Pauline de Alexandre Dumas

Pauline de Alexandre Dumas

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Romans historiques

Critiqué par Killeur.extreme, le 19 juin 2003 (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 35 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 10 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 872ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 11 673  (depuis Novembre 2007)

Un petit Dumas qui annonce ses futurs chef-d'oeuvre

Pourquoi un "petit Dumas"? Bien que l'auteur soit déjà connu comme dramaturge, il ne l'est pas encore comme romancier et même si la critique est partagée, ceux qui le défendent sont persuadés que Dumas peut faire mieux.
L'histoire: Alexandre Dumas, en voyage en Suisse, croise plusieurs fois son ami Alfred de Nerval avec une femme qu'il reconnait, mais ne se rappelle plus à quelle occasion. De retour à Paris, il recroise Alfred qui, n'étant plus lié par son serment, lui raconte la singulière histoire qu'il a vécu et surtout le rôle de Pauline dans cette histoire....
Pour son roman, Dumas utilise un procédé que son fils utilisera dans "La Dame aux camélias" pour donner cette impression de réalisme à son histoire. Ce procédé consiste à l'auteur d'être le narrateur pour introduire l'histoire et ensuite celui-ci donnera la parole à son héros qui lui-même donnera la parole à Pauline pour qu'elle conte son histoire.
Ecrit par Dumas seul (voir le verso du livre), c'est une incursion de Dumas dans un genre qui sera défini par Arthur Conan Doyle quelques décennies plus tard: le roman policier, on retrouve même certains ingrédients des thrillers. Ce roman qui est un germe de "Monte-cristo" utilise déjà les éléments de celui-ci, duel aux pistolets, poison, mystères.
Si je dis "petit Dumas", ce n'est pas parce que le roman est mauvais, au contraire, j'ai éprouvé le même plaisir qu'en lisant un autre Dumas, cependant "Pauline" souffre un peu de la comparaison avec "Monte-cristo", car ces deux romans sont tous les deux des romans gothiques, mais ça reste du Dumas et j'aime de plus en plus cet auteur. de toute façon, je vous conseille ce livre qui vous prouvera définitivement que son génie lui appartient bien.

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Adieu pauline

9 étoiles

Critique de Lilule (baalon, Inscrite le 24 février 2006, 44 ans) - 8 juillet 2017

J’ai adoré, je ne connaissais pas ce titre mais le résumé m'a donné une folle envie de le lire. (Vous vous réveillez dans un caveau où nul n'est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d'ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N'ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de la lettre). Alors ça vous donne pas envie de le lire. Bon, c'est vrai que s'est du style romantique. Mais ça lui donna quelques idées pour Le comte de Monte Cristo beaucoup plus tard.

Un chef-d'oeuvre du roman noir

7 étoiles

Critique de Antinea (anefera@laposte.net, Inscrite le 27 août 2005, 38 ans) - 2 septembre 2013

Alfred de Nerval raconte à un Alexandre Dumas qui s'invite dans ses propres lignes l'histoire tragique de sa bien-aimée Pauline.
« Pauline » avait été conseillé ici dans le fil sur les romans noirs ou gothiques et je n'ai pas été déçue. Dumas a réussi, plusieurs décennies après l'âge d'or des romans de Radcliffe, de Lewis et d'autres, à enrichir ce genre d'un titre nouveau qui respecte en tous points les codes du roman noir : le château abandonné, les brigands sans loi, l'atmosphère mystérieuse, le cachot humide et sombre et le héros épris, tout est rassemblé dans ce court roman.
Pierrequiroule déplore la mièvrerie des personnages de Pauline, mais celle-ci est pourtant typique des héroïnes de Radcliffe : ces soupirs, ces pâmoisons, ces faiblesses poussives des femmes face aux pressions sociales et aux situations désespérées sont légion dans « Udophe » ou « Une romance sicilienne ». Le roman de Dumas mélange aussi des aspects plus « masculins » du genre avec cette cruauté des brigands, et notamment cette scène dans laquelle ils se battent pour se partager les « faveurs » d'une prisonnière qui est à la limite du soutenable. Une violence que j'ai plutôt retrouvée dans « Le Moine » de Lewis et « Zofloya » de Dacre. A part la toute fin, qui tient plus du romantisme de l'époque de Dumas, Pauline est donc, à mon sens, un chef-d'oeuvre du roman noir...

