Richard III de William Shakespeare

Richard III de William Shakespeare
( Richard III)

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Théâtre

Critiqué par Smokey, le 5 septembre 2008 (Zone 51, Lille, Inscrite le 12 août 2008, 31 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 112ème position).
Visites : 3 010 

Le drame de Gloucester...

Pièce culminant avec la défaite du démoniaque roi Richard III à la bataille de Bosworth dans le dernier acte, Richard III est la théâtralisation d'évènements réels qui prirent fin en 1485, avec le changement de dynastie que l'on sait : les Plantagenêt laissant place à la monarchie Tudor suite à la guerre des Deux-Roses.

Il s'agit avant tout d'un drame humain et social dont les héros ne sont pas ceux que l'on croit.

En effet cette volonté de pouvoir ne fait pas de Richard l'incarnation du Diable que l'on a souvent décrite : elle naît plutôt d'un désir de revanche sur la Nature qui l'a fait difforme et sur la société entière, sur ceux qu'il a aidés à prendre le pouvoir et qui le rejettent une fois que ses mains sont salies (c'est lui qui a tué Henry VI et ainsi permis à Edouard de monter sur le trône).

Il va donc les tromper, les monter les uns contre les autres pour devenir roi. Contre l'insignifiance et la mesquinerie qui l'entourent, Richard prend le parti de l'absolu : le Mal absolu, certes, mais qui naît de sa liberté propre. Comme le "Caligula" de Camus, Richard III va au bout de ses idées, dénonçant par ses propres crimes l'absurdité du Monde.

Mais tout se paye. Les fantômes de ceux qu'il a tués viendront hanter Richard, qui confronté aux remords, presque schizophrène, connaîtra la peur. Enfin, lors de la bataille finale, alors que son cheval est tombé sous lui, il crie « Un cheval! Mon royaume pour un cheval! » et tombe sous les coups de Richmond...

Une pièce superbe de Shakespeare à lire et à relire...

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Les éditions

  • Richard III [Texte imprimé] William Shakespeare [texte établi par et] introd. de John Dover Wilson... trad. et notes de Pierre Leyris
    de Shakespeare, William Wilson, John Dover (Editeur scientifique) Leyris, Pierre (Traducteur)
    Aubier / Domaine anglais bilingue (Paris).
    ISBN : 9782700712940 ; EUR 15,00 ; 05/11/1998 ; 343 p. ; Broché
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"La conscience n'est qu'un mot à l'usage des lâches, inventé tout d'abord pour tenir les forts en respect."

7 étoiles

Critique de Monde Vrai (Long Beach, Inscrit le 6 décembre 2011, 114 ans) - 27 décembre 2011

Ecrite à une époque où, lors de leur fin de vie, les comédiens étaient enterrés dans la fosse commune sans disposer, de plus, des aides et statuts sociaux globaux de l'ensemble de la population, je trouve qu'il est d'autant plus significatif de relire cette pièce de Shakespeare qui parle d'ambition et de morale...

Ainsi sans refaire l'analyse complète d'un chef d'oeuvre sur lequel on a déjà tout dit; le classique, par définition, ne se démode que rarement, et se retrouve en filigrane derrière énormément de "nouvelles" oeuvres, gageons que si l'on creusait un peu on trouverait quelque part l'ombre de ce héros et roi, au corps monstrueux peut-être, mais si fort en connaissances et passions humaines !

Quasimodo devenu roi

10 étoiles

Critique de Radetsky (Massieu, Inscrit le 13 août 2009, 74 ans) - 27 septembre 2011

