Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Énard

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Énard

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Romans historiques , Littérature => Voyages et aventures

Critiqué par Idelette, le 24 septembre 2010 (Inscrite le 11 mars 2005, 56 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 33 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 234ème position).
Visites : 8 464 

Du vrai et du romanesque

En partant d'une citation Kipling, Mathias Enard nous fait suivre Michel Ange invité par le sultan Bayazid à Istanbul en 1506 pour y construire un pont.

Histoire dans l'histoire (vraie), on se régale de ces courts chapitres, écrits dans une langue choisie. Michel Ange apparait parfois, perdu (devant la ville, la langue, les habitudes, et surtout les habitants) parfois, plein de morgue, de suffisance (ses rapports avec le pape Jules II), parfois génial et fulgurant dans son art et surtout fuyant devant les affres de la création, l'amour (d'une danseuse dont où ne sait rien..., d'un poète morfondu) des puissants (le pape le ferait il chanter ?).

Un Michel Ange humain, avec une base historique et "pour le reste, on ne sait rien" quelle chance : un régal !

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Un bijou littéraire

9 étoiles

Critique de Evanhirtum (, Inscrit le 22 août 2016, 31 ans) - 22 août 2016

Cette œuvre est un prodige, un Trésor Littéraire au caractère magique. Cette pépite est courte, mais immensément intense, où chaque terme est pesé, où chaque phrase est d’Or.
C’est l’histoire d’un pont… entre deux rives, entre deux mondes - une continuité, un lien entre l’Occident et l’Orient. Un pont rêvé, un pont qui doit se dessiner, se construire en continu.
C’est le récit d’un (supposé) voyage du sculpteur florentin Michel-Ange à Constantinople. Méprisé par le Pape, il est convoité par le Sultan pour imaginer et dessiner un pont sur la Corne d’Or. L’auteur nous envoûte à travers cette cité cosmopolite, imprégnées des cultures latine, grecque, chrétienne, turque et musulmane – entre tensions et tolérances. Telle l’architecture, c’est un art de l’équilibre.
C’est un conte passionné et poétiquement engagé, qui relativise nos murs et nos ruptures : « cette frontière que tu traces en te retournant, comme une ligne avec un bâton dans le sable »
« Apparaitre, poindre, briller. Consteller, scintiller, s’éteindre. »

L'hypothétique voyage de Michelangelo

9 étoiles

Critique de Fan de tuning (, Inscrit le 26 février 2016, 28 ans) - 26 février 2016

Après un violent désaccord avec le pape, Michelangelo Buonarotti décide de se rendre à Constantinople pour la construction d'un pont sur la demande du Sultan. Michelangelo rencontre alors toute une série de personnes comme des nobles, des architectes mais surtout un poète protégé par le vizir avec qui il va lier une amitié forte. Tous ce petit monde va aider Michel-Ange dans son aventure.

Dans son roman , Mathias Enard arrive à raconter l'histoire d'une manière poétique et sincère. Cette rencontre entre l'Orient et l'Occident est un incontournable pour les fans du genre. Bien qu'il ne soit pas historique, il est parsemé de références historiques très intéressantes. Le seul défaut de ce livre est la longueur: il est bien trop court!

PS :J'aime les jantes

Lorsque l’Istanbul se nommait Constantinople

6 étoiles

Critique de Chene (Tours, Inscrit le 8 juillet 2009, 49 ans) - 26 septembre 2015

Petit conte poétique bien ficelé et surtout magnifiquement documenté. Mathias Enard a-t-il tout inventé ? A-t-il laissé courir son imagination avec fantaisie, ou bien cette histoire, ces personnages, ces événements, ces faits ont vraiment existé ?
Le récit est court, agréable et bien mené.
Une bonne approche pour découvrir cet auteur.

Jolie histoire

8 étoiles

Critique de Dirakkk (, Inscrit le 7 février 2011, 45 ans) - 10 juin 2015

A part quelques menus passages , cette histoire est joliment écrite.
Elle bénéficie bien sûr du pouvoir d'attraction du nom de Michel-Ange mais je la recommande.