Vous avez dit romantique ?

7 étoiles

Critique de Pierrequiroule (Paris, Inscrite le 13 avril 2006, 36 ans) - 1 septembre 2013

Dans ce bref roman de jeunesse (1838), Dumas s’affirme pleinement en tant qu’écrivain romantique. On y trouve une histoire d’amour idéalisée, un chevalier servant (Alfred de Nerval) et une dame en détresse (Pauline). Mais à cette dimension sentimentale se mêlent les péripéties les plus noires ! Le récit nous entraîne tantôt dans les sous-sols d’une abbaye en ruines, tantôt dans un sinistre château. Menacée par des brigands, emmurée vivante, la jeune héroïne subira maintes persécutions avant de trouver un protecteur. Et tout cela mène à une scène incontournable: un duel opposant le héros sans reproches au diabolique - mais combien fascinant - comte Horace.

On pourrait reprocher à Dumas un manque d’originalité quant aux thématiques choisies. Son incursion dans l’univers gothique est moins réussie, à mon avis, que celles d’Ann Radcliffe ou de Sheridan Le Fanu. De plus, les personnages adoptent parfois des comportements peu crédibles, à la limite de la mièvrerie. Ils pleurent, soupirent, s’évanouissent et se consument de chagrin au moment même où le destin leur est favorable. Toutefois, ces quelques défauts n’empêchent nullement le lecteur de passer un bon moment. Impossible de s’ennuyer car l’action et le mystère sont au rendez-vous.

Le début d'une grande histoire d'amour...

10 étoiles

Critique de Ellcrys (Marseille, Inscrite le 24 décembre 2009, 33 ans) - 14 janvier 2010

Pauline est le premier roman d' Alexandre Dumas que je m'autorise à lire. Jusqu'à présent, j'avoue que j'avais peur de lire une oeuvre de cet auteur français. Pourquoi ? Disons que j'avais peur de sa grandeur, de son génie, comme j'ai peur de lire Marcel Proust. Seulement voilà, j'ai énormément apprécié cette lecture, intense et passionnante, au point que je regrette de ne pas avoir lu de roman de ce grand Dumas, avant. Autant vous dire, donc, que je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin.

Quel est le sujet de ce roman de jeunesse, me direz-vous ? Il s'agit d'un roman noir ou "gothique" dans lequel se croisent trois voix. Celle de Dumas lui-même, à qui s'adresse Alfred de Nerval, et enfin la voix de Pauline contant sa triste histoire à son ami, son frère, son amour, Alfred... Alfred aime Pauline depuis la première fois qu'il l'a vue, mais sa condition sociale l'empêche d'ouvrir son coeur et de conquérir la belle. Pauline est la femme du comte Horace de Beuzeval, c'est elle qui est enterrée vivante dans une abbaye en ruine... Alfred la sauvera et de là, il nous raconte, avec Pauline, le déroulement de toute l'histoire, jusqu'à son dénouement.

En tout premier lieu, je suis littéralement enchantée par l'écriture d' Alexandre Dumas, que l'on sent déjà pleine de talent, de poésie et de charisme, même si Pauline est une oeuvre de jeunesse. L'histoire est vraiment bien menée. L'auteur a eu le génie de faire parler les deux personnages principaux (Alfred et Pauline) nous donnant ainsi, deux point de vue, deux façons différentes d'aborder les choses.

Il m'a été impossible de lâcher mon livre, une fois que mes yeux se sont posés sur cette oeuvre éblouissante, passionnante, sombre et cruelle. J'ai aimé le personnage d'Alfred de Nerval (nommé ainsi en hommage à l'ami de l'auteur, Gérard de Nerval) ; j'ai aimé sa gentillesse, sa prestance, son élégance et son courage. Son amour est immense et il est près à mourir pour garder l'honneur de celle qu'il aime et sa famille.

