Surface de Olivier Norek

Surface de Olivier Norek

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Nathavh, le 15 août 2019 (Inscrite le 22 novembre 2016, 55 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 514ème position).
Visites : 1 112 

Captivant

Je vous préviens, ça commence fort. Le capitaine Noémie Chastain qui dirige la brigade des stups avec son équipe s'apprête à arrêter Sohan, un dealer. Elle reçoit un tir de fusil de chasse en plein visage. Défigurée, gueule cassée, Noémie va devoir se reconstruire. Trahie par l'homme de sa vie, Adriel son second, on ne lui facilite pas les choses car son commandement l'écarte de Paris, en l'envoyant au vert dans l'Aveyron, un village perdu dans le but de fermer un commissariat.

Cependant, un corps vient d'immerger du lac et Chastain va ressortir un cold case de plus de vingt- cinq ans. Je ne vous en dis pas plus au niveau de l'intrigue.

C'est passionnant, addictif, un vrai page turner. Norek a la manière de vous capter d'entrée de jeu, et c'est parti, on dévore le récit, on ne le lâche pas et jusqu'au bout il se joue de nous ajoutant jusqu'au terme des rebondissements.

Un excellent moment en perspective.

Norek explore les profondeurs de l'âme humaine avec brio.

Une gueule cassée au masculin, c'est terrible mais c'est viril, on parvient à faire abstraction mais je peux vous dire qu'au féminin, cela change tout ! On juge souvent - à tort - en fonction de l'apparence. On se sent bien ou mal en fonction de l'image que l'on donne, alors imaginez-vous une seule seconde dans la peau de Noémie Chastain, écartée de ce qui est sa vie, sa raison d'être.

Arrivée dans un petit village où tout se dit, tout se sait, tout le monde connaît tout le monde et devoir affronter sa nouvelle image.

Heureusement il y a Melchior, un psy de l'hôpital des gueules cassées qui croit en Noémie et l'encadre.

Imaginez la révolte, la colère, la trahison de l'ancienne équipe qu'elle doit accepter. Quelle super nana, quelle force, quelle hargne, une personnalité magnifique.

Et puis n'oublions pas qu'enquêter à la campagne c'est pas du tout pareil , en ville on utilise d'abord les outils scientifiques, moyens et ressources différents voire inaccessibles au milieu de nulle part. Ici ce sont les contacts humains qui sont indispensables pour sonder les âmes et faire parler les autochtones.

Que vous dire de plus ? Un village enseveli 25 ans plus tôt, ce ne sera pas simple de faire remonter la vérité à la surface.

C'est passionnant, bien documenté. On ne le lâche pas, je vous dis.

A lire de toute urgence.

C'est un coup de ♥



Les jolies phrases

Plus tôt je lui parlerai, mieux j'évaluerai les dégâts psychiques. J'ai plusieurs patientes en une même personne. Un flic qui risque de ne jamais retrouver son service. Une femme qui risque de penser qu'elle ne séduira plus. Une entité adulte qui doit découvrir le visage d'une étrangère et vivre avec. Et une gamine qui doit être morte de peur. Il faut la préparer avant d'essayer de la réparer.

L'enfer reste toujours le regard que les autres portent sur nous. Comme un jugement. Le regard qui nous examine, celui qui nous empêche d'oser, celui qui nous freine, celui qui nous peine, celui qui nous fait nous aimer ou nous détester.

Ne vous trompez pas, réparer votre enveloppe ne pose pas de problème. Réparer les dégâts invisibles, c'est plus aléatoire, donc plus imprévisible, forcément.

Si vous ne reconnaissez pas votre visage, vous risquez d'être surprise par vos réactions, comme si vous étiez une autre.

Quelque chose d'insidieux s'est installé depuis cet accident, comme un passager clandestin, un étranger dans votre maison. Quand vous accepterez le fait que cet autre n'est qu'une partie de vous, vous serez près d'être complète à nouveau.

Avez-vous déjà réfléchi à la fonction du visage ? Avez-vous compris qu'il est le reflet de tous vos sentiments ? On y lit le chagrin, la joie, les peurs, les interrogations, la douleur comme la jouissance. Il parle, avant même les mots. En tout, il exprime vingt et une émotions, vingt et un messages différents que vous destinez à l'autre.

Le visage est un des rares endroits de votre corps que vous ne pouvez pas voir sans un miroir, mais il est surtout la première chose que l'on regarde. Il est entièrement pour l'autre. C'est aussi le seul endroit qui utilise les cinq sens. Il est totalement ouvert au monde. Et vous voudriez le laisser dans les coulisses.