Michel ange de Rome à Constantinople

6 étoiles

Critique de Lalige (, Inscrit le 16 novembre 2008, 45 ans) - 5 novembre 2014

Mai 1506, lassé de la pingrerie du pape, Michel Ange se rend à la demande du sultan Bayazid à Constantinople pour ériger un pont sur la corne d'or! Michel ange plonge dans Constantinople la multiculturelle et son cortège de conseillers, marchands, poètes, musiciens et autres danseurs. Il tient enfin la matière pour bâtir cet immense ouvrage à moins que lui-même soit l'instrument d'un tout autre dessein.
Si ce petit roman est très bien documenté et écrit sur la culture byzantine et ses jeux de cour, l'intrigue bien qu'alléchante a une chute soudaine. Je suis resté sur ma faim.

De l’art de la fiction recyclant du réel

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans) - 18 septembre 2014

Le pitch de base est génial, s’agissant d’un personnage historique aussi célèbre que Michel-Ange. Michel-Ange s’est rendu – et là nous sommes dans le réel – à Constantinople, au printemps 1506 (imagine-t-on bien ce périple dans les conditions de cette époque !), à l’invitation du Sultan Bajazet pour un projet des plus fous, propre à enflammer le génie de Michel-Ange : concevoir un pont sur la Corne d’or. Un pont qui serait le plus fabuleux des ponts, à l’époque bien sûr.
Le contexte s’y prête. Il est en « bisbilles » avec le Pape Jules II dont il attend des paiements et des commandes, qui, les uns après les autres ne viennent pas. Il s’esquive donc discrètement de l’Italie pour céder aux sirènes de l’Orient, au prestige de l’œuvre à venir et au pont d’or (financier celui-là) promis. Quant au prestige, Léonard de Vinci ayant échoué, le défi est stimulant.
Et voilà donc Michel-Ange à Constantinople. On lui fournit les conditions techniques requises pour mener à bien cette tâche, du personnel en nombre … Reste …, reste que Michel-Ange, peut-être séduit et perturbé par ce monde inconnu qu’il découvre, a beaucoup de mal à se mettre à l’ouvrage – du moins à la hauteur de son génie et de ce qui est attendu de lui. Mathias Enard en profite pour nous brosser des tableaux de Constantinople au XVIème siècle et de sa vie locale. C’est très bien fait, et l’on sent qu’il est un spécialiste de la « chose » orientale (spécialité persan et arabe). Il y a donc peu de risques que des invraisemblances se soient glissées dans tout ce qu’il met en jeu. Néanmoins je ne suis pas complètement rentré dans l’histoire globale.
Dans des éléments factuels, des pages particulières, oui, j’ai senti le parfum de la vie telle qu’elle devait se dérouler dans cette ville magique qui allait s’appeler bien plus tard Istanbul. Mais globalement, presque je serai plutôt resté à l’écart.
Mais Michel-Ange me direz-vous ? Ca ne s’est pas trop bien fini. Le génie attire de la jalousie, des haines. Les promesses ne sont pas toujours tenues … Michel-Ange a fini par lancer le projet, des piles de pont monstrueuses ont commencé à prendre place dans le Bosphore mais un séisme les détruit et, inquiet pour sa sécurité, redoutant également la réaction du Pape Jules II, il décide de fuir à nouveau, cette fois-ci vers l’Italie.
L’Orient est décidément un univers compliqué et l’époque de la Renaissance ne devait pas apporter de simplifications à cet ensemble redoutable. Mathias Enard avait les connaissances historiques et techniques pour traiter de tout ceci mais la magie n’aura pas totalement opéré auprès de moi.

le petit singe est mort

4 étoiles

Critique de Ellane92 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 43 ans) - 20 janvier 2014

