Tess d'Urberville de Thomas Hardy

Tess d'Urberville de Thomas Hardy
( Tess of the D'Urbervilles)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par ALF, le 9 avril 2004 (Ondres (40), Inscrit le 13 mars 2004, 37 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 131ème position).
Discussion(s) : 2 (Voir »)
Visites : 2 706  (depuis Novembre 2007)

Valeurs Victoriennes et nouveaux riches, encore et toujours…

Tess est une jeune femme très belle et pleine de vie. Seulement voilà, ses parents, en qui coule du sang noble, sont totalement ruinés et se retrouvent ainsi plus bas que jamais dans une Angleterre qui commence déjà à ouvrir ses portes à la réussite des classes moyennes. Noyée dans le malheur suite à un étrange quiproquo, elle tombera amoureuse d’un homme au cœur pur mais aveuglé par son propre sens des valeurs, et épousera finalement un monstre faussement repenti car responsable de son viol quelques années plus tôt. Les uns après les autres, les hommes qu’elle croisera la jugeront pour des erreurs qu’ils ont eux même perpétré mais qu’ils n’acceptent pas de la part d’autrui, et ce jusqu’à l’inévitable et tragique dénouement de cette sombre histoire. Complètement perdue entre deux mondes auxquels elle n’appartient pas, notre jeune héroïne se révèle effectivement incapable de s’imposer dans un milieu rural trop éloigné de ses aspirations, ou chez ces nouveaux entrepreneurs sans âme qui refusent de s’abandonner aux sentiments et qui méprisent l’univers de la paysannerie ; ni la passion, ni ses origines, pas plus que ses choix malchanceux ne lui seront pardonnés. La société en plein bouleversement de l’époque n’accorde pas de place à ceux qui ne parviennent pas à choisir leur camp, surtout si ces affranchis s’avèrent être des femmes… Parfois critiqué pour ses longueurs et sa morale trop tranchée, ce roman demeure malgré tout le chef-d’œuvre qui a hissé Hardy au rang d’auteur classique, à lire au moins une fois.

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Tess

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 57 ans) - 31 août 2017

Voici Tess, une grande Dame de la littérature, sœur d’Isabelle Archer, de Jane Eyre, de Sophie Zawistowska et d’autres de ces personnages qu’on n’oublie jamais. Catherine Ribeiro chantait « sœurs de race» et c’est à peu près ce qui les unit.
Je ne trouve pas de mots assez fort pour exprimer l’émotion que m’a procuré cette lecture, l’amour que j’ai ressenti pour cette femme que j’avais envie d’entourer de mes bras.
Pauvre Tess d’Uberville, enfermée dans le carcan des convenances. Nous sommes dans la seconde partie du 19ème siècle dans la très puritaine Angleterre.
Magnifique .

Un livre imparfait mais inoubliable

9 étoiles

Critique de Fanou03 (*, Inscrit le 13 mars 2011, 42 ans) - 15 mars 2017

Doris Lessing, cité par Michel Le Bris dans sa préface des Rapaces, se demandait comment il se faisait que certains livres imparfaits restent pourtant inoubliables. Je me suis aussi posé la question pour Tess d’Urberville. D’un côté en effet certains traits de ce roman m’ont donné le sentiment d’être forcés : passages mélodramatiques extrêmes, comme la scène du baptême funèbre de Chagrin (!), l’enfant de Tess; malheurs qui ne cessent de s’acharner sur la jeune femme ; retournements de situations théâtraux; amour mielleux naissant entre Tess et Angel Clare...

Mais la beauté de cette œuvre est qu’elle parvient, à mon sens, malgré ces points qui a priori jouent en sa défaveur, à un équilibre magnifique.

Cela est dû à plusieurs éléments, dont en premier lieu sans doute le merveilleux sens de la composition de Thomas Hardy. Ainsi, pour revenir sur le baptême funèbre du petit Chagrin, aussi outré soit-il, il atteint, par le talent de l’auteur, une dimension allégorique qui impressione. La deuxième rencontre entre Tess et Alec d’Urberville est décrite quant à elle de façon très brillante et cinématographique. J’ai été également frappé par les ellipses dont joue l’auteur. Ainsi, en passant quasiment sous silence deux évènements fondamentaux du livre (le viol de Tess, la naissance de son enfant) il leur donne paradoxalement une force inouïe.

Le lyrisme généré par les descriptions autour de la Nature, participe également à cet équilibre. Cette Nature n’est jamais foncièrement mauvaise, même si elle peut s’avérer déchaînée, ou d’une âpreté extrême, à l’image de l’hiver sur le plateau de Flintcombe-Ash tandis qu’au contraire elle figure presque un paradis lors du passage de Tess à la laiterie de Talbothays. Le roman est aussi une série d’observations presque naturaliste, saisissante, quasi documentaire sur les campagnes (les modalités de la traite à la laiterie de Talbothays par exemple) ainsi qu’un témoignage du début de la mécanisation des travaux des champs à l'origine de l’exode rural vers les villes menaçantes dévorant leurs enfants.

Une des autres forces de Tess d’Urberville est la place laissée à l’émotion et la présence de personnages tourmentés par leurs passions, et qui sont susceptibles d’évoluer au fil du récit : le père de Tess, qui est pourtant un branquignol porté sur la boisson (un véritable « cas social » dirait-on aujourd’hui), et sa mère, absolument lunaire, montrent beaucoup d’amour pour leurs enfants ; Angel Clare est quant à lui un être d’une grande inconstance, entre amour exalté, détestation et remord vis-à-vis de Tess.

Ainsi Tess d’Urberville, malgré les reproches qu’on pourrait lui faire, se révèle un grand roman, irradié par la figure presque solaire de l’héroïne, Cérès naïve et fière, portant sur ses épaules toute la malédiction de sa classe sociale.

Tragique histoire d'une jeune paysanne

8 étoiles

Critique de Kirioul (, Inscrite le 21 avril 2012, 29 ans) - 1 juillet 2012

Que ce roman , de fin XIXième anglais, fit scandale lors de sa parution, nous ne pouvons en douter.
Thomas Hardy nous dépeint avec perspicacité les incohérences de la société, les règles absurdes de la bienséance, le tabou du sexe, la pression de la religion, l'incompatibilité constante entre les émotions humaines et la bonne moralité.
Tess est une véritable héroïne dont nous louons les qualités et à qui nous pardonnons défauts et faiblesse. Sa souffrance endurée nous serre le cœur au fur et à mesure que nous plongeons dans l'histoire.
En d'autres mots , cette romance tragique et satirique, à la lecture agréable, nous tient en haleine du début jusqu'à la fin.

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  vous aimez Thomas Hardy? 7 ALF 4 septembre 2017 @ 22:02
  Graham Greene et Tess d'Urberville 6 Saule 4 septembre 2017 @ 21:55

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