂ©rience de terrain, ce qui est toujours mieux que des considĂ©rations trouvĂ©es dans des livres.
Je partage entiĂšrement ton avis sur lâĂ©ducation et la transmission des valeurs, disons, de notre culture. Depuis deux gĂ©nĂ©rations ces valeurs ne sont plus de mises, elles ne se transmettent plus. Mentir, câest rusĂ©, câest se montrer malin. Voler câest permis : quand on nâa pas les moyens, on doit se fait justice. Respecter les autres, nâa aucun sens : quand on est le plus fort, on se sert le premier et tant pis sâil ne reste rien pour les derniers. Si les derniers veulent une petite part, quâils se rangent du cĂŽtĂ© du plus fort !
Câest le retour Ă la barbarie. Comme tu le dis trĂšs bien.
Je suis le premier Ă dire que ces valeurs, disons les valeurs de lâhumanisme pour contenter tout le monde, doivent sâenseigner dans les Ă©coles. Mais si elles ne sont pas inculquĂ©es, au dĂ©part, dans les familles, câest impossible. Les Ă©ducateurs parlent dans le vide.
Sans y trouver, nĂ©cessairement, une relation de cause Ă effet, je constate que lâabandon de ces valeurs correspond avec lâabandon de la religion.
Je ne suis pas dâaccord quand tu dis que la religion ajoute un peu de magie par lĂ -dessus.
Ces valeurs avaient Ă©tĂ© prĂȘchĂ©es par des sages depuis la nuit des temps. Mais qui Ă©tait accrĂ©ditĂ© pour dire que ces sages avaient raison ? Personne, si ce nâest, peut-ĂȘtre, le plus grand nombre. Mais, justement, le plus grand nombre nâa jamais Ă©tĂ© dâaccord ; ces valeurs sont terriblement contraignantes et ces sages ont toujours prĂȘchĂ© dans le dĂ©sert. Toute lâHistoire de lâhumanitĂ© est lĂ pour le dĂ©montrer. Une Histoire loin dâĂȘtre terminĂ©e, tant sâen faut !
Mais pour les chrĂ©tiens, câest diffĂ©rent. Toutes ces valeurs avaient Ă©tĂ© prĂŽnĂ©es par un sage, un sage parmi les autres, quâon appelait JĂ©sus ; jusquâau moment oĂč ceux qui croyaient en lui, ont eu la rĂ©vĂ©lation que ce sage Ă©tait Dieu. Si bien que ces valeurs sont devenues Ă©ternelles et sacralisĂ©es. Ce nâĂ©tait plus Ă prendre ou Ă laisser. Elles devenaient le seul salut de lâhumanitĂ©, parce qu'elles Ă©taient voulues par son CrĂ©ateur.
Non, non, la religion nâest pas un peu de magie mais, au dĂ©part, câest vrai quâil faut un acte de foi.
J'ai enfin lu ce livre qui s'est avéré trÚs intéressant (mais pas toujours simple).
Comme l'avait dit Elya, le livre traite de la maniĂšre dont les Français (ou plutĂŽt un Ă©chantillon) comprennent la thĂ©orie de l'Ă©volution. Comme on s'en doutait, ils ne la comprennent pas ou plutĂŽt la comprennent trĂšs mal. Leurs croyances s'apparentent plutĂŽt au transformisme de Lamarck qui pensait que les ĂȘtres vivants Ă©voluaient mais que certains facteurs les poussaient Ă s'adapter. Ce qui n'a rien Ă voir avec la thĂ©orie de Darwin.
Le vocabulaire ou les représentations utilisés dans une revue de vulgarisation scientifique, comme Science et vie, dans des manuels scolaires ou dans un courrier des lecteurs montrent la difficulté de se détacher de certains éléments que la théorie de Darwin a totalement remis en question :
- l'anthropocentrisme (l'homme n'est pas le point culminant de l'évolution) ;
- l'essentialisme (la limite entre les espĂšce est floue et en constante Ă©volution : il vaut mieux parler de population vivant dans un mĂȘme milieu);
- l'Ă©chelle des ĂȘtres (il n'y a pas de hiĂ©rarchie entre les ĂȘtres vivants, ni aujourd'hui ni Ă travers l'histoire ; tous sont adaptĂ©s Ă leur milieu Ă un moment donnĂ©);
- le finalisme ou explication téléologique (l'évolution n'a pas de but, n'est guidée par aucune cause finale, il n'y a pas de progrÚs, seulement du hasard).
