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Les allumettes suédoises
de Robert Sabatier
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
critiqué par Jean Meurtrier, le 10 avril 2007
(Tilff, Inscrit le 19 janvier 2005, 38 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 3 avis)
Cote pondérée :  (14 777ème position).
Visites : 2 488 (depuis Novembre 2007)
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Allumettes pour amulette
La vie d’Olivier Châteauneuf va fondamentalement changer à partir de ce matin de l’entre-deux-guerres où sa mère, séduisante mercière d’un quartier populaire des coteaux de Montmartre ne se réveille pas. Ayant déjà perdu son père, Olivier se retrouve orphelin. Il est provisoirement confié à Jean, son cousin et voisin, fraîchement marié à Odile, provinciale du sud de la France. Hélas, le jeune couple s’avère trop pauvre pour s’occuper à long terme d’un garçon de dix ans. Pour la famille, la solution idéale serait de voir Olivier pris en charge par son oncle du Nord, manifestement bien nanti.
En attendant, l’enfant est livré à lui-même dans la rue Labat, dont l’activité à cette époque est comparable à une vie de village. Olivier erre le jour et parfois même la nuit, rendant visite au voisinage composé de personnalités diverses. Il y a Lucien le bègue, réparateur de poste radio à lampe, mais aussi Mac, grosse frime mais petite frappe, sans oublier Bougras, le septuagénaire anarchiste avec qui Olivier passe beaucoup de temps. On trouve également des personnages insolites comme Daniel, surnommé l’Araignée à cause de ses malformations ou Gastounet l’ancien combattant pour qui la guerre n’est pas vraiment terminée. Albertine la ménagère bien en chair et la jolie Mado, taxi-girl devenue mannequin, incarnent les antipodes féminins de cette fresque. Avec l’arrivée des grandes vacances, Olivier retrouvera ses camardes Loulou, Capdeverre et Ramélie ainsi que les gamins de la rue Bachelet, parfois adversaires, souvent amis.
Initialement interdit de jeu et dispensé d’école pour cause de deuil, Olivier est amené à aiguiser sa perception du monde face à celui des adultes auquel il est livré et dans lequel il se sent quelquefois de trop. Il lui arrive alors de se réfugier dans le débarras d’un immeuble de la rue et de penser à sa mère, au point de non retour que représente sa mort. Il trouve toutefois du réconfort en consumant quelques unes de ses allumettes suédoises.
Ce récit initiatique et probablement autobiographique (Sabatier fut aussi jeune orphelin) est un patchwork d’épisodes décrivant une vie de quartier chaleureuse et festive, paradis d’antan perdu à jamais. J’apprécie les romans d’ambiance mais il est plutôt question de nostalgie dans ce cas-ci. Néanmoins le charme opère et le plaisir est bien au rendez-vous, à défaut de véritable engouement. Le style est naturel, fluide malgré le souci du détail dont fait preuve l’auteur. Le petit côté académique de ce récit (normal pour un membre de l’académie Goncourt) m’a parfois rappelé les livres à lire en secondaire.
Ce volume est le premier des huit tomes consacrés à Olivier Châteauneuf. Robert Sabatier était sans doute déjà conscient d’entamer une longue série car je suis un peu resté sur ma faim. «Les allumettes suédoises», publié en 69, doit plutôt être considéré comme l’introduction d’une saga que clôture «Les trompettes guerrières» qui vient de sortir chez Albin Michel.
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| Les éditions |
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Les Allumettes suédoises [Texte imprimé], roman Robert Sabatier
de Sabatier, Robert
le Livre de poche / Le Livre de poche
ISBN : 9782253034308 ; EUR 4,00 ; 1984-04-01 ; 244 p. ; poche
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| La richesse du monde de la lecture. |
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Ce livre est un des premiers livres "sérieux" que j'ai lu. J'avais lu et aimé beaucoup de club des cinq, des signes de pistes, des Bob Morane,.. mais celui-ci, recommandé par une bibliothécaire, était le premier livre "pour adulte" que je lisais.
J'ai un vague souvenir de la maison de mon enfance, de l'endroit où je lisais ce livre. Mais ce que je n'ai jamais oublié, c'est que quand je lisais ce livre, il y avait des passages où j'avais l'impression que c'était des scènes que j'avais moi-même vécues. Impression très bizarre, quand des images surgissent dans la tête, que l'histoire se mêle avec notre imagination pour créer quelque chose de mille fois mieux que le cinéma.
Je n'ai jamais relu ce livre, je l'ai acheté dans une bouquinerie plus tard. Je suis sûr que si je le relisais la magie n'opérerait plus et je risquerais trop d'être déçu. Si je donne une cote de cinq étoiles, c'est pour la révélation que fut pour moi ce livre de la richesse du monde de la lecture.
Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 47 ans) - 19 septembre 2011 |
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| Là haut sur la butte. |
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Les épisodes de la vie de Olivier se succèdent sans jamais lasser le lecteur. La vie sur la butte Montmartre de ce petit orphelin est bourrée de charme d'antan. Les métiers d'artisanat, le peuple de la butte, mais aussi la crise d'entre deux guerres. Il y a du " quai des brumes ", un peu de" la guerre des boutons " aussi dans ce livre. Les nostalgiques d'une époque révolue, d'un Paris ayant disparu y trouveront leur compte, les autres sauront se contenter d'une histoire tragique mais pas pathétique servie par la belle langue de Sabatier. Un roman populaire de qualité.
Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 42 ans) - 19 septembre 2011 |
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