Thérèse Desqueyroux de François Mauriac

Thérèse Desqueyroux de François Mauriac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Kinbote, le 1 juillet 2003 (Jumet, Inscrit le 18 mars 2001, 58 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 26 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (131ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 14 734  (depuis Novembre 2007)

La délivrance d'une femme?

Bernard Desqueyroux et son beau-père évitent le scandale : ils délivrent Thérèse, née Larroque, de la plainte déposée pour empoisonnement et préservent de la sorte l'honneur des deux familles. Pendant le voyage de retour au domaine conjugal, Thérèse se remémore sa jeunesse et les circonstances qui l’ont amenée à empoisonner son mari. Mais Bernard Desqueyroux ne pardonne pas; il a arrêté un plan précis visant à sauver les apparences et à faire payer Thérèse en la punissant d'exclusion. Elle verse sur la pente de la dépression, on la sent vouée au suicide. In extremis Bernard lui offre la liberté dont elle rêvait et la conduit à Paris, pour l'y perdre, un peu de la façon dont on procède avec un animal devenu encombrant.
La force de ce roman est d’abord qu'il ne tombe pas dans les attendus du genre : le suicide de Thérèse, l'empoisonnement du mari pour des raisons précises : cruauté explicite du mari, tentation d’adultère. Aucune raison n’est donnée à son acte ; Thérèse ne se l’explique pas bien elle-même.
On comprend cependant qu'elle aurait bien pu verser le poison dans son propre verre. Thérèse est un de ces êtres trop lucides pour croire en quoi que ce soit, même ou surtout pas en un Dieu.
Les commentaires éclairants qu'offre Jean Touzet dans l’appareil critique de cette édition du Livre de Poche nous montrent que Mauriac aurait aimé sauver son héroïne, la tirer vers la sainteté mais que la bougresse a résisté ou que l'auteur n’a pas su construire son récit de telle manière qu’elle se libère par la foi.
Le même Jean Touzet nous éclaire aussi sur la fin, qu’on pourrait croire ouverte, libératrice pour son héroïne. Il montre que la syllepse, cette figure de rhétorique qui consiste à glisser du sens propre au sens figuré, souvent employée par Mauriac, laisse entendre dans le dernier chapitre, le plus remarquable du livre, que Thérèse se perdra par la chair et ne trouvera pas la libération (du point du vue de l’auteur) qu'elle est cependant venue chercher dans la capitale.

Au niveau du style, on remarque l'emploi que Mauriac fait du deux-points et du point-virgule, souvent réunis dans une même phrase. On trouve même sous sa plume cet exercice vertigineux (qui s'accorde ici au fond, situé précisément dans l'ultime chapitre) de trois doubles points à la suite, que je vous convie à lire en guise de conclusion : « Elle regardait dans le vide : sur ce trottoir, au bord d'un fleuve de boue et de corps pressés, au moment de s'y jeter, de s'y débattre, ou de consentir à l'enlisement, elle percevait une lueur, une aube : elle imaginait un retour au pays secret et triste, - toute une vie de méditation, de perfectionnement, dans le silence d'Argelouse : l'aventure intérieure, la recherche de Dieu. »

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Un duo désuni...

7 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 65 ans) - 19 janvier 2017

J’ai bien eu du mal à trouver ça bien au début. J’ai même failli laisser tomber, heureusement, en arrivant à bon port Thérèse Desqueyroux m’a enfin fait vibrer. Il est vrai qu'en ces temps reculés, les rapports hommes-femmes étaient quelque peu archaïques même en France, où très peu de femmes portaient la culotte et encore moins, en milieu rural.
Ainsi, Thérèse par convoitise et me semble-t-il aussi… par manque de reconnaissance prend en grippe cette espèce d’ours mal léché, peu ouvert aux pensées subtiles qu’est son époux…
Ce drame qui prend donc son essor dans la deuxième moitié du livre avec une certaine répulsion à la vie par le repliement sur soi-même offre au lecteur que je suis une facette sur les comportements humains qui probablement perdurent encore aujourd’hui.
Pas mal !

Une langue classique mais sublime

10 étoiles

Critique de Bebern (, Inscrite le 20 juin 2016, 57 ans) - 8 janvier 2017

Plus que l'histoire de ce livre, c'est la langue employée qui m'a fascinée : des métaphores bien construites, des descriptions du monde extérieur, du monde intérieur de Thérèse.
Au bout de quelques pages, l'intrigue n'importe plus, c'est la seule beauté de la prose qui est recherchée.
Un vrai bon moment de lecture.

Deux oeuvres magistrales…

10 étoiles

Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 74 ans) - 14 décembre 2014

Dernièrement une de nos chaînes de télé publiques présentait l’adaptation cinématographique de cette oeuvre réalisée par Claude Miller, mettant en vedette Audrey Tautou, que j’ai attrapée au hasard et que j’ai regardée avec plaisir.
Des images splendides, des performances d’acteurs remarquables qui gravitent autour d’un sujet sombre, aride même, ponctué de dialogues obscurs surtout alimentés de nombreux et longs silences de la protagoniste principale en plan rapproché sur l’écran.

