La bête qui meurt de Philip Roth

La bête qui meurt de Philip Roth
( The dying animal)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Nothingman, le 17 septembre 2004 (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 38 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 19 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 739ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 5 665  (depuis Novembre 2007)

Les seins de Consuela

David Kepesh est un professeur de littérature, esthète, critique culturel dans une émission marginale diffusée sur une chaîne câblée. Un statut professionnel qui lui vaut une certaine réputation auprès de ses étudiants mais aussi et surtout de ses étudiantes ! " Au début, je ne me doutais pas qu'un passage hebdomadaire de dix minutes à la télévision pouvait les impressionner à ce point. Mais de fait, elles ne résistent pas à la célébrité, pour dérisoire que soit la mienne."
A 70 ans, ce séducteur vieillissant regarde dans le rétroviseur et se souvient de son ultime passion amoureuse. Celle vécue huit ans plus tôt avec Consuela, beauté cubaine de vingt-quatre ans, l'une de ses étudiantes. Tombé sous le charme des seins de la jeune fille, le professeur, qui avait toujours organisé sa vie de manière solitaire et indépendante, va être confronté à la montée progressive du désir, à la dépendance et à la jalousie; sentiments auxquels ce célibataire endurci n'avait jamais auparavant été confronté. En effet, sa vie durant, ce professeur énigmatique, n'a jamais cessé de prôner des valeurs libertaires et individualistes, prenant maîtresse sur maîtresse, quitte à lui valoir la détestation des siens et surtout celle de son fils Kenny.
Mais dans ce roman, Roth s'interroge aussi sur la déchéance des corps. Le professeur est dépendant certes, mais évidemment conscient de cette barrière de la différence d'âge. "A cause de cette différence d'âge, jusque dans le plaisir le manque demeure. Cà ne m'était jamais arrivé? Non, c'était la première fois que j'avais soixante-deux ans. Je n'étais plus dans la phase de la vie où on croit que tout vous est possible."
Mais la mort, irréversible et cruelle, va progressivement s'inviter dans cette liaison hors norme et transgressive, hésitant longuement avant de choisir son camp. Ce court roman est aussi l'occasion de réflexions sur la solitude, la liberté, la libération sexuelle des années 60,.... C'est toujours intelligent mais parfois un peu indigeste, notamment le long passage sur la libération sexuelle des années 60.
" La bête qui meurt " est vraisemblablement l'un des textes les plus lucides et radicaux qu'ait publié Philip Roth.

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Un peu déçu

6 étoiles

Critique de Sundernono (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 35 ans) - 14 décembre 2015

La bête qui meurt est mon premier roman de Philip Roth, auteur reconnu et incontournable de la littérature américaine. Pour une première, je mentirais si je disais que c’est une réussite. Cependant il faut reconnaître à son auteur une écriture prenante, portée par des réflexions intéressantes sur le temps qui passe et notre rapport à la sexualité. Bien qu’ayant été agréable à lire ce roman ne m’a finalement que peu apporté.
A cela s’ajoute le narrateur, professeur d’université aimant donner des extras à ses étudiantes, mauvais père, piètre mari, être égocentrique et égoïste qui n’aide pas à avoir une certaine empathie pour le personnage.
Quant à l’histoire, rien d’extraordinaire là non plus et pourtant Roth arrive tout de même à nous maintenir à flot, là où d’autres auteurs nous auraient irrémédiablement laissé couler à pic dans les abysses obscurs de l’ennui. Et c’est là où réside à mon avis tout le talent de l’auteur, ce qui me laisse à penser qu’il vaut sûrement le coup de tenter sa chance avec d’autres œuvres du romancier : quid de la Pastorale américaine ?
Une lecture décevante mais qui incite tout de même à retenter sa chance avec P. Roth.