Faut pas s'arrêter à ce que vous voyez capitaine. C'est mot pour mot ce que j'allais dire.

On devrait s'aimer sans attendre des autres qu'ils nous aiment en retour.

Nous traînons nos blessures, nos secrets, nos complexes et tout cela nous interdit d'être entiers, d'être merveilleux.

Un cold-case, c'est froid pour une bonne raison. Si c'est une affaire classée, c'est que d'autres s'y sont cassés les dents avant. La reprendre, outre se croire le meilleur flic du monde, ne fait que remuer la vase d'un marais.

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No

7 étoiles

Critique de Ardeo (Flémalle, Inscrit le 29 juin 2012, 72 ans) - 24 juin 2020

Sympathique polar qui se lit avec facilité et beaucoup de plaisir. Le personnage de la policière No (ou Noémie) est particulier, bien typé et ce qui ne gâche rien d’une redoutable efficacité dans son enquête « en province » (Aveyron) et « dans le temps ». Seul bémol, à mon avis, la longue introduction qui aboutit à ce que Noémie soit diminuée en No et ne se répercute pas suffisamment dans la fin du roman.

Les péripéties finales sont typiques de ce genre de roman et les rebondissements sont nombreux (souvent je déplore qu’il y en a trop mais ici « cela va »). La liaison entre personnages du passé et ceux du présent est cohérente.

Nous au village aussi l’on a de beaux assassinats…*

9 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 68 ans) - 15 mai 2020

N’en déplaise à la critique de « Femme actuelle » dans la couverture de ce livre de poche , j’ai eu du pif, en trouvant d’entrée de jeu le vrai coupable , mais d’avouer humblement aussi, que c’est sans en avoir deviné l’intrigue.
Superbe.
*G-B

Vrai page turner pour moi

10 étoiles

Critique de LesieG (CANTARON, Inscrite le 20 avril 2005, 53 ans) - 13 décembre 2019

Autant j'avais apprécié "Entre deux mondes" comme les thrillers que je lis habituellement, autant j'ai adoré "Surface".

Déjà rien que l'histoire de base, cette "capitaine", femme à laquelle on peut facilement s'identifier (en tant que personne et non policier) mise sur la touche pour un "audit" est bien maitrisée.

Se rajoute à ça une vieille enquête de disparition menée de main de maître et très crédible.

Les chapitres sont courts, pas de description ou dialogue inutiles, donc un vrai plaisir à lire.

Zut, du coup je vais rempiler avec d'anciens livres de cet auteur, donc une PAL qui augmente.





Un plat de banalités bien pauvre

4 étoiles

Critique de Reginalda (lyon, Inscrite le 6 juin 2006, 53 ans) - 29 octobre 2019

Une grosse déception que cette délocalisation des intrigues urbaines d’Olivier Norek vers une province sans chair. Avec « Entre deux mondes », il avait déjà livré un roman moins convaincant que ses trois opus urbains, si intelligents et bien ficelés, mais avec « Surface », il baisse encore d’un cran. On a l’impression du travail bâclé d’un auteur sommé de produire pour surfer sur la vague de sa popularité.
Après avoir été blessée et défigurée en intervention, Noémie Chastain est « exilée » dans l’Aveyron par sa hiérarchie, en vertu d’un calcul particulièrement cynique. Toute la première partie du roman – l’intervention, le réveil de l’accident, la convalescence, la mutation – est d’une banalité et donc d’un ennui sans bornes. Le caractère rude et intrépide de la capitaine a été vu et revu mille fois, son désespoir et sa colère sentent autant le réchauffé qu’un vœux ragoût de la semaine passée. Pourtant, ce n’est rien par comparaison avec le caractère éculé, convenu et dénué d’authenticité de l’intrigue aveyronnaise. Dans la province selon Olivier Norek, on est hanté par de vieilles rancœurs (quelle surprise !), on a un maire malhonnête et raciste (pas possible ??!), on sait forcément tout sur tout le monde (le contraire aurait été étonnant) et on le tait aux étrangers… Bref, rien de nouveau sous le soleil, et on s’ennuie.
Et comme si cela ne suffisait pas à cette plâtrée de platitudes, il faut en plus que le lecteur ingurgite les palpitations sentimentales de la Chastain, elles aussi tellement fades que c’en est affligeant.
« Surface » a-t-il été bâclé ou bien Olivier Norek a-t-il plus de prédilection pour la ville que pour la campagne ? Je ne saurais trancher. En attendant, je me ferai plus méfiante lors de la sortie de son prochain roman.

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