La madone de Notre-Dame de Alexis Ragougneau

La madone de Notre-Dame de Alexis Ragougneau

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Isad, le 4 octobre 2014 (Occitanie, Inscrite le 3 avril 2011, 60 ans)
La note : 4 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (37 425ème position).
Visites : 2 107 

Meurtre dans la cathédrale

L’intrigue est bien amenée par une « bombe » dont on découvre la véritable nature. Le meurtre d’une jeune femme court vêtue dans les travées de la cathédrale réunit un prêtre torturé par la mort de son grand frère tombé dans la drogue, un inspecteur intimidant, son adjoint qui se pose des questions et une procureure féministe qui porte en elle un viol. Un ange blond dévot semble le coupable tout trouvé puisqu’il a insulté la victime pour son accoutrement inapproprié lors de la cérémonie dédiée à la vierge du 15 août, d’autant plus que l’Église veut que l’affaire ne fasse pas trop de bruit. Mais n’est-ce pas trop facile ?

Le récit est entrecoupé, à mi-parcours, de petits chapitres en italique qui relatent un épisode de la guerre d’Algérie.

Ce qui est un peu décevant, c’est le manque de crédibilité de la fin.

IF-0914-4284

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Un policier inintéressant

4 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 53 ans) - 13 février 2017

Un policier que j'aurai vite oublié !
Une jeune femme habillée de blanc de façon un peu trop provocante est retrouvée étranglée dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. On soupçonne un jeune homme déséquilibré, dingue de Marie... Le prêtre, atteint d'un mal mystérieux, mène l'enquête. Point. Circulez, y a rien à dire de plus ! Vraiment rien de passionnant.

Les ivresses de la nef

8 étoiles

Critique de Deashelle (Tervuren, Inscrite le 22 décembre 2009, 11 ans) - 4 septembre 2016

Premier roman d’Alexis Ragougneau. Le quatrième de couverture donne à penser qu'il s'agira d'un thriller ecclésiastique sulfureux. Se prépare-t-on à un Murder in the Cathedral à la française, une sombre histoire de Torquemada ou à un remake d'Esméralda ? Notre-Dame de Paris est le lieu mythique où s'est produit en pleine fête de l'Assomption, l'assassinat d'une madone à la peau bistre, jeune, belle et totalement provocante dans sa robe blanche ultra-courte. La cathédrale abriterait-elle les fantasmes les plus fous? Deviendrait-elle le lieu géométrique du doute? L'autopsie révèle que l'hymen de la victime a été reconstitué à la cire de bougie…

On rencontre une série impressionnante de personnages hauts en couleur : de la chaisière Madame-pipi prostrée dans son adoration de la Vierge que personne n'écoute, aux innombrables petites mains employées par la cathédrale, aux grands responsables ecclésiastiques prêts à tout pour protéger l'image sans tache de la vénérable chrétienté.

En filigrane, il y a cette question: peut-on échapper à ses démons? Il y a ce mystérieux détenu en mal de rédemption avec qui le père Kern pratique l'écoute. Dans la cour des miracles hantée par 50.000 touristes par jour, on retrouve d'autres abîmés de la vie. A chacun ses tourments et ses failles. Il y a le clochard polonais aviné, " l'ange blond fou de la Vierge" – un jeune homme mystique rapidement désigné comme coupable idéal. Il y a Landard, le flic bâcleur d'enquêtes aux théories musclées.

"- C'est une nouvelle technique d'interrogatoire, commandant ? Vous fumez vos suspects comme des harengs ?
- Absolument Mademoiselle Kauffmann. La nuit nous les mettons à mariner dans les sous-sols humides du dépôt. Le jour nous les fumons sous les toitures du quatrième. Alternance de fraîcheur et de chaleur caniculaire. C'est un petit mélange qui a déjà fait ses preuves. Les gardés à vue en sortent - comment dirais-je ? - attendris, sages, enclins au bavardage."

Il y a cet improbable père Kern, perspicace et persévérant qui, malgré la lourdeur de son histoire familiale et la maladie osseuse dont il est atteint, remonte, infatigable, la mécanique de l'histoire, de plus en plus fasciné par l'emprise du mal. Aussi des filles de peu de foi et de mœurs légères et l'élégante Claire Kauffman, une jeune substitut du procureur victime de son empathie qui risque sa carrière. Il y a les silences de l'Eglise.

Une grille prémonitoire trace en pointillés des faits glaçants de la guerre d'Algérie. Il y aurait-il un lien? L'intrigue est captivante, l'écriture est preste et habile, le combat entre le bien et le mal s'avère efficace et sans merci devant un lecteur médusé. Est-ce un policier ou un roman sur la condition humaine?
"La véritable frontière, vous savez, n'est pas entre croyants et non croyants, pas plus qu'entre chrétiens, juifs ou musulmans. La véritable ligne de front est celle qui sépare les colombes des faucons. Ceux qui cherchent la paix... De ceux qui veulent la guerre, oui."

Et dans la foulée, l’édition Points offre au lecteur le premier chapitre du second roman d’Alexis Ragougneau : « Evangile pour un gueux » Bonne lecture!

Décapant !

9 étoiles

Critique de Cecezi (Bourg-en-Bresse, Inscrit le 3 mars 2010, 40 ans) - 21 janvier 2015

Si je partage l'avis de mon prédécesseur sur ce site quant à certains aspects de la fin, ce roman exigeant m'a emballé... Tout commence pourtant de façon traditionnelle, avec notre vieux flic fumeur pas-très-catholique, aux méthodes dérangeantes mais efficaces. Et finalement, l'enquête menée dans le cadre de Notre Dame de Paris que l'auteur connaît bien et ça se sent, se décale. C'est un prêtre assez malmené par la vie, mais ô combien humain et sincère qui décide de poursuivre le chemin vers la vérité. Et c'est le sous-lieutenant, celui qui était méprisé qui se révèle être quelqu'un de bien.
Ce roman mettrait-il en scène un conflit de génération à la fois chez les détectives que chez les auteurs ? La fin du vieux briscard exposé jusqu'à la caricature ?
Le roman est extrêmement bien écrit ; les pages faisant références à la guerre d'Algérie sont épatantes. Restent quelques ficelles liées à la construction de l'enquête qui sont un peu grosses (le coup des gants...).
J'avoue avoir été un peu sceptique en commençant ce roman : il est de première catégorie !

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