Une canaille et demie de Iain Levison

Une canaille et demie de Iain Levison
( Tiburn)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Anglophone

Critiqué par Sentinelle, le 3 janvier 2008 (Bruxelles, Inscrite le 6 juillet 2007, 47 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (32 129ème position).
Visites : 2 048 

Désillusions des uns et mesquineries des autres

Dans une petite ville du New Hampshire, Dixon, ex-taulard braqueur de banque en fuite et salement amoché trouve refuge chez Elias, un prof de fac.
Il n'est pas bien difficile de convaincre Elias de le garder caché dans son sous-sol en le menaçant de dévoiler à la police la scène qu'il a surprise en cherchant un refuge : le prof de fac pris dans son plus simple appareil avec la jeune fille mineure de ses voisins.

Au-delà, des apparences, le plus abject des deux n'est pas celui qu'on croit : Dixon rêve de tranquillité dans une ferme d'élevage tandis qu'Elias écrit une thèse intitulée "Hitler avait-il raison?" afin d'obtenir un poste à Harvard.

« Tout est dans le titre. Elias le voulait suffisamment choquant pour que les professeurs de Harvard le remarquent et en discutent. Il voulait qu'ils soient impressionnés par le courage avec lequel il avançait des arguments qui défiaient le politiquement correct avec autant de virulence. Il imaginait la tête des professeurs, d'abord horrifiés, puis, à mesure qu'ils avanceraient dans la lecture, rassurés par son intelligence, son raisonnement et ses graphiques multicolores. »

Deux agents du FBI – un stagiaire et Denise, une femme qui a perdu depuis longtemps ses illusions dans la justice de son pays et ses possibilités d'avancement dans son travail - vont mener l'enquête.

«Denise avait donné plusieurs surnoms à son stagiaire, mais le seul qui ne contenait pas le mot "foutu" était Wonder Boy, raison pour laquelle elle l'utilisait au bureau. Dit sur le ton de qu'il fallait, il pouvait être interprété comme un compliment et non comme la dérision humiliante que Denise y mettait, et c'était de cette façon qu'elle pouvait insulter ses collègues en face et échangeant des sourires.

Wonder Boy, l'agent Kohl pour les autres, était un jeune homme agréable et intelligent qui allait gravir très vite des échelons de la réussite au FBI parce qu'il était doté de charme, de patience, d'un excellent C.V. et d'un pénis. Denise, à qui ne manquait qu'un seul de ces attributs pour avoir une belle carrière, savait qu'avant d'être à la retraite dans huit ans elle travaillerait pour lui. Elle se montrait donc aimable avec lui de temps en temps, les jours où elle se voyait encore agent du FBI huit ans plus tard, mais ces jours-là se faisait de plus en plus rares à mesure que les mois passaient. »


Lorsque Denise débarque chez Elias, ce dernier ne peut s'empêcher de la trouver à son goût et n'hésite pas à lui faire des avances. Dixon pourra-t-il faire confiance à ce séducteur du dimanche qui ne cache pas sa sympathie pour le IIIe Reich ?

Iain Levison excelle à nouveau pour décrire les désillusions des uns et les petites mesquineries des autres dans une Amérique bien pensante.
Toujours aussi caustique, j'ai toutefois préféré son précédent roman "Un petit boulot" à "Une canaille et demie". L'acidité dans son premier roman était jubilatoire, celle de son deuxième roman nettement plus désabusée.

« Pourquoi je braque des banques ? C'est pas la bonne question, ça. La question est : Pourquoi est-ce que tout le monde ne le fait pas ? Pourquoi est-ce que les cons comme vous laissent tous les braquages de banque à des gens comme moi ? Pourquoi vous n'aidez jamais, vous les autres ? »

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Humour noir à revoir ?

7 étoiles

Critique de Maylany (, Inscrite le 11 novembre 2007, 37 ans) - 8 février 2009

Certes, c'était un très bon livre et je l'ai lu avec beaucoup d'empressement et de plaisir du début à la fin mais je n'ai malheureusement pas retrouvé le "style Levison" que j'attendais et que j'avais cru avoir clairement identifié au cours de la lecture de ses 2 derniers livres.
Pas de cynisme ni d'humour noir ici et la lecture ne se fait pas avec un sourire permanent au coin des lèvres.
Cependant, l'écriture reste toujours très agréable. La lecture est très fluide et entraînante, les personnages sont dépeints dans le détail et donc très facilement identifiables et en quelques pages on a l'impression de les connaître peut-être encore mieux qu'eux-mêmes.
L'histoire est assez rocambolesque mais tout à fait plausible ; avec une petite retenue pour la fin tout de même (le criminel tué par le citoyen lambda et l'agent du FBI qui ferme les yeux ça fait un peu beaucoup).
Une chose est donc sûre, ce qui fait la force de Iain Levison c'est de plonger profondément son lecteur en quelques pages dans l'ensemble du décor qu'il a planté, environnement et personnages confondus ; on se représente parfaitement les choses et les gens et on c'est comme si on y était.
Reste maintenant une incertitude : qu'en est-il de son humour noir ?! il faudra donc lire une nouvelle de ses œuvres !

Politiquement incorrect

7 étoiles

Critique de Aria (Paris, Inscrite le 20 juin 2005, - ans) - 9 juin 2008

Comment un jeune prof de fac et un braqueur de banque peuvent-ils se rencontrer et cohabiter ? Ca semble curieux de prime abord, mais oui, c’est possible. Quand on s’aperçoit que chacun y trouve son compte, ça devient un peu étonnant, mais…c’est normal, Iain Levison n’est pas du genre «politiquement correct».
Sentinelle a donné une bonne idée de l’intrigue de ce roman semi-policier qui fait rire ou sourire. Mais je suis d’accord avec elle pour dire que le roman précédent de Levison, "Un petit boulot" était une telle réussite qu’on attendait forcément beaucoup de lui.
Disons que nous avons affaire à un bon thriller original avec lequel on passe un très bon moment. Vous pouvez y aller, je crois que nous faisons les difficiles. ;)

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