Nagasaki de Éric Faye

Nagasaki de Éric Faye

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par CC.RIDER, le 10 octobre 2010 (Inscrit le 31 octobre 2005, 61 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 17 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 718ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 5 703 

Une impression d'inachevé et de frustration

Monsieur Shimura Köbö, employé à la météo japonaise, vit seul dans une petite maison silencieuse face à la baie de Nagasaki. Il mène la petite vie monotone et sans histoire d'un vieux célibataire qui a basé sa vie sur une longue suite d'habitudes familières quand tout son univers se retrouve chamboulé. Un yaourt et du jus de fruit ont disparu de son réfrigérateur. Il installe une caméra de surveillance dans sa cuisine et découvre qu'il y a une intruse installée chez lui. Il la fait embarquer par la police qui découvre qu'il s'agit d'une vieille femme sans emploi en fin de droits qui, n'ayant plus de lieu où aller, s'est cachée depuis un an dans un de ses placards...
Basé sur un fait divers authentique, ce court roman ou cette longue nouvelle (108 pages) nous plonge dans la grisaille de la vie banale d'un monsieur tout le monde japonais. Tramway, boulot, dodo et immense ultra-moderne solitude. Ce récit se lit rapidement bien que le style n'ait rien d'exceptionnel avec ses lourdeurs et ses nombreuses répétitions. L'ennui c'est que le compte rendu détaillé de ce fait divers ne mérite absolument pas l'appellation « roman ». Faye n'a rien ajouté d'original à l'article de presse initial. Sauf dans les deux dernières pages où l'on apprend, en quelques lignes, que cette femme avait vécu une partie de son enfance dans la fameuse maison et qu'elle avait fait partie de la fraction Armée Rouge clandestine quand elle était étudiante dans les années 70. Résultat : une impression d'inachevé et de frustration. L'histoire s'arrête au moment précis où elle aurait pu devenir intéressante ! Dommage !

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Bien agréable

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 67 ans) - 10 mai 2015

Shimura, célibataire de 56 ans, travaille à la station météorologique de Nagasaki. Après avoir constaté que, durant son absence, des objets étaient déplacés, que dans le frigo, il manquait un yaourt, que la contenance de la bouteille de jus de fruit avait nettement diminué, notre homme soupçonne que quelqu’un s’introduit chez lui. Ayant placé une webcam dans son appart, ses soupçons sont confirmés : il s’agit d’une femme …

La lecture de ce court roman est bien agréable mais l’on reste un peu sur faim - et sur sa fin - . Comme si l’auteur avait, brusquement, arrêté son récit. Mais pour quelle raison ? Ou bien est-ce pour faire languir le lecteur … Allez savoir ?


Extraits :

- Sans vouloir exagérer, je ne suis pas grand-chose. Je cultive des habitudes de célibataire qui me servent de garde-fou et me permettent de me dire qu’au fond, je ne démérite pas trop.

- Le 6 août 1945, au matin, un homme d’affaires se réveille dans un hôtel d’Hiroshima où il est arrivé la veille. L’explosion qui dévaste la ville quelques minutes plus tard l’épargne miraculeusement mais le plonge dans un état de choc. Il rentre chez lui comme il peut, à Nagasaki ; mais voilà que le 9, au surlendemain de son retour, le souffle de la seconde bombe le projette à travers sa chambre. Et bien, le gaillard se porte aujourd’hui comme un charme, à quatre-vingt-treize ans. Il est la seule personne connue à avoir subi deux éclairs atomiques en quelques jours.

Intéressant!

7 étoiles

Critique de Mcchipie (, Inscrite le 16 mai 2007, 42 ans) - 10 mars 2014

Quatrième de couverture :
« Tout commence par des disparitions, des déplacements d’objets. Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse. Cet homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure. Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Car une découverte pour le moins inattendue va bouleverser son monde bien réglé… »

Ce roman est tiré d’un fait divers porté par plusieurs journaux japonais, dont Asabi, en mai 2008.