Souffrance

5 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 58 ans) - 26 juin 2013

D'abord un grand bravo aux critiques déjà présentes. Comme souvent elles sont de qualité et donnent une aide précieuse avant et pendant la lecture.
J'ai vraiment souffert pendant ce livre donc je préfère ne pas faire de commentaires négatifs car il faut reconnaître la grande qualité de l'auteur.
C'est mon troisième Roth en quelques semaines (après Indignation et La tache) et je pense que je sature donc je pense changer de registre.

Le temps qui passe...

8 étoiles

Critique de Kabuto (Craponne, Inscrit le 10 août 2010, 57 ans) - 1 mai 2012

La bête qui meurt c’est David Kepesh. Un critique et professeur vieillissant qui va vivre une dernière passion avec une de ses jeunes et séduisantes élèves jusqu'à connaître les tourments de la jalousie et de « l’addiction ». Lui, le séducteur libéré et fort de son expérience raconte comment il se retrouve piégé par cette jeune beauté cubaine et quel mal il aura à ce sortir de cette relation pourtant sans avenir. L’occasion pour nous de suivre ses réflexions sur de nombreux sujets comme le puritanisme, la vieillesse, la libération sexuelle, ses relations compliquées avec son fils, la maladie et la mort. Que l’on partage son point de vue ou pas, ces confessions intimes et franches ne peuvent laisser personne indifférent. L’occasion aussi de lire quelques pages d’un érotisme torride et quelques autres absolument bouleversantes. Court roman extrêmement fort, il vous marquera obligatoirement.

Vite lu et pas désagréable

7 étoiles

Critique de Virgile (Spy, Inscrit le 12 février 2001, 38 ans) - 8 mars 2012

Lors de la dernière rencontre CLienne à Bruxelles j'ai hérité de ce livre (merci Sottovoce). Je ne reviendrai pas sur l'histoire suffisamment bien décrite dans les autres critiques.

C'était mon premier contact avec Roth, et ce livre ne justifie pas vraiment pour moi un statut d'auteur génial, malgré tout c'était une lecture plaisante, quelques réflexions intéressantes, quelques belles images, un bon moment sans plus.

C'est le roman d'un envoûtement dans une Amérique bien loin des joyeuses bacchanales des années 60, chères au "Professeur de désir"...

8 étoiles

Critique de Monde Vrai (Long Beach, Inscrit le 6 décembre 2011, 115 ans) - 11 janvier 2012

Fidèle à lui-même, l'auteur nous conte une histoire à propos d'amour, de quotidien, de rêve, mais aussi de vie: fort de son expérience, Roth nous parle aussi d'une autre époque mais aussi de sa jeunesse, moins puritaine, moins hypocrite sans doute, mais qui a certainement vu éclore pas mal de libérations... Pétillant, malicieux, moqueur parfois, ironique, on sourit en lisant certains passages car il s'agit après tout d'un vieux sortant avec une toute jeunette. Il n'y a pas dans La Bête Qui meurt, outre David Kepesh, ce prof renommé, la très maline Consuela, les scènes consacrées au piano (ou alors le drame tragique final), cette usuelle nécessité d'éviter les vrais sentiments, ou sujets scabreux, ou surtout de naviguer dans cet angélisme made in USA qu'on connaît tous et tout droit issu de Disneyland: Ce livre n'est donc pas juste le récit d'un séducteur new-yorkais, d'un homme très amoureux, ou de quelqu'un de romantique, mais, en dépit des excès ou des longs chapitres consacrés au sexe et à ces passions diverses et variées, il y a là quelque chose de vraiment plaisant; car il s'agit selon toute évidence d'une nouvelle d'un écrivain gigantesque longtemps snobé par les élites qui faille enfin à son destin, et qui pourra également faire rougir beaucoup des plus affranchis d'entre nous. Parfois glamour, parfois osé sans doute, mais surtout talentueux ! Enfin il faudra bien avouer que des personnages tels que Janie Wyatt apportent la touche pittoresque et véridique, qui font par ailleurs bien souvent défaut dans le spectre des nombreuses nouvelles oeuvres éditées chaque année.