Ce qui m'intĂ©resse en particulier, comme je l'ai dit plus haut, c'est de constater les Ă©normes difficultĂ©s qu'on rencontre pour exprimer la thĂ©orie de Darwin avec le langage humain dont on a hĂ©ritĂ©, qui traduit un mode de pensĂ©e millĂ©naire radicalement diffĂ©rent. C'est ce qui rend la thĂ©orie de l'Ă©volution si compliquĂ©e Ă saisir alors qu'elle est, dans le fond, trĂšs simple (mais en totale contradiction avec nos intuitions). Elle inverse complĂštement les modes de pensĂ©e de l'ĂȘtre humain et remet mĂȘme en question le langage dont il faut bannir tout ce qui exprime la causalitĂ©, la volontĂ© et la subjectivitĂ©.
On avait dĂ©jĂ Ă©voquĂ© l'ambigĂŒitĂ© du mot "Ă©volution" qui ne signifie pas du tout "amĂ©lioration". MĂȘme le mot "adaptation" ne convient pas vraiment puisqu'il porte sur son suffixe une idĂ©e d'action et de volontĂ© chez "celui qui se retrouve adaptĂ©", idĂ©e complĂštement Ă©trangĂšre Ă la thĂ©orie de l'Ă©volution (mais pas au Lamarckisme). Tous les verbes pronominaux doivent ĂȘtre supprimĂ©s pour en parler et le passif traduit mieux l'absence de volontĂ© dans le processus du changement.
A mon avis, on ne peut pas dire "cet animal s'adapte à ce nouveau milieu" mais plutÎt quelque chose comme "cet animal se retrouve adapté à ce nouveau milieu" (ce qui ne va pas de soi ^^).
Je vous copie l'extrait d'un courrier d'un lecteur de Science et Vie, qui défend le Lamarckisme contre le Darwinisme, assez marrant par le vocabulaire qu'il emploie :
"la condamnation du nĂ©o-crĂ©ationnisme par les nĂ©o-darwinistes...ne manque pas de cocasse : une thĂ©orie de l'Evolution se trouve accusĂ©e de faire intervenir Dieu par une autre thĂ©orie de l'Evolution faisant elle-mĂȘme intervenir un autre agent pas plus prouvĂ©, en l'occurrence , le hasard.
L'auteur a soulignĂ© le mot "agent" car le lecteur parle de hasard en tant qu'"ĂȘtre agissant". Difficile de perdre les bonnes vieilles habitudes ^^...
Comme l'avait dit Elya, le livre traite de la maniĂšre dont les Français (ou plutĂŽt un Ă©chantillon) comprennent la thĂ©orie de l'Ă©volution. Comme on s'en doutait, ils ne la comprennent pas ou plutĂŽt la comprennent trĂšs mal. Leurs croyances s'apparentent plutĂŽt au transformisme de Lamarck qui pensait que les ĂȘtres vivants Ă©voluaient mais que certains facteurs les poussaient Ă s'adapter. Ce qui n'a rien Ă voir avec la thĂ©orie de Darwin.
Le vocabulaire ou les représentations utilisés dans une revue de vulgarisation scientifique, comme Science et vie, dans des manuels scolaires ou dans un courrier des lecteurs montrent la difficulté de se détacher de certains éléments que la théorie de Darwin a totalement remis en question :
- l'anthropocentrisme (l'homme n'est pas le point culminant de l'évolution) ;
- l'essentialisme (la limite entre les espĂšce est floue et en constante Ă©volution : il vaut mieux parler de population vivant dans un mĂȘme milieu);
- l'Ă©chelle des ĂȘtres (il n'y a pas de hiĂ©rarchie entre les ĂȘtres vivants, ni aujourd'hui ni Ă travers l'histoire ; tous sont adaptĂ©s Ă leur milieu Ă un moment donnĂ©);
- le finalisme ou explication téléologique (l'évolution n'a pas de but, n'est guidée par aucune cause finale, il n'y a pas de progrÚs, seulement du hasard).
Ce qui m'intĂ©resse en particulier, comme je l'ai dit plus haut, c'est de constater les Ă©normes difficultĂ©s qu'on rencontre pour exprimer la thĂ©orie de Darwin avec le langage humain dont on a hĂ©ritĂ©, qui traduit un mode de pensĂ©e millĂ©naire radicalement diffĂ©rent. C'est ce qui rend la thĂ©orie de l'Ă©volution si compliquĂ©e Ă saisir alors qu'elle est, dans le fond, trĂšs simple (mais en totale contradiction avec nos intuitions). Elle inverse complĂštement les modes de pensĂ©e de l'ĂȘtre humain et remet mĂȘme en question le langage dont il faut bannir tout ce qui exprime la causalitĂ©, la volontĂ© et la subjectivitĂ©.
