Journal 1942 - 1944 de Hélène Berr, Mariette Job

Journal 1942 - 1944 de Hélène Berr, Mariette Job

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire , Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Dudule, le 16 février 2008 (Orléans, Inscrite le 11 mars 2005, - ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (602ème position).
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le jounal d'une jeune parisienne juive

Hélène Berr est née le 27 mars 1921 à Paris. Etudiante brillante à la Sorbonne, tout d’abord avec une licence d’anglais, puis en juin 1942 son diplôme d’études supérieures de langue et littérature anglaise. Elle évolue dans un milieu de grands bourgeois intellectuels, son père est vice-PDG des usines Kuhlmann, il a été interné au camp de Drancy pendant 3 mois, libéré grâce au versement d’une caution de Kuhlmann.

Les premiers jours du journal, Hélène Berr vit une existence ordinaire et insouciante comme tous les jeunes gens de son âge, son emploi du temps est chargé, entre les cours à la Sorbonne, ses amis, la musique qui a une place très importante dans sa vie, elle joue du violon, la littérature. L’occupation est reléguée au second plan dont on oublierait presque la période.

La première cassure se fait sentir quand le port de l’étoile jaune est imposé en juin 1942, certaines personnes dans la rue viennent spontanément lui témoigner un geste de solidarité.
Elle ne peut pas préparer le concours d’agrégation dont sont exclus les juifs dès la rentrée de 1942, elle devient bénévole à L’UGIF (Union Générale des Israélites de France), elle s’occupe d’orphelins juifs.

Elle interrompt son journal pendant 9 mois de fin novembre 1942 à août 1943, quand elle le reprend, elle veut laisser un témoignage, c’est là un grand changement même dans le style, elle est consciente que des faits plus terribles seront dévoilés, elle pense en particulier aux déportés, mais il faut qu’elle témoigne et surtout qu’elle laisse son journal, ses réflexions à son fiancé Jean engagé dans la France libre. Elle dit : « je sais pourquoi j’écris ce journal, je sais que je veux qu’on le donne à Jean si je ne suis pas là lorsqu’il reviendra. Je ne veux pas disparaître sans qu’il sache ce que j’ai pensé pendant son absence ».

Courant février 1944 la famille Berr ne dort plus chez elle, ils sont accueillis par différentes personnes. Le 7 mars, ils décident de revenir dormir à leur domicile, ils seront arrêtés le 8 au matin, et transférés à Drancy. Elle sera déportée à Auschwitz avec ses parents le 27 mars jour de ses 23 ans. Le père a été assassiné en septembre, la mère a été conduite à la chambre à gaz en mai. En janvier 1945 lors de l’évacuation des détenus d’Auschwitz ; elle est transférée à Bergen-Belsen, elle succombe aux mauvais traitements et à l’épidémie de typhus début avril 1945, 15 jours avant la libération du camp par les anglais.

Beaucoup d’interrogations dans ce journal, pourquoi ces hommes se croient-ils supérieurs ? Est-ce que les gens ignorent le traitement fait aux juifs dans les camps ?
C’est une lecture émouvante, elle nous a laissé un vrai témoignage.

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Humain, trop humain?

10 étoiles

Critique de Paofaia (Moorea, Inscrite le 14 mai 2010, - ans) - 29 novembre 2013

Ce Journal qu'elle a tenu et dédié à son ami, qui, lui, avait quitté la France occupée et a survécu, aujourd'hui conservé au Mémorial de la Shoah, est un document exceptionnel sur la vie au jour le jour d'une étudiante juive dans le Paris de l'Occupation. Et d'une jeune femme très lucide sur le sort qui l'attend. Ses proches sont arrêtés les uns après les autres, et les rumeurs sur les traitements qui leur sont infligés sont de plus en plus alarmantes. « On a parlé aussi des gaz asphyxiants par lesquels on aurait passé les convois à la frontière polonaise. Il doit y avoir une origine vraie à ces bruits », rapporte ainsi la jeune femme en novembre 1943.
Et pourtant, ils ne partent pas... Hélène Berr, jusqu'à son arrestation et sa déportation à Bergen-Belsen où elle est morte du typhus en avril 45, a travaillé dans une association qui aidait à cacher dans des familles des enfants dont les familles étaient déportés.

C'est écrit sans plainte, sans pathos, simplement, de jour en jour on sent la tension monter dans les petites notes prises, les réflexions sur le mal, sur les motivations de cet acharnement , l'incompréhension grandissante entre juifs et non juifs, et puis le désarroi de plus en plus grand qui lui fit finalement arrêter même la musique , mais garder ,dans sa dernière lettre à sa soeur, encore un peu d'humour.
C'est bouleversant de lucidité et d'analyse .

