Bienvenu au club
Lorsque Gimpe dĂ©barque de lâarmoire il se dĂ©gage rageusement dâun caleçon louche.
Les crĂ©atures fantastiques ne sont pas toutes connues pour leur hygiĂšne et les lutins Ă lâinstar des lapins avec lesquels ils partagent de nombreux traits physiques ont un sens de lâodorat trĂšs dĂ©veloppĂ©. Voyager par la zone Ă©tait souvent particuliĂšrement pĂ©nible pour eux et il avait encore oubliĂ© dans sa prĂ©cipitation son masque FFP2 nâayant que son fil en double boucle et son jeton de destination. Une innovation des humains, ils croyaient mĂȘme avoir dĂ©couverts les portes Ă chaussettes. Pff toujours Ă la traĂźne ces crĂ©atures puis il se rappela la raison de sa prĂ©sence Ă la bibliothĂšque de lâocculte. Une machination de Merlin ou Morgane LeFey peut-ĂȘtre? Leur part humaine avait toujours donnĂ© trop dâimportances Ă leurs affaires, Ă moins que...
Un ĂȘtre des profondeurs lâattend Ă la rĂ©ception et lui montra son casier. Il Ă©tait en retard et le dernier arrivĂ© sembla il en voyant les patĂšres et casiers encombrĂ©s.
Il salue dâun hochement de tĂȘte lâĂȘtre mi-humain mi-mollusque en dĂ©pose son jeton dans lâurne sur le comptoir et zappa la partie vestiaire oĂč il aurait du se changer pour sa tenue de cĂ©rĂ©monie et se dirigea vers la salle de confĂ©rence de la bibliothĂšque de sa dĂ©marche bondissante.
Cette fois ça craint vraiment car il Ă©tait dĂ©signĂ© par tirage au sort pour le rĂŽle de plumitif, le second rĂŽle le plus important pour cette nuit. Il assiste le maĂźtre archiviste et ne sait pas encore qui a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© pour cela. Il espĂšre que ce serait un ĂȘtre du petit peuple plus apte Ă comprendre sa nature Ă©loignĂ©e des conventions sociales rendant improbable pour ceux de son espĂšce un Ă©vĂ©nement tel ĂȘtre Ă lâheure aux rendez-vousâŠ
Il passe sur un riche tapis cramoisi brodĂ©s dâarabesques dorĂ©es devant les rangĂ©es de golems et armures enchantĂ©es qui nâont plus maintenant que des rĂŽles ornementaux pour se retrouver nez Ă nez avec une Stryge assise devant un petit bureau et qui aspire lentement la fumĂ©e dâune braise aussi rougeoyante que ses yeux au bout dâun long fume-cigarette noir. La vieille dame cracha une volute de son bec dans sa direction:
_ « Ah enfin vous voilà .» crissa la voix venue de la face aux traits de rapaces.
Elle attendait quelque chose et il se rappela, fouillant hĂątivement dans la poche intĂ©rieure de sa jaquette jaune criarde il en sortit une forme rectangulaire de la taille de sa paume, son carton dâinvitation quâil remit Ă la rĂ©ceptionniste. Si les Profonds font usuellement de bons serviteurs les Stryges excellent Ă des postes administratifs. En partie faites de pierre elles ont une perception diffĂ©rente du temps leur Ă©vitant lâennui des tĂąches rĂ©pĂ©titives et monotones, la mentalitĂ© vengeresse et leur partie rapace Ă©vite toute compassion ou entorse Ă la rĂšgle. Les parfaites fonctionnaires administratives. La vieille dame nota le nom inscrit sur le carton en face de la date et, au dĂ©sarroi de Gimpe, son heure dâarrivĂ©e.
Il trotte ensuite Ă travers un dernier court couloir jusquâĂ passer lâarche monumentale menant Ă la grande salle.
Il sautille dans le vaste dÎme voûté en faisant voler les pans de son manteau comme des ailes de papillon. La piÚce est circulaire entourée de bibliothÚques avachis contre les murs sous le poids des codex vermoulus entassés dans les rangées et éclairée par un des chandeliers dégoulinants disposés en pentacle. Les regards des autres participants se tournÚrent vers le lutin rougeaud pénétrant le cercle éclairé.
Tous les regards en partis sombres, peu avenants pour la plupart, tous attendaient enfin quâil arrive.