On avait dĂ©jĂ Ă©voquĂ© l'ambigĂŒitĂ© du mot "Ă©volution" qui ne signifie pas du tout "amĂ©lioration". MĂȘme le mot "adaptation" ne convient pas vraiment puisqu'il porte sur son suffixe une idĂ©e d'action et de volontĂ© chez "celui qui se retrouve adaptĂ©", idĂ©e complĂštement Ă©trangĂšre Ă la thĂ©orie de l'Ă©volution (mais pas au Lamarckisme). Tous les verbes pronominaux doivent ĂȘtre supprimĂ©s pour en parler et le passif traduit mieux l'absence de volontĂ© dans le processus du changement.
A mon avis, on ne peut pas dire "cet animal s'adapte à ce nouveau milieu" mais plutÎt quelque chose comme "cet animal se retrouve adapté à ce nouveau milieu" (ce qui ne va pas de soi ^^).
Je vous copie l'extrait d'un courrier d'un lecteur de Science et Vie, qui défend le Lamarckisme contre le Darwinisme, assez marrant par le vocabulaire qu'il emploie :
"la condamnation du nĂ©o-crĂ©ationnisme par les nĂ©o-darwinistes...ne manque pas de cocasse : une thĂ©orie de l'Evolution se trouve accusĂ©e de faire intervenir Dieu par une autre thĂ©orie de l'Evolution faisant elle-mĂȘme intervenir un autre agent pas plus prouvĂ©, en l'occurrence , le hasard.
L'auteur a soulignĂ© le mot "agent" car le lecteur parle de hasard en tant qu'"ĂȘtre agissant". Difficile de perdre les bonnes vieilles habitudes ^^...
Donc, si je comprends bien, le mot d'évolution on devrait le réserver au "milieu" plutÎt qu'aux bestioles et bestiaux qui peuplent le "milieu". Le milieu évoluant, certains se retrouvent mieux que d'autres adaptés au nouveau milieu...
Exemple: il y a dans le grand nord (encore plus au nord que valenciennes) des petis lapins à la fourrure immaculée qui se rient de leurs prédateurs grùce à leur technique de camouflage. Or la glace fond, la banquise se dérobe, le permafrost est décongelé... Les petits lapins blancs se fond décimer, seuls deux survivent (appelons-les Adam lapin et Eve lapin), nés avec une "anomalie" génétique et les poils marron. Ils repeuplent le grand nord avec des petits lapins au pelage foncé... jusqu'à la nouvelle Úre glaciaire !
Le hasard a permis que certains s'en sortent mieux, car mieux adaptés au nouveau milieu. Mais est-ce le hasard qui a fait évoluer le milieu ? Dans un exemple comme celui-ci, il me semble que l'homme en général est bien un "agent" : sans nos quintaux de CO2, pas de fonte... Et sans fonte, les petits lapins marron se seraient fait bouffer tous crus !
Exemple: il y a dans le grand nord (encore plus au nord que valenciennes) des petis lapins à la fourrure immaculée qui se rient de leurs prédateurs grùce à leur technique de camouflage. Or la glace fond, la banquise se dérobe, le permafrost est décongelé... Les petits lapins blancs se fond décimer, seuls deux survivent (appelons-les Adam lapin et Eve lapin), nés avec une "anomalie" génétique et les poils marron. Ils repeuplent le grand nord avec des petits lapins au pelage foncé... jusqu'à la nouvelle Úre glaciaire !
Le hasard a permis que certains s'en sortent mieux, car mieux adaptés au nouveau milieu. Mais est-ce le hasard qui a fait évoluer le milieu ? Dans un exemple comme celui-ci, il me semble que l'homme en général est bien un "agent" : sans nos quintaux de CO2, pas de fonte... Et sans fonte, les petits lapins marron se seraient fait bouffer tous crus !
sans nos quintaux de CO2, pas de fonte... Et sans fonte, les petits lapins marron se seraient fait bouffer tous crus !
