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Magicite
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18/09/2024 @ 03:47:23
Sur la lune plane les vapeurs vertes et grisĂątres lancĂ©es des bras des lianes et des arbres moussus aux pieds enfoncĂ©s dans le marĂ©cage. Vase sur l’eau lisse troublĂ©e par la goutte qui suinte, le frĂȘle pĂ©piement d’une bourrasque, une crĂ©ature des marais vert Ă©caillĂ©e, les luxuriantes odeurs des fougĂšres pourrissantes, tiges et pĂ©doncules. Les plantes en ombres rouges, bleus et brunes recouvrent l’écume verte acide et bulbeuse chatoyante en luxure vĂ©gĂ©tale tapissant le reflet du disque argentĂ© sur l’onde trouble.
Le pied fracasse l’eau, coince le poisson sous sa palme Ă  la peau tendineuse. À l’éclaboussure la gerbe vit voler une nuĂ©e de doryphores derriĂšre les silhouettes noir et blanc des saules et peupliers. Il agrippe la gesticulante pĂȘche des deux mains, l’éleva au niveau de deux yeux reptiliens jaune puis rompt la nuque de sa proie d’un coup de gueule et s’abreuve de la chair et du sang froid.
Ailes bourdonnantes, tintements et fouissements aquatiques, vers fouissant invisibles dans la boue ou sous les feuilles boursouflĂ©es, dans le lointain une tortue et masquant l’horizon un hippopotame placide les pattes dans l’eau tournent la tĂȘte vers le pĂȘcheur. L’hippopotame plonge comme une svelte baleine. La tortue sempiternellement avance.
Il borborygme un hululement goulu alors qu’il arrache et Ă©crase les Ă©cailles de ses dents triangulaires acĂ©rĂ©es. DerriĂšre les buissons de ronces aux longues Ă©pines, par delĂ  les enchevĂȘtrements de branches ondulĂ©es et racornies, Ă  la lisiĂšre des terres fĂ©tides et bourbeuses inondĂ©es de lagunes, derriĂšre le vent vif et mordant qui languit des enfants jouent.
L’aiguille d’un i strident transperce l’air, morsure aux oreilles.

A la fĂȘte de Yunaemr les maris et les papys, les femmes et les mamies, le chien et mĂȘme les moutons sont ronds comme des cochons. Les enfants des villages dĂ©goisent pour un soir sans risquer fessĂ©es. Et puis courent patauger aux cours d’eau qui jalonnent ou mares ou Ă©tangs. Certains n’ont que des marais puants et gluants. Ceux lĂ  ils vont pas patauger vraiment.
Celui lĂ  Ă  un sabre de bois, sauf que c’est une branche de bois qui lui sert de bĂąton. Il vient de cogner en plein dans la joue d’un autre; d’oĂč le cri. Avec des autres, salopettes froissĂ©es visages aux regards sombres et plein de vins et liqueurs, ils entourent la joue frappĂ©e. Mais c’est plus drĂŽle les pieds, une fois qu’il est par terre, dans le ventre et le tibia, les fesses et l’épaule, la tĂȘte et les os. Genoux cagneux cognĂ©s, puis au visage il crache de la bave Ă©carlate.
Et ils crachent et ils rient, il a la vison aiguë les lÚvres pressées, chaque partie de son corps hurle.
Aussi soudainement s’arrĂȘte. Il roule ses ecchymoses dans la boue. Plus un mot sortit de lui depuis.
Plus un son, pas un sanglot.
Les agresseurs s’éloignent, vont devoir raconter comment ils ont salis les habits, trouver une excuse. Les punitions pleuvent au moindre prĂ©texte, les souris dansent mais se font frapper Ă  coup de balais.
Un froufroutement alors que la créature glauque au lointain émerge quelque part de sous la surface, la nuit est froide et humide.
La face Ă  la peau d’écailles et larges oreilles squameuses observe derriĂšre les herbes de la lisiĂšre le petit garçon recroquevillĂ© sur le sol et tremblant.
’’Nous sommes ce que nous voyons du monde’’ pense la crĂ©ature du marais.
La nuit crissa, glace de la nuit. Un soir comme un autre il vaut mieux rester seul et savourer du poisson paisiblement les pieds bien frais dans les tréfonds marécageux.
Il se pensa aussi mĂ©chant que les enfants d’hommes de ne pas aller le rĂ©conforter, de ne pas le soigner et le dorloter, couvrir ses plaies de cataplasmes boueux. Il sait bien combien il est abominable, que son apparence repousse les berges, ses attitudes et sa vie son habitat l’ignoble monstre.
Il y a une carcasse avariĂ©e, bien faisandĂ©e. Un crocodile Ă©tranglĂ© par ses soins Ă  main palmĂ©es nues. Cette prĂ©paration est l’équivalent de la cuisine servie chaude pour une ĂȘtre des marais. Elle est emballĂ©e dans le plus grand arbre, il se peut que ce soit un baobab gĂ©ant. Quelque part au fond du marais tous les enfants de la terre sont l’homme du marais et tout les enfants des hommes de la terre sont les mĂ©chants tortionnaires.
Il se dĂ©pĂȘche d’aller retrouver son met, entamer de ses dents usĂ©es la chair avariĂ©e qu’il dĂ©gusterait les jambes au sec pour une fois.