Câest une occasion exceptionnelle pour tous ceux prĂ©sent, un tĂ©moignage pour les Ăąges et les Ăąges Ă venir et la seule chose qui pouvait rĂ©unir autant de crĂ©atures si diverses.
Au centre de la piĂšce une liche, face de momie dans une robe noire brodĂ©e de symboles en fil dâor et argent darda ses yeux de charbon en flamme froide perpĂ©tuelle vers Gimpe.
Quelquâun gloussa, la plupart maugréÚrent. La liche qui prĂ©side la chronique toussa comme un conduit de cheminĂ©e dâune maison en ruine.
âLe Scribe de la Chronique est prĂ©sent. Nous allons commencer la cĂ©rĂ©monie.â
dit de sa voix dâoutre-tombe le sorcier mot-vivant apte Ă restaurer la solennitĂ© dĂ©volue Ă cette nuit.
Sur un grand lutrin en bois finement sculpté un grimoire épais en peau de cuir trÎnait au centre de la piÚce et des chandeliers posés en cercle.
Gimpse, marchant maintenant tapinois en tassant tout le poids de ses épaules larges sur son bedon rond prit la place qui lui était dévolue. Sous le pupitre du grimoire de La Chronique reposait des rouleaux de parchemins entassés. Il prit le ruban torsadé en ruban de Moebius.
Les autres membres Ă moitiĂ© couverts par la pĂ©nombre des bords de la piĂšce circulaire se raidirent quand rĂ©sonna une cloche. Suivit par lâorchestre baroque entamant un grincement de violes, distorsion de guitares Ă©lectriques et nappes de synthĂ©tiseurs.
Puis reprenant lâascendant le maĂźtre de la chronique, immense avec ses jambes dissimulĂ©s par le fourreau long de son linceul sombre, aussi haut que le pupitre surplombant le lutin ventripotent et minuscule comme clouĂ© au sol en dessous alors quâil se tenait droit de toute sa taille.
Beaucoup dâentre les plus anciens et plus sauvages prenaient son espĂšce pour de simples voleurs de chaussettes, incapables.
Dâun geste dâune main, dâun retournement des doigts dans une injonction cabalistique le Gardien de la Chronique Ă©teint le flot de musique et fit lĂ©viter la page de garde du grimoire.
« Commençons par le commencement, nous allons voir ce soir des membres de la Chronique.
Ce seront eux désignés pour notre nouvel arrivant par le destin.»
Ceux qui méconnaissaient le plus les traditions comprirent que la derniÚre phrase était à leur destination.
Parmi les monstres de nombreux clans et beaucoup se haĂŻssaient, mĂȘme au sein de leur propre espĂšce. Une occasion exceptionnelle, ayant lieu de moins en moins souvent. La derniĂšre datait dâil y a au moins un lustre, certain mĂȘme accusaient le progrĂšs technologique de freiner leur dĂ©veloppement. Mais ne prĂȘtez pas attention au monstres, il mentent et manipulent pour vous nuire.
Du bout de son doigt dans des gants de bandelettes le gardien de la Chronique tourna une page.
De la poussiĂšre sâenvola en tourbillonnant pour rĂ©vĂ©ler le premier de la liste.
I Zombie
Il croupissait dans la boue glauque qui suintait du mur auquel il est adossĂ©. Il lui reste encore une ampoule de morph, pas grand-chose. LâĂ©cran sâillumina alors que lâordinateur portable sortait de veille.
Une femme coiffĂ©e dâun chapeau Ă large bord, mince et souriante, posait devant la cour ombrĂ©e de marronniers. Zombie regarda lâĂ©cran. Elle Ă©tait obĂšse et impotente maintenant. Il se demandait si elle vivait encore. Lui Ă©tait revenu en France aprĂšs de la prison, elle ne lâavait pas attendu. Il ne lui en voulait pas. Une femme avec un gosse handicapĂ© Ă San JosĂ© aux Ătats-Unis dâAmĂ©rique ne pouvait se prĂ©occuper dâun homme prisonnier pour braquage et elle Ă©tait partit avec leur fils pour lâOregon. CâĂ©tait avant lâObama Care et la vie Ă©tait moins chĂšre. Officiellement elle rejoignait des membres de sa famille Ă©loignĂ©e, câĂ©tait surtout pour sâĂ©loigner de leurs connaissances de la ville Californienne et il comprenait que tout lien avec cette vie passĂ©e devait ĂȘtre coupĂ©e. Ne plus avoir lâoccasion de se rappeler leur vie commune.