J’ai désiré dès lors me familiariser avec ce roman que je ne connaissais pas, même s’il se trouvait sur les rayons de ma biblio depuis longtemps déjà…
Au fil des années j’ai cumulé des dizaines de livres que j’ai dénichés dans des boutiques de livres d’occasion, des “ventes de garages” au fil de marches à pied au hasard des rues, chez les Bouquinistes du St-Laurent chaque été durant quinze ans, puis disparus…

«Depuis lors, que de fois ai-je admiré, sur ton front vaste et beau, ta main un peu trop grande! Que de fois, à travers les barreaux vivants d’une famille, t’ai-je vue tourner en rond, à pas de louve; et de ton oeil méchant et triste tu me dévisageais.»
En prologue, dès les premières lignes, comment ne pas être entièrement séduite par la virtuosité avec laquelle l’auteur manipule les mots, on en ressent presqu’une émotion sensuelle semblable à celle délicate, ressentie à l’effleurement du bout des doigts d’une étoffe soyeuse, ou au relent d’un parfum capiteux qui s’attarde…

Et cet oeil méchant et triste est bien ce que j’ai pressenti dans le regard d’Audrey Tautou, mais dont je ne pouvais vraiment percevoir la motivation sans lire l’oeuvre magistrale à l’origine de ce film.
Ayant lu les livres un à la suite de l’autre, je ne peux résister à l’envie de constater une troublante ressemblance entre Mamah Borthwick Cheney, l’héroïne de «Loving Frank» et ce personage de Thérèse Desqueyroux.
Ces deux femmes en début de XXe siècle, l’une réelle, l’autre fictive, toutes deux désespérément en quête de liberté hors des contraintes sociales, familiales, culturelles qui les retiennent prisonnières.
Plus qu’une quête féministe, une quête de liberté d’esprit.
En somme, Thérèse Desqueyroux: deux oeuvres artistiques majeures, l’une littéraire, l’autre cinématographique que j’ai beaucoup appréciées.

sous les pins

10 étoiles

Critique de Jfp (Yerres (Essonne), Inscrit le 21 juin 2009, 68 ans) - 29 mai 2014

Un roman-phare, une héroïne tourmentée, faussement féministe, que d’aucuns reconnaîtront sous les traits devenus célèbres d’Emmanuelle Riva (le film de Franju) ou plus récemment d’Audrey Tautou. Une histoire d’empoisonnement et d’amour déçu, au sein de la "bonne" société bordelaise de l’entre-deux-guerres. François Mauriac, qui a le chic pour haïr ses personnages tout en les décrivant par le menu, avec amour, pratique une autopsie de cette société sur le déclin, enfermée dans ses préjugés et certitudes. Toujours d’actualité, hélas, ce court roman se lit, ou se relit, avec plaisir, tant il atteint à l’universel par l’acuité de son regard sur les aspects les plus troubles du comportement humain.

Thérèse l'incompréhensible

5 étoiles

Critique de Junos2005 (, Inscrite le 12 mars 2013, 26 ans) - 30 septembre 2013

J'avais hâte de lire ce livre. J'avais adoré Le Sagouin de Mauriac et j'avais tant entendu parler de ce roman. L'intrigue est accrocheuse avec l'histoire de cette femme qui a voulu empoisonner son mari. J'ai été un peu déçue d'autant plus que ce livre apparait comme un chef d’œuvre pour moult gens.
L'intrigue est excellente et les procédés narratifs incroyables notamment avec l'alternance de focalisation. Le choix du long monologue de Thérèse dans les premiers chapitres m'est au départ apparu comme long et ennuyeux. On attend tellement la confrontation des deux époux qu'on peut être déçu mais Mauriac démontre une réelle maîtrise littéraire en la retardant jusqu'à la fin pour finalement ne pas lui donner lieu.
Ce qui m'a gênée c'est le personnage de Thérèse. On comprend que son geste n'est pas motivé par la haine mais par un sentiment d'étouffement: la famille, la société, la culture, la région, tout l’emprisonne et elle tente de se libérer. Pourtant cette explication reste floue et j'ai vu apparaître d'autres motifs qui me paraissaient plus probants sans qu'ils ne soient vraiment développés. On remarque notamment l'affection ambiguë de Thérèse pour Anne qui pourrait faire penser à un véritable amour impossible qui fait souffrir et ronge de l'intérieur. Mais non. On remarque surtout la dualité de la personnalité de Thérèse notamment lors de son mariage. Schizophrénie? Cela aurait été un bon thème à développer, la part de mal enfouie qui se révèle comme une seconde nature chez certains hommes. De même la fin laisse laisse penser que c'est dans le contact humain que Thérèse peut trouver le bonheur.
Bref une bonne lecture qui m'a laissé un peu déroutée, ne sachant que penser du personnage face à autant de pistes.

