Vies parallèles de Michel Onfray

Vies parallèles de Michel Onfray

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire , Sciences humaines et exactes => Essais , Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Radetsky, le 25 juillet 2021 (Massieu, Inscrit le 13 août 2009, 78 ans)
La note : 10 étoiles
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Le Commandeur et le laquais

A l'instar des Vies parallèles de Plutarque de Chéronée, celles-ci sont autant celles d'un moraliste que d'un historien.
Onfray, on aime ou pas, mais faute d'être un historien patenté, les faits sur lesquels il s'appuie pour sa démonstration sont néanmoins amplement documentés, avec force références à l'appui. Il ne se contente pas de "on dit" ou de supputations, pas plus qu'il ne passe sous silence ce qui pourrait infirmer l'avis qu'il défend.

Ainsi relève-t-il que la création et le succès d'un mythe tel que le gaullisme des origines a su l'incarner, pourvu qu'il soit étayé par une suite d'exemples vécus et probants, favorisera l'unité et la solidité d'une conscience collective nationale ; et Dieu sait si en 1945 notre pauvre pays en avait besoin !

L'ouvrage (400 pages) est divisé en dix-huit chapitres touchant tantôt à l'Histoire (la Résistance, l'Algérie, Mai 68...), tantôt à la biographie (le milieu, l'enfance, la jeunesse, ), ou à des catégories morales (la mystique, le souci, le mangeur...), ou encore à la politique (L'Europe, la Constitution, l'extrême droite...) et d'autres encore, le tableau est riche !

On s'en doute, son champion en l'occurence est Charles de Gaulle, qui sort encore grandi à l'issue d'une confrontation sans doute accablante mais nécessaire, face à un arriviste caméléon qui aura tout fait, y compris le pire concernant un homme politique, , pourvu qu'il ait le pouvoir et qu'il le garde "quoi qu'il en coûte".

Onfray enfonce le clou de ses accusations à coups de masse, de marteau-pilon, tant il a à coeur de démonter la machine mitterrandienne tout entière vouée à la prise du pouvoir et à sa conservation, à coups de mensonges, de reniements, de trahisons, de la part d'un Président de la République allant chercher régulièrement les lumières d'une astrologue (!!) afin d'orienter, de guider ses décisons politiques - qui engageaient la France ...
Michel Onfray se répète, encore et encore, quitte à lasser, par des rappels incessants à la biographie du personnage, enrichis au fur et à mesure par les nouveaux développements apportés par chaque chapitre...car, manifestement, notre auteur n'a pas envie qu'on oublie le moindre détail (et il y en a !).
Tout y passe à propos de ce caméléon florentin, les "engagements", les histoires de bouffe, de fesse, les petitesses. A vomir.

Tiens ! On en apprend de bien bonnes et belles sur l'un des "pères de l'Europe" ; Jean Monnet, banquier de son état, traficotant aux Amériques du temps de la prohibition et je n'en dis pas plus sur la suite (copieuse), sinon qu'il a été panthéonisé (!)...mais le Panthéon est devenu un instrument de "communication" destiné au profit électoral de ceux qui y font ranger un peu n'importe qui.

Le réquisitoire achevé, on en reste sidéré...comment tant de choses si évidentes ont-elles pu être cachées si longtemps, comment ce qu'on nous présentait comme des faits avérés, des affirmations sincères, des engagements durables, se retrouvent-ils réduits à un vaste mensonge, à une trahison, à une forfaiture ?
La naïveté, l'espérance que cette fois était "la bonne", le refus d'envisager le pire et qu'on était trompés ??
Les catégories chères aux plumitifs de tout bord en prennent un coup. Mitterrand "de gauche"...? Ah, ah ! quelle farce, quelle sinistre farce. De Gaulle "de droite"...? Si seulement la "gauche" avait compris certaines choses à temps, peut-être n'aurions-nous pas eu à vivre la lamentable séquence qui a suvi...Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron.

La limpidité est bien chez "l'homme de Londres", la fange chez....l'autre, soi-disant "socialiste" qui s'en alla fleurir le sépulcre de Jean Jaurès un certain mois de mai 1981 sans la moindre honte !
Selon Montesquieu le ressort de la monarchie est l'honneur, celui de la république la vertu...De Gaulle possédait et l'honneur et la vertu, Mitterrand rien de tout cela.

Mais qu'on se rassure : tout le monde en prend pour son grade, les successeurs et leurs courtisans de toujours, les hagiographes, les avaleurs de couleuvres, "gauche" et "droite", touillés dans la grande marmite putride d'un régime taillé pour un homme de "l'ancien monde", dont il ne reste...quoi ?

Inutile d'en dire plus : il faut lire ce bouquin

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