Il Ă©tait mort peu aprĂšs avoir trouvĂ© son adresse, avait envoyĂ© une lettre long courrier. Il ne savait pas si elle avait rĂ©pondu, les morts nâont pas dâadresse et ne reçoivent pas de courrier.
Tommy il sâappelait mais cela Ă©tait difficile de se souvenir encore. BientĂŽt il ne pourrait mĂȘme plus utiliser lâappĂąt, mĂȘme plus se rappeler la vie. Chaque jour son corps pourrissant partait en lambeau quâil rafistolait comme il pouvait en cousant ses chairs putrides. Puis en agrafant, il se demandait si utiliser un fer Ă repasser serait efficace mais il nâavait pas de fer et cela lui devenait de plus en plus indiffĂ©rent de laisser des lambeaux derriĂšre lui; Ă mesure que son cerveau devenait putride les pensĂ©es devenaient de plus en plus rares.
Il se dressa, dâun bond de crĂ©ature de Frankenstein, chaloupant comme un ivrogne mimant le Titanic, cognant les murs comme lâiceberg fatal et sây accrochant.
Seule restait la faim, dĂ©vorante comme une nĂ©crose, une escarre sâĂ©largissant comme polie sur une pierre plate et dure. Il se rappela de se couvrir du grand et long manteau pour se donner une apparence de vivant, enfila un bonnet recouvrant au maximum de son visage et tĂątonna pour ouvrir la porte du hangar mĂ©tallique oĂč il squattait. Faim.
Lâampoule de morph dans sa poche il se dirigea vers le quartier des docks.
Les zonards venaient y acheter leur came. Il nâavait pas besoin de parler et câest tant mieux sa langue enflĂ©e et bleu ne lui permettait plus que des borborygmes toussotant.
Il brandit sa fiole minuscule Ă lâun des passant hantant lâombre des rues sinistre de la nuit, apparaissant seulement en silhouette sous lâĂ©clairage ophidien dâune ampoule grĂ©sillante.
Le junkie nâĂ©tait pas regardant, il se contenta de donner le tarif habituel en billets tĂąchĂ©s et froissĂ©s.
Bien sĂ»r sâil ne prenait quâune dose cela voulait dire quâil Ă©tait vraiment en manque.
Tom nâeut pas Ă le suivre longtemps alors quâil tournait lâangle pour encore plus dâobscuritĂ©, une jambe traĂźnante dans un bruit de reptation il vit son client se garrotter et sâinjecter, accroupi Ă mĂȘme le sol jonchĂ© dâimmondices.
Son visage livide sâĂ©largissait dâun sourire bienheureux, avachit et prostrĂ© par le shoot.
Zombie avança vers lui de sa lente dĂ©marche, avide plus que lâautre un instant plus tĂŽt.
Il poussa de ses bras insensibles et incommensurablement puissants le crùne contre le mur de béton qui craqua dans un bruit de noix brisée.
Enfin il se dĂ©lecta de la cervelle dĂ©goulinante, cherchant dans la matiĂšre grise et blanche suintante les mĂ©ninges quâil nâaurait bientĂŽt plus. Dans quelques heures il aura perdu toute humanitĂ© et mĂ©moire pourtant et devra se contenter dâagresser les badauds sans prĂ©ambule ni prĂ©caution. Cela faisait 52 heures quâil avait Ă©tĂ© zombifiĂ©; il avait mangĂ© quatre cervelles durant cette pĂ©riode en plus de la derniĂšre, toujours avec la mĂȘme mĂ©thode.
Dans un ultime grognement il gronda quelque chose qui ressemblait Ă âTomâ comme pour se rappeler sa vie partie, parce que personne ne dirait plus son nom oĂč ne penserait Ă lui.
Gimpe gratta sur les rouleaux de parchemins courant comme sans fin lâhistoire de Tom le Zombie, lâencre coule comme un sang sec et Ă©pais, flot dâun coeur qui a cessĂ© de battre.
Tremblez pour Un nouvel épisode Prochainement
Quel est le but de cette cérémonie et qui sera la prochaine entrée du livre de la Chronique?