[extraits]

"La quête du mâle aventureux, les avances du mâle, ça n’était pas pour elles un délit à dénoncer et sanctionner, mais un signal sexuel auquel il était loisible de répondre. (…) Porter plainte ? Elles n’avaient pas grandi dans ce système idéologique. (…) elles savaient s’abandonner au plaisir sans peur (…) c’était une génération qui ne se fiait qu’à son *** pour juger de la nature de l’expérience et des délices du monde ».


"Son astuce est d'avoir compris dés son arrivée le bon usage de la banlieue. Petite fille, elle ne s'était jamais sentie libre, en ville, elle n'avait jamais eue la bride sur le cou comme les garçons. Mais, à Manhasset, elle trouvait son horizon de pionnière. Il y avait bien des voisins, mais moins proches qu'en ville. Quand elle rentrait du lycée, les rues étaient désertes. On aurait dit une ville fantôme dans un western. Pas un chat. Tout le monde au boulot."

Agréable mais mineur

6 étoiles

Critique de Bartleby (Piré sur seiche, Inscrit le 14 octobre 2010, 42 ans) - 14 octobre 2010

Il n'est pas difficile de considérer ce roman comme relativement mineur dans la production du grand écrivain. Certes il est plaisant, intelligent comme souvent, percutant même parfois dans plusieurs passages sur la mort, la vieillesse ou la libido déclinante (certains mériteraient d'ailleurs de figurer en bonne place dans une anthologie des meilleurs citations de Roth) mais, même si on a plaisir à retrouver le personnage de Kepesh, et malgré son immense talent à nous faire tenir en haleine malgré une intrigue des plus minimales, Roth ne convainc pas totalement car tout bien pesé ce qu'il dit sur le rapport entre le sexe et la mort n'est pas franchement nouveau... On a l'impression qu'il a surtout écrit ce livre (comme pour Zuckerman dans Exit le fantôme) pour liquider son personnage récurrent... Pour un fervent lecteur des œuvres de Roth que je suis, Kepesh avait droit à une meilleur sortie...

Une atmosphère prenante et poétique

8 étoiles

Critique de Baader bonnot (Montpellier, Inscrit le 11 janvier 2008, 34 ans) - 5 mars 2009

Dès les premières pages on entre dans cette ambiance envoûtante et vertigineuse et l'on ne peut s'empêcher de lire ce petit récit d'un seul trait.

Les premiers instants que David passe avec Consuela donnent lieu à une magnifique description du désir. Cette attente où l'on cherche à s'occuper, à partager des moments précédant le premier contact physique, sachant que celui-ci est imminent et inéluctable.

Puis vient cette relation qui s'installe pour David mais qui reste de l'ordre de l'éphémère pour Consuela. Le vieux débonnaire, avec son regard expérimenté, a conscience qu'il ne peut rien faire face à un jeune homme, ce qui devient sa plus grande hantise. Il entre peu à peu dans une situation instable et irréversible, ressentant à tout instant le besoin d'avoir la jeune femme à ses côtés.

Enfin, vient ce passage un peu ennuyeux sur la libération sexuelle des femmes qui coupe un peu le roman...

"La Bête qui meurt" reste dans son ensemble plus que bon. Hanté par la Mort, rongé par le désir, préoccupé par un corps déliquescent, David est en quelque sorte le cobaye de l'auteur qui se psychanalyse lui-même tout en évitant de sombrer dans le Pathos. Un régal!!

Tellement humain

9 étoiles

Critique de Fa (La Louvière, Inscrit le 9 décembre 2004, 42 ans) - 4 février 2008

Cet très bon roman n'a pas manqué de me surprendre. On y retrouve une thématique fréquente chez cet auteur : la mort, qui rôde toujours autour du roman dans son entier, avec quelques phrases qui mériteraient d'être citées.

Le sexe aussi, le désir, qui est le pendant du néant.

Un excellent roman, sur le thème de l'amour des femmes et de la vie, et sur la hantise de la vieillesse et de la mort. aucune ambiguïté sur ce qui remportera la partie.