La première chose que j’ai envie de dire est que la magie du conte, l'envoûtement, n'ont pas fonctionné pour moi. Oui, la langue est belle, le procédé narratif original, avec des chapitres très courts, écrits au présent du subjonctif. Le livre condense les activités quotidiennes de Michel-Ange, les sentiments éprouvés pour le futur génie par un poète turc interprète, et enfin quelques passages correspondent aux pensées d'un ou une inconnue dont l'identité mystérieuse est bien vite devinée.
Au final, on découvre l'histoire d'un être frustre, bien loin du génie que j'avais imaginé, qui ne sait pas trop où il en est. Les chapitres sont trop courts pour m’immerger dans une autre culture, il y peu de réflexions sur l'art en tant que tel. J’ai toujours imaginé qu’artiste rimait avec sensations et sentiments, et « Michelagnollo », comme le surnomme son frère, parait un personnage qui semble bien loin de ces deux univers, coincé entre son envie de créer des œuvres immortelles, la radinerie de la papauté, son complexe vis à vis de Vinci, son refus de la sensualité et de l’amour.
Quant à l’écriture, ma foi… certains chapitres sont à mon avis complètement inutiles ou inintéressants (à mon avis hein, mais puisque je le donne…), comme ceux qui inventorient les possessions ou achats du grand homme :
« 19 mai : bougies, lampe, deux petites pièces ; brouet (herbes, épices, pain, huile) autant ; poissons en fritures, deux pigeons, un ducat et demi ; service, une petite pièce ; couverture de laine, un ducat. Eau fraiche et claire. »
Une page pour si peu…

Et puis il y a des passages certes poétiques, mais dont la métaphore m’échappe complètement :
« Je ne cherche pas l’amour. Je cherche la consolation. Le réconfort pour tous ces pays que nous perdons depuis le ventre de notre mère et que nous remplaçons par des histoires, comme des enfants avides, les yeux grands ouverts face au conteur. »
Au commencement était le verbe, parait-il, et du verbe naquit le monde. De cette image jolie et poétique ne nait qu’incompréhension et étonnement de ma part.
Enfin, je suppose qu’il y a une jolie métaphore concernant le pont, qui pourrait relier des cultures, des pays, des hommes, etc… mais c’est pareil, je suis passée à côté !
Bon, je rejoins complètement l'avis de Paofaia: le petit singe est mort, c’était mon personnage préféré avec Mesihi, le poète, qui en avait fait cadeau à l’Italien. Il y a aussi du bon dans ce prix Goncourt des lycéens 2010, du bon sur lequel je ne m’étendrais pas, les autres critiqueurs en parlent mieux que moi.

Je reste, au final, assez déçue de cette lecture, et suis étonnée que des lycéens aient choisi ce livre pour un titre aussi prestigieux.

Il a fait court, quand même...

4 étoiles

Critique de Paofaia (Moorea, Inscrite le 14 mai 2010, - ans) - 31 octobre 2013

Je dois reconnaître que cette lecture a sans doute pâti de mes lectures parallèles, mais j'ai eu beaucoup de mal à m'y intéresser..
J'aimais beaucoup le titre. J'ai découvert dans la note de fin qu'il provenait de Kipling, Au hasard de la vie: : Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de leur parler d’amour et de choses semblables.

C'est ciselé, travaillé, peut être trop..
Quant au côté métaphorique du pont, je l'ai enjambé sans doute un peu rapidement..

Bref. Michel- Ange m'énervait, j'aimais bien le singe mais il est mort trop vite .

Je suis tout à fait consciente d'avoir fait progresser l'art de la critique littéraire d'un grand pas, désolée :)

C'est pas le pont d'Avignon

6 étoiles

Critique de Florian1981 (, Inscrit le 22 octobre 2010, 37 ans) - 30 octobre 2013

Cette histoire de construction d'un pont, un brin onirique et pourtant basée sur des faits réels, est joliment écrite mais ne m'a pas transporté.

Le style est fluide et agréable et on en apprend beaucoup sur le contexte historique et surtout sur le personnage de Michel-Ange, dont j'étais loin de me douter qu'il était aussi lourdaud! L'image d'Epinal de cet artiste esthète et raffiné en prend un sérieux coup!