J'ai été bercée par le style de l'auteur qui m'a enchantée. Je peux dire que j'ai très envie de me plonger dans les autres oeuvre de Dumas, afin d'y retrouver sa plume grandiose. Vous l'aurez donc bien compris, Alexandre Dumas m'a conquise, et je peux vous annoncer que c'est le début d'une grande histoire d'amour, entre lui et moi.

Un des premiers romans d'Alexandre Dumas.

7 étoiles

Critique de Chouyo (, Inscrite le 25 janvier 2008, 37 ans) - 27 mars 2008

Pauline, un des premiers romans de cet auteur prolixe et prolifique qu'est Alexandre Dumas.
L'histoire est simple, dans la tradition du roman gothique anglais et du romantisme germano-français : une jeune fille meurt. Voilà.
Dumas narre donc l'histoire de cette jeune fille, Pauline, de son mariage, de sa découverte horrifiante à propos de son mari Horace qui la condamne à une mort par le suicide dans un cachot (sombre) et comment cette jeune fille va être sauvée par un jeune homme, Alfred, mais qui ne parviendra pas à la maintenir en vie bien longtemps malgré ses efforts. Et Alfred raconte tout cela à... Alexandre Dumas, qui se met en scène dans ce roman.
Le style est léger et moins maîtrisé que dans les romans historiques ou les oeuvres théâtrales postérieures. Et le propos est plus convenu également.
Pauline ? Une oie blanche incapable de prendre une seule décision par elle-même au point que c'est Horace qui lui affirme qu'elle l'aime, ce qu'elle tend à croire. Elle n'a pas de père, pas de frère, elle est donc en tant que bonne représentante de la noblesse et de la haute bourgeoisie de l'époque absolument incapable de penser par elle-même.
Alfred ? Le niais par excellence : rentier souffrant du "mal du siècle" (l'ennui) dont témoigne son homonyme Musset, il est fou amoureux de Pauline mais incapable de l'enlever sur son beau destrier, il se consacre donc par dépit à la peinture. S'il la sauve, c'est absolument par hasard. Et quand il la soutient, s'exile avec Pauline puis l'emmene en voyage, il est totalement soumis aux dires des médecins, et ne l'entoure que platoniquement de son amour sans parvenir à dynamiser la jeune fille. Enfin, lorsqu'il se décide à provoquer en duel Horace, c'est parce que ce dernier veut épouser la soeur d'Alfred (une autre nunuche qui, sans père, et en accord avec sa mère va nécessairement faire une ânerie).
Horace ? Ah, le seul qui soit un peu intéressant : une figure du Mal personnifié, dans la tendance faustienne et byronnienne, teintée de Schubert et de Liszt, mais il arrive à complètement démollir cet archétype de Méphistophélès athée et antisocial (chouette !) en se livrant à des activités crapuleuses. Bof.

Non, l'intérêt du livre réside surtout dans la volte-face de l'avant-dernière page : Pauline mourante se décide dans son lit (...) à découvrir l'épaule d'Alfred (...) pour vérifier s'il a été blessé récemment et donc s'assurer qu'il est bien celui qui a tué Horace. Ils sont seuls. Ils ne sont pas mariés, n'ont jamais vu de la peau de l'un de l'autre que le bout des doigts, voire la surface des ongles... Et là... elle l'embrasse sur les lèvres !!!!!!!!!! Et elle meurt. Voilà ce qui arrive à une jeune fille qui contreviendrait aux normes de la bienséance du XIXème siècle. Une méfiance certaine à l'égard des personnages féminins, que l'on retrouve avec les descriptions de Milady, Anne d'Autriche, Constance ou encore Louise de la Vallière dans la série des Mousquetaires...
Un roman de jeunesse, plaisant mais pas d'une grande profondeur : pour plus de plaisir et de frissons, il vaut mieux se pencher sur l'oeuvre ultérieure de Dumas ou sur les romans noirs et gothiques d'Horace Whalpole et Ann Radcliff.