Mon avis :
J'ai beaucoup apprécié cette lecture. En lisant, on se dit : Mais pourquoi ne retire-t-il pas sa plainte, lui qui a toujours été seul? et on se dit aussi : Que ressentirais-je à sa place?
On ne peut pas être juge et juré de cette histoire. Personne ne peut savoir comment il aurait réagi. C'est en cela que ce livre est bien écrit. Car il laisse une grande part au vagabondage de l'esprit.
J'ai aussi beaucoup apprécié le côté : on ne comprend qu'à la toute fin du roman.

Citation :
C'était il y a trois mois ; ce temps me paraît déjà lointain. Je crois que j'ai voulu l'oublier, et je dois dire que l'entrée en scène de l'automne, cette année, m'y a aidé. Car l'automne a pénétré jusque dans les âmes, cet automne. Il a ruisselé en nous. Imposé des silences où il n'y en avait pas encore.

Y a une fille qui habite chez moi....

8 étoiles

Critique de Ndeprez (, Inscrit le 22 décembre 2011, 43 ans) - 6 décembre 2012

Inspiré d'une histoire réelle (on n'ose y croire) ce livre interpelle sur la solitude de certains de nos semblables.
Un nippon d'une cinquantaine d'années vieux garçon plein d'habitudes pense qu'en son absence quelqu'un s'introduit chez lui pour lui voler de la nourriture. A l'aide d'une caméra dont il surveille les images à distance il s'apercevra que personne ne rentre chez lui pour la simple raison que la personne EST DEJA chez lui... et depuis un long moment.

Beau texte pour un récit il est vrai assez court peut-être pas assez fouillé effectivement mais qui ne mérite pas les critiques acerbes que je viens de lire.

travail bâclé mais primé

3 étoiles

Critique de Yotoga (, Inscrite le 14 mai 2012, - ans) - 15 octobre 2012

Un livre primé de l'Académie, je me suis dit qu'il devait en valoir le coup... Finalement, non.

Dès les 20 premières pages, le mystère est élucidé, une femme vit cachée chez ce météorologue. J'aurai aimé plus de suspense, de l'imagination, un voyage dans le subconscient de cet homme, qui a bien dû à un moment ou à un autre se croire fou, avant d'en arriver à marquer le niveau des bouteilles...

A la fin du livre, la boucle est bouclée, on comprend pourquoi la femme habite plus cette maison là qu'une autre. Mais... le thème aurait pu être étendu, plus analysé. Le livre a été rendu avant l'heure.

Et cette non-communication entre l'homme et la femme pendant le procès, pas même un regard... Là aussi, des références à leurs pensées ou à la culture japonaise et le problème de "perdre la face" n'auraient pas été superflues...

Déçue

Avoir un toit

7 étoiles

Critique de MEloVi (, Inscrite le 6 juillet 2011, 34 ans) - 25 août 2012

J'ai été profondément touchée par ce fait divers parvenu au Japon. Une chômeuse de longue durée d'une cinquantaine d'années s'est installée pendant plus d'un an dans la maison d'un homme célibataire sensiblement du même âge.

Éric Faye nous décrit les ressentis de l'homme, sa détresse, ses pensées les plus profondes. Sentir une présence, la constater et prendre la fuite.

Bouleversant tant du côté du bafoué que de la passagère clandestine.

L'écriture est limpide, tranchante et nous retranscrit bien la vision japonaise de l'histoire.

J'habite chez un ami

7 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 71 ans) - 12 février 2012

A Nagasaki, un banal météorologue vit seul dans sa maison et pourtant, un jour, il remarque que le niveau de sa bouteille de jus de fruit a baissé, qu’il manque un yaourt dans son frigo. Intrigué et inquiet, il installe une webcam dans sa cuisine et constate avec stupeur qu’une femme passe devant l’objectif. Il prévient alors la police qui découvre la raison de ces mystérieuses disparitions.

Un beau sujet romanesque qui aurait pu nourrir un bon gros roman mais, manifestement, Eric Faye ne s’est pas trop préoccupé de faire vivre cette intrigue, il a réservé toute son attention à son texte, à son écriture, délaissant le suspense qui aurait pu retenir le lecteur, le laissant trop vite s’éventer comme il a laissé les réflexions qu’il ébauche, en suspension.