Extrait:

La Mort pleut sur le monde. De ceux qui sont tués à la guerre, on dit qu'ils sont des héros. Ils sont morts pourquoi? Ceux qui étaient de l'autre côté se sont figurés qu'ils mouraient pour la même chose. Alors que chaque vie a tant de prix en elle-même

The pity of it, Iago! O Iago, the pity of it, Iago!

Ce que j'écris scandaliserait beaucoup de gens. Et pourtant, s'ils réfléchissaient, s'ils cherchaient au fond de leur coeur, que trouveraient-ils d'autre? Je ne crois pas être lâche donc je me permets d'écrire ces choses. Ceux qui, au nom de la "bravoure", du "courage", du "patriotisme" pousseraient les hauts cris en m'entendant , ne sont au fond que sous l'empire de passions erronées. Ils se trompent, ils sont aveugles.
D'ailleurs, ceux qui ont combattu au front après deux ans, pendant l'autre guerre, n'ont-ils pas connu ce qu'ils croyaient être une " désillusion" , et qui, au fond, n'était que la disparition de ces passions erronées? Quand ils avouent qu'ils n'avaient même plus de haine pour le boche, qu'ils ne savaient plus ce qu'il en était. Dans La vie des martyrs de Duhamel, dans l'Epilogue des Thibault, dans La Pêche miraculeuse de Pourtales.
Seulement, ils se considéraient alors comme dépassées par une fatalité trop lourde pour se révolter contre elle. Alors qu'à l'origine, cette "fatalité" avait été mise en branle par des hommes, qu'elle était une oeuvre humaine.

J'ai parlé de la Vie des martyrs, ce cadeau de fête de Mme Schwartz. Ma fête, elle était déjà incomplète sans Jean,mais j'avais eu de la douceur tout de même, mes amies, et ses lettres aussi. Maintenant, j'ai l'impression d'être dépouillée de tout, nue, naked to the awaited stroke


Oui, la Vie des Martyrs est un livre qui m'a désespérée, car il atteint à cette impartialité que j'estime plus que tout, mais de cette hauteur là, on ne voit que désolation. Où est la solution? Peut-être ceux qui sont partiaux sont-ils plus heureux, parce qu'ils trouvent une solution, si erronée soit-elle, ils ont un but: un objet de haine, c'est beaucoup moins angoissant que de ne pas avoir de haine.

Je pense maintenant que le plus grand degré de perfection auquel l'humanité soit en mesure d'aspirer, c'est cette impartialité. Après... je ne sais pas encore; je ne vois pas la solution; je ne peux pas en parler, c'est comme de la vie future. J'ai simplement un pressentiment que c'est dans cette voie là, une fois ce stade atteint, que se trouve la solution.

C'est pour cela que malgré tout, malgré l'absence de jugement prononcé, la Vie des martyrs reste une magnifique leçon. Duhamel ne se prononce pas: il donne les faits, impartialement, les résultats de cette chose furieuse, folle, aveugle qu'est la guerre, et en tout cas il dévoile dans toute sa nudité l'erreur terrible qui est à la base de cette chose.
Je me souviens d'avoir été étonnée, presque irritée par cette absence de passion. "Où voulait-il en venir?" symbolise à peu près mon état d'esprit. Après, à la longue, j'ai compris quelle immense leçon était implicitement contenue dans ces pages, et elle s'est dégagée pour moi.

" "Rien ne devient réel avant qu'on en ait eu l'expérience- même un proverbe n'est pas un proverbe avant que votre vie n'en ait donné un exemple." Keats

J''écris cette phrase qui n'a aucun rapport avec ce qui précède, parce qu'elle m'a frappée ce matin, elle résume le principal problème qui se pose à moi: celui de la compréhension humaine et de la sympathie. Il semble que tout découle de cela...