Terriblement d'actualité

8 étoiles

Critique de Panty (Gaume, Inscrit le 17 avril 2005, 25 ans) - 8 juin 2007

Ce n'est pas pour cette histoire de serial-killer dont je parle, mais bien pour l'histoire de fond, qui est selon moi bien plus effrayante : cette jeunesse désabusée n'est-elle pas celle que nous connaissons aujourd'hui encore? A croire que la jeunesse dorée existe depuis des siècles déjà, et Pauline, qui n'est qu'une femme blasée parmi tant d'autres, est la preuve de ceci.

N'est-elle pas à ce point blasée de la vie, alors qu'elle est encore toute jeune, qu'elle voit dans Horace, cet homme qui la terrifie tellement qu'elle décide de se marier avec? Elle est la meilleure représentation du mal du siècle de l'époque. Elle n'hésitera d'ailleurs pas à quitter sa vie sociale, la preuve qu'elle s'en fout royalement.

Il y a d'ailleurs un parallèle possible avec Brett Easton Ellis et son "Moins que zéro".

Alors peu importe de savoir si Dumas a écrit oui ou non ces oeuvres: c'est un nom de toute manière. Ce qu'il faut retenir c'est ce témoignage bouleversant, et bien que l'histoire de base soit un peu tremblotante, le décor est saisissant parce que justement il parait banal aux yeux de l'auteur. Pourtant, la jeune noblesse est bien plus effrayante qu'un Barbe-Bleue bis...

Alors juste pour ça, Dumas, ou qui que tu soies...
Chapeau.

Quand je dis page blanche...

10 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 35 ans) - 24 juin 2003

c'est que Dumas ayant des engagements avec beaucoup de journaux, comme ses romans paraissaient en feuilleton et si j'en crois certaines lettres entre Dumas et Maquet, il travaillai(en)t au jour le jour. Que Dumas écrive beaucoup c'est incontestable, mais est-il vraiment l'auteur de ses romans les plus connus? Vu tout ce que les gens disent dans les encyclopédies ou sur le net, je ne suis pas plus avancé sur ce sujet. Alors qu'en pensez-vous?

Pauvre Pauline

1 étoiles

Critique de Thomas Fors (Beloeil, Inscrit le 10 avril 2002, 81 ans) - 23 juin 2003

Je me donne le droit "à la page blanche" (certains élèves remettent une page blanche) : pourquoi DUMAS n'aurait-il pas droit lui aussi à la page blanche ?

La vérité sur Dumas...

10 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 35 ans) - 23 juin 2003

On ne la saura probablement jamais tant les déclarations que j'ai observées sur différents sites internet sont contradictoires. Soit on amplifie le rôle de Maquet, soit on le diminue. "Pauline" est un des seuls romans (le seul?) que Dumas a écrit seul, si on en crois la personne responsable de l'édition "Folio classique". Cependant, dans "Pauline", Dumas utilise tout les éléments de ses futurs romans. Il faut dire que ses romans les plus connus (Mousquetaires, Monte-cristo, la reine Margot, etc.) sortent à intervalles proches (entre 1843 et 1850, pour être large) et vu le nombre de pages que compte chacun de ses romans (publiés d'abord dans les journaux) que Dumas soit aidé, c'est presque normal, car il n'a pas vraiment le droit à "la page blanche". Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que Dumas n'avait pas de "nègres" puisqu'il écrivait, construisait, "sculptait" ses romans. Comme on ne saura jamais la vérité sur ces polémiques, si seul le nom de Dumas figure sur ses romans, ça veut dire que la justice (Maquet demandé à ce que son nom figure sur les romans auxquels il a collaboré, il a obtenu 25 % des droits d'auteur, rien ne dit que les autres collaborateurs de Dumas n'aient pas demandé la même chose.) a jugé que les collaborateurs de Dumas n'étaient pas des co-auteurs. J'espère que les gens qui connaissent Dumas mieux que moi pourront me renseigner par critiques éclairs. Merci. (les étoiles sont pour les Dumas que j'ai lus, "Pauline" mérite entre 3 et 4 étoiles, j'ai mis 4 à ma critique ne pouvant mettre moins, sans craindre d'être injuste.).

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  Pas d'accord avec la critique de base 1 Panty 8 juin 2007 @ 15:30

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