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Ce bon Staline de Victor Erofeev, Antonina Roubichou-Stretz (Traduction)

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

critiqué par THYSBE, le 17 mai 2005 (Inscrite le 10 avril 2004, 53 ans)

La note: 8 etoiles
Visites : 1 022  (depuis Novembre 2007)

L’abdication d’un père

« J’ai finalement tué mon père…Ce matin là, en m’examinant dans le miroir ovale de la salle de bains, j’ai découvert que mes tempes avaient grisonné en l’espace d’une nuit. J’allais sur mes trente-deux ans. C’était l’hivers le plus froid de mon existence. »
Voici comment Victor Erofeev nous introduit dans son univers personnel et intime. Il nous promène dans toute l’histoire de sa famille pendant plus de 300 pages avant de nous apprendre la cause de se terrifiant aveux.
Sur fond d’évènements historiques et sociaux, Victor témoigne sur ce père garant du discourt soviétique à travers différents pays dans les ambassades sous diverses fonctions. Entre autre à Paris ou la famille Erofeev fréquente des intellectuels français et artistes dont Picasso, Montant et Signoret, ainsi que de nombreux hommes politiques de l’époque.
C’est en l’occurrence un roman biographique et historique sur le discours Stalinien qui perdure même après le mort de ce « papa du peuple ».
Victor est à la fois élevé dans les valeurs communistes et dans le confort capitaliste. Cette grande ambiguïté l’amènera tout naturellement à rompre avec les idées du parti. Rien ne pouvait le faire plier, sauf peut-être une parole de son père.
Ce livre est écrit avec beaucoup de pudeur sur toutes ces années de totalitarisme.
Victor Erofeev passe du récit à la confession, de la biographie au roman. Il tempère les faits de façon à justifier cette époque.
J’ai retrouvé à travers ce récit certains moments de l’époque que ma mémoire m’a laissée mais un peu plus de repères chronologiques auraient été préférables pour optimiser la datation des évènements. En effet, V.E. utilise le procédé de l’écriture en arrière qui nous fait rentrer dans le style du roman. Pas complètement innocent cette façon de rédiger, cela le dédouane d’une certaine franchise qui a du mal à s’établir de part son éducation et la politique de son pays. Mais, ce témoignage sera en quelques sortes, l’autre côté du miroir.
Ce qui me restera de ce livre, c’est l’indulgence faite au Stalinisme, une espèce de syndrome de stockholm .
Victor Erofeev est en quelque sorte, de part son éducation, un compromis entre le communisme et le capitalisme.
Un beau témoignage détaché et naïf d’une enfance peu ordinaire. C’est sa façon de dire merci à son père et de lui montrer toute son affection. Un bel hommage.

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Les éditions
   Volume  Editeur/Collection  Pages  ISBN/ASIN  Parution  Amazon
Ce bon Staline Albin Michel
Les grandes traductions
385 222615843x 2005-03-02  go
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