1er novembre 1943

la conscience morale

10 étoiles

Critique de Cyclo (Bordeaux, Inscrit le 18 avril 2008, 73 ans) - 20 juin 2013

Je viens de lire un très beau livre (peut-on encore écrire après cela ?), le Journal d'Hélène Berr. Cette jeune fille juive parisienne, née en 1922, commence son journal en avril 1942, au moment où les lois anti-juives deviennent plus contraignantes. Elle est étudiante, et déjà à la Sorbonne, malgré les qualités de ses professeurs, elle sait qu'elle n'aura pas le droit de préparer l'agrégation. Hélène Berr est une jeune fille brillante, d'un milieu social aisé (son père est vice-président du groupe chimique Kuhlmann). Elle nous rapporte ses faits et gestes, ses lectures, ses promenades, ses rencontres avec les autres étudiants, sa vie de famille vite assombrie par la cruauté des lois. Elle veut témoigner pour l'histoire, car elle voit bien qu'autour d'elle, trop de gens ferment les yeux.
Pour elle, « chacun dans sa petite sphère peut faire quelque chose. Et s'il le peut, il le doit. » Elle pourrait éviter de porter l'étoile jaune, il n'est pas inscrit sur son visage qu'elle est juive ; mais elle le fait, par solidarité avec les autres, ceux qui ne peuvent pas ne pas la porter. Elle a une haute idée de la conscience morale, mais quand elle voit ce qui se passe : « Qu'on soit arrivé à concevoir le devoir comme une chose indépendante de la conscience, indépendante de la justice, de la bonté, de la charité, c'est là la preuve de l'inanité de notre prétendue civilisation », nous dit-elle. Elle regarde autour d'elle et constate : « Le problème du mal m'apparaissait à nouveau si immense et si désespéré ! »
Bien sûr, elle en veut aux Allemands : « Les Allemands, eux, c'est depuis une génération qu'on travaille à les ré-abrutir (c'est un retour périodique). Toute intelligence est morte en eux. » Mais quand elle voit que les gendarmes français organisent les rafles, allant jusqu'à arrêter des enfants et même des bébés, car ils doivent remplir leur quota (eh oui, déjà, ça ne vous rappelle rien ?), elles ne peut que condamner ceux « qui ont obéi à des ordres leur enjoignant d'aller arrêter un bébé de deux ans, en nourrice, pour l'interner. Mais c'est la preuve la plus navrante de l'état d'abrutissement, de la perte totale de conscience morale où nous sommes tombés. » Elle est atterrée.
Heureusement, la lecture lui procure de grandes joies, notamment les poètes anglais, Shakespeare et "Les Thibault" de Roger Martin Du Gard, dont elle relève des passages : « Résiste, refuse les mots d'ordre ! Ne te laisse pas affilier ! Plutôt les angoisses de l'incertitude, que le paresseux bien-être moral offert à tout "adhérent" par les doctrinaires ! » Et elle a du mal à comprendre que les Français se laissent à leur tour embrigader : « Mais on pouvait espérer que chez nous, ce serait différent. »
Elle ne veut pas non plus de la pitié, ce qu'elle veut, elle d'une famille de longue date enracinée en France, c'est la justice : « Je n'envie plus personne, et je suis trop fière pour même vouloir leur faire sentir leur insensibilité (ce qui serait une tâche très lourde d'ailleurs), car je ne veux pas de leur pitié. » Elle aide autant que possible les enfants juifs dans les orphelinats. Et puis, elle n'est pas la seule à souffrir : « Elle souffre, elle aussi ; mais elle n'en parle pas. Mais je le sais », écrit-elle à propos d'une amie. Elle a un besoin aigu de bonheur, et commence un amour très pur avec Jean Morawiecki, qui va s'engager dans la Résistance. Elle sait apprécier la nature, malgré la dureté des temps : « Tout frémissait, les feuilles des peupliers, et même l'air. » Et, malgré tout, elle trouve encore des journées agréables : « C'est lorsque je ne prévois pas les choses qu'elles sont les plus belles. »
Elle est raflée et déportée avec sa famille à Auschwitz. Elle avait mis son journal en lieu sûr, car écrit-elle, « je note les faits, hâtivement, pour ne pas les oublier, parce qu'il ne faut pas oublier. » Ce journal est ici complété par quelques lettres de la famille et de son fiancé. On peut croire Hélène quand elle écrit : « La seule expérience de l'immortalité de l'âme que nous puissions avoir avec sûreté, c'est cette immortalité qui consiste en la persistance du souvenir des morts parmi les vivants. »
Hélène, ton souvenir est vivant. Les nazis ont cru t'exterminer, eux qui se croyaient de race supérieure, mais qui avaient oublié ce que Beethoven avait répondu au prince Karl von Lichnowky : « Prince, ce que vous êtes, vous l'êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-même. Des princes, il y en a et il y en aura encore des milliers. Il n'y a qu'un Beethoven. » Soyons bien convaincus qu'en dépit du hasard de la naissance, nous sommes tous uniques et que, comme Hélène, nous pouvons laisser une empreinte sur cette terre, si nous savons garder notre conscience morale.