Naissance d'une rebelle !

10 étoiles

Critique de Frunny (, Inscrite le 28 décembre 2009, 2 ans) - 17 août 2013

"Tous le pays les mariaient parce que leurs propriétés semblaient faites pour se confondre".
Tout comme des générations et des générations avant elle, Thérèse s'incrustait dans un bloc familial. Elle se casait, elle entrait dans un ordre, elle se sauvait".
Elle serait un vase sacré, le réceptacle de leur progéniture.
Les femmes de la famille aspirent à perdre toute existence individuelle. C'est beau, ce don total à l'espèce, la beauté de cet effacement, de cet anéantissement...
Mariée à Bernard Desqueyroux qu'elle ne haïssait point, elle aspirait par dessus tout à être seule pour penser à sa souffrance, à la lente combustion du reste de sa vie. Elle allait devoir avancer masquée, sauver la face, donner le change. Une vie en trompe l'oeil ! Mais parce qu'elle est supérieurement intelligente, le reptile qu'elle porte en son sein va se réveiller, sonner la révolte pour s'affranchir des conventions sociales.
Dans ce milieu là, en cette région,à cette époque , on ne divorce pas.
L'honneur du nom, le regard des autres, le poids de la famille, passent avant tout.
La terrible lucidité de Thérèse la fait s'interroger: "Ne penses-tu pas que la vie des gens de notre espèce ressemble déjà terriblement à la mort ?".
Les portes de sortie sont étroites et celle de l'empoisonnement s'entrouvre.

Un Classique de la littérature française. Un court roman, une oeuvre d'art, les conventions sociales disséquées, une société de faux semblant moquée, discréditée.
Thérèse Desqueyroux flirte avec la mort (de son mari et la sienne) en quête d'émancipation.
Une oeuvre forte, des phrases qui claquent et laissent des traces. C'est le son de la révolte de la vie, de l'instant, sur les chemins tracés, la répétition des vies vides de sens.
Fantastique moment de lecture !

« Destinée sans issue »

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 58 ans) - 2 décembre 2012

C'est en voyant Audrey Tautou présenter son nouveau film que cette idée de re-lecture m'est venue. Il me restait un vague souvenir de l'intrigue et du climat pesant de chaleur et d'isolement. Et j'ai effectivement retrouvé l'écrasement de chaleur  mais aussi les pluies d'hiver interminables; j'ai retrouvé aussi cet isolement au milieu des palombières.

Parce qu'elle n'est pas « à la voie », cette jeune femme va, sans presque le décider, empoisonner son mari, symbole de sa souffrance, de son emprisonnement. Homme capable d'un faux témoignage pour sauver les apparences si importantes dans son milieu, d'esprit étroit et figé.
Un destin tragique superbement partagé grâce à une écriture remarquable. Et merci au cinéma de m'avoir permis de retrouver ce classique que j'ai probablement beaucoup plus apprécié qu'il y a une quarantaine d'années.

Un grand roman sur la complexité humaine

10 étoiles

Critique de JEANLEBLEU (Orange, Inscrit le 6 mars 2005, 48 ans) - 23 août 2012

Je partage l'ensemble des critiques de ce grand roman (petit seulement par le nombre de pages !).
Oui Thérèse est complexe mais Mauriac a l'art de nous guider dans les labyrinthes de sa pensée (où elle-même se perd parfois).
On est captivé par les approches de la vérité (si tant est que "la" vérité existe pour Thérèse).
C'est cette complexité qui fait que ce personnage est si intéressant et si vivant (si vivant qu'il a même échappé à son créateur qui voulait lui donner une autre fin) !
Toutes les approches de ce chef d'oeuvre me semblent pertinentes : roman féministe, roman social (la bourgeoisie terrienne girondine du début du vingtième siècle), roman poétique sur la campagne girondine (poésie à laquelle je suis particulièrement sensible, étant né et ayant vécu 25 ans à Bordeaux et autour de Bordeaux), roman sur les "interdits" (l'attirance de Thérèse pour Anne lors de leur adolescence par exemple), roman de la non-communication et du manque d'amour familial (Thérèse, orpheline de mère très tôt, n'a pas reçu beaucoup d'amour de son père et n'en reçoit aucun de sa belle-famille), roman sur liberté ...
Il me semble que cette complexité qui se manifeste par un ensemble de questions pour lesquelles Mauriac nous donne des pistes mais pas de réponses définitives est la marque des grands chefs d'oeuvre...

Les liens de la pensée.

7 étoiles

Critique de R. Knight (, Inscrite le 18 janvier 2012, 21 ans) - 16 juin 2012

Je trouve la critique de Kinbote extrêmement juste et n'ai, finalement, pas grand chose à y ajouter.