Pathétique

7 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 74 ans) - 2 octobre 2006

J’ai trouvé ce petit livre pathétique tant le héros me semble un être égoïste, enfermé dans son confort, ses habitudes, ses préjugés (sur le mariage notamment). Philip Roth ne fait rien pour nous le rendre sympathique et son histoire avec Consuela n’est pas une histoire d’amour mais un coup de sang et une lutte contre la mort dont le sexe est le meilleur antidote ou la revanche. Au début de l’histoire, David n’en a rien à faire de Consuela et parler d’amour est un abus de langage. D’ailleurs quand il s’aperçoit qu’il s’engage, il se défile piteusement sans se soucier d’elle un instant. Quand il la retrouve il a vieilli et s’apitoie sur elle pour mieux s’apitoyer sur lui même. Non décidément je n’aime pas ce type. Ces réactions montrent bien que je ne suis pas resté indifférent à la lecture de ce livre.
Par ailleurs, je me suis demandé tout au long du roman si en fait il n’était pas constitué de textes écrits par Roth ici ou là et qu’il aurait réuni dans une sorte de patchwork. La longue digression sur la libération sexuelle des années soixante en est un très ennuyeux exemple.
C’est au fond un livre sur la vieillesse et tous les moyens pour en reculer les ravages et Roth a raison quand il écrit : « Pour ceux qui n’ont pas encore atteint la vieillesse, elle signifie qu’on a été. Seulement la vieillesse ça veut dire aussi que malgré son avoir-été, on est en plus de lui, en prime de lui, on est encore. »

Un petit Roth en quelque sorte mais un petit Roth est quand même un livre d’une certaine envergure. Il est ici, mais ce n’est que mon avis, meilleur essayiste sur la vieillesse que bon romancier

Les pages sur la mort de l’ami de David, George, sont pour moi tout à la fois poignantes, ironiques, sans illusions et magnifiquement écrites.

un univers à découvrir

8 étoiles

Critique de Tchico2 (Labenne, Inscrit le 12 janvier 2006, 42 ans) - 5 avril 2006

Sur les conseils de lecteurs de critiques libres, je me suis tourné vers ce petit bouquin. Je ne connaissais en rien Philip Roth et j'ai découvert un style , une manière de conter extraordinaire : pas de détour , un style ultradirect. Roth aime à choquer ou provoquer ses lecteurs et c'est de plus en plus rare.
En ce qui concerne le livre, l'histoire est simple, et c'est un beau retour sur le passé d'un vieux de 70 balais qui parle de son dernier amour. Il nous rappelle que même si nous sommes âgés , nous avons pour les questions d'amour des réactions d'adolescents. C'est un livre facile à lire, assez court mais dense. on est pris dans l'histoire dès les premières pages.
A conseiller à toutes les personnes aimant le travail de Bukowsky. Pour ma part, je viens de découvrir un magnifique écrivain et je vais me plonger dans la découverte de ses autres romans. Merci à tous les auteurs des critiques de ce bouquin pour m'avoir fait découvrir l'univers particulier de Roth.

Philippe Roth : professeur de vie ?

9 étoiles

Critique de Maria-rosa (Liège, Inscrite le 18 mai 2004, 63 ans) - 14 février 2006

C'est peu dire que j'apprécie Philip Roth.

Mais, si l'on est allergique à son langage cru, à ses digressions, si l'on bute sur ses considérations sur le sexe,(que pour ma part je trouve désopilantes) sans lire entre les lignes, sans rien mettre en perspective, sans rien comprendre en fait, eh bien oui il ne faut surtout pas lire Philip Roth.

Si l'on considère Philip Roth d'un point de vue moral, il ne faut surtout pas le lire. Mais là n'est pas le propos.

"La bête qui meurt" est bien autre chose que les amours séniles d'un vieillard pour une jeune femme.