Un grand témoignage pour l'histoire

10 étoiles

Critique de Tyty2410 (paris, Inscrite le 1 août 2005, 32 ans) - 10 mars 2009

Je viens de finir ce livre à l'instant . Il est profondément émouvant par le style , la personnalité d'Hélène . On a rarement des témoignages de la France occupée ( plus des témoignages de la déportation de la vie d'un camp en lui même )

Au début je n'ai pas tellement accroché , le côté du journal du quotidien me déplaisait , et je trouve que dès la reprise de son journal pendant l'arrêt de 9 mois , on voit réellement la personnalité d'Hélène , son abhorration contre la cruauté , la conscience du mal ; ses réflexions sur l'homme et le mal qu'il peut faire ; ce qui m'a semblé le plus beau c'est qu'elle ne souffre pas pour elle même mais pour toutes les autres personnes , pour l'être humain dans son ensemble , sa clairvoyance , sa conscience du monde dans lequel elle vivait rendent le journal d'une incroyable clairvoyance . Par exemple au début du romain quand elle dit que les catastrophes arrivent toujours des jours magnifiques , ou quand elle se demande comment peut-on traiter des êtres humains comme cela comment peut-on les réduire au rang pratiquement de bêtes . Son indignation contre les allemands fait également réfléchir , elle oscille entre le fait de penser qu'ils ne sont que des machines prêtes à exécuter les ordres et parfois lorsqu'elle s'indigne c'est parce qu'elle pense qu'ils ont une conscience personnelle .

un livre à lire pour son style , pour le témoignage qu'il laisse sur la France sous l'occupation, pour des réflexions sur l'homme et le mal qu'il peut faire qui sont bien utiles à notre époque d'aujourd'hui .

Spécialement émouvant

7 étoiles

Critique de Donatien (vilvorde, Inscrit le 14 août 2004, 76 ans) - 15 août 2008

J'ai été spécialement touché par ce témoignage bien qu'ayant lu de nombreux livres relatifs aux déportations de juifs durant la seconde guerre mondiale.
C'est le témoignage d'un adolescente qui entre dans la vraie vie , soit la découverte de l'amour, l'amour de la littérature, mais en même temps de la réalité sauvage du nazisme et de l'impact de l'antisémitisme sur son entourage !
Ce qui est très fort, et c'est la première fois que j'en ai ressenti l'horreur aussi efficacement communiquée, c'est lorsqu'elle doit porter l'étoile jaune! Le regard des autres, certains humains d'autres " prédateurs".
De plus, les photographies jointes au livre , rendent ce témoignage déchirant.
Bref, à faire lire dans les écoles pour en susciter le "ressenti" aux adolescents.

très prenant

9 étoiles

Critique de Donat (, Inscrit le 16 juin 2008, 41 ans) - 27 juin 2008

Quand on lit ce recueil de mémoire, on devine la détresse de cette jeune femme face aux comportements des nazis.
C'est à lire pour ne pas oublier l'Histoire.

Emouvant journal d'une jeune fille juive de Paris

9 étoiles

Critique de Francesco (Bruxelles, Inscrit le 16 février 2001, 74 ans) - 20 juin 2008

la lecture de ce journal m'a beaucoup touché par son accent de sincérité , de lucidité dont témoigne cette jeune fille de 20 ans en proie aux terribles menaces des nazis à l'encontre des juifs.
Cela fait penser au journal d'Anne Franck mais ici le récit poignant non d'une adolescente mais d'une jeune femme , passionnée de littérature anglaise , de philosophie.
Elle réfléchit au Mal incarné dans le nazisme et son journal décrit la lente descente aux enfers de son entourage familial.
Beau et bouleversant

Devoir de mémoire

8 étoiles

Critique de Aliénor (, Inscrite le 14 avril 2005, 51 ans) - 24 mars 2008

Journal d’Hélène Berr

Je viens d’achever la lecture du journal d’Hélène Berr, morte à 24 ans en déportation – du typhus- quelques jours avant la libération du camp de Bergen Belsen.
Le 7 avril 1942, elle avait entamé la rédaction de ce qu’elle voulait être un témoignage de ces années noires de notre histoire. Elle en écrira la dernière page le 15 février 1944… et sera arrêtée avec ses parents le 8 mars.
Impossible de faire une « critique » de ce livre, alors j’ai décidé de vous en restituer un court extrait, qui traduit parfaitement et terriblement la volonté d’Hélène:

10 octobre 1943

J’ai un devoir à accomplir en écrivant, car il faut que les autres sachent. A chaque heure de la journée se répète la douloureuse expérience qui consiste à s’apercevoir que les autres ne savent pas, qu’ils n’imaginent même pas les souffrances d’autres hommes, et le mal que certains infligent à d’autres. Et toujours j’essaie de faire ce pénible effort de raconter. Parce c’est un devoir, c’est peut-être le seul que je puisse remplir.

Et notre devoir à nous est maintenant de le lire… de la lire. Car comme le dit en conclusion Mariette Job, héritière de ce témoignage : « Que ce journal, acte de survie, se transmette au fil du temps, et nourrisse la mémoire de tous ceux dont les mots ont été anéantis ».

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