Thérèse Desqueyroux m'est clairement apparu comme un roman atypique. Au sens où l'écriture de Mauriac est déroutante. Avec ce style très axé sur la perte de chronologie linéaire réelle, l'auteur nous fait visiter les méandres de l'esprit d'une femme qui semble se libérer... mais que son passé (et même son futur il me semble) rattrape et condamne.
Très difficile à cerner cette Thérèse qui représente au final un personnage fort riche et intéressant. Certaines tournures de phrases nous permettent même d'évaluer la situation à notre guise, de comprendre ce que l'on veut comprendre. Partant, Thérèse se dégage-t-elle des chaînes de cette société bourgeoise figurée par son époux Bernard ?
La tentative de suicide ratée, la tentative de meurtre pas vraiment voulue mais quand même souhaitée... il y a comme un goût de fatalité qui reste sur la langue.

Si je devais donner mon avis personnel, je ne saurais dire si j'ai particulièrement apprécié ou non cette lecture. D'une part, j'ai trouvé le tout très intéressant et réellement recherché. Tandis que, d'une autre part, l'intrigue m'a quelque peu ennuyée, et je me suis parfois perdue dans ces filons de souvenirs en désordre.
Peut-être est-ce du fait de mon édition qui est ancienne, le livre étant relié cuir et les pages dépourvues de la moindre note. Je retenterai probablement l'expérience avec Le Livre De Poche qui semble prometteuse.

Solitude

7 étoiles

Critique de Maufrigneuse (Saulieu, Bourgogne, Inscrit le 1 novembre 2010, 27 ans) - 4 mai 2012

Je rejoins la plupart des avis qui ont déjà été donnés sur ce livre. J'aimerais juste insister sur la solitude du personnage de Thérèse Desqueyroux. Et cette solitude ne se limite pas à son enfermement physique.
Jeune fille, déjà, on sent qu'elle a du mal à trouver en Anne une confidente dévouée. Et plus tard, coupée de ses proches, abandonnée à Paris, on a aussi l'impression que c'est seule qu'elle finira sa vie.
Mais la plus triste de ses solitudes est sa solitude amoureuse. Elle n'a jamais été comprise par son mari, dès leur voyage de noce et jusqu'à la terrasse du café de la dernière scène. On lit son désir d'aimer et d'être aimée, et peut-être un peu plus entre les lignes sa déplorable solitude sexuelle, incarnée par le personnage lointain de Jean Azévédo.
Thérèse est décrite comme intelligente et charmante, et cela ne sera pas détruit. C'est sa féminité qui est avant tout écrasée. Elle n'est plus fille, plus mère, plus épouse. Elle en devient asexuée.
Quelle tristesse ! J'aurais bien aimé la rendre heureuse moi. ;-)

Amour, désir et liberté

8 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 43 ans) - 4 décembre 2011

Encore un ouvrage qui paraîtra incompréhensible à celui qui a oublié ou n’a pas appris ce qu’était la société au milieu du XXème siècle, et plus encore la société de province avec ses convenances et ses qu’en dira-t-on étouffants.

Thérèse a tenté d’empoisonner son mari (elle aurait aussi bien pu se tuer elle-même...) : la famille la disculpera pour éviter le scandale judiciaire mais la condamnera à l’incarcération dans la maison de famille, avant que son mari ne décide, vu son obstination, de la mettre en liberté (ou de l’abandonner ? Dans tous les cas, elle a plus de chance que Camille Claudel !). Mais quel monstre est donc cette femme qui se désintéresse de son enfant ?

Parfois dans la tête de Thérèse, parfois de l’extérieur, Mauriac nous fait suivre dans une langue simple et claire le parcours psychologique de ce désespoir et de cet étouffement dans les convenances conjugales de la bourgeoisie de province. Des grands pins des Landes aux grands boulevards parisiens, les mécanismes de la pensée sont subtilement compris et analysés même si Mauriac dans sa préface avoue avoir du mal à comprendre et maîtriser le destin de son héroïne.
Un roman qui brille par sa brièveté et sa complexité

Elle! Victime ou bourreau?

9 étoiles

Critique de Tim (Limas, Inscrit le 3 août 2011, 22 ans) - 12 août 2011

Sartre reprochait à Mauriac de se prendre dans ses écrits pour Dieu (rien que ça !). Et effectivement ce qui interpelle à la lecture c’est le changement assez fréquent de focalisation du narrateur, cela pourrait en faire quelque chose d’assez difficile à aborder mais cela représente de manière assez exacte le flot de questionnements, de justifications que Thérèse peut évoquer, ne serait-ce alors non pas pour être disculpée mais seulement comprise. Car oui, cette femme représente à faible échelle tout ce qu’il existe comme conflits entre l’individualisme de chacun (et non l’égocentrisme) et l’énorme masse que compose une société qui se refuse à accepter chaque nature humaine.

