Médecin malgré moi de Patrick de Funès

Médecin malgré moi de Patrick de Funès

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Nickie, le 25 août 2008 (Inscrite le 14 mars 2004, 60 ans)
La note : 5 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (37 787ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 2 665 

le titre résume bien le livre..

Patrick de Funès (fils de qui vous savez..) est radiologue, dans ce livre il brise l'omerta en dénonçant la gabegie et l'inutilité du conseil de l'ordre, par précaution il s'est fait radier, ceci afin d' éviter quelques problèmes... c'est là au moins l'aspect utile de son livre;
Il trace de nombreux portraits de ses patients, certains il est vrai sont assez drôles, il précise que plus la ville où il exerçait était "bourgeoise" plus il y avait de patients insupportables, mais dommage qu'il n'ait parlé que de ces derniers, il donne ainsi une image du métier de radiologue un peu trop légère. Et il se met parfois à leur niveau quand il raconte sur Europe 1 qu'il faisait des statistiques (qu'il notait..) concernant les femmes qui avaient ou non des poils sous les bras, cela peut prêter à sourire venant d'un jeune dragueur immature mais beaucoup moins venant d'un médecin.. j'ai un proche qui est radiologue, il rencontre lui aussi parfois des patients odieux (ce qui arrive dans tous les métiers en contact avec le public) mais heureusement il y a aussi des patients adorables, qui vont parfois jusqu'à lui écrire une lettre de remerciement pour sa gentillesse et son bon diagnostic;
C'est un métier parfois très difficile, avec des urgences et des cadences souvent infernales, il est arrivé à cet ami de devoir apprendre à des parents que suite à leur accident de voiture leur fille de 16 ans serait tétraplégique, ou encore de faire une radio à une secrétaire de son hôpital (qu'il appréciait beaucoup) et de constater qu'elle avait un cancer dont la survie est au maximum d'un an; le radiologue est le médecin qui la plupart du temps est le premier à déceler le pire, je ne pense pas que Patrick de Funès n'ait eu que des bras cassés et c'est dommage qu'il soit passé à côté de cet aspect de son métier (au fait les femmes atteintes de très graves maladies faisaient-elles partie de ces fameuses statistiques ?..)

Il s'insurge contre le dépistage systématique du cancer du sein pour les femmes de 50 ans (mesure assez récente), il pense que cela ne sert qu'à enrichir les radiologues et que de plus depuis ce "dépistage systématique", il n'y a pas plus de cancers du sein (il a compté?).. je me suis renseignée, en fait la sécu envoie à toutes les femmes de 50 ans un courrier leur annonçant qu'elles peuvent se rendre dans un cabinet de radiologie agréé pour une mammographie GRATUITE, si elles ne le font pas il n'y a aucune sanction, il faut savoir qu'en 2007 14% des français ont renoncé à aller voir un spécialiste car leur coût est trop élevé; Mais je doute que Mr De Funès ait vécu cela ou qu'il fréquente assidûment ces personnes.. Il manque (peut-être en raison de son côté "fils à papa") souvent de compassion et avec une prédilection pour les femmes..

Donc un livre assez distrayant, qui d'après les magazines s'est très très bien vendu, mais dommage qu'il donne aux lecteurs une image aussi tronquée de son métier, "médecin malgré lui" je le crois volontiers..

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Patrick De Funes: enfin un médecin qui ose...

8 étoiles

Critique de Fabrice ROUDERIES (, Inscrit le 9 juin 2009, 47 ans) - 29 juin 2009

Il y a bien longtemps que j'ai ma propre opinion sur la médecine en général et les médecins en particulier. Depuis 1999, que je préside une association de victimes d'erreurs médicales, j'en ai vu passer des défauts, erreurs ou retards de diagnostic, des oublis de matériels chirurgicaux, des surdosages médicamenteux, des traitements inadaptés à la pathologie ou encore des interventions (pour ne pas dire ablations) inutiles.
Mais c'est en tout cas la première fois qu'un médecin ose dire (et surtout écrire) de certains de ses collègues tout haut ce que d'autres pensent tout bas.

Bien sûr il l'écrit non sans un certain talent mais aussi avec un humour vitriolé.
Dès le préambule, le ton du livre est donné; Patrick De Funes, (fils du célèbre Louis) estime que sur 211 000 médecins français, il pose "40 000 imbéciles, ignorant les gynécologues, grands prédateurs d'utérus, rayant les radiologues de ville qui n'y connaissent rien et les chirurgiens massacreurs, taisant volontairement de tout commentaire les médecins du travail, virant la moitié des psychiatres, se débarrassant des liposuceurs, des nutritionnistes et des membres du Conseil de l'Ordre. Eliminant enfin les professeurs médaillés qui terrorisent la population à la télévision". Il n'en reste donc pour lui que 100 234 de valables.