Clarifions les choses : Lorsque j'écoute ou regarde Shakespeare, je ne cherche pas à être ému, j'irais presque jusqu'à dire que je m'en garde soigneusement. La plus belle interprétation que je connaisse est celle de l'Old Vic à Londres, filmée (en NB) et transmise par la télévision française lorsqu'elle n'était pas encore tombée dans la pourriture de "l'audience".
Les "adaptations" valent ce que valent les truandages audiovisuels d'oeuvres célèbres, qu'elles soient littéraires ou autres : du sous-Hollywood pour analphabètes drogués aux séries télévisées ou au outrances des effets spéciaux. Je suis méchant et définitif, tant pis. Car on casse ainsi ces ressorts essentiels du théâtre et de la littérature : l'imaginaire et l'intelligence du savoir.
Bref, pour en revenir à notre mouton, il faut dire qu'il est bien noir !
Je ne referai pas le catalogue des ignominies dont il se rend coupable tout au long de son irrésistible ascension comme aurait dit Bertold Brecht. Mais il faut s'arrêter sur l'enfance de ce monstre, monstre que la nature avait rendu tel par une difformité physique. On imagine, au Moyen-Âge, ce que pouvait signifier cette sorte de signe du ciel et valoir d'avanies, de mépris, de violences à celui, nabot, tordu ou autre qui en était porteur. Bien plus tard, en France, un personnage célèbre qui avait pour nom Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, nacquit avec un pied bot ; et ce fut sa malédiction, son humiliation (parmi sa famille, ses amis, dans la politique) depuis l'enfance, dont il chercha toute sa vie à combattre les effets, visant la rédemption grâce à une intelligence supérieure qui lui permettrait d'exercer une vengeance sûre et implacable contre ce monde qui l'avait fait naître et souffrir. Richard III fut un homme de cette catégorie : un enfant humilié et brimé. Ceci n'excuse pas le reste de son existence, mais permet de comprendre la complexité de son cas, magnifiquement mis en scène par Shakespeare. Le grand dramaturge anglais touche tour à tour aux racines de la personnalité, à la morale individuelle et collective, à l'éthique de la responsabilité, aux processus d'acquisition et de légitimation du pouvoir. Oeuvre foisonnante et terrible qui n'a jamais fini de livrer ses fruits.

Bien, mais éclipsé par l'adaptation

8 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 2 juillet 2011

Richard III, monstre d’ambition, sans scrupule, il massacrera pour atteindre la couronne presque toute sa famille, ainsi que tous ceux qui se mettront dans son chemin.

Que le vrai Richard III ait été aussi fourbe et malfaisant (personnellement je doute qu’il ait été aussi extrême), ça ne m’affecte pas par rapport à la pièce. Pour moi c’est deux affaires différentes, la pièce est avant tout de la fiction et quand j’en lis / regarde une, je veux surtout être émue. Et ça a été le cas, j’ai beaucoup aimé lire la pièce, mais comme c’est le cas la plupart du temps avec William Shakespeare, je préfère l’adaptation. Il faut dire que Richard III (1955), réalisé et interprété par Laurence Olivier, est un de mes films préférés. Il y a plusieurs scènes qui sont imprimés dans ma tête et quand j’ai lu la pièce je n’ai pas pu faire abstraction. C’est en grande partie de ma faute, mais ce n’est pas automatique que j’embarque moins dans une oeuvre dont j’ai adoré le film, comme, j’ai beaucoup aimé lire Les sorcières de Salem de Arthur Miller même si j’avais été éblouie par les performances de l’adaptation (de 1996).

Non, il y avait quelque chose. Je n’ai pas trouvé Richard assez subtil dans ses machinations. Il est trop évidemment mauvais, peu sont dupes et même quand il réussit à charmer par ses paroles, il nie à peine et se trouve toujours pleins d’excuses peu convaincantes. Je ne sais pas, comme souvent avec Shakespeare, je ne trouve pas ça assez poussé psychologiquement (si on pense à Oscar Wilde par exemple, ou Euripide, Tennessee Williams, Alfred de Musset...), c’est plus axé sur la trame de l’histoire, des trames classiques et hautes en couleur, je ne dis pas le contraire. Richard III n’est vraiment pas mauvais, c’est juste que je n’aie pas ressenti la même chose qu’avec Laurence Olivier.

Côté lecture, Iago (d’Othello) reste encore mon super-vilain shakespearien indétrôné (oh... ici je sens Richard III jaloux!). Reste que je recommande la pièce, peut-être que j’avais juste trop d’attentes... Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, allez-y, il y a aussi l’adaptation plus modernisée de 1995 avec Ian McKellen qui est bien.

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