Symbole de l’émancipation féminine elle l’est, évidemment, mais elle apparait bien plus en véritable philosophe sur la condition humaine. Le narrateur en peint un portrait élogieux en ce qui concerne son intelligence. J’ai relevé ce passage : « Que tu es drôle, Bernard, avec ta peur de la mort ! N’éprouves-tu jamais, comme moi, le sentiment profond de ton inutilité ? Non ? Ne penses-tu pas que la vie des gens de notre espèce ressemble déjà terriblement à la mort ?». Thérèse comprend de manière limpide à la fois le monde dans lequel elle est, et ce qu’elle peut en attendre. Ainsi, elle cerne maintes désillusions reposant à la fois sur le personnage que joue son père et l’incompréhension éternelle de son mari. Une force puissante la guide, elle connait depuis son existence les doutes qui l’habitent et sa condition finale. Alors oui une seule issue lumineuse lui apparait, celle de la mort. La mort, au départ pour son mari, puis la mort pour elle.

Pourtant ce personnage ne laisse pas en son nom de la tristesse ni quelconque sentiment de mépris chez le lecteur, au contraire notre admiration intime tend à balancer en sa direction ; comme on la comprend, comme nous à sa place, rien ni personne ne pourrait nous empêcher d’arriver à notre but ultime. Thérèse n’est pas sombre, elle nous éclaire.

On retrouve souvent cette citation pour la définir « mais on ne se demande pas si elle est jolie ou laide, on subit son charme », et oui elle charme la nature, elle en devient la Dame attachée à la fois à sa terre, on la sent guider immuablement vers ce retour à la forêt, à ses ténèbres comme elle aime à le dire.

Alors oui, la fin la voit se diriger à Paris, mais sa nature n’est pas lointaine, celle qu’elle trouve est la masse grouillante de monde où enfin elle n’est plus la révoltée mais devient une anonyme et c’est à moment que le salut vient, ce n’est pas la mort mais la disparition d’un nom qui clôt enfin l’histoire d’une femme ô combien fascinante. Ce livre apparait comme une clef de voûte afin de réunir tant de questions que chaque être est en droit d’invoquer sur sa condition qu’il veut ou non à jamais sceller.

Une éducation empoisonnée

8 étoiles

Critique de Antinea (anefera@laposte.net, Inscrite le 27 août 2005, 38 ans) - 6 mars 2011

Thérèse a été élevée dans une famille bourgeoise qui cherche à s’élever dans la politique. Comme dans bon nombre de ces familles françaises d’entre les deux guerres, la fille est un atout pour des rapprochements avantageux de propriétés et de fortunes. Les conventions sont fortes, la fille de bonne famille est bridée dès le berceau à son futur rôle de procréatrice discrète et dévouée. Le mariage de Thérèse n’est pas différent mais la jeune femme, pourtant anesthésiée par cette éducation, finit par se réveiller au sein de cette belle-famille qui ne l’aime pas. Elle n’est que le ventre qui servira à produire l’héritier, que le lien sans tache qui confortera la respectabilité de ses deux familles. Mais elle est déçue par ce qu’on lui avait promis être le bonheur, quelque chose lui manque, elle n’est pas comblée. Est-ce ça tout ce que la vie devait lui apporter d’épanouissement ? Elle ne sait même pas mettre en mot son malaise faute d’avoir jamais eu l’habitude de penser par elle-même. Alors, incapable de s’extérioriser autrement, maladroite, ignorant que ses gestes puissent avoir un quelconque effet sur les autres ou sur sa propre vie, elle va commettre un acte condamnable.

C’est un récit profondément féministe que nous offre François Mauriac, un plaidoyer contre le mépris des femmes apparemment considérées à cette époque comme « (…) des hystériques quand elles ne sont pas des idiotes ! ». Une dénonciation de ce rôle subalterne de la femme, de ce carcan étriqué de fille puis de femme modèle dans lequel elles étaient élevées. Mais à être trop bridée, la conscience peut se réveiller de manière terrible. Geste explicable, oui. Excusable ? Sans doute pas. J’imagine que le livre a dû susciter bien des passions à sa première publication et que beaucoup condamneraient sans hésitation cette femme alors que son histoire sordide soulève une vraie discussion.
J’ai découvert avec ce texte l’écriture de François Mauriac et j’en suis ravie. C’est léger, simple et habile, une plume qui coule sans aucun accroc et qui dépeint magnifiquement tout le drame de ce huis-clos dérangeant.