Dans la salle de la chronique quelques uns des plus dĂ©gueulasses exprimĂšrent des bruits de dĂ©lice Ă  la mention d’un tel repas. La silhouette longiligne du roi sorcier mort-vivant dans sa robe d’apparat ornĂ©e de symboles et glyphes magiques s’ornait d’une ombre ondulante dans la bascule des flammes des grosses bougies. A ses pieds Gimpe s’emberlificotait dans le rouleau du dĂ©filement de la chronique qu’il essayait de rattraper. Il ne semblait pas dans les temps. En cette nuit immortelle le temps n’avait pas vraiment d’importance mais il Ă©tait quand mĂȘme encore en retard.

IV Le monstre du marais
inscrivit t’il enfin avec la plume solennelle.

Magicite
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19/09/2024 @ 18:25:38
Précision sur ce texte:

J'ai utilisé CHATGPT pour ne pas écrire ce texte.
ConcrĂ©tement le soir oĂč j'ai Ă©crit ce texte j'ai testĂ© CHATGPT en crĂ©ant un compte:
on a discuté des possibilités et dangers des IA, "il" m'a dit que je le comprenais bien.
J'ai décidé de le tester. J'avais cette idée de texte qui ne sortait pas. Je lui ai donné les 3 points clés du récit(dont une citation de Kant en conclusion) et quelques précisions sur l'ambiance du texte.
Impressionant en quelques secondes 'il' me sort une nouvelle. Je survole les quelques paragraphes, trĂšs dans le ton mĂȘme trop que ça en devient caricatural et un peu plat, comme une mayonnaise trop liquide pour ĂȘtre bonne. J'ai ensuite fait une dizaine de requĂȘtes en modifiant des dĂ©tails du texte pour voir ce que ça donnait(jusqu'Ă  arriver Ă  la limite de mon compte gratuit). A chaque fois je lisais quelques phrases au hasard des textes gĂ©nĂ©rĂ©s, demandait de resserrer le texte ou de changer des dĂ©tails, Ă©viter les rĂ©pĂ©titions etc...
Ce qui m'a fait dire que je pouvais l'écrire ce texte plutÎt que de discuter avec un algorithme.
J'ai changé 1 des points clés de l'intrigue et me suis mis à écrire le texte ci-dessus.
Aucune inspiration des brouillons de CHATGPT Ă  part Ă©viter les "lieux communs" du sujet d'Ă©criture peut-ĂȘtre(et me plonger dans le champ lexical associĂ©) mais surtout motivĂ© Ă  pondre.
Je tenais à préciser que l'IA m'a aidé en quelque sorte...à ne pas écrire comme "elle" le faisait. Réussit? Je ne sais pas, à vous de me dire, mais aux antipodes d'un texte généré artificiellement je pense.

Magicite
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13/01/2026 @ 05:40:49
Épilogue: mon humanitĂ© est toujours d'ĂȘtre crĂ©ature du marais.
Parfois je me prends pour un crapeau, sais t'on jamais qu'un princesse mal renseignée veuille me baiser ????

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