Dans "La bête qui meurt", le désir, l'amour que David Kepesh éprouve pour Consuela n'est qu'un prétexte pour parler de la maladie, de la mort, de la vieillesse qui est un naufrage, du temps qui nous fait devenir autre, un autre qui n'a plus grand chose à voir avec celui que nous avons été 20 ou 30 ans plus tôt. C'est un livre sur la bête qui est en nous qui se sent mourir et qui sursaute, qui veut encore et encore vivre et sentir. C'est un livre sur l'incommunicabilité entre les êtres, un livre sur le "désir" qui nous rend vivants.

Philip Roth nous rappelle tout le temps que nous sommes sexués, et humains parce que nous pouvons "penser" notre corps, nos désirs, notre peur de vivre et de mourir.

Glauque

3 étoiles

Critique de Jemangeleslivres (, Inscrite le 25 mai 2004, 44 ans) - 6 novembre 2005

Je ne vais pas m'associer au concert de louanges concernant "La bête qui meurt", désolée! J'ai trouvé ce roman extrêmement glauque: le vieillard vicieux obsédé par les petites jeunes, très peu pour moi... Les scènes de sexe sont d'une crudité qui personnellement, m'a donné la nausée. Certains développements, notamment celui concernant la libération sexuelle des années 60, sont particulièrement longs et plombent l'histoire, dans laquelle j'ai eu bien du mal à rentrer. Le personnage de David Kepesh, mauvais père, mauvais mari, n'inspire vraiment aucune sympathie, ni compassion. Ses fréquentes activités masturbatoires, son goût pour la fellation, sur lesquelles l'auteur s'étend longuement, m'ont fait bailler. Roth tente bien d'insuffler un peu d'émotion à la fin du roman, après de longues pages souvent sordides, mais ça sonne creux et artificiel. Un seul point positif au milieu de ce marasme: certaines descriptions du corps de Consuela sont assez réussies et d'une belle sensualité. Dommage que l'auteur ait préféré le glauque au sensuel...

Stanley Spencer à découvrir

10 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 12 juin 2005

Premier livre que je lis de Philip Roth et je ressors de cette lecture complètement envoutée. L'histoire a été très bien résumée par Nothingham alors je me contenterai de dire à quel point ce livre m'a séduite. Le personnage de David Kepesh est extrêmement attachant et humain dans ses nombreuses faiblesses. Il est absolument envahi par sa passion pour Consuela qui n'est au départ que physique mais qui deviendra plus profonde au point qu'il devient obsédé par la peur de la perdre ce qui arrivera au bout d'une année et demi environ. Il la retrouvera huit années plus tard, encore plus belle et désirable mais blessée par la vie et portant en elle une affreuse réalité. Leurs retrouvailles m'ont émue au plus haut point et j'en ai presque versé une larme. Quel beau personnage que Consuela, si vivante, fragile et vulnérable dans sa féminité épanouie. David est en pamoison devant la perfection de son corps et la décrit d'une façon admirable. Cette obsession le rendra dépendant, lui qui se veut un homme libre et cette dépendance le rendra moins libre mais plus humain.

Bref, un livre admirable grâce auquel j'ai fait connaissance avec cet écrivain génial que je ne lâche plus. Et que dire du peintre Stanley Spencer et de ses toiles étonnantes. Une autre belle découverte d'un peintre que je ne connaissais pas. Je suis reconnaissante à Philip Roth de me l'avoir fait découvrir grâce à la description d'une de ses toiles dans le récit. À lire absolument !

Sexe, drame, Amérique.

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 8 juin 2005

C'est l'évolution de l'attitude américaine vis à vis des choses du sexe des 40 dernières années dont nous parle P. ROTH à travers l'histoire improbable de D. Kepesh, professeur, WASP, soixantaine bien sonnée avec Consuela Castillo, 24_30 ans, d'origine cubaine. Un professeur et son élève. Un Don Juan qui se veut inaccessible et qui connait les affres de la jalousie. C'est la description par P. ROTH du pouvoir immense du sexe :
"Non, le sexe n'a pas un pouvoir illimité, je connais très bien ses limites. Mais dis-moi, tu en connais, un pouvoir plus grand ?"
Traduction qui se fait bien oublier de Josée Kamoun.
Le genre de livre qui n'abêtit pas, qui fait écho et qui rend bien ce qu'on peut ressentir à l'orée de la vieillesse.