Ce sera révélé en son temps et heure
Lorsque Gimpe dĂ©barque de lâarmoire il se dĂ©gage rageusement dâun caleçon louche.
Les crĂ©atures fantastiques ne sont pas toutes connues pour leur hygiĂšne et les lutins Ă lâinstar des lapins avec lesquels ils partagent de nombreux traits physiques ont un sens de lâodorat trĂšs dĂ©veloppĂ©. Voyager par la zone Ă©tait souvent particuliĂšrement pĂ©nible pour eux et il avait encore oubliĂ© dans sa prĂ©cipitation son masque FFP2 nâayant que son fil en double boucle et son jeton de destination. Une innovation des humains, ils croyaient mĂȘme avoir dĂ©couverts les portes Ă chaussettes. Pff toujours Ă la traĂźne ces crĂ©atures puis il se rappela la raison de sa prĂ©sence Ă la bibliothĂšque de lâocculte. Une machination de Merlin ou Morgane LeFey peut-ĂȘtre? Leur part humaine avait toujours donnĂ© trop dâimportances Ă leurs affaires, Ă moins que...
Un ĂȘtre des profondeurs lâattend Ă la rĂ©ception et lui montra son casier. Il Ă©tait en retard et le dernier arrivĂ© sembla il en voyant les patĂšres et casiers encombrĂ©s.
Il salue dâun hochement de tĂȘte lâĂȘtre mi-humain mi-mollusque en dĂ©pose son jeton dans lâurne sur le comptoir et zappa la partie vestiaire oĂč il aurait du se changer pour sa tenue de cĂ©rĂ©monie et se dirigea vers la salle de confĂ©rence de la bibliothĂšque de sa dĂ©marche bondissante.
Cette fois ça craint vraiment car il Ă©tait dĂ©signĂ© par tirage au sort pour le rĂŽle de plumitif, le second rĂŽle le plus important pour cette nuit. Il assiste le maĂźtre archiviste et ne sait pas encore qui a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© pour cela. Il espĂšre que ce serait un ĂȘtre du petit peuple plus apte Ă comprendre sa nature Ă©loignĂ©e des conventions sociales rendant improbable pour ceux de son espĂšce un Ă©vĂ©nement tel ĂȘtre Ă lâheure aux rendez-vousâŠ
Il passe sur un riche tapis cramoisi brodĂ©s dâarabesques dorĂ©es devant les rangĂ©es de golems et armures enchantĂ©es qui nâont plus maintenant que des rĂŽles ornementaux pour se retrouver nez Ă nez avec une Stryge assise devant un petit bureau et qui aspire lentement la fumĂ©e dâune braise aussi rougeoyante que ses yeux au bout dâun long fume-cigarette noir. La vieille dame cracha une volute de son bec dans sa direction:
_ « Ah enfin vous voilà .» crissa la voix venue de la face aux traits de rapaces.
Elle attendait quelque chose et il se rappela, fouillant hĂątivement dans la poche intĂ©rieure de sa jaquette jaune criarde il en sortit une forme rectangulaire de la taille de sa paume, son carton dâinvitation quâil remit Ă la rĂ©ceptionniste. Si les Profonds font usuellement de bons serviteurs les Stryges excellent Ă des postes administratifs. En partie faites de pierre elles ont une perception diffĂ©rente du temps leur Ă©vitant lâennui des tĂąches rĂ©pĂ©titives et monotones, la mentalitĂ© vengeresse et leur partie rapace Ă©vite toute compassion ou entorse Ă la rĂšgle. Les parfaites fonctionnaires administratives. La vieille dame nota le nom inscrit sur le carton en face de la date et, au dĂ©sarroi de Gimpe, son heure dâarrivĂ©e.
Il trotte ensuite Ă travers un dernier court couloir jusquâĂ passer lâarche monumentale menant Ă la grande salle.
Il sautille dans le vaste dÎme voûté en faisant voler les pans de son manteau comme des ailes de papillon. La piÚce est circulaire entourée de bibliothÚques avachis contre les murs sous le poids des codex vermoulus entassés dans les rangées et éclairée par un des chandeliers dégoulinants disposés en pentacle. Les regards des autres participants se tournÚrent vers le lutin rougeaud pénétrant le cercle éclairé.