Don quichotte est lancé, sabre au clair et au galop !

Il s'attaque même au saint des saints… le Conseil de l'Ordre.
Il est bon de rappeler que le Conseil de l'Ordre des médecins, créé sous le régime de Vichy par la loi du 7/10/1940, dissous par le Général De Gaulle à la libération renaîtra moins d'un an après "de ses cendres grâce à un ministre… communiste".
De Funes retient de cette institution coûteuse un goût immodéré de l'immobilisme, "le goût de la dissimulation, ce je ne sais quoi qui rappelle les pratiques du KGB". Il nous apprend par exemple que, selon que l'on appartient ou pas à la vénérable institution, on peut être, pour les mêmes faits, condamné à une peine symbolique ou lourde si le fauteur leur apparaît comme gênant.
Il rétablit la vérité sur le "serment d'Hippocrate" suite de lieux communs scribouillés par un protégé de Platon 400 ans avant J.C.
Toujours d'après lui, le code de déontologie médicale est tout aussi creux tellement la centaine d'articles qui le compose est littéralement pompé sur l'auteur du Tartuffe.
"Le respect dû à la personne ne cesse pas de s'imposer après la mort." (Article 2 du code)
"Allez. Si elle meurt, ne manquez pas de la faire enterrer du mieux que vous pourrez." (Molière, Le médecin malgré lui).
Heureusement pour lui, il a rendu son inscription à la vénérable institution avant que d'écrire ce brûlot.
J'avoue avoir pris du plaisir à lire ces suites de scènes cocasses de portraits caricaturaux et de réflexions parfois bien argumentées.
Les références littéraires médicales ne manquent pas.
Les morticoles (Léon Daudet 1894) notamment, dont le terme affuble désormais tous les pontes de la médecine qui terrorisent la population à longueur d'émissions télévisuelles et qui font du principe de précaution un principe général qui justifie que l'on retire quasi-systématiquement l'utérus des femmes de plus de 60 ans.
Il tire un portrait sans concession de ces médecins qui plombent les déficits de la sécurité sociale en ordonnant quantités d'analyses et d'examens pour qui aurait une simple diarrhée suite à un repas trop épicé alors qu'une journée de diète et un antispasmodique suffiraient.
Il est vrai qu'il faut bien faire travailler ses confrères spécialisés que l'on croise dans tel ou tel dîner organisé (et payé) par tel ou tel laboratoire pharmaceutique.
Ce qui plaît et interpelle aussi c'est que cet ouvrage n'est pas le livre d'un railleur ou d'un critique, il est l'œuvre d'un médecin qui a exercé durant 30 années et qui décide volontairement de se mettre en congé de la profession pour assumer un regard sans concession sur sa profession et sa propre existence professionnelle.
La seule question que je me pose encore: pourquoi avoir mis 30 ans à s'apercevoir que l'on pratiquait un métier que l'on n'aimait pas ?

En rire ou en pleurer ?

5 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 63 ans) - 17 avril 2009

Si on est d'abord surpris de rencontrer un médecin démissionnaire, on l'est encore plus d'apprendre qu'il attend presque la fin de sa carrière pour quitter cette profession qu'il déteste.
Effectivement, être médecin quand on ne supporte pas les "odeurs corporelles" et qu'on n'assiste pas aux stages obligatoires de formation peut sembler pour le moins étrange.
Après la surprise, vient le rire; le ton et les anecdotes sont gais et on rit franchement. Les chapitres s'enchaînent rapidement, l'écriture est agréable.
Puis , on s'aperçoit que les excès de ces médecins qui nous amusent, se font sur le "dos" des malades, de gens confiants, et arrive le moment où on s'aperçoit que notre rire repose sur un grand nombre de décès. Et là, une gêne, le rire devient jaune, grinçant.
Un livre original, bien loin de Martin Winckler et "Les trois médecins", qui donnent une vision iconoclaste de cette profession à qui nous sommes bien obligés de continuer à faire confiance.

Un très bon moment de lecture

8 étoiles

Critique de MAURANE (, Inscrite le 4 juin 2004, 65 ans) - 1 novembre 2008

J'ai passé un très bon moment avec ce livre et j'ai souvent souri et même ri.
Ayant travaillé dans le milieu médical, j'ai trouvé beaucoup de remarques justes sur les médecins, sur ce qu'attendent aussi les patients qui en font de vrais dieux...
J'ai trouvé très intéressant qu'un médecin (ex-) prenne du recul et fasse un portrait sans concession d'une certaine médecine.
J'y ai vu également par moments une critique de nos sociétés où l'attente par rapport à la médecine et à la science en général est excessive.
La seule critique que j'émettrais peut être est un style un peu emphatique .

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  Ce de Funès-là ne m'a pas fait rire 9 Le rat des champs 7 septembre 2008 @ 15:48

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