In fine, il nous propose un texte minimaliste, soigné, où hélas quelques mots se sont volatilisés, échappant à la vigilance du correcteur, s’il y en a eu un, qui entrouvre quelques portes sur des sujets d’actualité : la notion d’appartenance, de résidence, du droit au logement, des racines, … Toutefois, il ne nous explique pas pourquoi, il s’est glissé dans la peau d’un Japonais moyen pour écrire une histoire qui, elle, n’a rien de nipponne dans un texte qui, lui, respire profondément la littérature française. Peut-être tout simplement pour pousser un peu plus loin cette parabole qu’il suggère de l’Europe qui se glisse en catimini sur les tatamis japonais comme cette vieille femme s’est introduite en douce chez ce brave homme. Parabole du Japon qui oublierait sa culture ancestrale pour adopter de plus en plus la culture et les mœurs occidentales. Et peut-être, aussi, pour évoquer les âmes errantes qui se sont dispersées un beau jour d’août 1945 dans le ciel de Nagasaki ?

Intrusion...

7 étoiles

Critique de Sissi (Besançon, Inscrite le 29 novembre 2010, 48 ans) - 16 janvier 2012

Pour ma part, et contrairement à ce qui a été dit dans un bon nombre de critiques, je trouve que la structure du récit est réussie et je ne considère pas que ce dernier se "termine là où il aurait dû commencer".
Au contraire. J'ai apprécié ce récit en trois temps: la présentation et l'historique des faits par la victime, puis le point de vue de l'intruse, même s'il est beaucoup plus bref, enfin le dernier chapitre repris en main par l'auteur qui devient narrateur à son tour et qui réunit les deux protagonistes dans une très belle conclusion.
"Voilà" est le dernier mot du livre, et en effet tout est dit.
Pas de frustration en ce qui me concerne sur ce qui aurait pu ou dû être dit et qui ne l'a pas été.

Là où je rejoins néanmoins les autres critiques, c'est peut-être sur l'effort d'écriture, qui n'est sans doute pas à la hauteur des possibilités de l'auteur, dont j'avais achevé juste avant "Je suis le gardien du phare" et qui me laissait espérer un style plus élaboré, plus fouillé, et surtout moins banal.

frustrant

6 étoiles

Critique de Papyrus (Montperreux, Inscrite le 13 octobre 2006, 59 ans) - 31 décembre 2011

Au regard de l’effort fourni pour écrire ce petit opuscule d’une centaine de pages, son auteur a dû être agréablement surpris de recevoir le « grand prix du roman de l’Académie Française ». Je ne sais pas qui l’attribue et sur quels critères mais ce n’est sûrement ni au poids ni à la construction narrative.

L’écriture, linéaire mais néanmoins agréable, parfois même drôle, à force de décrire par le menu les habitudes enracinées de ce japonais « vieux garçon » sans relief, un peu compassé et obsessionnel, uniquement préoccupé de son train-train de météorologue japonais et le sujet, un fait divers original, en font un texte intrigant qui se lit vite.

Mais est-ce un roman ? Tout juste, à mon avis, une nouvelle qui n’est sans doute que l’extrapolation d’un article de presse…

Pour moi comme pour la plupart des autres critiques, c’est la sensation d’inachevé qui l’emporte, l’impression que le livre s’arrête là où le roman aurait dû commencer… l’histoire d’une rencontre ratée entre deux personnages qui ne laisseront pas de trace, ne vivront rien d’exaltant, resteront deux inconnus l’un pour l’autre, tristes et désabusés.
Frustrant pour le lecteur… (j'aime les gros livres!)

Faits divers

6 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 59 ans) - 24 décembre 2011

S'inspirant d'un fait divers paru dans la presse nippone, Eric Faye nous relate une étrange histoire.
C'est d'abord l'histoire de la solitude (avec un grand S) de Shimura-san.
Seul chez lui (jamais marié visiblement), il ne fréquente pas ses collègues de travail et sa famille ne le visite guère pour ne pas dire plus du tout. Aucune passion. Rien. Le vide total.
La routine tram-boulot-dodo.
Depuis quelque temps des événements étranges perturbent ce quotidien trop bien réglé.
Un yaourt manque à l'appel dans le frigo. Un autre plus tard. D'autres bricoles de ci, de là, tant et si bien que, pour en avoir le coeur net, Shimura-san note dans un cahier tout ce qu'il range et qu'il ne retrouve plus à sa place.
On se croit parti dans une histoire effarante de folie fantastique à la Kafka mais non : Shimura-san installe une web-cam pour surveiller son terrier depuis son bureau et découvre bien vite le lutin qui commet ces larcins.