Si, ça fondrait quand mĂȘme car le phĂ©nomĂšne est cyclique, je fond, je gĂšle, je fond, etc. etc. le tout est d'apprendre si nous accĂ©lĂ©rons le phĂ©nomĂšne ou non, lequel dĂ©pend Ă la base de multiples facteurs (prĂ©cessions des Ă©quinoxes, taches du soleil, Ă©changes thermiques mer/air, explosions de volcans Ă rĂ©pĂ©titions ou Ă©panchements de magma, etc. ).
Donc, si je comprends bien, le mot d'évolution on devrait le réserver au "milieu" plutÎt qu'aux bestioles et bestiaux qui peuplent le "milieu". Le milieu évoluant, certains se retrouvent mieux que d'autres adaptés au nouveau milieu...
Exemple: il y a dans le grand nord (encore plus au nord que valenciennes) des petis lapins à la fourrure immaculée qui se rient de leurs prédateurs grùce à leur technique de camouflage. Or la glace fond, la banquise se dérobe, le permafrost est décongelé... Les petits lapins blancs se fond décimer, seuls deux survivent (appelons-les Adam lapin et Eve lapin), nés avec une "anomalie" génétique et les poils marron. Ils repeuplent le grand nord avec des petits lapins au pelage foncé... jusqu'à la nouvelle Úre glaciaire !
Le hasard a permis que certains s'en sortent mieux, car mieux adaptés au nouveau milieu. Mais est-ce le hasard qui a fait évoluer le milieu ? Dans un exemple comme celui-ci, il me semble que l'homme en général est bien un "agent" : sans nos quintaux de CO2, pas de fonte... Et sans fonte, les petits lapins marron se seraient fait bouffer tous crus !
Si on dĂ©finit le hasard comme "la rencontre de deux sĂ©ries causales indĂ©pendantesâ, alors on peut encore parler de hasard puisque la fonte des glaciers est due Ă un rĂ©chauffement climatique lui-mĂȘme dĂ», dit-on, Ă l'activitĂ© humaine, tandis que les lapins blancs disparaissent parce qu'ils sont mangĂ©s par des prĂ©dateurs qui les voient sur la terre brune. Il n'y a pas d'intention chez l'homme de faire disparaĂźtre les lapins blancs (sauf des chapeaux ;-)).
En fait le problĂšme est le mĂȘme si tu prends un Ă©vĂ©nement "naturel" Ă l'origine d'un changement climatique comme l'explosion d'un super-volcan entraĂźnant la chute des tempĂ©ratures Ă cause de ces cendres qui voileraient le soleil.
On peut toujours trouver une cause indirecte mais pas un dessein ou une finalité.
sans nos quintaux de CO2, pas de fonte... Et sans fonte, les petits lapins marron se seraient fait bouffer tous crus !
Si, ça fondrait quand mĂȘme car le phĂ©nomĂšne est cyclique, je fond, je gĂšle, je fond, etc. etc. le tout est d'apprendre si nous accĂ©lĂ©rons le phĂ©nomĂšne ou non, lequel dĂ©pend Ă la base de multiples facteurs (prĂ©cessions des Ă©quinoxes, taches du soleil, Ă©changes thermiques mer/air, explosions de volcans Ă rĂ©pĂ©titions ou Ă©panchements de magma, etc. ).
Je crois que plus personne ne pense que nous n'accélérions pas le mouvement. Par exemple, la déforestation est synonyme de sécheresse : rien de cyclique ni d'aléatoire là -dedans. Les africains, qui vivent dans ces régions désertiques et qui sont en plus moins bien adaptés, meurent de faim. Doit-on parler de dessein intelligent ou pas ? A l'opposé, les spéculateurs qui manipulent les cours des céréales s'engraissent. C'est ça aussi l'évolution.
Les africains, qui vivent dans ces régions désertiques et qui sont en plus moins bien adaptés, meurent de faim. Doit-on parler de dessein intelligent ou pas ? A l'opposé, les spéculateurs qui manipulent les cours des céréales s'engraissent. C'est ça aussi l'évolution.Ce sont justement les spéculateurs et leurs alliés locaux qui ont progressivement fait cultiver aux Africains des denrées à haut pouvoir spéculatif, au détriment de l'agriculture vivriÚre. Si dessein il y a il est diabolique et on connaßt parfaitement les responsables. Lumumba, Sankara, ont été assassinés aussi pour des motifs de géostratégie alimentaire, tandis que les potentats marionettes s'installaient.