Thérèse libre dans sa tête

10 étoiles

Critique de Nowhereboy (Rennes, Inscrit le 7 décembre 2010, 37 ans) - 20 décembre 2010

"Jamais elle n'avait désiré si ardemment de vivre..." Coupable ou victime ? Peu importe que Thérèse ait voulu empoisonner son mari: au fil de sa confession, il apparait clairement que son véritable crime est d'avoir tenté de s'échapper de la prison qu'est devenu son mariage ("Thérèse songeait que les êtres nous deviennent supportables dès que nous sommes sûrs de pouvoir les quitter."). Le monstre en effet n'est pas celui qu'on croit... A la fin, seules les apparences seront sauvées. Huis-clos irrespirable, récit de la destruction d'un individu (une femme moderne dans un monde engoncé dans ses vieilles conventions), charge impitoyable contre les préjugés d'une bourgeoisie provinciale étriquée, ce chef-d'œuvre emblématique de l'univers mauriacien remet en cause le confort de nos certitudes morales.

Très belle histoire

9 étoiles

Critique de Nina-39 (, Inscrite le 15 avril 2010, 37 ans) - 14 mai 2010

J'ai lu ce bouquin quand j'avais 17 ans, je l'ai dévoré. L'histoire est très belle, c'est le seul souvenir que je garde, elle m'a entraînée dans de merveilleuses émotions. C'est un roman qui fait de l'effet, Très très bien écrit!!

Intéressant

6 étoiles

Critique de Rock30 (Nimes, Inscrit le 6 juillet 2008, 53 ans) - 31 mai 2009

A mon sens le livre ne traite pas le sujet dans son intégralité, et j'aurais souhaité qu'un échange plus important se déroule entre les époux, d'où serait ressortie peut-être la relative innocence de la victime. Là, on attend en vain que le livre prenne de l'ampleur, et reste finalement assez prévisible. Bon livre tout de même, qui reste valable ne serait ce que pour le style de l'auteur, style comme on n'en fait plus.

A coeur désespéré rien d'impossible...

9 étoiles

Critique de Opalescente (, Inscrite le 8 novembre 2005, 34 ans) - 27 octobre 2006

Une femme sensible emprisonnée moralement par une belle famille rustre. Une femme soumise à un mari qui la dégoûte. L'incompréhension, le silence, le désespoir, les regrets.
Les ingrédients sont réunis pour un dénouement fatal. C'est inéluctable, et pourtant son entourage ne s'en rendra pas compte. Même une fois l'irréparable commis ils ne comprendront pas. Ils ne sont pas du même monde, ils ne le seront jamais.
Il ne leur restera que la satisfaction de se venger sur une pauvre femme qui n'a même pas la force de se défendre...

L'écriture parfaitement maîtrisée de M. Mauriac semble dévoiler à nu le coeur complexe des femmes. J'ai eu l'impression parfois qu'il me décrivait un peu, que cet écrivain était un des seuls (avec Zola peut-être?) à comprendre la gent féminine.
C'était beau, triste, cruellement réaliste.
Un de mes meilleurs souvenirs de lecture.

Une autre Emma Bovary ?

9 étoiles

Critique de Mieke Maaike (Bruxelles, Inscrite le 26 juillet 2005, 43 ans) - 10 juillet 2006

Il est difficile de ne pas penser à Madame Bovary en lisant ce roman, tant les ingrédients sont semblables : un village au fin fond de la France, un mariage de raison, une femme tourmentée, une non relation mère-fille, le rêve de vivre à Paris, le poison…

Et pourtant, le caractère de l’une est totalement différent de l’autre. Si Emma tentait d’échapper à sa condition par des rêves, des chimères, un bouillonnement intérieur l’entraînant à commettre des actions aggravant sa situation au fil des années, Thérèse s’enfonce dans la dépression, dans l’isolement, dans le vide. A sa décharge, Thérèse doit, contrairement à Emma, subir une famille l’emprisonnant, la niant jusqu’au plus profond d’elle-même : « Les La Trave vénéraient en moi un vase sacré ; le réceptacle de leur progéniture ; aucun doute que, le cas échéant, ils m’eussent sacrifiée à cet embryon. Je perdais le sentiment de mon existence individuelle. Je n’étais que le sarment ; aux yeux de la famille, le fruit attaché à mes entrailles comptait seul. » Puis la libération, bien plus porteuse d’espoir pour Thérèse que pour Emma…


Il aurait tant aimé la "sauver"

10 étoiles

Critique de Eleinad (POITIERS, Inscrite le 27 décembre 2005, 66 ans) - 27 décembre 2005

Mauriac aimait Thérèse et aurait aimé la "sauver".Si la grâce l'avait touchée, Thérèse n'aurait pas été cette femme qui me passionne à tel point que depuis 40 ans, je lis ce livre au moins une fois l'an, de préférence dans les Landes.
Thérèse coupable? Je n'en suis jamais sûre.
Bernard odieux? Rien n'est moins sûr.
Ce qui est certain, c'est ce qui lie ces deux êtres: l'amour viscéral de la terre, des pins.
Voyez, si vous le pouvez, le film avec Philippe Noiret et Emmanuelle Riva.