Tous les regards en partis sombres, peu avenants pour la plupart, tous attendaient enfin quâil arrive.
Câest une occasion exceptionnelle pour tous ceux prĂ©sent, un tĂ©moignage pour les Ăąges et les Ăąges Ă venir et la seule chose qui pouvait rĂ©unir autant de crĂ©atures si diverses.
Au centre de la piĂšce une liche, face de momie dans une robe noire brodĂ©e de symboles en fil dâor et argent darda ses yeux de charbon en flamme froide perpĂ©tuelle vers Gimpe.
Quelquâun gloussa, la plupart maugréÚrent. La liche qui prĂ©side la chronique toussa comme un conduit de cheminĂ©e dâune maison en ruine.
âLe Scribe de la Chronique est prĂ©sent. Nous allons commencer la cĂ©rĂ©monie.â
dit de sa voix dâoutre-tombe le sorcier mot-vivant apte Ă restaurer la solennitĂ© dĂ©volue Ă cette nuit.
Sur un grand lutrin en bois finement sculpté un grimoire épais en peau de cuir trÎnait au centre de la piÚce et des chandeliers posés en cercle.
Gimpse, marchant maintenant tapinois en tassant tout le poids de ses épaules larges sur son bedon rond prit la place qui lui était dévolue. Sous le pupitre du grimoire de La Chronique reposait des rouleaux de parchemins entassés. Il prit le ruban torsadé en ruban de Moebius.
Les autres membres Ă moitiĂ© couverts par la pĂ©nombre des bords de la piĂšce circulaire se raidirent quand rĂ©sonna une cloche. Suivit par lâorchestre baroque entamant un grincement de violes, distorsion de guitares Ă©lectriques et nappes de synthĂ©tiseurs.
Puis reprenant lâascendant le maĂźtre de la chronique, immense avec ses jambes dissimulĂ©s par le fourreau long de son linceul sombre, aussi haut que le pupitre surplombant le lutin ventripotent et minuscule comme clouĂ© au sol en dessous alors quâil se tenait droit de toute sa taille.
Beaucoup dâentre les plus anciens et plus sauvages prenaient son espĂšce pour de simples voleurs de chaussettes, incapables.
Dâun geste dâune main, dâun retournement des doigts dans une injonction cabalistique le Gardien de la Chronique Ă©teint le flot de musique et fit lĂ©viter la page de garde du grimoire.
« Commençons par le commencement, nous allons voir ce soir des membres de la Chronique.
Ce seront eux désignés pour notre nouvel arrivant par le destin.»
Ceux qui méconnaissaient le plus les traditions comprirent que la derniÚre phrase était à leur destination.
Parmi les monstres de nombreux clans et beaucoup se haĂŻssaient, mĂȘme au sein de leur propre espĂšce. Une occasion exceptionnelle, ayant lieu de moins en moins souvent. La derniĂšre datait dâil y a au moins un lustre, certain mĂȘme accusaient le progrĂšs technologique de freiner leur dĂ©veloppement. Mais ne prĂȘtez pas attention au monstres, il mentent et manipulent pour vous nuire.
Du bout de son doigt dans des gants de bandelettes le gardien de la Chronique tourna une page.
De la poussiĂšre sâenvola en tourbillonnant pour rĂ©vĂ©ler le premier de la liste.
I Zombie
Il croupissait dans la boue glauque qui suintait du mur auquel il est adossĂ©. Il lui reste encore une ampoule de morph, pas grand-chose. LâĂ©cran sâillumina alors que lâordinateur portable sortait de veille.
Une femme coiffĂ©e dâun chapeau Ă large bord, mince et souriante, posait devant la cour ombrĂ©e de marronniers. Zombie regarda lâĂ©cran. Elle Ă©tait obĂšse et impotente maintenant. Il se demandait si elle vivait encore. Lui Ă©tait revenu en France aprĂšs de la prison, elle ne lâavait pas attendu. Il ne lui en voulait pas. Une femme avec un gosse handicapĂ© Ă San JosĂ© aux Ătats-Unis dâAmĂ©rique ne pouvait se prĂ©occuper dâun homme prisonnier pour braquage et elle Ă©tait partit avec leur fils pour lâOregon. CâĂ©tait avant lâObama Care et la vie Ă©tait moins chĂšre. Officiellement elle rejoignait des membres de sa famille Ă©loignĂ©e, câĂ©tait surtout pour sâĂ©loigner de leurs connaissances de la ville Californienne et il comprenait que tout lien avec cette vie passĂ©e devait ĂȘtre coupĂ©e. Ne plus avoir lâoccasion de se rappeler leur vie commune.