Le livre est très court, et pourtant ce n'est pas faute pour l'auteur d'avoir tenté de grapiller des pages de ci de là en centrant ses chapitres pour "remplir" la page ou en faisant terminer ses paragraphes en haut de la page suivante, et hop c'est toujours une page de gagnée! C'est limite puéril mais c'est vrai que vu le prix de base de l'ouvrage autour de 20 €, il fallait bien gonfler artificiellement le nombre de pages pour que le lecteur ait l'impression d'en avoir pour son argent (perso je l'ai acheté en poche - 7 € et c'est déjà très limite pour une grosse centaine de pages, pas plus! de toutes façons quand j'ai vu un aussi petit livre vendu 20 ou 22 €, hors de question pour moi de l'acheter).

Et pourtant, malgré le fait que le livre soit si court, je me suis par moment ennuyé, c'est dire!

Un autre point d'irritation, c'est le fait d'introduire des chapitres qui brisent la trame principale avec un narrateur différent dont on ne connait pas l'identité et dont on ne saisit pas bien ce qu'il raconte (heureusement cela devient clair à la fin du livre). Ce procédé est à la mode paraît-il... Mouais, c'est facile et ca n'apporte rien.

Heureusement le dénouement est assez surprenant et très enlevé ce qui relève un peu l'intérêt du livre qui commençait à s'essoufler!

Naissance d’un pont !

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 53 ans) - 20 mai 2013

Ecrivain et traducteur français né en 1972, Mathias Énard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit aujourd'hui à Barcelone.
Son roman "Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants" a reçu le prix Goncourt des Lycéens 2010 et le prix du Livre en Poitou-Charentes 2011.

Un roman qui traite d'un épisode peu connu de la vie de Michel-Ange. Celui de son séjour à Constantinople (Istanbul) à l'invitation du Sultan Bajazet qui lui propose de concevoir un pont sur la Corne d'Or.
Un pont au milieu du port d'Istanbul, un ouvrage de plus de 900 pieds de long. Un pont qui fabriquera une ville immense.
Un pont militaire, commercial, religieux, politique...un morceau d'urbanité !
Un pont loin des prouesses techniques de Vinci, des courbes régulières de l'ancien viaduc de Constantin.
Bref, donner au monde un monument sans pareil à l'égal de son David ou de la Pietà.
Un ouvrage qui nous promène dans le Constantinople du XVI ième siècle ou Michel-Ange se sent à l'aise.
Il aime s'y promener et engranger des images, des visages et des couleurs. Cette ville ressemble à la Sérénissime (Venise) mais dans des proportions fabuleuses.
Son regard sera à jamais transformé par cette ville. A y regarder de plus près, il y a quelque chose de Sainte-Sophie dans la basilique Saint-Marc.
Un court roman qui nous fait mieux comprendre les raisons pour lesquelles l'Art, la Beauté et le Génie sont associés à Michel-Ange.

Vous l'avez compris, j'ai pris un immense plaisir à la lecture de cette douce sucrerie.
De courts chapitres comme autant de contes, d'instants volés à la vie du Génie.
Un incroyable moment de lecture .

Ode à la tolérance

6 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 54 ans) - 25 décembre 2012

Sur une base historique, l’auteur imagine un court épisode de la vie de Michel-Ange au début de sa vie.

Déjà célèbre et reconnu, il n’empêche que la vie d’artiste n’est pas toujours enviable face d’une part à l’omnipotence d’un Pape au sale caractère et d’autres part aux jalousies de ses confrères artistes.

Il est convié par le Sultan stambouliote, celui-ci voulant ériger un pont sur la Corne d’or. Michel-Ange, qui n'est pas architecte, un peu par défi, profite de cette opportunité, sans pourtant vraiment être conscient de l’issue de cette aventure.

Il y découvre une vie pleine de contrastes dans un ville cosmopolite qui a accueilli tous les peuples exclus du monde chrétien. La violence y côtoie le raffinement.

Ode à la tolérance, ceux qui connaissent Coelho ou Gaudé retrouveront dans ce roman la même atmosphère poétique tout en ayant à faire moins d’effort d’attention pour rester accroché à un bon récit.

A conseiller comme lecture de respiration entre d’autres romans plus ardus.

Une belle histoire comme il en existe tant...