Rien de nouveau sour le soleil de l'Ă©volution de "l'homo oeconomicus" depuis l'assassinat de lumumba. Un potentat se fait Ă©lire "dĂ©mocratiquement" avec la bĂ©nĂ©diction de la Belgique, intĂ©rĂȘts Ă©conomiques obligent. Et le peuple congolais vit dans la misĂšre.
Espérons que l'évolution trouvera un caillou sur son trajet, qui la fera bifurquer dans une meilleure direction pour les "homo oeconomicus" plus faibles. Puisque de toute façon, c'est la nature qui décide, et que l'homme n'a rien à dire :-)
Espérons que l'évolution trouvera un caillou sur son trajet, qui la fera bifurquer dans une meilleure direction pour les "homo oeconomicus" plus faibles. Puisque de toute façon, c'est la nature qui décide, et que l'homme n'a rien à dire :-)
Espérons que l'évolution trouvera un caillou sur son trajet, qui la fera bifurquer dans une meilleure direction pour les "homo oeconomicus" plus faibles. Puisque de toute façon, c'est la nature qui décide, et que l'homme n'a rien à dire :-)
Saule, il n'y a pas d'espoir, il n'y a que des volontés.
Vos explications sont convaincantes, il ne doit pas y avoir de dessein ni de causalitĂ© dans la vie du monde animal et vĂ©gĂ©tal. Personnellement, je nây vois pas de contradiction avec le rĂ©cit biblique de la crĂ©ation. Ce rĂ©cit est mythique et qui ne se prononce pas sur le sujet.
Mais ça ne veut pas dire quâil nây a pas de finalitĂ© chez lâhomme. Jâai lâimpression que, mĂȘme en dehors du contexte religieux, le fait que lâhomme ait un savoir, une volontĂ© et une conscience, implique une finalitĂ©.
MĂȘme sans le contexte religieux, pour moi, câest une Ă©vidence mais câest intuitif ; ça me paraĂźt plus cohĂ©rent comme explication. Il me semble que sinon, lâhomme nâaurait pas de sens, ce serait une anomalie et mĂȘme, un absurditĂ© de la crĂ©ation.
Mais ça ne veut pas dire quâil nây a pas de finalitĂ© chez lâhomme. Jâai lâimpression que, mĂȘme en dehors du contexte religieux, le fait que lâhomme ait un savoir, une volontĂ© et une conscience, implique une finalitĂ©.
MĂȘme sans le contexte religieux, pour moi, câest une Ă©vidence mais câest intuitif ; ça me paraĂźt plus cohĂ©rent comme explication. Il me semble que sinon, lâhomme nâaurait pas de sens, ce serait une anomalie et mĂȘme, un absurditĂ© de la crĂ©ation.
Mais ça ne veut pas dire quâil nây a pas de finalitĂ© chez lâhomme. Jâai lâimpression que, mĂȘme en dehors du contexte religieux, le fait que lâhomme ait un savoir, une volontĂ© et une conscience, implique une finalitĂ©.
MĂȘme sans le contexte religieux, pour moi, câest une Ă©vidence mais câest intuitif ; ça me paraĂźt plus cohĂ©rent comme explication. Il me semble que sinon, lâhomme nâaurait pas de sens, ce serait une anomalie et mĂȘme, un absurditĂ© de la crĂ©ation.
Nous sommes d'accord sur ces points. Cette référence à l'intuitif se retrouve d'ailleurs chez Henri Guillemin, pour rester dans la catégorie des croyants. Disons que nos divergences portent sur une question de perspective : les croyants pensent que le sens est donné par avance, l'incroyant considÚre qu'il se construit par tùtonnements et expériences.
Une émission sur Gould pour comprendre que le darwinisme social est une lecture erronée de la théorie de l'évolution (liée encore une fois à l'ambiguité de la langue et aux exemples choisis) :
http://franceculture.fr/lectures-de-textes-de-step…
http://franceculture.fr/lectures-de-textes-de-step…
Une émission sur Gould pour comprendre que le darwinisme social est une lecture erronée de la théorie de l'évolution (liée encore une fois à l'ambiguité de la langue et aux exemples choisis) :Merci pour le lien, je vais écouter ça. (J'ai une grande admiration pour SJ Gould.)
http://franceculture.fr/lectures-de-textes-de-step…
Oui, c'est un homme extraordinaire, un vrai scientifique, prudent, ouvert, sans dogmatisme qui pourrait trÚs bien abandonner la théorie de l'évolution si les faits scientifiques lui montraient une autre réalité . Il a d'ailleurs fait évoluer la théorie de Darwin avec sa théorie des équilibre ponctués.