étrange...

7 étoiles

Critique de Bibou379 (, Inscrite le 26 mai 2005, 33 ans) - 31 mai 2005

Avant de lire ce livre je ne connaissais pas Roth.. attendez-vous à être un peu secoué!!! L'histoire d'un vieil homme lubrique qui fait une fixette sur le corps d'une de ses étudiantes avec qui il va vivre des moments sexuels d'une passion rare... Le livre se dévore mais le goût est amer, on n'est pas dans l'amour on est dans le sexe glauque ; à noter un passage sur l'excitation que suscitent les menstruations de la belle Consuela que je ne citerai pas mais qui reste particulièrement bizarre! L'image donnée de l'homme est négative ou peut-être réaliste!! à lire pour être un peu déconcerté....

Je passe mon tour!

2 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 44 ans) - 23 avril 2005

Pourquoi faut-il donc que je m'ennuie là où tout le monde (ou presque) y trouve du génie? Mon esprit est-il à ce point déformé qu'il passe à côté de l'étincelle qui ferait toute la différence? Je vais commencer à le croire...
Car de l'ennui, j'en ai eu ma dose avec ce livre de Philip Roth. J'étais pourtant partie sur une bonne base: "Tiens, un sujet bateau traité par un auteur de talent comme Roth, ça va être grandiose". Que nenni! A mes yeux en tout cas.

Certes, les réflexions de David Kepesh sur le temps qui passe emportant avec lui ses talents de séducteur et imposant ses changements à l'âme peuvent être intéressantes mais tellement longues, tellement savantes que ça en devient une leçon professorale d'ouverture d'une année académique universitaire. Université qui lui sert d'ailleurs de prétexte à de longs discours sur la libération des moeurs et des tabous sexuels. Un peu long à mon goût, voire carrément inutile pour certains passages.
Je ne vais pas intellectualiser ou gloser pour justifier ma non-adhésion à ce livre. Juste que ça parle d'amour, de corps, de chaleur, de vie, de maladie, de mort... bref, d'éléments vivants d'une manière ou d'une autre, de composants énergétiques de nos êtres qui m'ont pourtant semblés ici si plats, si froids. Distance prise par l'auteur pour indiquer que son David Kepesh est un être profondément désillusionné? Dans ce cas, je plains ce professeur auquel il ne semble rester aucune issue favorable si son désarroi est aussi grand.
Non, trop fade et trop complexe à la fois, très peu pour moi. Et cette fin téléphonée... Non, plus j'y pense et moins j'adhère.

Toutes ces bêtes qui meurent

7 étoiles

Critique de Bolcho (Bruxelles, Inscrit le 20 octobre 2001, 69 ans) - 16 janvier 2005