6 étoiles

Critique de Ndeprez (, Inscrit le 22 décembre 2011, 43 ans) - 5 décembre 2012

Un pan de l 'histoire totalement méconnu est le point de départ de ce roman.. Michel Ange est demandé à Istanbul pour y dessiner un pont , là même où a été refusé les croquis du grand de Vinci ..La suite comme le souligne l'auteur est sortie de sa tête .
Une belle histoire pas forcément indispensable qui a reçu le Goncourt des lycéens... Je suis toutefois un peu dubitatif car même si le roman est agréable il ne semble pas être si extraordinaire que cela .

Un conte oriental sans style et sans vigueur

4 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 83 ans) - 21 août 2012

Surprenant, ce Goncourt des Lycéens 2010 qui détonne tant avec les romans précédemment primés.

La parenthèse de quelques semaines de la vie de Michel-Ange en mission chez le Grand Turc semble un événement mineur pour les historiens. Mathias Enard tente de nous le romancer dans une langue hélas fort terne.

Nous y apprenons néanmoins que le grand artiste appelé par Bajazet II pour établir les plans d’un pont réunissant les deux rives de la Corne d’Or à Constantinople avait dû s’absenter de Florence pour ce court voyage de Mai 1506, au grand dam de son commanditaire despotique, le pape Jules II, soucieux de vouloir le garder auprès de lui.

Sont opportunément rappelés ici l’inimitié affectant les relations entre Michel-Ange et Léonard de Vinci ainsi que l’incertitude financière dans laquelle a évolué le peintre-sculpteur, aux prises avec les caprices de ses illustres maîtres.

Un roman d’époque, informatif sans plus …

L'intellectuel face à l'histoire

3 étoiles

Critique de Herbet Moon (, Inscrit le 14 août 2011, 23 ans) - 14 août 2011

Mathias Enard est un brillant intellectuel, tout le monde s'accordera là-dessus. Et un universitaire tel que lui, passionné par l'Orient et le monde Arabe, se devait d'écrire un roman dont l'histoire se déroulerait au Proche Orient, Istanbul ici, ou plutôt Constantinople. L'érudit qu'est Mr Enard se devait également d'écrire sur une histoire dans l'Histoire, sur une anecdote peu connue. En effet, j'avais je n'avais entendu parler d'une escapade de ce génie que fût Michel Ange en Turquie, sur l'invitation du sultan Bajazet, afin de construire un pont. J'apprécie la base du roman, et m'empresse de le lire, en une petite journée, surtout après tout le bien que des amis m'aient dit de lui.
Et là, grosse déception. Ce roman, ou conte pour certains, très court, est écrit d'une manière peu habituelle pour moi, alternant passages à la deuxième et à la troisième personne. Déroutant à première vue, mais je m'accroche et vais jusqu'au bout.
Certes, l'histoire en elle même, cette anecdote est très intéressante, mais c'est bien l'écriture qui m'a rebuté. C'est très rare pour moi que je n'apprécie pas du tout un roman, mais "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" restera pour moi une énigme, un récit où je n'aurai vu aucune lumière, aucune chose de positive. Après tout, peut être était-ce la volonté de l'auteur...

Une belle et courte histoire

8 étoiles

Critique de Philippe (, Inscrit le 15 avril 2011, 39 ans) - 27 juillet 2011

Il est des moments où une courte lecture permettent des respirations, et "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" est de ceux-ci.
Ce récit est une esquisse, l'esquisse d'un génie à un moment clef de sa vie, l'esquisse d'une ville qui finit de changer d'univers, l'esquisse de relations amoureuses qui auraient pu être ou du être mais ne furent point.
Cette esquisse est aussi celle d'un pont qui ne fut jamais, et je ressens ce récit comme celui d'une parenthèse dans la vie d'un génie et dans celle de l'auteur, une petite histoire que l'on se veut partager.
Un beau moment de lecture en tout cas, que j'ai dévoré en deux heures chrono

Court mais agréable

7 étoiles

Critique de PA57 (, Inscrite le 25 octobre 2006, 36 ans) - 27 mars 2011

J'ai trouvé ce roman bien écrit, plutôt poétique. L'histoire aussi est assez sympathique et intéressante. Ce roman nous fait facilement voyager à Istanbul. Un regret cependant : trop court, on aimerait que le voyage dure un peu plus longtemps.