Je trouve trÚs intéressantes les recherches de Gould qui resituent les découvertes scientifiques de Drawin et de ses contradicteurs dans un contexte historique et social. Et le passage sur sa maladie est trÚs émouvant et force l'admiration.
En fait, Gould est le digne successeur de Darwin qui est peut ĂȘtre encore plus extraordinaire. Car Darwin est un homme du XIXĂš et ses conclusions ont non seulement choquĂ© ses contemporains mais l'ont choquĂ© lui-mĂȘme. Et cette capacitĂ© Ă poursuivre un travail scientifique en essayant de se soustraire aux influences extĂ©rieures et Ă ses propres prĂ©jugĂ©s (mĂȘme si le mot est trop fort) est carrĂ©ment stupĂ©fiante. Dans l'Ă©mission, Jean-Claude Ameisen dit, Ă un moment, que Darwin s'empressait de noter une idĂ©e nouvelle quand elle lui paraissait dĂ©plaisante et le dĂ©rangeait. Ca rĂ©sume tout le personnage. C'est le type de l'ĂȘtre humain qui cherche Ă lutter contre sa propre subjectivitĂ© et qui y rĂ©ussit bien, mĂȘme si, comme le dit Gould, les mots qu'il emploie reflĂštent aussi la sociĂ©tĂ© dans laquelle il vit.
Je trouve trÚs intéressantes les recherches de Gould qui resituent les découvertes scientifiques de Drawin et de ses contradicteurs dans un contexte historique et social. Et le passage sur sa maladie est trÚs émouvant et force l'admiration.
En fait, Gould est le digne successeur de Darwin qui est peut ĂȘtre encore plus extraordinaire. Car Darwin est un homme du XIXĂš et ses conclusions ont non seulement choquĂ© ses contemporains mais l'ont choquĂ© lui-mĂȘme. Et cette capacitĂ© Ă poursuivre un travail scientifique en essayant de se soustraire aux influences extĂ©rieures et Ă ses propres prĂ©jugĂ©s (mĂȘme si le mot est trop fort) est carrĂ©ment stupĂ©fiante. Dans l'Ă©mission, Jean-Claude Ameisen dit, Ă un moment, que Darwin s'empressait de noter une idĂ©e nouvelle quand elle lui paraissait dĂ©plaisante et le dĂ©rangeait. Ca rĂ©sume tout le personnage. C'est le type de l'ĂȘtre humain qui cherche Ă lutter contre sa propre subjectivitĂ© et qui y rĂ©ussit bien, mĂȘme si, comme le dit Gould, les mots qu'il emploie reflĂštent aussi la sociĂ©tĂ© dans laquelle il vit.
Jean-Claude Ameisen utilise le mot de "lucidité" pour parler de Gould. On peut aussi l'appliquer à Darwin.
Beau portrait. Comment t'est venue cette passion pour la théorie de l'évolution ? (Si c'est trop indiscret tu as le droit de botter en touche.)
Au départ je m'intéresse à la préhistoire. Et comme on ne peut plus s'intéresser aujourd'hui à la préhistoire sans s'intéresser à la génétique, je me suis intéressée à la génétique et tout naturellement je suis passée de la génétique à la théorie de l'évolution. Mais j'ignorais qu'elle ouvrait un tel champ de réflexions philosophiques... Je m'intéresse plutÎt à cet aspect là de la théorie de l'évolution moins à l'aspect spécifiquement scientifique que j'ai de toute façon du mal à comprendre, ayant une formation littéraire.
Je crois que, dans le fond, mais je n'en suis pas sûre, la question qui me taraude depuis toujours, c'est : qu'est-ce que l' homme ?
Plus je lis et moins je sais ;-)...
Je crois que, dans le fond, mais je n'en suis pas sûre, la question qui me taraude depuis toujours, c'est : qu'est-ce que l' homme ?
Plus je lis et moins je sais ;-)...
Moi j'y suis venu par la zoologie, la diversité du vivant sur un plan d'abord synchronique. La classification de Linné, réguliÚrement réactualisée, m'a naturellement ramené à la question de l'évolution. Et comme moi aussi, et aussi par ailleurs, je me demande ce que je suis...
Moi j'y suis venu par la zoologie, la diversité du vivant sur un plan d'abord synchronique.
Oui c'est logique.
Et comme moi aussi, et aussi par ailleurs, je me demande ce que je suis
Alors on est sur le mĂȘme bateau ;-).
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