Il Ă©tait mort peu aprĂšs avoir trouvĂ© son adresse, avait envoyĂ© une lettre long courrier. Il ne savait pas si elle avait rĂ©pondu, les morts nâont pas dâadresse et ne reçoivent pas de courrier.
Tommy il sâappelait mais cela Ă©tait difficile de se souvenir encore. BientĂŽt il ne pourrait mĂȘme plus utiliser lâappĂąt, mĂȘme plus se rappeler la vie. Chaque jour son corps pourrissant partait en lambeau quâil rafistolait comme il pouvait en cousant ses chairs putrides. Puis en agrafant, il se demandait si utiliser un fer Ă repasser serait efficace mais il nâavait pas de fer et cela lui devenait de plus en plus indiffĂ©rent de laisser des lambeaux derriĂšre lui; Ă mesure que son cerveau devenait putride les pensĂ©es devenaient de plus en plus rares.
Il se dressa, dâun bond de crĂ©ature de Frankenstein, chaloupant comme un ivrogne mimant le Titanic, cognant les murs comme lâiceberg fatal et sây accrochant.
Seule restait la faim, dĂ©vorante comme une nĂ©crose, une escarre sâĂ©largissant comme polie sur une pierre plate et dure. Il se rappela de se couvrir du grand et long manteau pour se donner une apparence de vivant, enfila un bonnet recouvrant au maximum de son visage et tĂątonna pour ouvrir la porte du hangar mĂ©tallique oĂč il squattait. Faim.
Lâampoule de morph dans sa poche il se dirigea vers le quartier des docks.
Les zonards venaient y acheter leur came. Il nâavait pas besoin de parler et câest tant mieux sa langue enflĂ©e et bleu ne lui permettait plus que des borborygmes toussotant.
Il brandit sa fiole minuscule Ă lâun des passant hantant lâombre des rues sinistre de la nuit, apparaissant seulement en silhouette sous lâĂ©clairage ophidien dâune ampoule grĂ©sillante.
Le junkie nâĂ©tait pas regardant, il se contenta de donner le tarif habituel en billets tĂąchĂ©s et froissĂ©s.
Bien sĂ»r sâil ne prenait quâune dose cela voulait dire quâil Ă©tait vraiment en manque.
Tom nâeut pas Ă le suivre longtemps alors quâil tournait lâangle pour encore plus dâobscuritĂ©, une jambe traĂźnante dans un bruit de reptation il vit son client se garrotter et sâinjecter, accroupi Ă mĂȘme le sol jonchĂ© dâimmondices.
Son visage livide sâĂ©largissait dâun sourire bienheureux, avachit et prostrĂ© par le shoot.
Zombie avança vers lui de sa lente dĂ©marche, avide plus que lâautre un instant plus tĂŽt.
Il poussa de ses bras insensibles et incommensurablement puissants le crùne contre le mur de béton qui craqua dans un bruit de noix brisée.
Enfin il se dĂ©lecta de la cervelle dĂ©goulinante, cherchant dans la matiĂšre grise et blanche suintante les mĂ©ninges quâil nâaurait bientĂŽt plus. Dans quelques heures il aura perdu toute humanitĂ© et mĂ©moire pourtant et devra se contenter dâagresser les badauds sans prĂ©ambule ni prĂ©caution. Cela faisait 52 heures quâil avait Ă©tĂ© zombifiĂ©; il avait mangĂ© quatre cervelles durant cette pĂ©riode en plus de la derniĂšre, toujours avec la mĂȘme mĂ©thode.
Dans un ultime grognement il gronda quelque chose qui ressemblait Ă âTomâ comme pour se rappeler sa vie partie, parce que personne ne dirait plus son nom oĂč ne penserait Ă lui.
Gimpe gratta sur les rouleaux de parchemins courant comme sans fin lâhistoire de Tom le Zombie, lâencre coule comme un sang sec et Ă©pais, flot dâun coeur qui a cessĂ© de battre.