J'abandonne

1 étoiles

Critique de Gabri (, Inscrite le 28 juillet 2006, 33 ans) - 9 mars 2011

J’ai peine à croire que ce soient vraiment des lycéens qui aient choisi d’élire ce roman vainqueur. Pour ma part, je n’y ai vu qu’un charabia incompréhensible, des personnages impossibles à cerner et une histoire qui ne m’a pas du tout accrochée. J’abandonne après 50 pages, d'ailleurs lues avec peine. Je ne comprends pas du tout ce prix...

Un livre presque parfait ...

5 étoiles

Critique de Mister-H (, Inscrit le 31 octobre 2010, 23 ans) - 6 mars 2011

J'ai aimé l'ambiance et le contexte du récit dans lequel on nous proposait d'embarquer, le sujet était intéressant, le lieu de l'intrigue bien choisi, mais alors pourquoi je n'aime pas ?

L'ECRITURE ??
pour moi ce livre est un brouillon, une ébauche, il n'est pas totalement abouti, je trouve.
Le choix de la troisième personne, "Il" est un mauvais choix, et on a du mal à s'attacher aux personnages, malgré tout, ce livre est bien documenté, (et encore) et permet d'apprendre des choses.

Bref, ce livre avait une bonne idée de départ, tout pour plaire, mais au final, on est content qu'il ne dure que 153 pages, car le style n'est pas trop au rendez-vous...

un livre élégant

7 étoiles

Critique de 123soleil (, Inscrit le 3 mars 2011, 52 ans) - 3 mars 2011

Ma première critique, pour ce livre qui, si ma mémoire est bonne, ne parle pas de batailles, un peu de rois, et d'un seul éléphant. C'est un livre sensuel et charnel. Un style très "coup de crayon précis". Une très agréable esquisse de Michel Ange. Un bon moment de lecture très stylé, peut-être un peu trop.

Une attente bien récompensée

8 étoiles

Critique de Saperlipop (, Inscrite le 8 mars 2006, 37 ans) - 27 février 2011

Et oui, comme Cafeine, j'ai été attirée par le titre de ce joli roman. J'ai tourné autour longtemps puis je l'ai acheté. Et je viens de le prêter tellement cette parenthèse (que contrairement à d'autres, j'ai trouvé poétique) était agréable.
Un petit livre, simple, rapidement lu et très beau. Pas besoin de se torturer l'esprit, il suffit de se laisser bercer par cette histoire.

Comme dans un rêve

8 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 45 ans) - 8 février 2011

Frustré de ne pas obtenir du Pape les commandes qu’il espère ni le salaire qu’on lui doit, craignant les jalousies de ses concurrents, Michel Ange fuit l’Italie pour se rendre à Constantinople auprès du Sultan qui lui a offert une fortune pour construire un pont sur la Corne d’Or.
Mais l'inspiration manque et Michel Ange, ombrageux, délaisse l’atelier et les ingénieurs mis à sa disposition. Quand il ne reste pas dans sa chambre, à dessiner. l’artiste va se perdre dans la ville en compagnie du poète Mesihi qui l’entraîne dans les différents quartiers de cette métropole cosmopolite. Michel Ange rencontre une fascinante danseuse, s’imprègne des cultures mêlées. La sensualité et l’art oriental se distillent dans l’alambic de son esprit et l’inspiration vient enfin. Michel Ange dessine un pont fort, élégant et majestueux.
Mais il s’est fait des ennemis et doit fuir. Un tremblement de terre détruit les piles qui commençaient à s’élever sur la mer…

Ce n’est pas un grand roman mais c’est un petit livre agréable et facile à lire, avec des chapitres courts rédigés au présent dans un style précis, plein de finesse et de délicatesse.
J’ai aussi apprécié les notes finales dans lesquelles Mathias Enard donne les clés pour nous aider à distinguer la fiction des bribes de réalité historique autour desquelles il a construit son roman

Évocation fine

6 étoiles

Critique de Angreval (Brossard, Inscrit le 11 août 2010, 72 ans) - 3 février 2011

L'évocation de l'atmosphère de Constantinople, telle que crée par Enard, est fine, envoûtante. En même temps, les expériences attribuées à Michel-Ange s'y insèrent délicatement, comme un voile qui s'écarte doucement. Les sentiments s'expriment subtilement, se laissent deviner jusqu'à un dénouement serré.

