La Fée des Grèves de Paul Féval

La Fée des Grèves de Paul Féval

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques , Littérature => Francophone

Critiqué par Ellane92, le 16 juin 2015 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 44 ans)
La note : 5 étoiles
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à réserver aux amoureux de la Bretagne

En l'an de grâce 1450, à la veille de la Saint-Jean, une procession traverse le Mont Saint-Michel pour porter en terre un noble gentilhomme. A sa tête, le duc François de Bretagne, et dans le cercueil, son frère Gilles. Au moment le plus tragique, l'un des moines de l’abbaye soulève la capuche qui lui cachait le visage. Il s'agit de l'écuyer du moribond, Hue de Maurever, qui profite de l'effet de surprise pour annoncer à la noble assemblée que son maitre est mort de faim, condamné par son propre frère. Le duc François donne l'ordre de rattraper le seigneur enfui, mais le chevalier Aubry de Kergariou, dont est secrètement épris Reine de Maurever, la fille du fuyard, accorde quelques crédits aux propos de l'écuyer et se trouve ainsi emprisonné. C'est son cousin Méloir, bien décidé, qu'elle le veuille ou pas, à épouser Reine, qui se lance à sa poursuite ! L'homme qui capturera le traitre recevra 50 louis d'or et la bienveillance du Duc.
A Saint-Jean-des-Grèves, Jeanin le coquetier rêve lui aussi de ces 50 écus, avec lesquels il pourrait bien demander la main de Simonnette, la fille du tavernier. Mais il n'est pas le seul à faire les yeux doux à la fille de Simon Le Priol : maître Gueffès, un normand près de ses sous, épouserai bien la belle et sa dot !


Publié en 1850, La fée des grèves est un petit roman historique de Paul Féval destiné à la publication sous forme de feuilleton. Avec son intrigue cousue de fil blanc (avec de très grosses coutures apparentes) et ses personnages manichéens, l'histoire est très prévisible.
Féval n'épargne ni les stéréotypes sur les Normands (près de leurs sous), ni sur les Bretons (superstitieux en diable). Il reprend les grands codes du roman de capes et d'épées : un gentil trahi qui va être vengé, des méchants vilains et pas beaux qui seront punis, la belle jeune noble objet de toutes les convoitises, le beau chevalier fougueux et vertueux qui rétablira l'ordre, les petites gens qui se mettent d'un côté ou de l'autre... Bref, rien de nouveau sous la brume du Mont Saint-Michel ! Reste le talent certain de conteur de Féval, qui prend manifestement plaisir à toutes les digressions dont il affuble son histoire. Il y a également Frère Bruno, un personnage original qui arrivera sur le tard et apportera une bouffée de surprises et d'actions au récit (qui s'enlise un peu dans les sables mouvants de la baie...), un zeste de fantastique auquel seul le petit coquetier croit, et la nostalgie d'une époque révolue où l'honneur était la plus haute vertu.
Et surtout, il y a la Bretagne, avec ses mille visages ! Ne lisez pas La fée des grèves pour satisfaire l'envie d'un roman de cape et d'épées. Lisez-le pour tomber amoureux des paysages de la Bretagne, de ses mystères, de ses traitrises, de ses villages et de ses grandes villes, de ses habitants, de ses contes et légendes, de sa lumière et de ses brumes...


Le Normand sella son cheval qui n'était ni blanc ni noir, parce que, dans son pays, tout est pie, blanc et noir, chèvre et chou, un petit peu chair, un petit peu poisson. Quoi ! Un pied chez le bon Dieu, un pied chez le Diable.

Les gens de la rive disent que le deuxième jour de novembre, le lendemain de la Toussaint, un brouillard blanc se lève à la tombée de la nuit. C'est la fête des morts. Ce brouillard blanc est fait avec les âmes de ceux qui dorment sous les tangues. Et comme ces âmes sont innombrables, le brouillard s'étend sur toute la baie, enveloppant dans ces plus funèbres Tombelène et le Mont Saint-Michel.

On dit souvent que, dans les grèves de la baie de Cancale, la mer monte avec la vitesse d'un cheval au galop. Ceci mérite explication. Si l'on a voulu dire que la marée partant des basses eaux, gagnait avec la rapidité d'un cheval qui galope, on s'est assurément trompé. Si l'on a voulu dire, au contraire, qu'un cheval, partant du bas de l'eau en grande marée, aurait besoin de prendre le galop pour n'être point submergé, on n'a avancé que l'exacte vérité.

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