Tremblez pour Un nouvel épisode Prochainement
Quel est le but de cette cérémonie et qui sera la prochaine entrée du livre de la Chronique?
Ce sera révélé en son temps et heure
Tu te lances vraiment dans une entreprise au long cours de 20 épisodes ? C'est téméraire et courageux, surtout en ces temps de désaffection de Vos Ecrits !
Nous sommes en pleine "fantasy" ? Il faut laisser sa rationalitĂ© et ses certitudes au vestiaire et accepter de se laisser emporter dans ton monde. Pour quoi pas, mĂȘme si la "fantasy" n'est pas mon kif.
Par contre, ce qui me déroute c'est un usage de la concordance des temps par moment ... déroutant. On commence au présent et surgissent des passés simples qui me paraissent hors-jeu, en tout cas qui me déroutent. Et ce n'est pas la premiÚre fois te concernant.
Par contre (bis), je pense que ta rĂ©gion mĂ©ridionale doit ĂȘtre riche en champignons qui font rire parce que, question imagination et idĂ©es farfelues, bonjour !
Allez je vais voir l'épisode 2 tant que le 1 m'écorche encore la mémoire ...
Nous sommes en pleine "fantasy" ? Il faut laisser sa rationalitĂ© et ses certitudes au vestiaire et accepter de se laisser emporter dans ton monde. Pour quoi pas, mĂȘme si la "fantasy" n'est pas mon kif.
Par contre, ce qui me déroute c'est un usage de la concordance des temps par moment ... déroutant. On commence au présent et surgissent des passés simples qui me paraissent hors-jeu, en tout cas qui me déroutent. Et ce n'est pas la premiÚre fois te concernant.
Par contre (bis), je pense que ta rĂ©gion mĂ©ridionale doit ĂȘtre riche en champignons qui font rire parce que, question imagination et idĂ©es farfelues, bonjour !
Allez je vais voir l'épisode 2 tant que le 1 m'écorche encore la mémoire ...
Merci Ă ceux qui m'ont lu et Tistou de me commenter.
En effet j'hĂ©sitais beaucoup pour ce texte entre le prĂ©sent et imparfait, texte Ă©crit un peu(beaucoup) Ă l'arrache en automatique parce que il traĂźnait dans "les cartons" (depuis l'exo 20 ans) et que je voulais quand mĂȘme pondre un truc.
IdĂ©e farfelue? InspirĂ© librement d'une connaissance(le nom a Ă©tĂ© modifiĂ©), bien sĂ»r le "deal de morph" n'est pas crĂ©dible vu le prix ce ne serait pas rentable aprĂšs renseignement de vendre Ă l'ampoule. Ce n'est pas l'histoire de zombi que j'avais prĂ©vu/en tĂȘte Ă la base mais tant pis, celle lĂ est venue comme ça.
En effet j'hĂ©sitais beaucoup pour ce texte entre le prĂ©sent et imparfait, texte Ă©crit un peu(beaucoup) Ă l'arrache en automatique parce que il traĂźnait dans "les cartons" (depuis l'exo 20 ans) et que je voulais quand mĂȘme pondre un truc.
IdĂ©e farfelue? InspirĂ© librement d'une connaissance(le nom a Ă©tĂ© modifiĂ©), bien sĂ»r le "deal de morph" n'est pas crĂ©dible vu le prix ce ne serait pas rentable aprĂšs renseignement de vendre Ă l'ampoule. Ce n'est pas l'histoire de zombi que j'avais prĂ©vu/en tĂȘte Ă la base mais tant pis, celle lĂ est venue comme ça.
épilogue: Tommyle zombi est inspiré de Tony, ancien taxi californien dans les années 80 et braqueur de banque condamné à de la prison, il a quitté les USA quand sa femme l'a quitté avec son fils handicapé.
Aujourd'hui 'clean' depuis un moment il prends des bains glacé dans la riviÚre, médite à poil et fait de la marche(rhabilé).
Lis Nexus et connais un médecin qui fait des faux certificats de vaccination...j'imagine qu'il a peur des piqûres xd
Aujourd'hui 'clean' depuis un moment il prends des bains glacé dans la riviÚre, médite à poil et fait de la marche(rhabilé).
Lis Nexus et connais un médecin qui fait des faux certificats de vaccination...j'imagine qu'il a peur des piqûres xd
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