Je vais commencer par tresser quelques lauriers à mes prédécesseurs qui ont dit ce qu’il fallait dire du bouquin.
Cela fait, et les couronnes bien mises en place, je ne peux qu’encourager les lecteurs à les relire avant de se lancer dans mon humble apport.
Dans ce livre, Roth m’émeut, m’amuse et m’agace à la fois. Son personnage ( ?) balance effectivement, comme le dit Jules, entre une misogynie un peu balourde (lorsqu’il tartine pesamment, et sans trop d’originalité, sur les dangers de la vie de couple, ou bien sur les difficultés des femmes de trente-cinq ans ne trouvant pas de mecs) d’un côté, et une belle admiration pour les femmes de l’autre. Lorsqu’il décrit une jeune femme des années soixante, active militante de la libération sexuelle, il décrit en même temps une force en marche : « Dans l’Amérique des années 60, les Janie Wyatt savaient comment s’y prendre avec les hommes tumescents. (…) La quête du mâle aventureux, les avances du mâle, ça n’était pas pour elles un délit à dénoncer et sanctionner, mais un signal sexuel auquel il était loisible de répondre. (…) porter plainte ? Elles n’avaient pas grandi dans ce système idéologique. (…) elles savaient s’abandonner au plaisir sans peur (…) c’était une génération qui ne se fiait qu’à son con pour juger de la nature de l’expérience et des délices du monde ».
D’accord, c’est assez cru.
Et c’est une époque révolue. Comment ne pas songer aux nouvelles prohibitions qui sont à l’œuvre aujourd’hui et qui, sous couvert de mesures anti-harcèlement, transforment de nouveau les femmes en victimes, en potiches à préserver, en pauvres petites choses fragiles.
E. Badinter, sur ce coup-là, pourrait bien se tenir aux côtés de Roth pour rappeler les conquêtes féministes d’antan.
Sous des dehors un peu licencieux, Roth nous parle aussi – surtout sans doute – de ce pourquoi le sexe nous fascine tant : « Le sexe ne se borne pas à une friction, à un plaisir épidermique. C’est aussi une revanche sur la mort. Ne l’oublie pas la mort. Ne l’oublie jamais. »
Et pour finir, cette question centrale :
« Ce besoin. Cette maladie mentale. Est-ce que ça s’arrête un jour ? »

Les femmes, l'âge, le sexe et le mariage

7 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 20 septembre 2004

Philip Roth s’y connaît en matière d’érotisme, de sexe et de charme féminin, tout au moins il en a une vision qui peut se défendre : « L’art du flirt à la française me laisse froid. Moi ce qui m’intéresse c’est l’impératif sauvage. Non, il ne s’agit pas de séduction. On se joue une comédie. Une comédie qui consiste à fabriquer un lien factice, et tristement inférieur à celui que crée sans le moindre artifice le désir érotique… Or justement, c’est son côté inacceptable qui rend le désir désir. Il jalonne la voie, mais à rebours, pour retourner à l’instinct de base. »

David misogyne ?… Je pourrais dire non tant il aime les femmes, leur corps et leur beauté, et tant il sait bien en parler. Mais je pourrais aussi dire oui dans le sens où il ne voit la plupart du temps dans ces femmes qu’un moyen d’assouvir ses pulsions. En tout cas, ce qui est certain c’est qu’il est un adversaire acharné du mariage qui, à ses yeux, tue l’amour. Il cite John Milton qui aurait écrit : « Notre Sauveur nous a-t-il donc ouvert cette porte si hasardeuse, si aléatoire du mariage pour la refermer sur nous comme les grilles de la mort ? » Il ajoute même ceci : « Dans le meilleur des cas, le mariage assure le frisson des subterfuges licencieux. » En plus, il se dit que ce n’est vraiment pas sa faute qu’aussi âgé soit-il l’homme pense au sexe jusqu’au bout ! La vie et le sexe sont inséparables.

L’intelligence de Roth se retrouve dans ce livre et David va même jusqu’à avouer son didactisme. Il est professeur : « Thèse-antithèse, l’histoire en est faite. Soit on impose ses idées à autrui, soit il vous impose les siennes. »

Je regrette peut-être la longue explication de la révolution sexuelle aux Etats-Unis. Comment les nouvelles générations sont devenues des « fellatrices stupéfiantes ». Bien sûr l’âge, le temps qui passe et la hantise de la vieillesse hantent ce livre.

Philip Roth a choisi de présenter son histoire en se servant du schéma choisi par Camus dans « La chute » Le narrateur raconte toute son histoire à une personne qui n’interviendra jamais, sauf à la toute dernière page. Il fera aussi très souvent appel à Dostoïevski, surtout « Les Karamazov », tout comme Jim Harrison l’a fait dans « De Marquette à Veracruz », ma lecture précédente.

Pour moi, un bon livre qui vaut la peine, mais nous ne sommes pas au niveau de ses derniers grands romans.

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