Amerigo : Récit d'une erreur historique de Stefan Zweig

Amerigo : Récit d'une erreur historique de Stefan Zweig
( Amerigo : die Geschichte eines historischen Irrtums)

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques , Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Drclic, le 6 avril 2004 (Paris, Inscrit le 13 mars 2004, 41 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 203ème position).
Visites : 4 171  (depuis Novembre 2007)

Pourquoi Amérique et pas Colombie ?

Amerigo est-il un usurpateur ? Pourquoi le monde a décidé de baptiser le nouveau continent par son nom ?

Quiproquos, interprétations, Zweig nous explique ce qui s’est passé dans le moindre détail.

C'est un ouvrage est court et facile à lire.
Le sujet est plutôt anecdotique mais Zweig arrive à résumer une époque sur ce détail historique.
Un délassement intellectuel.

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Mundus novus

9 étoiles

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 81 ans) - 11 septembre 2017

Excellent petit livre de Stefan Zweig, un des derniers, si pas le dernier qu’il ait écrit. Et ça se voit dans son écriture : plus de redondance, ici son style est direct et dépouillé. Avec le temps on dirait que le maître a réussi à faire simple, ce qui en écriture est une des plus grandes réussites.

Ce livre raconte, un peu à la manière d’une aventure, pourquoi l’Amérique s’appelle Amérique et pas Colombie.

Ce qui est intéressant c’est que Stefan Zweig raconte ses recherches. Il a décrypté tous les récits, les lettres, les comptes-rendus de l’époque. Il évoque au passage les aventures de ces explorateurs fabuleux qui ont bouleversé notre conception du monde en nous révélant ses secrets : les Christophe Colomb, Vasco de Gama, Nunez de Balboa, Barthélemy Diaz, etc, etc... le plus prestigieux de tous : Magellan, l’Anglais Sébastien Cabot, l’évêque Las Casas... Bref, tous ces noms qui ont fait rêver des générations de potaches à leurs cours d’Histoire et de géographie. Stefan Zweig explique quels étaient leurs rapports avec les princes et ceux qui les finançaient. Comment leur renommée et leur prestige dépendaient des richesses qu’ils rapportaient. Et comment ces glorieux aventuriers sont retournés, de leur temps, dans le plus complet anonymat.
Malheureusement, tout ça est beaucoup trop résumé, ce n’était pas l’objet du livre.

Amerigo Vespucci est le premier à avoir reconnu l’Amérique pour ce qu’elle est : un monde nouveau. Et ce n’est même pas lui qui en a parlé mais un habile éditeur de Saint-Dié dans les Vosges. A partir d’une lettre écrite par le génial navigateur à Laurent de Médicis et intitulée « mundus novus », cet éditeur a rédigé le récit romancé de ses aventures, sans même lui demander son avis.
Amerigo Vespucci mourra sans savoir que son nom était entré à jamais dans « le plus glorieux livre de l’humanité ». Mais Stefan Zweig se félicite de ce nom. Parce qu’il aime l’Amérique, il trouve que « ce mot sonore, ce mot vibrant : Amérique, est le mieux adapté à ce merveilleux pays libre et démocratique ».

Stéfan Sweig s’intéressait au monde des grandes découvertes, on le voit dans son magistral Magellan et on le voit dans ce livre. On ne peut que regretter qu’il soit parti trop tôt, pour en écrire l’Histoire. Cet excellent petit livre était sans doute destiné à nous en donner un avant goût.

Un vrai-faux procès en paternité géographique

9 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 57 ans) - 18 septembre 2007

Zweig y brosse en quelques coups de plume le portrait de cette époque charnière : celle de l'ouverture au monde de la vieille Europe, le moment où les espagnols croient redécouvrir les Indes, les portugais le Brésil et d'autres encore l'Afrique du sud, bref, l'époque où l'on comprend enfin ce que l'on savait déjà sans comprendre : la Terre est ronde.
De ce petit opuscule d'une centaine de pages, le prétexte (mais n'est-ce vraiment qu'un prétexte sous la plume de Zweig ?) peut paraitre futile : pourquoi donc a-t-on donné à ce Nouveau Monde le nom d'Amérigo Vespucci alors que Christophe Colomb était passé par là avant lui ?
C'est qu'au-delà de leurs voyages respectifs, ces deux-là n'étaient pas embarqués dans la même galère : Amérigo eut le mérite d'écrire, même si ce n'était que quelques lettres de commerçant, et si les voyages permettent vertes, de s'envoler, les écrits, eux, restent.
D'autant plus que ceux d'Amérigo furent traduits, repris, transposés, interprétés et même transformés ...

[...] De toutes les feuilles volantes de cette époque, depuis la première lettre où Colomb, en 1493, annonçait avoir atteint des îles proches du Gange, aucune n'a eu un retentissement aussi large et aussi profond que les huit pages de cet Albericus totalement inconnu jusque là. [...] Le grand succès de ce livret minuscule est très compréhensible. Car cet inconnu, ce Vespucci, est le premier de tous les navigateurs qui sache raconter, et de manière amusante.

Et si cette époque fut bien celle des voyages, on tient peut-être là (avec ce vrai-faux procès en paternité géographique) une des premières affaires où la chose écrite pris le pas sur la réalité des faits.
Un petit récit historique et intelligent, captivant comme un polar et passionnant comme pouvait l'être l'aventure humaine à cette époque.

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