Thérèse et la lande

10 étoiles

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 81 ans) - 9 août 2005

Le drame de Thérèse est d'être entrée dans une famille où on a décidé une fois pour toutes que : "quand les filles ne sont pas complètement idiotes, elles sont hystériques". Et Thérèse n'est ni idiote, ni hystérique, elle est différente et voilà tout !
Mais comme souvent chez Mauriac, il y a un personnage très présent dans ce roman, et dont on n'a pas encore parlé, c'est la lande.
Alors que chez les Frontenac la lande était l'amie d'enfance, la confidente de leurs secrets d'adolescents qui gardera à jamais le "Mystère Frontenac", ici la lande partage et amplifie le malheur et la solitude de Thérèse : "Elle sentait la masse noire des pins, invisible mais toute proche ; Thérèse savait qu'ils cernaient la maison. Ces gardiens, dont elle écoute la plainte sourde, la verraient languir au long des hivers, haleter durant les jours torrides ; ils seraient les témoins de cet étouffement lent".
Elle l'oblige à vivre dans l'obscurité pendant les mois d'hiver et : "les gens qui ne connaissent pas cette lande perdue ne savent pas ce qu'est le silence", ce silence qui l'empêche de dormir : "elle préfère les nuits de vent – cette plainte indéfinie des cimes recèle une douceur humaine ; et Thérèse s'abandonne à ce bercement."
Pendant les nuits d'octobre quand un vent furieux venu de l'Atlantique tourmente longuement les cimes, Thérèse dans un demi-sommeil demeure attentive à ce bruit d'Océan. Et quand au matin elle pousse les volets, la chambre demeure sombre : une pluie menue, serrée, ruisselle sur les tuiles, sur les vitres brouillées, sur le champ désert, sur cent kilomètres de landes et de marais, sur les dernières dunes mouvantes, sur l'Océan.
Alors Thérèse se compose de toute pièce un impossible amour : "sa tête reposait sur une épaule, quelqu'un soudain l'entourait des deux bras, l'attirait. Un baiser, songeait-elle, doit arrêter le temps ; elle imagine que dans l'amour doivent exister des secondes infinies ; elle imagine ; elle ne le saura jamais."
Au moment où son mari la relègue pour toujours à Paris, elle n'a plus peur de la lande :" il lui semblait que les pins s'écartaient, ouvraient leurs rangs et lui faisaient signe de prendre le large".
Mais une fois à Paris, elle découvre que le silence de la lande n'existe pas : "Par les temps les plus calmes, la forêt se plaint comme on pleure sur soi-même, se berce, s'endort et les nuits ne sont qu'un indéfini chuchotement (.. ..) Elle se souviendra dans les étés qui vont venir des cigales du jour et des grillons de la nuit. Paris : non plus des pins déchirés mais des êtres redoutables ; la foule des hommes après la foule des arbres".
Mauriac nous fait vibrer quand il nous parle de cette lande comme on parlerait d'une Fatalité toute puissante qui pèse sur les destins ; c'est assurément un de ses plus beaux personnages ; et Thérèse Desqueyroux est sans doute le plus attachant, le plus pitoyable, le plus vrai qu'il ait créé.
Ce roman est à mon avis un des plus justes et des plus mesurés de Mauriac. C'est aussi un des plus beaux romans de toute la littérature française.




Un noir qui danse entre le beau et le sordide

6 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 26 mai 2005

Le procédé littéraire est assez intéressant : les développements lient passé et présent, causes et conséquences de l'acte, l'empoisonnement du mari.
Ce roman est intéressant en ce qu'il montre l'état d'esprit d'une société qui fait tout pour sauver les apparences, quitte à tuer et séquestrer, du moment que le secret - l'assassinat, le saphisme refoulé - sont cachés.
Si le roman est instructif, l'auteur est victime de ses qualités : sa description de sentiments sordides rendent l'oeuvre à son image, ce qui n'est pas sans m'avoir laissé amer, d'où mon sentiment relativement partagé.
C'est un bon roman, mais qui n'est en rien agréable à lire.

C'est un beau roman, c'est une belle histoire...

9 étoiles

Critique de Le petit K.V.Q. (Paris, Inscrit le 8 juillet 2004, 24 ans) - 22 janvier 2005

J'ai commencé ce livre plein d'a priori et de préjugés : Mauriac, académicien, catholique, de droite, chroniqueur du Figaro ; tout pour me déplaire. Pour ne pas non plus rester sur mes préjugés sans fondement (un beau pléonasme) je me suis dit : tiens je vais lire un Mauriac, pour voir de quoi-t-y qu'ca cause et aussi, je l'avoue, pour renforcer mes a priori et prouver qu'ils ont un fondement : pour ne pas passer pour un idiot. Je choisis, dans les rayonnages en bois du CDI écolier, "Thérèse Desqueyroux", dontj'avais eu l'écho par Beigbeder dans son excellent "Dernier inventaire avant liquidation". La détestable, tarée, gueularde mais qui m'aime bien (fidèle emprunteur) documentaliste de la chtite bibliothèque me dit : "Ah qu'c'est-y pas pour ton âge, mais tu fais ce que tu veux", rien que pour déplaire à cette mauvaise dame, je le prend.