[...] Il faut vous dire, monsieur Shimura, mais vous l'avez sans doute compris depuis un moment, que cette cette femme a vécu chez vous près d'un an à votre insu, dans cette pièce où, comme elle l'avait constaté, vous n'alliez pas. Oui, près d'un an. Elle n'avait pas élu domicile uniquement chez vous, notez bien. Elle avait deux autres adresses où dormir incognito, de temps à autre.

Voilà qui éclate comme une bombe atomique dans l'univers impeccable de Shimura-san.
On se croit alors reparti pour une autre histoire, celle de la rencontre de ces deux êtres, celle de la solitude et de la vie trop bien réglée de Shimura-san enfin brisées. Mais non.
C'est évoqué mais ces deux solitudes ne se croisent que quelques instants, l'espace d'un regard. C'est tout. Finalement chacun retombe sur ses pattes.
Et malgré la belle écriture fluide d'Eric Faye, on reste sur notre faim ...

Un roman pas si léger que ça !

7 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 39 ans) - 22 décembre 2011

Je connaissais ce roman de nom, mais n'avais lu aucun résumé, donc je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Heureusement, car certaines critiques révèlent la fin du roman, ce qui est évidemment bien dommage.

Le roman se déroule au Japon. Shimamura est météorologue, vit seul et n'a apparemment pas une vie trépidante. Pourtant, ce qui se déroule secrètement chez lui n'a rien de commun. De la nourriture semble disparaître comme si une créature cohabitait avec Shimamura. Je n'en dirai pas plus !

Un fait divers a nourri le récit d'Eric Faye et le fait qu'il y ait deux narrateurs a rendu ce texte plus sensible. Ce qui est intéressant, c'est qu'un même fait peut être perçu différemment selon l'angle de vue.

Ce roman repose sur un sujet original, un peu à la manière de ceux choisis par Amélie Nothomb ou par Van Cauwelaert, ce qui parfois peut être un obstacle à la qualité : une super idée originale et un traitement plus que moyen, voire surperficiel. Ici, le sujet est singulier, mais je dois avouer que je n'ai pas été séduit par le style de l'écrivain. Qu'aurait été le roman sans cette idée originale ? Les phrases sont simples et orales. On est quand même loin d'Arto Paasilinna et de Stefano Benni qui ont des sujets originaux et du style !

La solitude plane dans ce roman, le héros est seul, les autres le sont aussi, sont marginalisés parfois par les inégalités sociales. Les hommes sont peu solidaires et vivent davantage dans le passé comme si le présent ne suffisait plus. Le procès évoqué dans le roman a un caractère presque inhumain et pourtant si normal aux yeux de tous, je suppose. Ce roman a parfois des allures de plaisanterie et s'avère bien plus grave. Les réactions des hommes sont mesurées, étouffées et les êtres humains semblent plongés en pleine incommunicabilité, d'où l'intérêt de la lettre à la fin sans doute.

IL MANQUE QUELQUE CHOSE...

5 étoiles

Critique de Septularisen (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 51 ans) - 5 décembre 2011

Je n'ai pas grand chose à ajouter aux autres critiques qui ont été faites de ce petit livre.
Je rejoins d'ailleurs tout à fait les autres critiques, ce roman manque de souffle, d'amplitude, et si l'écriture est très belle, très épurée, à la fin on a la très forte impression qu'il manque quelque chose...
En effet, non seulement l'auteur ne nous explique pas toute l'histoire clairement et ses personnages à fond, mais très franchement, comme déjà remarqué par d'autres Cliens, il manque le chapitre de la rencontre entre la vieille dame et Shimura Kobo...