Enard déroule son récit dans une langue riche, faite de touches délicates, impressionnistes, une langue qui se laisse goûter comme une oeuvre de son héros, Michel-Ange.

Une phrase que je retiens: «La beauté vient de l'abandon du refuge des formes anciennes pour l'incertitude du présent» p. 57

dépaysement

8 étoiles

Critique de Zclemz (, Inscrit le 24 janvier 2011, 30 ans) - 26 janvier 2011

Un joli bouquin, agréable à lire, rapide, faisant découvrir (ou redécouvrir pour certain) une autre culture (Constantinople), une autre époque (XVIe). Il est vrai qu'on est un peu déçu que l'auteur ne s'attarde pas plus sur le pont, mais l'essentiel est là, une histoire qui fait voyager.

Un pont un peu court

6 étoiles

Critique de Phug (, Inscrit le 14 janvier 2011, 69 ans) - 16 janvier 2011

Un agréable petit livre, à lire dans le train (dans le pays où j'habite, les trains roulent encore à une vitesse raisonnable). Istanbul, Constantinople, croisement de cultures, tout cela est bien évoqué, mais on reste un peu sur sa faim. Du fameux pont, il n'est guère question, mais sans doute n'était-ce point là l'essentiel du propos.

Prose musicale

7 étoiles

Critique de Aliénor (, Inscrite le 14 avril 2005, 51 ans) - 9 janvier 2011

En mai 1506, Michel-Ange débarque à Constantinople, à l’invitation du sultan Bajazet. Il doit dessiner un pont enjambant la Corne d’or, et pour ce faire, un atelier et des ingénieurs sont mis à sa disposition. Afin de laisser l’inspiration venir à lui, l’artiste va se perdre dans la ville et rencontrer un poète, ainsi qu’une fascinante danseuse au sexe indéterminé. Mais cette inspiration se fait attendre et Michel-Ange, qui doute de lui, s’emporte d’autant plus facilement qu’il est colérique.
Pour venir à Constantinople, Il a fui l’Italie et le pape Jules II, a qui il a promis la conception d’un mausolée. Il a fait le voyage car le sultan lui a promis une rémunération astronomique, mais les semaines passent sans que rien ne lui soit versé. Alors l’inquiétude de l’artiste grandit. Il craint la colère du Pape et ses représailles sur lui et sa famille.

Loin de l’univers de son précédent roman, le mémorable Zone, Mathias Enard nous entraîne ici dans un bien beau voyage. Se basant sur un fait réel peu connu, il construit une œuvre fictionnelle incluant beaucoup d’éléments biographiques de Michel-Ange. Il en résulte un roman sensuel, à plusieurs voix, à l’écriture éminemment poétique. On prend plaisir à lire et à relire ces phrases très musicales, et même à les lire à haute voix.
Les chapitres où la danseuse prend la parole, alors qu’elle se trouve aux côtés de l’artiste endormi, sont peut-être les plus beaux, les plus sensibles. Et ceux dans lesquels s’exprime le poète Mesihi, amoureux de Michel-Ange, sont sans doute les plus touchants. Mêlant romance et poésie de manière brillante, l’auteur signe ici un roman qui a bien mérité son prix Goncourt des lycéens. Et qui procure un grand plaisir de lecture.

Oh non encore un prix...

6 étoiles

Critique de Luluganmo (, Inscrite le 26 septembre 2010, 36 ans) - 8 janvier 2011

Et oui, ce livre a reçu le Goncourt des lycéens et ça me laisse perplexe. Bien sûr que l'écriture est élégante, fine et pleine de poésie mais le récit reste, pour moi, très très mince. Il manque cruellement de profondeur; il y a une barrière qui nous empêche de nous attacher aux personnages. Dommage car le sujet est original.