Bon, voilà pour l'anecdotique, passons au littéraaaiiiiire.
Je commence Thérèse Desuqeyroux. Au départ, je me dis : bof c'est moyen, j'ai l'impression que son style n'est pas révolutionnaire. Puis mon intérêt grandissait pour cette bonne femme empoisonnant son mari pour des raisons si complexes que je ne vais pas les exposer ici (vous avez qu'à lire le livre, gros malins). Je me dis peu à peu que son style, sans être novayeur, (il est quand même très classique) est superbe. C'est un grand styliste. Chaque mot est juste. Et, la fin, "les cercles concentriques finaux" comme l'écrit Kinbote : une sensation d'enfermement des pensées par ces deux points.
De plus, c'est glauque, mais une psychologie très fine de Thérèse est faite. C'est un excellent roman. Le "pitch" : Thérèse revient du palais de justice car elle a essayé de tuer son mari. Là, à travers sa propre histoire, se déroule sous nos yeux comment, parce qu'elle est écrasée, une femme peut devenir tueuse.
Et, je voudrais faire un parallèle entre Chabrol et Mauriac : cette même virulente critique contre la petite bourgeoisie de province.

Un véritable chef-d'oeuvre !

Maître ou esclave?

9 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans) - 7 août 2003

Kinbote et Saule ont déjà bien parlé de ce livre.
Quel personnage, cette Thérèse !
Lucide, oui.
Sa complexité consiste, entre autres, en la co-existence en elle de deux Thérèse.
L'une voudrait se plier aux conventions familiales, l'autre étouffe dans cette camisole et arrive à supporter sa vie grâce à la liberté qu’elle puise dans son imagination.
Ce livre aborde aussi la question suivante : décidons-nous de notre existence ?
Ou sommes-nous embarqués pieds et poings liés ?
Maîtres de nos pensées (et encore, c'est à voir), le sommes-nous de notre destin ?
Car Thérèse choisit d’accepter le mariage avec Bernard.
Ensuite, c’est déjà moins clair : choisit-elle vraiment de l’empoisonner ?
Lorsqu’il la confine, des mois durant, à sa chambre, choisit-elle de se recroqueviller sur elle-même ou n'a-t-elle pas les moyens de faire autrement?
Et enfin, à Paris, prendra-telle sa liberté ou se livrera-t-elle à sa liberté ?
Voilà une richesse supplémentaire de ce livre : les questions demeurent, rien n'est radicalement élucidé, les contradictions subsistent.

La mort dans la vie.

9 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 51 ans) - 5 août 2003

Impossible de ne pas être profondément touché par ce portrait d'une femme écrasée par son destin et par sa famille. Thérèse est terriblement seule, incomprise, peut-être parce qu'elle est née à une époque et dans un milieu qui laisse peu de place aux femmes et à leurs aspirations personnelles.
Adolescente elle éprouve un amour fugace pour sa jeune cousine. Mais ensuite elle doit bien se marier, elle qui ne semble pas attirée par les hommes : ce sera Bernard, un mari comme les autres, c'est-à-dire quelconque, mais qui a l'avantage de convenir à la famille et d'avoir un domaine adjacent. Thérèse sombre dans le mariage : enfermée, étouffée par le cercle familial. Tentative d'empoisonnement, non-lieu au tribunal mais condamnation à la réclusion familiale avec les grands pins du domaine qui semblent monter la garde. Elle croit être libérée lorsque son mari l'amène à Paris, afin de se débarrasser de cette femme qui le dérange. La liberté ? On en doute, on a l’impression que pour Thérèse c'est trop tard et que c'est la noyade qui l'attend.
Un grand roman, passionnant, on n'en trouve pas tous les jours de cet acabit alors autant ne pas s'en priver. Notons que celui-ci est particulièrement noir : pas de rédemption pour Thérèse et j'ai été en mal d'y trouver une parabole évangélique.

Femmes écrasées

8 étoiles

Critique de Lucien (, Inscrit le 13 mars 2001, 61 ans) - 1 juillet 2003

Un grand Mauriac. Les remarques de Kinbote sur les cercles concentriques finaux, comme si les deux points étaient à chaque fois porte, détroit. Vers le Paradis ou l'Enfer? Ce que Mauriac peut nous apprendre question style!
Il serait intéressant de comparer ce livre et celui de Simenon, sur le thème proche de la femme écrasée : "La vérité sur bébé Donge".

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  Emma et Thérèse 5 Saule 5 septembre 2006 @ 22:20

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