Contrairement aux autres critiques par contre je dois dire que la fin du livre m'a beaucoup déçu et que franchement on n'y croit pas une seconde... quoi la vieille dame en dangereuse terroriste? Une plaisanterie je suppose M. FAYE?...

Se sentir chez soi

9 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 49 ans) - 29 juillet 2011

Les reproches que l’on fait à ce roman sont tous valables - brièveté, manque de profondeur etc.
Mais, je crois que cela était intentionnel ? Le traitement du sujet à la japonaise, avec un style épuré, serait en somme la justification de la simplicité du récit.

J’ai éprouvé un grand plaisir à lire ce petit bouquin. Probablement, parce que je n’avais pas lu de critiques, ni de résumé. Donc, le mystère demeurait entier pour moi et chaque page fut dévorée avec appétit.

(Grand Prix de l’Académie Française)

tellement dommage!

7 étoiles

Critique de Nina2 (, Inscrite le 18 juillet 2011, 37 ans) - 18 juillet 2011

Emouvante histoire entre deux êtres touchés par un malheur différent. En effet, l'un est un sdf par fatalité du sort, l'autre est un être qui souffre de solitude. Et ce dernier ne s'en rendra vraiment compte que par un événement qu'il regardera à travers le misérable petit écran d'une webcam. c'est un roman court et facile à lire, certes, mais qui nous ouvre les yeux sur la triste solitude des gens due à une société trop hermétique au bonheur des uns comme au malheur des autres.

Une main inconnue

7 étoiles

Critique de Monito (, Inscrit le 22 juin 2004, 46 ans) - 2 mars 2011

En quelques pages, deux histoires qui n’en font qu’une. Deux soliloques qui auraient pu être une belle conversation voire une belle rencontre.
Lui, a une vie terne, monotone et faite d’habitudes à Nagasaki où il travaille aux prévisions météo. Elle, a grandi et s’est insurgée puis s’est fait « disparaitre » pour s’en sortir. Elle y est tellement parvenue qu’à force, elle a tout perdu jusqu’à devoir errer dans les rues de Nagasaki.
Ces deux riens auront finalement été quelque chose l’un pour l’autre sans jamais se rencontrer ni se connaître vraiment, bien qu’ayant vécu près d’un an sous le même toit.
C’est cette histoire, presqu’inachevée, que nous raconte Eric Faye. On y plonge aussi vite que l’on en sort et on se demande ensuite si l’on est vraiment seul quand on le croit et on se dit que les pèlerinages sur les lieux de son enfance n’ont pas toujours que du bon.

Impossible rencontre

6 étoiles

Critique de Aliénor (, Inscrite le 14 avril 2005, 51 ans) - 12 décembre 2010

Ce roman est inspiré d’un fait divers relevé dans un quotidien japonais, que l’auteur a en quelque sorte sublimé. Un fait divers étonnant, histoire d’un homme s’apercevant un jour qu’une intruse vit dans sa maison à son insu. Je n’en dirai pas plus, car ce livre est très court et les critiques ont à mon sens beaucoup trop écrit à son sujet, ne laissant au lecteur que peu de marge de découverte.

Il se dégage de cette centaine de pages une atmosphère que je peine à décrire mais qui capte et retient. Au point de faire regretter que le livre soit si court. J’aurais aimé faire un plus long bout de chemin avec ces deux personnages, pour mieux faire connaissance avec ce couple insolite.
Et plus encore avec cette femme, fantôme durant une bonne partie du récit, qui prend une force et une présence incroyables lorsqu’elle prend la parole. A ce moment, l’homme est devenu fantôme à son tour, et l’on regrette que les circonstances aient rendu toute véritable rencontre impossible.

Un simple fait divers

6 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 79 ans) - 12 novembre 2010

Nagasaki vient de recevoir le Grand Prix de l'Académie Française. C'est un peu exagéré, même si le récit est assez bien mené. L'auteur, en fait, étoffe l'article qu'un journaliste besogneux pourrait avoir rédigé à propos de ce "chien écrasé" mais n'essaye pas d'en faire une véritable histoire, et pourtant les occasions ne manquent pas, comme le signale CC.RIDER à juste titre.

Une rapide lecture pas désagréable, mais on n'en retiendra pas grand'chose...

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