Un dépaysement d'Etat

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans) - 25 décembre 2010

Le Vizir ottoman commande un pont au grand artiste toscan. Celui-découvre, vit, confronte sa morgue et ses affinités aux moeurs locales, tandis que le Pape enrage de le savoir parti. Deux mondes se rencontrent, avec son lot de cocasseries, d'incompréhensions, de découvertes, tout cela dans un climat de sensualité, de curiosité et de violence.

L'ensemble est intrigant, mais quelque peu décousu, les anecdotes et épisodes n'étant pas toujours approfondis. Le style est alerte et les rebondissements nombreux, ce qui donne un ensemble dynamique et riche en saveurs.

un style peu agréable

5 étoiles

Critique de Marthe (, Inscrite le 19 novembre 2010, 48 ans) - 8 décembre 2010

L'histoire est sympathique, les lieux, les personnages font rêver, l'ambiance est bien choisie. Le livre est court, cela me plait aussi, par contre, je regrette que l'écriture soit "hachée", de petites phrases qui manquent de poésie.

parenthèse

8 étoiles

Critique de Cafeine (, Inscrite le 12 juin 2007, 44 ans) - 30 novembre 2010

Une fois n'est pas coutume, je ne lis presque que des auteurs dits classiques, mais ce livre, ce titre, je ne sais pas pourquoi, il attire mon regard, une fois, deux fois... bref je m'y reprends à plusieurs visites chez mon libraire avant de l'ouvrir, allez tant pis je le prends !

Une parenthèse, voilà ce qu'il devait être, en fait c'est devenu un petit voyage hors temps, hors lieu connu, je me suis laissée guider dans les rues de Constantinople.
ça m'étonne moi-même, une sorte de musique accompagne ma lecture, les mots sont doux, ensoleillés, j'ai l'impression d'apercevoir quelque chose de fragile.
Vie oblige, je quitte le récit, lorsque je le reprends, la magie réopère !

Bref, certes c'est un livre rapidement lu, fallait-il comme c'est écrit dans les autres critiques nécessairement y trouver une réflexion sur l'art de la création, je n'en sais rien, je ne lis pas les quatrièmes de couverture, j'y ai pris un grand plaisir et c'est là l'essentiel.

parle-leur ...

6 étoiles

Critique de Printemps (, Inscrite le 30 avril 2005, 61 ans) - 11 novembre 2010

Quelques bonne pages de poésie (les réflexions de la danseuse et les extraits du poète ami et se rêvant amant), de l'épistolaire utilitaire (Michel Ange), un essai de description du génie dessinateur et poète, un être humain sensible. Un peu de tout, en fait. Des intrigues, des beautés architecturales et physiques. Un récit rapide sur une base historique tenue. Un peu déçue cependant, mais une ébauche qui peut amener à réfléchir plus loin.

Un joli prix

7 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 60 ans) - 11 novembre 2010

Ayant appris l'attribution du prix des lycéens deux jours après la lecture de ce roman, je partage avec eux les raisons de leur choix.
La poésie et l'écriture sont superbes.
Les descriptions sont si élégantes, si précises tout en restant légères, qu'on se promène avec plaisir parmi les odeurs, les couleurs d'Istanbul.

Je n'irai pas jusqu'à partager cette phrase de la quatrième de couverture: "Une fascinante réflexion sur l'acte de créer et sur le symbole d'un geste inachevé vers l'autre rive de la civilisation."
Le roman est trop court pour inciter vraiment à cette réflexion, la création du pont ne m'a pas paru occuper une place prépondérante dans l'histoire.

Et peut-être la représentation peu sympathique de Michel-Ange a ajouté au fait que j'ai juste bien aimé ce roman.

Un récit bien mince...

6 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 80 ans) - 29 septembre 2010

L'idée était bonne et aurait sans doute mérité d'être creusée, l'auteur a reculé : manque d'ambition ? de talent ? de courage ?

Un des mérites principaux de cet ouvrage est d'être court : 153 pages dont certaines, nombreuses, sont incomplètes se lisent rapidement. Soyons justes, on y prend parfois plaisir comme dans l'évocation d'Istamboul au XVIème, mais tout ceci est-il crédible ?

Si on vous donne ce livre en cadeau, lisez-le, vous n'y passerez pas trop de temps.

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